Verhofstadt, « cruciverbiste » de choc sur France 2

Dans « Mots Croisés », Jean-Luc Mélenchon et Henri Guaino n’ont pas fait le poids face à l’ancien Premier ministre belge.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Verhofstadt, « cruciverbiste » de choc sur France 2

Publié le 23 novembre 2014
- A +

Par Thierry Godefridi

Verhofstadt Capture d'écran Mots croisés France 2

Anne-Sophie Lapix regretta-t-elle un moment d’avoir invité Guy Verhofstadt sur le plateau de son émission « Mots Croisés » sur France 2 où il croisa effectivement les mots et le fer avec Jean-Luc Mélenchon et Henri Guaino ? Les escarmouches entre le fondateur du Parti de gauche et l’ancien Premier ministre belge fusèrent avant même que ce dernier n’ait pris place à la table du débat en face de son collègue député européen.

Si Mélenchon s’était imaginé qu’il désarçonnerait le Belge avec quelques regards hautains et un trop-plein de condescendance, il dut rapidement déchanter et battre en retraite. « Écoutez, je peux plus, je vais plus jamais venir sur un plateau avec ce type ! », « Mais c’est bon, secouez-le, la machine est bloquée, le disque est rayé ou quoi ? » et s’ensuivirent d’autres aménités. La lutte était à ce point mal engagée pour Mélenchon que Henri Guaino crut bon de s’emporter à son tour contre Verhofstadt et de porter secours à son compatriote, allant même jusqu’à lui confier dans un souffle que sur le Traité de Maastricht – à moins que ce ne soit un autre – il eût été avisé de voter « contre » comme lui !

Mélenchon et Guaino ne faisaient pas le poids face à un débatteur comme Verhofstadt. Flamand décomplexé dont le français n’est peut-être même pas la deuxième langue, il jouit encore d’une forte popularité en Wallonie (au regard de quoi la remarque « rattachiste » de Mélenchon s’avérait donc complètement débile). « Baby Thatcher » – le surnom qu’on donnait à ses débuts politiques au président de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe – fut militant libéral dès ses études de droit à l’université d’État de Gand. Après un bref passage au barreau, il devint à 29 ans président du parti libéral flamand et, trois ans plus tard, vice-Premier ministre et ministre du Budget – épisode auquel il fit allusion sur France 2 en se targuant d’avoir réduit la dette publique belge de 130 à 80% du PIB sans avoir obéré la croissance.

Son libéralisme radical le condamna à une traversée du désert de 1991 à 1997. Aussi, à son retour, adhéra-t-il à une conception plus sociale du libéralisme qui lui permit de devenir Premier ministre pendant 8 ans, 8 mois et 8 jours, d’abord avec les socialistes et les écologistes (coalition arc-en-ciel) et, ensuite, à la faveur d’un beau succès électoral, avec uniquement les socialistes (coalition violette) ainsi que, à chaque fois, le parti frère libéral francophone – Mouvement réformateur ou MR dont est issu l’actuel Premier ministre belge, Charles Michel.

Par deux fois, en 2004 et après les dernières élections européennes, Verhofstadt ne réussit pas à prendre la tête de la Commission européenne. À 61 ans, il n’a sans doute plus l’ambition de revenir sur la scène politique nationale, d’autant plus qu’il détient de lucratifs mandats d’administrateur au sein de deux sociétés belges cotées en Bourse (la holding Sofina et l’armateur Exmar) et d’un fonds de pension néerlandais qui lui auraient rapporté en 2013, en plus de ses modestes revenus et indemnités de député européen, un supplément de quelque 230 000 € sans qu’il ne lui en coûtât apparemment une débauche d’efforts puisqu’il ne se présenta à aucune des deux assemblées générales annuelles en Belgique. Les notes dont le fondateur du Parti de gauche s’était muni sur le plateau de France 2 étaient-elles donc muettes sur ce point qu’il ne l’eût pas évoqué dans sa diatribe contre le “capitalisme” ?

Pour en terminer, revenons à la joute dont les aspects théâtraux dissimulaient mal l’indigence des arguments. Mélenchon et Guaino s’entendaient pour déclarer qu’il fallait moins d’austérité, c’est-à-dire moins d’Europe et plus de déficit public, pour financer la relance ; Verhofstadt argua de ce qu’il fallait garder le cap budgétaire faisant l’objet des traités européens et faire plus d’Europe pour plus de croissance. Outre le fait qu’ils soient collègues au Parlement européen et qu’ils aient l’un et l’autre écrit un livre avec Daniel Cohn-Bendit, Verhofstadt et Mélenchon, sans parler de l’affable Guaino, partagent cet autre trait commun à la plupart des rhéteurs de la scène politique : ils n’ont jamais créé ni géré la moindre entreprise personnelle. À cet égard, quand ils évoquent la croissance économique et la création d’emplois, un rien d’humilité épistémologique leur siérait, à moins que, preux défenseurs du capital ou du travail, peu importe, ils n’envisagent de se retrousser les manches pendant quelques années et de montrer sur le terrain aux entrepreneurs de France et de Belgique comment il faut s’y prendre pour assurer, dans la réalité économique, la survie d’une entreprise et le bien-être de ses salariés.


Sur le web.

Voir les commentaires (41)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (41)
  • Si Verhofstetzit était vraiment libéral, il ne serait pas l’un des thuriféraires les plus acharnés de l’UE…

    • Bien au contraire.
      Sans l’UE la France serait encore plus étatiste et socialiste, c’est grâce à l’UE que nous sommes obligés de respecter les règles de la concurrence et que nous avons des traités de libre-échange un peu partout dans le monde.
      Donc l’UE a été un bienfait empêchant la France de s’écrouler avant l’heure.

      • cela ne veut pas dire que l’ue est libéral. certes, l’ue est plus libéral que la france (ce qui n’est pas très dur) mais elle n’est certainement pas libéral

      • Obligée de respecter les règles? comme par exemple celle de ne pas dépasser les 3% de déficits? Comme les innombrables monopole d’état qui perdurent? L’Europe est très légèrement moins étatiste que la France, au pays des aveugles les borgnes sont rois comme on dit…

      • Bof, d’après l’indice de liberté économique la France est quasiment autant libérale avant et après le de Maastricht, qui instaure juridiquement l’union européenne, j’aurai plutôt tendance à croire que l’UE permet l’aléa moral pour se reposer sur les autres et est un bon exutoire pour les démagos, bref que ça empêche d’être véritablement responsable.

      • +1 avec Sweepingwave.
        Sans l’Europe on en serait encore avec le minitel.
        L’Europe a les défauts moyens de ses membres.
        Si les députés français écrivent des conneries quand ils retranscrivent les recommandations européennes c’est parce que ce sont des incapables. Les mêmes recommandations ne conduisent pas aux mêmes inepties dans d’autres pays européens.

        • Non ce sont pas seulement des incapables, ce sont aussi des tordus qui essais de gruger à tout bout de champs quand certaines réglementations ne leurs plaisent pas.

    • Ah bon? Vous pouvez développer? (Et ce n’est pas « Verhofstetzit » mais bien Guy Verhofstadt!, comme ça se prononce)

  • J’écoute ces trois oligarques sans étonnement, ils sont chacun dans la ligne dogmatique de leur parti. J’ai passé 14 minutes à les écouter, mon envie d’aller plus loin est déjà largement entamée, je vais m’arrêter là !

    Mélenchon et Guaino, n’en parlons pas, arrêtons-nous à Verhofstadt dont on me dit qu’il serait libéral, j’en doutais, je l’écoute, je n’en doute plus, il ne l’est pas. Je suis belge et libéral, ancien patron de PME, je suis formé en économie et finances, nous avons, mes associés et moi-même, créé des centaines d’emplois, Verhofstadt, comme les autres sans doute, n’a jamais réellement travaillé, c’est un pur apparatchik qui parle de ce qu’il n’a jamais fait lui-même. Il parle d’investissements, de la part de qui ? Des entreprises ou de l’Etat ? Il n’en dit mot ! Il veut une politique d’investissement européenne, Comment ? L’investissement ne se décrète pas, il est l’œuvre du privé dans un contexte libre, il faudrait mener une politique de l’offre, ces zouaves n’en parlent jamais, ce sont des analphabètes économiques, l’Europe est à la traine dans tous les domaines, déficits, dettes publiques, chômage, faillites, cout du travail, impôts, taxes diverses, charges sociales, lourdeurs administratives etc, etc…Tout est à refaire ! Celui qui voudra pourra me lire ici http://lautrevoie.org/pages/cietla.html

    Ces gens m’épuisent !

    ATB

    • Je suis allé sur votre site. Si vous êtes Belge et libéral, vous savez bien comment ça matche quand il faut trouver un accord, seuls, les belges semblent avoir cette compétence d’écouter calmement chaque interlocuteur pour finir par sortir de son chapeau, un compromis (forcément à la belge) qui mécontente un peu tout le monde mais ne révolte personne!

      Oui, je crois que Guy Verhostadt est un libéral classique (mais pas ultra-libéral), à la belge, une fois encore, celui qui n’a sans doute jamais pensé en termes de lutte des classes, façon Karl Marx, comme en France où on trouve encore de vieux fanatiques de ses mots et discours!

      Non, plus pragmatiquement, il ne nie en rien la valeur d’une concertation sociale avec des droits reconnus aux salariés et accepte cette conquête européenne qu’est la panoplie des système de sécurité sociale, notre vrai « trésor européen » commun que le monde entier nous envie. Il n’est donc pas favorable à un dumping social européen qui amènerait de façon justifiée des grèves et manifestations révoltées justifiées. ‘La Belgique est un pays avec un grand nombre de syndiqués officiellement adhérents.

      Je comprends que cela vous paraisse paradoxal mais c’est pourtant le cas, sans aucune hésitation, ni flirt, de près ou de loin, avec l’ultra droite de style FN, contrairement à un N. Sarkozy, pourtant associé par l’UMP, avec le PPE, moins libéral que l’A.L.D.E.! Mais il ne faut pas voir la Belgique de façon simpliste, selon un regard français sur (quasi) une annexe française alors que ce n’est pas le cas: si bien des Belges francophones sont au courant de l’actualité politique française, il n’en est évidemment pas de même en France où on ignore bien des choses sur ce petit voisin dont la survie, comme pays, serait menacé, au point de laisser croire à un J.L. Mélenchon qu’une annexion au moins partielle (francophone) est envisageable alors que ce n’est l’option que de quelques originaux au moment où de riches familles françaises viennent abriter dans ce pays, leur patrimoine menacé d’ISF, en France! Demandez-leur, à eux! Qui font bien bien la différence et ne croient évidemment pas cet égalitarisme totalement improbable de la France qui exige une transparence financière totale de ses citoyens et une discrétion de bon ton pour ses élites oligarchiques, à croire sur parole!

      Je tiens à préciser que je ne suis pas Belge, bien sûr!

      • Merci d’avoir été sur mon site et oui, je suis belge et libéral, quant à la politique belgo-belge, elle m’intéresse peu, nous la subissons plutôt que nous l’approuvons ici. La Belgique est un pays qui impose énormément le travail, c’est un enfer fiscal, on l’oublie trop souvent quand on ne l’ignore pas carrément. Les belges francophones suivent d’ailleurs les chaines françaises et de ce fait ils connaissent la France, vous avez raison. Quant au compromis à la belge, il est la cause aussi des politiques économiques socialisantes ou socialistes conduites en Belgique. Je connais aussi la France pour avoir eu, pendant des années, une entreprise à Paris, alors les usages et les lois françaises je les ai pratiqués également. Il faut dire aussi que malgré nos politiciens « catastrophes », les citoyens ne s’en sortent pas trop mal, ce qui prouve le potentiel européen.

        Je suis libéral, ni ultra, ni social-libéral, je m’en explique ailleurs (trop long ici), le libéralisme est un pragmatisme, il ne se divise pas. La concertation sociale est utile, mais quand on a, comme en Europe, des syndicats marxistes-léninistes (à peu près tous), celle-ci est difficile et elle se fait toujours en faveur du dogme socialiste pour éviter les « dérapages urbains » lors de manifestations justement syndicales. Ce que la Belgique vient de connaitre http://lautrevoie.org/docshtml/bruxelles.html

        Les syndicats paient les allocations de chômage en Belgique (anormal !), voici la raison du fort taux de syndicalisation. Il y a encore beaucoup de choses à dire, c’est pour cela que j’ai fait, il y a 4 ans déjà mon site. Pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté de ma part, je défends d’abord la liberté et mes modèles se retrouvent dans la Constitution US et en Suisse.

        Cordialement

        ATB

  • Dans les « démocraties » version Mélenchon ( ses amies sud-américaines), il est impensable de prêter le micro et s’organiser un débat ouvert et contradictoire de ce type sur un plateau TV publique…encore moins privée , et pour cause !
    Quant à Mlle LAPIX, elle est bien gentillette …mais ça n’en fait pas une journaliste pour autant

  • J’adore les arguments de Mélenchon: « Taisez-vous »! Un vrai démocrate.

    Et Guaino, penser que ce type était conseiller du président, ça fait flipper.

    Il a bien du courage Verhofstadt de participer à un tel débat.

  • drôle de libéral ce Verhofstadt « les Etats sont endettés, ils ne peuvent pas investir »
    –> et donc s’ils ne l’étaient pas vous aimeriez qu’ils investissent ? Bizarre mais passons.
    il poursuit « donc il faut que l’investissement se fasse au niveau européen »
    –> Euhh, et il sortirait d’où l’argent de l’investissement au niveau européen ? Il sortirait bien des mêmes Etats endettés dont vous parlez, pas du ciel ! Donc que ça soit au niveau des Etats ou de l’Europe le problème est le même, ils sont endettés ils n’ont pas d’argent a balancer, ni nationalement ni au niveau européen! Un liberal comprend ça en 2 secondes, vraiment étonnant ce « liberal » belge.

    • Bien vu, 200% d’accord avec vous.

    • Il n’a jamais dit que c’était aux états d’investir mais aux états de conduire une politique d’investissement. Ce qui en langage clair veut dire d’arrêter de taxer les entreprises et les consommateurs afin de leur laisser de quoi investir pour les uns et consommer pour les autres. En langage clair ça veut dire aussi que si on veut respecter les déficits tout en imposant moins il faut diminuer les aides et là il serait entré dans un débat social.

      2011 : 30Mds d’impôts en plus
      2012: 30Mds de plus que les précedents soit 60Mds
      2013 : idem soit 90Mds

      Soit en tout : 30+60+90 = 180Mds retirés du circuit productif.

      Guaino et Mélanchon dans l’émission sont des adeptes d’adapter les recettes (donc impôts) aux dépenses sans même remettre en cause ces dernières : il faut X Mds de recettes (donc impôts) car on a X Mds de dépenses. Ce n’est pas comme cela qu’on raisonne… quoique… ayant été ex-patron de PME j’ai déjà vu des salariés justifier une demande d’augmentation car ils avaient beaucoup de crédits (crédits avec un « s », car coté crédit ils en perdaient beaucoup à mes yeux). Quand on a un problème d’équilibre budgétaire on s’attaque aux dépenses d’abord pour vivre à hauteur de ses moyens.

      • Verhofstadt dit clairement, minute 3:48; « les Etats ne sont pas capables de créer ces investissements, ils sont tous endettés », plus loin il dira;  » c’est au niveau européens qu’ils faut lancer la croissance et les investissements » (comment et qui ? Mystère et boule de gomme), il enchainera ensuite sur la communauté énergétique européenne qui n’existe pas etc etc. Donc son langage est clair il parle de dirigisme, il ne parle pas de la seule chose qu’il devrait aborder; mener une politique de l’offre, comme je le dis plus haut. Marius a raison !

        • à 3’48 oui il dit ça et alors justement !

          2’45 : « il y a au moins 2 choses à faire, tout d’abord faire une politique d’investissement à coté de l’austérité, à coté d’une discipline budgétaire… »

          5’25 : « ….c’est parce que on ne le fait pas au bon niveau, parce que on ne relance pas un mouvement d’investissement avec ces super capitalistes, dont vous parlez, au niveau européen… »

          Sur le dirigisme, non il ne l’encourage pas mais au contraire de vous il sait comment chaque état protège son marché national : voir ce qui s’est passé pour Alstom. Les états empêchent la création de champions européens ou mondiaux sauf s’ils ont les doigts dedans : Airbus par exemple. La raison est qu’un champion va aller s’installer ailleurs et qu’il y paiera ses impôts : voir Total dont le département financier est en UK.

          Mais en final l’état n’a pas à créer une politique de l’offre ou de la demande : il doit juste s’occuper de la justice et de la sécurité, ce qui l’amènera à taxer le moins possible, point barre. Ce que sait le moins bien faire l’état c’est de s’occuper d’économie… il n’arrive même pas à en faire.

          • Oui, mais…l’Etat n’a pas à faire une politique d’investissement (2 :45) à côté de l’austérité, l’Etat doit offrir au peuple les conditions favorables aux investissements, cad ; pratiquer une politique économique libérale. En outre cette histoire des 3% est absurde, elle est arbitraire et ne correspond à aucune règle d’analyse financière (ma formation pour info), ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas serrer les boulons. Faire des dettes pour payer des dettes, cela s’appelle de la cavalerie et c’est ce que les Etats font. Pour en revenir aux « investissements » Verhofstadt dit (5 :25) « c’est parce qu’ON ne le fait pas au bon niveau… », qui est ce « on » ? Les investisseurs privés ? Non il parle de l’Etat, et s’il ne le fait pas il est ambiguë par ignorance ou opportunisme (le libéralisme, le vrai, est mal vu). J’aime votre formule ; « au contraire de vous » alors que je ne me prononce pas sur la protection du marché intérieur, il est vrai que je ne suis pas protectionniste parce que je crois plutôt en la loi de Say, la libre concurrence est la meilleure protection des marchés, de la croissance, des emplois et de la richesse économique. Vous avez raison quand vous dites ; « l’Etat n’a pas à créer une politique de l’offre ou de la demande », c’est ce que je dis, il doit offrir les conditions favorables en cessant de nous accabler de charges, d’impôts et de tout le tralala de lourdeurs en tous genres qui étouffent l’entreprise.

            Si vous avez un doute sur mes pensées et ma compréhension de l’économie, je donne plus haut un lien qui amène à ms écrits.

            Cordialement

            ATB

          • non non, Verhosfstadt je l’écoute depuis un moment, et je sais très bien ce qu’il dit ! Quand il dit qu’il faut avoir une politique d’investissement au niveau européen il ne parle pas du tout du privé, il parle bien d’investissements publics avec le tampon UE, raisonnement totalement keynesien.

            Moi je crois que ce Verhofstadt est avant tout un ideologue européiste, bien avant d’être un libéral. En clair, s’il pense qu’il faut promouvoir des idées keynesiennes pour arriver à ses fins, a savoir fédéraliser l’UE, il le fera… et c’est ce qu’il fait. Je ne dis pas qu’il ne peut pas être liberal par ailleurs, j’entends bien qu’il préconise aussi un environnement éco favorable, faible taxation etc, mais tout ce qui touche à l’Europe, à la création de l’Etat Fédéral Européen, il n’hésite pas a basculer complétement dans l’étatisme pour le batir. Quand j’entends cet homme je me dis qu’il préférerait un Etat fédéral européen à la française plutôt que pas d’Etat fédéral européen du tout, je ne trouve pas ça très glorieux pour un liberal. Et plus généralement, je dirai que tous les libéraux qui poussent à la fédéralisation de l’UE tombe dans ce piège.

            • Vous avez raison Marius, pour ma part je n’écoutais plus Verhofstadt depuis des années, j’ai toujours su ce qu’il est ; un apparatchik politique pur. Il est président des étudiants libéraux de 1972 à 1974, il a 24 ans quand il accepte le poste de secrétaire de Willy De Clercq, il devient président du PVV en 1982, il a alors 29 ans, et ensuite tout s’enchaîne ; rien que des postes politiques, il ne travaillera jamais dans le monde réel, celui de l’entreprise, il ne créera jamais non plus le moindre emploi comme quasiment tous ses collègues. En outre il a fait le droit (que le droit !), mon expérience m’a déjà appris depuis longtemps que ces gens-là (sauf exception) ne pigent rien aux chiffres et à l’économie, ce sont des analphabètes économiques complets. En effet, il n’est pas libéral, sauf dans le verbe, il pense investissements publics (ses mots sont clairs pour moi) et il rêve d’une Europe qui n’existe pas parce que celle qu’il nous offre est un désastre, elle est un univers de contraintes et de règles liberticides dans un monde écrasé de taxes, de charges et d’impôts. En fait il veut ratisser large, plaire à tout le monde, alors il se dit libéral mais applique une politique dirigiste pour plaire également à la gauche. C’est un idéologue sur lequel point n’est besoin d’épiloguer pour comprendre ce qu’il est.

              L’Europe est une tyrannie, une tyrannie douce, mais une tyrannie tout de même. Il y a un an j’avais écrit un texte très court, le voici http://lautrevoie.org/docshtml/new%20URSS%20de%20l'ouest.html j’avais évoqué la Grèce où les opposants à l’UE risquaient désormais deux ans de prison et je rappelais aussi les déclarations de Boukovski sur notre bonne vieille Europe, il terminait son exposé par ces mots : « J’ai vécu dans votre futur et ça n’a pas marché ».Tout ça n’est pas neuf, mais il n’est pas inutile de nous le rappeler.

              Oui, Verhofstadt veut l’Europe, mais uniquement son Europe, celle des privilégiés qui la composent, il se fiche éperdument des peuples et de leur avenir. Il se nourrit de l’Europe, mais il boit notre sang et mange dans notre gamelle.

              ATB

    • Un libéral comprendrait en effet! Mais un libéral député européen sait bien, lui, que la planche à billets à tourné beaucoup, ces derniers temps, aux U.S.A., dans l’U.E., en Suisse, au Japon, en Chine, en U.K., je ne sais pas. Et le but est évidemment de donner de la trésorerie aux entreprises, quitte à le payer par de l’inflation, ensuite, évidemment! Comme ça, maintenant vous le savez: à vous d’en profiter!

  • Entre les positions politiques des intervenants, il y a seulement une différence de degré et non de nature.

    Tous les trois sont étatistes, interventionnistes à divers degrés ce qui produit un débat d’une exécrable qualité mais qui a le mérite de montrer le pourquoi de la situation catastrophique dans laquelle se trouve l’Europe.

  • Comment ça « Jean-Luc Mélenchon et Henri Guaino n’ont pas fait le poids face à l’ancien Premier ministre belge. »

    Parce-qu’on « fait le poids » quand on gueule comme ce Verhofstadt?!

    Bien mauvaise compréhension de ce que doit être un vrai débat si on veut lui donner un vrai sens et qu’il serve à faire avancer la réflexion.

    • @Emmanuel , tout à fait d’accord avec vous et je n’aime ni Méluche ni Gaino

    • Un débat politique télévisé n’a rien à voir avec le mode de communication d’une conversation d’éclarcissements informatifs ou didactiques! Il s’agit de déstabiliser l’adversaire, de l’interrompre suffisamment pour rendre son message incompréhensible, et d’imposer clairement le sien. Si possible, monter en épingle une contradiction ou une contrevérté de l’adversaire ne nuit pas, quitte à utiliser un peu de mauvaise foi. C’est bien connu. Et le « modérateur » n’a aucun avantage à trop bien modérer: il faut créer le « buzz »: mission accomplie!
      De là vos propos: dire que Guy Verhofstadt est « étatiste » alors qu’il est clairement fédéraliste, tant dans son pays qu’en Europe montre bien la différence avec les 2 Français, favorables eux, à un repli souverainiste! Et là était bien l’enjeu du débat avec son corollaire: la France n’a que trop attendu pour mettre un peu d’ordre dans ses fiances le dérapage ayant commencé dès 1974, avec Giscard puis sous la droite comme sous la gauche, 40 ans au total (et 20, chacun!).

  • Verhofstad est probablement le moins libéral des 3, il est pro-euro, soutient l’oligarchie anti-démocratique européene et le socialisme pour les riches qu’est la politique monétaire actuelle.

    • Je suis pro-europe car c’est l’unique façon de démanteler les monopoles, de forcer l’état à accepter les règles de concurrence y compris la concurrence fiscale. Je suis pro-euro (la monnaie) car ça empêche l’état de dévaluer la monnaie et de laisser filer les déficits sur mon dos. Et je suis libéral !

      • @go Oui , c’est un beau rêve , l’Europe , mais pas avec les charlots qui y siègent . J ai vécu 6 ans a Bruxelles . Les abrutis qui s’agitent la bas vont juste mener l’Europe droit dans le mur ou se trouve déjà la France et quelques autres de L’Europe du sud. Ce qui va se passer , c’est que les plus forts (Allemagne , pays nordiques) quitteront le navire dès que ce dernier ne leur servira plus à rien , et ils auront raison.

      • Je ne vois pas pourquoi l’UE serait la seule façon de briser les monopoles. On pourrait très bien adopter cette législation nationalement. Il faut gagner le combat des idées, le combat politique, en France.

  • Mélanchon a trouvé son maitre.

  • Verhofstadt n’est pas libéral, il nous parle de standards, de politiques globales etc,,, mais ses paroles sont beaucoup plus sensées que les deux chauvins étatistes qui lui font face. Ceci dit ce n’est pas dur….Le niveau de la politique française est tellement bas, Guaino qui dit qu’on ne peut pas décréter un déficit….lol…on peut décréter ses dépenses en fonction de ses revenus comme le font des milliards de personnes et d’entreprises tous les jours, j’ai peur de regarder le compte en banque de Monsieur Guaino. Le mépris de Mélenchon n’en parlons même pas.

  • J’ai trouvé Verhofstadt grossier, hautain, méprisant et hors de propos.
    Bref, un puissant incitant anti-européen et anti-libéral .
    Je précise que je suis libéral.

    • Faut rester courtois quand les clébards aboient et essaient de vous mordre ?

      On ne discute pas avec un mec qui défend l’idéologie aux cent millions de morts.

  • Pas plus q’on ne défend une administration aux 30 millions de chômeurs au 21ème siècle.
    Que voulez-vous, je vis au présent…..

  • Les trois clowns du cirque « Politicus » le bleu, le rouge et le jaune… + une madame « loyal » dépassée.
    NON l’Europe ne marche pas très bien, c’est de la faute des gouvernants qui se sont succédés et qui ont mélangé les charrues et les boeufs… Mais oui elle marche assez bien quand elle sauve nos économies et qu’elle nous distribue des subventions (conséquentes).
    OUI un gouvernement est « MAITRE » de son déficit… seulement il doit d’abord voir ce qui rentre dans les caisses pour savoir ce qu’il peut dépenser au lieu de pomper toujours plus (comme les shadoks) dans la marmite (des autres).
    NON un déficit n’est pas une solution économique (sinon temporaire… un emprunt).
    NON l’inflation n’est pas la solution… c’est SE vendre moins cher pour un même travail (et pourtant ils refusent une diminution de revenu ???) c’est un déficit de fait. Au final c’est une diminution du revenu de tous.
    OUI il fallait faire l’Europe « politique » avant l’Euro ou rien faire du tout, et pourquoi essayer de la faire très tard sans impliquer les opposants aux résultats de la non construction (qui s’en tirent en faisant les beaux)…
    Libéral, socialiste, communiste, droite, gauche, etc, tous ces gugusses répètent des phrases avec des mots « appris » sans les avoir appliqués à eux-mêmes, en les imposants « aux autres »… au peuple en se présentant défenseurs du dit peuple, mais les comprennent-ils seulement ? Et le peuple Français, poire il est poire il restera.
    Que les vieux cons comme moi (j’ai 68 ans) s’accrochent à des acquis, je peux encore le concevoir bien que je le réprouve (et je l’applique), mais que les jeunes qui ont à forger leur avenir réagissent comme les « vieux » (bornés, politisés, incapables de se forcer à une analyse contradictoire (enfin trop peu) ça je ne le conçoit ni ne comprends pas. Je ne suis pas fier de ma génération mais celles d’avant et celle de maintenant n’ont rien a lui envier ni a lui reprocher. La démocratie ne marchera que lorsque les peuples seront « formés, instruits et responsables personnellement » politiquement, juridiquement et économiquement… C’est pas gagné… HONTE

  • Excellent spectacle. D’abord ce ne sont pas des partis différents qui s’affrontent mais plutôt des cultures… des cultures de la discussion diamétralement opposées.
    Verhofstadt cherche le contact.
    Gaino ne regarde jamais son interlocuteur.
    Melanchon regarde, mais n’écoute pas.
    Quand bien même ce système monétaire mondial serait détestable sans étalon-or, la limite des 3% en est une des dernières restriction a l’expansion, que GV a le mérite de défendre devant les arguments absurdes de Gaino. (Ne parlons même pas de Mélanchon)
    Argument Gaino : on ne peut pas décréter 3% comme on ne peut pas décréter 3% de chômage. Cela ne se contrôle pas » (…quand on pige rien à l’économie ?) La crise est une fatalité. Il suffit d’attendre que la roue de la fortune s’inverse et là oui, oui, on respectera le chiffre sacro-saint de 3% (dont on se fout éperdument)

  • Que vient faire « cruciverbiste » dans le titre de cet article ?
    Outre le rapport lointain au nom de l’émission, c’est un peu trompeur, non ?
    Pour le coup, il aurait été intéressant d’insister sur la maîtrise du langage de notre ami belge, qui n’est finalement pas tant mis en avant que ça dans l’article… Pourtant, la reconstruction de la parole politique passe aussi par la maîtrise de cette parole, du langage, du vocabulaire, de la grammaire… Un véritable cruciverbiste pourrait redonner du souffle à certains discours, à certains palabreurs !

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

À l’heure où l’Union de la gauche reprend tous les poncifs anti-marché qu’elle a dans sa manche pour améliorer le bien-être social (comme le contrôle des prix, l’augmentation du salaire minimum, etc.), il est temps pour les lecteurs et moi-même de repartir à la découverte de théories d’auteurs abandonnés, inexploités, et pourtant très pertinentes, pour comprendre les problèmes de notre pays.

Nous parlerons donc aujourd’hui de la théorie classique du chômage, et de son plus grand défenseur, l’économiste William Harold Hutt.

Les e... Poursuivre la lecture

https://www.youtube.com/watch?v=aWzlQ2N6qqg

 

Chers lecteurs, à l’heure où le dernier film Marvel, Doctor Strange : The Multiverse of Madness, cartonne au cinéma, j'aimerais vous inviter à imaginer qu’il existe quelque chose de similaire à un multiverse dans notre monde.

Dans un autre univers, sur une autre Terre, un Mélenchon et son Union de la gauche, NUPES, obtiendraient la majorité des sièges à l’Assemblée nationale. Mélenchon gagnerait enfin son Troisième tour. Qu'adviendrait-il alors, dans la France de cet univ... Poursuivre la lecture

Gimmick électoral, surenchère écolo-vertueuse pour attirer les électeurs de la France insoumise au second tour de l’élection présidentielle et faire barrage à Jean-Luc Mélenchon qui ambitionne de devenir Premier ministre de cohabitation à l’issue des législatives de juin ? À l’évidence. Après tout, c’est dans l’entre-deux tours et à Marseille, terre assez nettement mélenchonienne, qu’Emmanuel Macron a soudain repris le concept de « planification écologique » porté par le leader insoumis.

Et puis c’est tout à fait dans le style beaux di... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles