Pour un grand soir de la déréglementation

Si elle veut être juste, la dérèglementation doit s’inscrire dans un projet de société globale, de révolution sociétale.

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Libéralisme (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

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Pour un grand soir de la déréglementation

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 23 novembre 2014
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Par l’auteur du site « Bobo libéral »

imgscan contrepoints288 - Libéralisme

Depuis qu’Emmanuel Macron est au ministère de l’Économie, on évoque la déréglementation de certaines professions, comme celle des pharmaciens, des taxis, ou bien on parle de confier des rôles dévolus aux médecins à des professions para-médicales, ou encore de favoriser le développement des lignes d’autobus pour concurrencer la SNCF. L’idée directrice est de mettre un terme à des protections réglementaires pour obliger ces professions, par le biais d’une nouvelle concurrence, à baisser leur prix. Il faut favoriser le consommateur par un gain de pouvoir d’achat.

C’est l’un des principes porteurs du libéralisme, qui a connu son apogée dans la lutte contre les systèmes d’ancien régime en France : en finir avec les monopoles. Ces monopoles qui pénalisaient la masse des gens, entravaient le progrès et la prospérité et au final faisaient croire à ceux qui en bénéficiaient de « gagner plus d’un marché appauvri de tous », selon la fameuse formule de Bastiat.

Dans cette question de l’abolition du monopole, il est une règle universelle. En tant que consommateur, on est toujours favorable à cette abolition. Mais en tant que producteur, on est réticent quand cela concerne sa propre profession. Surtout si l’on a des engagements financiers (le plus souvent des crédits) qui obligent à conserver un certain revenu. Voilà pourquoi il est difficile d’en finir avec les monopoles, les rentes, les licences etc. On peut même comprendre la situation de certaines personnes, endettées, qui connaîtraient la faillite si le monopole prenait fin (et avec elles, celle des banques).

Et il est encore plus difficile pour certains d’être les seuls à souffrir de la fin d’un monopole, alors que d’autres conservent le leur. Car ceux qui perdent leur monopole se voient obligés, le plus souvent, de mobiliser de nouvelles ressources, de faire des choix difficiles, de perdre en revenu, en affrontant la concurrence pour le plus grand bienfait des consommateurs, qui en conséquence s’enrichissent, mais dont certains disposent encore de réglementations protectrices et avantageuses : ils proposent toujours leur service à des prix élevés, y compris à ceux qui ont dû consentir à libéraliser leur profession. Ainsi, si l’on veut rendre service à ceux qui ont mis fin à leur monopole, si l’on veut compenser les pertes liées à la disparition de la réglementation avantageuse, la meilleure chose que l’on puisse faire est d’abolir l’ensemble des monopoles, pour mettre tout le monde sur un même pied d’égalité.

Les employés de certains secteurs mis en concurrence (par exemple dans la téléphonie) et qui ont perdu nombre « d’avantages » pourraient gagner en pouvoir d’achat par la mise en concurrence d’autres secteurs dont ils consomment les services. C’est la raison pour laquelle la déréglementation des professions ne peut pas se cantonner à des secteurs restreints, limités à certaines activités précises. D’ailleurs celles-ci sont jetées en pâture aux médias pour dénoncer les privilèges scandaleux dont elles bénéficient, histoire de jouer sur la corde des antagonismes de classes et de détourner l’attention d’autres rentes de situation, telles celles des hommes de l’État. Après tout, les personnes visées par une déréglementation pourraient réclamer la fin des avantages des autres, et on sait ô combien il y a d’avantages, de licences, de subvention et de rentes de situations dans notre pays.

Ainsi, si la déréglementation veut être « juste », elle doit se faire de façon large, concerner le plus grand nombre de secteurs d’activités possibles et embrasser d’importants pans de l’économie du pays. Il est nécessaire qu’elle s’inscrive dans un projet de société globale, une révolution sociétale, un véritable grand soir de la déréglementation, sous-tendu par des valeurs de justice et d’équité. Je ne me réfère pas ici aux valeurs « sociales » (ou socialistes), que l’on nous ressasse depuis tant d’années, et qui ont au contraire rétabli les privilèges, mais aux valeurs libérales qui se fondent sur le droit naturel et la propriété privée.

Malheureusement, même si au travers de cette libéralisation massive la société dans son ensemble et à terme prospérait, il y aurait tout de même des perdants dans un premier temps, de façon temporaire certes, et d’autres qui y gagneraient grandement, parfois trop, suscitant la jalousie. Des situations seraient bouleversées. Les compensations par la mise en concurrence ne seraient pas parfaites, et  les sacrifices auraient des résultats amers. Ce qui semblait acquis ne le serait plus. Il y aurait une redistribution au sein de la société, voire le remplacement des vieilles élites par une nouvelle. Pendant un temps la confusion pourrait régner et l’avenir serait incertain.  La période serait difficile à vivre – mais la situation présente ne l’est-elle pas déjà ?

Comme le disait brillamment Harding, lors de son discours d’investiture à la présidence des États-Unis en pleine crise au lendemain de la Première Guerre mondiale :

Le passage du désordre à l’ordre ne se fait pas instantanément. Nous devons regarder en face cette situation difficile, accepter nos pertes et repartir de l’avant. C’est la plus vieille leçon de la civilisation.


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  • Tant qu’elle ne trouvera pas un vocable plus sexy, la déréglementation est vouée à rester un épouvantail, le symbole de la porte ouverte à tous les excès et toutes les malhonnêtetés.
    Appelez ça « responsabilisation des acteurs » ou lancez un concours de noms, mais en particulier avec des professions qui sont souvent soupçonnées, et pas toujours à tort, de se servir grassement sur le dos de leurs clients, « déréglementation » ne passera pas dans l’opinion.

  • Il y a confusion de vocabulaire, il me semble, entre :

    – le monopole : situation économique où il n’y a pas (ou plus) de concurrence et
    – le privilège : droit accordé aux uns, et pas aux autres.

    En général, un privilège entraine un monopole.

    Le privilège est un élément de la réglementation, mais on peut très bien avoir des réglementations qui ne donnent aucun privilèges, par exemple quand on oblige certains professionnels à être assurés pour pouvoir effectuer leur métier de façon commerciale, ou quand on oblige les diplômes des professionnels à être affichés …

    Cette réglementation sociale, morale, jurisprudentielle … ne pose pas trop de problème, tant qu’elle tranche entre les droits des uns et les droits des autres, sans porter de préjudice à l’un ou à l’autre. Elle permet d’éviter les abus (genre l’obligation d’afficher les diplômes ou de déclarer l’absence de diplôme, le client choisissant en toute connaissance de cause)

    Cette réglementation peut rester, dans la mesure où elle n’entraine pas trop de problèmes économiques et que sa suppression ouvre la porte à la peur injustifiée ou non de le ‘loi de la jungle’

    Le monopole lui même n’entraine des problèmes que quand il y a conflit d’intérêt et que le monopole devienne obèse et hors de contrôle, ce qui est très rare (voir impossible) quand le monopole ne repose pas sur un privilège.

    A noter, que les privilèges posent problèmes même quand il n’y a pas de monopole, c’est le cas des taxis par exemple.

    L’exemple des cars et de la SNCF est un artifice afin d’éviter d’affronter la suppression de l’origine du problème : la suppression du privilège dont bénéficie la SNCF.

    Si on y regarde de plus près, les 3/4 de la politique socialiste constitue à créer des privilèges, certains étant plus flagrants que d’autre : subvention sur l’éolien, sécu, retraites, SNCF, éducation nationale (parmi les plus ‘populaires’ chez les libéraux).

    Donc :

    Déréglementer : non. Supprimer les privilèges : oui.

    • Les taxis n’ont pas de privilèges, lisez donc la réglementation pour vous en convaincre. Juste pour exemple, nous sommes dans l’obligation d’avoir notre psc1 (premier secours) et une visite medical pour passer un examen en 4 parties dont une pratique au volant avec inspecteur d’auto-école pour juger notre conduite (une sorte de deuxième permis de conduire), nous sommes dans l’obligation de faire un stage de gestion pour nous installer, nous devons acheter une ads pour pouvoir travailler, une fois en place nous ne pouvons stationner en attente de client que dans notre commune (très limité en campagne), le conventionnement secu est une plaie administrative, notre matériel obligatoire coute pas moins de 2500€, nous avons un contrôle technique du véhicule tous les ans dès la première année, ainsi qu’un contrôle du taximètre tous les ans.
      Nos tarifs sont réglementés, nous n’avons donc aucune liberté de travailler ou nous le voulons, aucune liberté de fixer nos prix et une somme d’obligations reglemetaires de contrôle hallucinante. Où est le privilège d’un taxi ? J’attendais que ça la dérèglementation pour avoir plus de liberté. Bientôt j’arrêterai, ras le bol de toutes ses contraintes.

      • Les taxis ont le privilège … d’être taxi (d’avoir une licence) et de pouvoir prendre des courses, chose que les personnes ‘non taxi’ n’ont pas.

        OK, les taxis payent ce privilège super cher (en plus du prix de la plaque, il y a toutes les formalités que vous décrivez) mais je n’ai jamais dit que les privilèges étaient gratuits ou attribués gracieusement.

        Les privilèges sont des ‘lois particulières’

        • Chaque corps de métier a le privilège d’exercer son métier ! c’est un peu ridicule non ? pourtant c’est ce que vous venez de dire.
          – Les médecins ont le privilège de soigner les gens
          – Les bouchers ont le privilège de vendre de la viande
          – Les boulangers ont le privilège de vendre du pain artisanal
          – Les coiffeurs ont le privilège de coiffer
          – etc …

          Je peux continuer longtemps comme ça …
          Et puis vu que je suis originellement informaticien, vous pensez donc que j’ai le privilège de pouvoir développer des logiciels.

          C’est absurde, n’est ce pas ?

          • Vous confondez privilèges et avantages

            Un privilège est un droit particulier accordé à certains, pas à d’autre : le droit de conduire est un privilège : il faut un permis de conduire pour avoir le droit de conduire, le droit de chasser est un privilège : il faut un permis de chasse, l’exercice de la médecine est un privilège, je crois que celui de coiffer aussi (sous réserve, mais je crois qu’il n’est autorisé de coiffer que si l’on a un CAP de coiffure)

            Si vous exercez la médecine et n’avez pas le privilège de le faire, vous êtes bon pour être poursuivi pour usage illégal de la médecine. Si vous achetez un taxi avec le compteur, le truc sur le toit et tout le reste, mais que vous n’avez pas le privilège (le droit) vous risquez des ennuis.

            Par contre, le métier d’informaticien ne relève d’aucun privilège, tout le monde a le droit d’écrire des logiciels et de les vendre … pour l’instant.

            Pour les bouchers et les boulangers, je ne sais pas.

            La confusion entre privilège et avantage vient d’une lecture politique de la révolution française, associant privilège et avantage discrétionnaire

            • Je pense surtout que la confusion sémantique vient des termes suivants :

              -Monopole : avantage/privilège dont dispose UNE personne (physique ou morale) de fabriquer ou vendre SEULE un produit ou un service.

              -Domaine de compétence : Capacité reconnue en telle ou telle matière en raison de connaissances possédées et qui donne le droit de l’exercer.

              Ex :
              Un pharmacien a un domaine de compétence, la vente de médicaments. Toutefois, il n’est pas en situation de monopole car il n’y a pas qu’une seule entreprise « pharmacie » en France mais plusieurs milliers d’entrepreneur qui se font concurrence dans le domaine de la pharmacie.
              (Le mot pharmacien peut être remplacé par taxi, huissier, notaire…)

              Ce qui est différent de la situation de monopole de la SNCF qui est la SEULE entreprise à pouvoir exercer l’activité ferroviaire en France.

              Quant à la question de la règlementation, elle est nécessaire car ce ne sont pas des activités comme les autres :
              Les notaires détiennent des fonds « clients » ne leur appartenant pas et il est donc à ce titre normale d’avoir une règlementation spécifique et contraignante afin de limiter l’exercice de cette activité (seuls les huissiers et les banques ont également une autorisation pour gérer des fonds qui ne leur appartiennent pas).

            • Vous nous expliquez donc que les 2/3 de la population dispose d’un privilège. Concernant votre exemple sur l’informaticien, il est légèrement erroné si on se réfère à la législation française, vous avez effectivement le droit d’écrire un logiciel mais vous devez disposer d’un privilège pour le vendre, dans ce pays n’importe qui ne peut pas vendre n’importe quoi sans en avoir le droit.
              Donc comment voulez vous abolir les privilèges ? En permettant à n’importe qui l’avantage de faire n’importe quoi ?

              • Non, en donnant les même droits pour tous : par exemple donner à tout le monde le droit d’ouvrir une boutique de coiffeur (même si il n’a pas le CAP), mais rendre obligatoire le devoir d’information : obliger à ce que les diplômes des coiffeurs soient affichés. Autoriser les taxis sans licence, mais rendre obligatoire l’information sur la compétence du chauffeur, autoriser tous les commerces à vendre les médicaments non dangereux, mais obliger qu’il y ait une notice d’utilisation correspondant avec l’usage du médicament… etc

                • Oui et pourquoi pas chirurgien sans diplôme de médecine tant qu’on y est…
                  Après tout, tant que c’est affiché (en taille de police 3, noyé dans des conditions générales), les gens on le droit d’aller se tuer.

                  Et si on revenait à des réflexions d’adultes?

                  • Tout de suite dans l’extrême. Il n’y a aucun rapport entre un coiffeur et un médecin.

                    Si vous remontez en haut de la discussion, ma conclusion était : il faut garder la réglementation, mais supprimer les privilèges. Connaitre la médecine n’est pas un droit, mais comme vous l’avez dit, une compétence. Dès qu’une compétence ouvre un droit particulier, on crée un privilège.

                    Dans la réglementation, rien n’empêche d’obliger les médecins libéraux à afficher en grand dans leur salle d’attente leur diplôme ou absence de diplôme, d’obliger les médecins à s’inscrire dans un fichier national pour pouvoir exercer, à aller vérifier si leur capacité d’exercice de la médecine n’est pas une escroquerie, plutôt que de décréter que quand on a un bout de papier, on est apte ?

                    C’est dément comment la France est devenu scolaire : si tu as un diplôme, c’est que tu es compétent … Bientôt ils vont inventer un diplôme d’entrepreneur, pour interdire à tous les autodidactes de devenir patrons …. déjà qu’ils ont inventé un diplôme (l’ENA) pour interdire aux peuple à faire de la politique…

                • Dans ce cas vous conservez certains privilèges mais pas d’autre, vous décidez donc de qui à le droit et de qui n’a pas le droit d’exercer tel ou tel métier car vous dites que cela ne s’applique pas aux médecins et certainement aux notaires et autres métiers demandant des compétences particulières ! Vous faites donc comme l’état en décidant des libertés des gens ! Bon ok j’exagère un peu !

                  Ceci dit on s’égare car même aujourd’hui personne n’interdit à quiconque d’ouvrir un commerce si celui qui l’exploite possède la compétence. On distingue déjà dans la loi le propriétaire de l’exploitant. Ma réflexion portait sur la compétence à exercer un métier, peut on faire ce qu’on veut quand on le veut ? Personnellement la liberté est essentielle mais elle a des limites, notamment la sécurité du consommateur !

                  • Que l’on se comprenne bien : un privilège est un droit accordé à certains et pas à d’autres, cela n’a rien à voir avec la sécurité du consommateur …

                    Si vous pensez que vous allez être mieux soigné parce qu’il n’y a que X médecins qui sortent des l’université par an, que vous ne risquez pas de vous retrouver avec une coupe de cheveux bizarre parce que tous les propriétaires de salon de coiffure ont un CAP de coiffure, que vous allez être plus en sécurité en taxi parce qu’il n’y a que X licences de taxi dans Paris … bref, que votre sécurité sera mieux assuré parce que l’on organise la pénurie …

                    Moi, je suis loin d’en être persuadé (en fait, je suis presque sur du contraire)

                    • Evidemment ! mais l’opposé est vrai aussi, si on donne le diplôme à tous le monde je vous laisse imaginez le résultat.
                      Des autodidactes existent dans tous les domaines mais ce n’est pas la norme, il vaut tout de même mieux avoir appris un métier avant de l’exercer.

                      Pour les taxis, c’est en grande partie la difficulté de l’examen qui garantira la qualité des chauffeurs, à Paris il le donne à presque tous le monde (il y a une dictée en français dans l’examen !!!)

                    • On est d’accord : oui à la réglementation, non aux privilèges.

  • N’oubliez pas non plus que l’état fait les choses à moitié, il veut déréglementer pour créer de la concurrence mais en même temps il impose des tarifs à ces professions ce qui va à l’encontre d’une libre concurrence.

  • ce n’est pas près d’arriver. quand on voit le nombre de gens qui accusent la déréglementation d’être responsable de la crise alors que cétait clairement une crise de la regelementation financiere: Community Reinvestment Act, Freddie Mac et Fannie Mae qui garantissait les pret aux pauvres, Clinton qui voulait se faire reelire, puis Greenspan qui maintient les taux tres bas sur recommendation entre autre de Krugman, tout cela cree une bulle immobiliere qui debouche sur la crise des subprime. Ensuite, les Etats refusent de laisser les banques faire faillite, ce qui engendre une crise de la dette des Etats (deja bien trop grosses avant 2008). pour la majorité des gens, la finance est déréglementé alors que la finance est le secteur le plus réglementé au monde après le nucléaire. Wall street est le marché le plus surveillé et le plus réglementé au monde, … pas moins de cinq administrations différentes y veillent

    • Vous allez un peu vite dans votre analyse :
      Si la crise des subprimes est arrivée c’est surtout parce que les banques, qui ont une fâcheuse tendance naturelle à mélanger activité en bourse (le loto) et activité de dépôt, ont augmenté les taux d’intérêts des subprimes (crédits à faibles taux d’intérêts destinés à des personnes qui sont déjà à la limite de l’insolvabilité) pour compenser la baisse des marchés en bourse et ceux afin de conserver leurs performances (se stabiliser…) pour in fine conserver une distribution de dividendes importantes aux détriments de toutes les règlementations et en dépit de tous les signes alarmants de l’époque.

    • @jacques : vous avez raison sur les éléments qui ont permis aux banques de mettre en place ce mécanisme de cavalerie, mais la base du problème, c’est quand même la mise en place d’un mécanisme de cavalerie.

      Vous ne pouvez pas à la fois reprocher aux gouvernements de faire de la cavalerie (de payer de la dette avec de la dette nouvelle) et légitimer cela pour les banques.

      Tant que l’on n’aura pas trouvé un système qui s’autorégule autrement que par des bulles (qui ont quand même un paquet d’effet collatéraux négatifs) on aura ce problème et la volonté des gens d’empêcher les bulles (et surtout les effets que eux ressentent alors qu’ils n’ont sont pas responsables)

      Après, est-ce que ces solutions sont les bonnes, je ne croit pas, mais bon, reste à trouver les bonnes ….

  • L’un des principaux arguments opposés aux libertariens est la/Les dérives du système financier, dérives qui seraient putativement dûes au laisser faire si cher aux libertariens. Le manque de régulation est donc ici le coupable. Eh bien non ! L’interventionnisme étatique est bien ici le vrai coupable . Je vais essayer d’être simple et conçis

    Dans les années 70 Nixon aux US (et l’Europe qui bien sûr a suivi) a destandardisé le dollar de l’or (en gros avant on ne pouvait pas créer plus d’argent qu’il n’y avait de réserve d’or, permettant ainsi une monnaie stable). Conséquence, l’état, dès qu’il en a besoin (pour se rendre plus important /légitime et/ou par opportunisme court_termiste électoraliste), crée de l’argent (Fiat money en anglais) sorti de nulle part (un faux monnayeur légal) et le diffuse dans l’économie. Cette création monétaire a plusieurs conséquences lourdes qui expliquent les dérives du système financier. Trois exemples :

    1) Toutes les Crises financières depuis 1929 ont toujours été précédées d’une politique de relance étatique par création monétaire directe(depuis la déstandardisation sur l’or) ou indirecte. cette offre monétaire fictivement augmentée envoie de faux signals aux investisseurs qui croient à tort qu’il est propice d’investir. Une offre se crée sans la demande qui va avec. Des bulles se créent et quand la demande ne suit pas, ces bulles éclatent et la crise se diffuse.

    2) En créant cet argent, l’état créé une offre inadéquate de monnaie et fausse le marché, les prix augmentent (inflation) et la monnaie perd de sa valeur. Du coup, un travailleur, par exemple, qui économise toute sa vie, s’il ne fait rien voit ses économies perdent en valeur chaque année, il va donc le placer dans les marchés financiers , chose qu’il n’aurait jamais pris le risque si l’état laissait la monnaie tranquille .

    3)Quand l’état créé cet argent, ou va t il en premier, les banques. Fortes de cette priorité elles achètent en premier à bon prix dans l’économie réelle et augmentent les prix pour nous les prochains acheteurs. Et Bien sûr elles spéculent et sont plus irresponsables avec un argent qui ne leur appartient pas. Le plus gros scandale, une loi bancaire de l’état appelé réserves fractionnaires : pour faire très simple, pour un million donné à une banque (par un état ou par un particulier) , celle ci peut en créer dix millions, en simplement quelques clics . Comme disait Ronald Reagan, l’état n’est pas la solution, il est le problème. Ce n’est ni le marché libre ou le capitalisme qu’il faut blâmer.

    Le système financier a son utilité mais l’état l’a perverti et rendu plus important que le marché libre ne l’aurai fait. On parle souvent de ces riches de plus en plus riches au détriment du reste du monde(cf Thomas piketty) . Eh bien les riches d’hier ne sont pas ceux d’aujourd’hui. Avant la déstandardisation de l’or sur le dollar par les États , ces riches étaient surtout des grands entrepreneurs, industriels entre autres, qui participaient au progrès et à la prospérité des Nations. Aujourd’hui ces nouveaux riches, à quelques exceptions près, sont les banquiers et les magnats de la finance. La maxime de Ronald Reagan est d’une criante actualité : L’Etat n’est pas la solution, il est le problème.

  • Non à la politique de déréglementation sauvage » on a vu ce que ça donne: les crises financières, des profits énormes pour les banques… MAIS ATTENDEZ, il n’y a pas eu de déréglementation dans la finance, le nombre de réglementations n’a pas cessé d’augmenter. Alors la finance livrée à la loi sauvage du marché alors qu’il y a plus de 45 000 réglementations pour la finance, une banque centrale qui manipule la monnaie et un gouvernement qui renfloue les banques avec l’argent du contribuable, ça a un nom: MYTHE
    http://mercatus.org/publication/did-deregulation-cause-financial-crisis-examining-common-justification-dodd-frank

  • le marché est imparfait mais il est erroné de croire que les politiques menés par l’état sont parfaites. celles ci ont aussi des imperfections. l’état n’est pas infaillible. or si on étudie les imperfections du marché et les imperfections de l’état. on se rend compte que le marché a moins d’imperfections que l’état (voir les travaux de l’école des choix publiques). renseignez vous sur les travaux de l’économiste William Niskanen qui montré que l’action étatique est par essence moins efficace que le marché car les droits de propriété ne peuvent s’exercer pleinement et la responsabilité individuelle n’existe donc pas. les défaillances du marché et les externalités ne justifient pas l’intervention de l’état: http://www.quebecoislibre.org/08/080315-4.htm

  • L’expression « dérèglement du marché » suppose que celui-ci soit un phénomène physique. Il y aurait donc des lois que l’on pourrait modifier selon certaines théories où l’homme ne devrait pas être supérieur aux lois du marché, ou auxquelles l’homme serait « soumis » sous peine de contradiction. Dire que l’homme est soumis au marché en admettant que celui-ci soit un phénomène extérieur à l’homme pose un problème moral car on ne voit pas comment l’homme pourrait être soumis dans son action à autre chose que sa volonté. Mais si l’on admet que le marché est consubstantiel à l’action humaine, alors ce n’est plus seulement un phénomène physique, mais aussi une manifestation morale. L’activité économique est tout simplement la recherche de la valeur. La valeur ce n’est pas l’argent. Si la valeur était l’argent, ce qui est échangé contre de l’argent serait l’antithèse de la valeur. Or dans un échange, la valeur existe pour l’acquéreur du bien. La valeur existe quand 2 personnes se sont entendues pour échanger ce qu’elles possédaient, l’un de l’argent, l’autre un bien. Parler d’équilibre c’est encore revenir à la conception mécaniste. Le marché n’est ni un lieu d’équilibre ou de déséquilibre. C’est le lieu de la création de valeur. L’Etat ne fait pas que modifier la manifestation physique du marché. Dans son intervention, l’Etat contraint l’action humaine, use de sa force pour obliger les uns et les autres à agir dans son sens. Il dit : « je ne veux pas que l’homme soit soumis au marché, mais je veux bien que l’homme soit soumis à une cohorte d’hommes » Or savons-nous, il n’y a que Dieu qui ait l’autorité morale pour
    contraindre l’homme. Se substituant à Dieu, l’Etat blasphème Sa volonté.

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