Investir en Belgique ?.. pour vous y inciter, on taxera l’outillage !

La nouvelle idée du gouvernement de la région wallonne : taxer les outils !

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
angelus millet credits pierre marcel (licence creative commons)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Investir en Belgique ?.. pour vous y inciter, on taxera l’outillage !

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 20 novembre 2014
- A +

Par Ernst S. Hemignwe.

angelus millet credits pierre marcel (licence creative commons)

J’ai failli avaler mon café de travers l’autre jour. Alors que la Belgique est déjà le deuxième pays en terme de coût salarial (41,2 € / heure contre une moyenne Union Européenne de 23,9 €…), alors qu’on nous bassine que « les entreprises sont des partenaires », que « le pays a besoin de ses entreprises et de ses emplois… » voilà que notre gouvernement Wallon nous ressort une vieille taxe : la taxe sur l’outillage.

La taxe sur l’outillage… le travail était déjà cher, si on taxe l’outillage en prime, notre niveau de compétitivité va encore se détériorer. Mais, peut-être cela part-il d’une bonne intention ? Voyons voir de plus près.

La Règle

Elle n’est pas très compliquée mais pas encore très claire. Toute entreprise qui acquiert du matériel à partir de janvier 2015 sera imposée sur ces machines à partir de 2020. Alors, doit-on comprendre que le Gouvernement Wallon taxera l’obsolescence des machines ou qu’il exonère les 5 premières années et taxera tout le monde à partir de 2020 ? Ce n’est pas très clair aujourd’hui. Il semblerait que ce soit la première solution qui prévale.

Imaginons donc que la Région Wallonne décide de cette taxation progressive sur l’obsolescence du matériel… L’idée est d’imposer d’office mais d’offrir une exonération de 80% la 6ème année, exonération dégressive vers 20% la 9ème année et puis, ce sera plein pot… si si, je vous ai dit que c’est simple. Ça l’est. Comparé aux autres horreurs absurdes qu’ils nous ont déjà inventées, c’est simple.

La motivation

L’idée est d’inciter les entreprises à recommencer à investir entre la 5ème et la 10ème année de l’investissement quand l’exonération devient dégressive. L’idée pourrait être vue comme généreuse, génératrice de consommation, de relance et d’investissement dans des outils plus performants, incitant à l’innovation… sauf que c’est une idiotie sortie de la tête de politiciens ou fonctionnaires n’ayant aucune connaissance de la réalité économique.

Une mauvaise idée…

En réalité, on touche la à la totale incompréhension et méconnaissance du politique face au monde économique et entrepreneurial. C’est simple, ils n’ont rien compris et n’y connaissent absolument rien.

Le principe ? Mauvais et pervers

Parce que, comme dit en préambule, on va encore enchérir le coût du travail. Parce que le principe même d’un exonération est une chose qui me dépasse totalement. C’est quoi ? Faire croire qu’on nous fait un « cadeau ». C’est le voleur qui voudrait un merci pour n’avoir volé que la moitié de la maison… (oui, désolé pour la comparaison absurde, mais vous saisissez l’idée.) Parce que soit on taxe, soit on ne taxe pas, mais on ne fait pas croire à de pseudo cadeaux. Surtout que la logique derrière est perverse. Plus tard, on ne créera pas de nouvelle taxe…on limitera simplement un peu plus l’exonération. Tout est une affaire de communication.

La logique ? À côté de la plaque

  1. Parce que l’outillage a déjà été taxé de multiple fois… Il a été taxé lors de sa production, par la taxation du travail nécessaire à le produire. Il a été taxé à la vente pour la plus-value générée : TVA. Taxé sur le bénéfice généré : ISOC.
  2. Parce que, si cet outillage n’a pas été taxé à la production et à la vente car produit à l’étranger, taxer à l’usage ne fera qu’inciter à faire sortir de l’argent du pays pour acheter à l’étranger. Ce n’est pas la Wallonie qu’on relance. C’est la Wallonie qu’on saigne et l’étranger qu’on relance. La majorité de nos machines sont allemandes ou italiennes.
  3. Parce que, considérer arbitrairement du matériel de 5 à 10 ans comme obsolète, c’est méconnaître les outils de production. Qu’amorti-t-on encore en 5 ans ou moins ? Une voiture, le matériel informatique (et encore, on pourrait parler des mainframes…), les GSM… Le reste du matériel ? A priori, quand on investit des montants de plusieurs centaines de milliers d’euros, on espère avoir une machine qui tiendra plus de dix ans, ou qu’on pourra mettre à jour régulièrement sans devoir ré-investir entièrement dans une nouvelle machine.
  4. Parce que, comme pour la création d’emploi et l’engagement de personnel, l’achat de matériel est la résultante d’un besoin de l’entreprise, de la croissance de l’entreprise. On n’achète pas pour des raisons fiscales, on achète pour des raisons économiques.
  5. Parce que l’innovation comme l’emploi ne se décrète pas. On fait de la R&D, on innove, ensuite, s’il y a nécessité, on investira dans de nouvelles machines. Mais ce n’est pas un décret qui va définir à quel moment il est opportun d’investir.
  6. Parce que le rôle de la fiscalité, outre de maintenir une solidarité est aussi d’inciter… juste qu’ici en matière d’incitation, on incite surtout les entreprises à quitter définitivement ce pays.

En bref, cette taxe sur l’outillage a TOUT d’une mauvaise idée. Ce n’est même pas une « fausse bonne idée », c’est une idée idiote qui méconnaît le monde de l’entreprise. Qui ne servira qu’à alimenter les caisses de la Région, à alimenter la production étrangère, à renchérir le coût de notre travail qui n’était déjà pas compétitif.

Parfois je me demande si le but n’est pas de tuer toute entreprise privée dans ce pays…

Sur le web

Voir les commentaires (10)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (10)
  • Si on taxait les idées débiles, les politiciens francophones dormiraient sous des ponts.

  • Je sens qu’à Bercy on va être furieux de ne pas avoir été capables d’inventer cette aberration et de s’être fait griller par des Belges.

    • … par les Belges ? Non : par les Wallons car les Flamands, eux, non seulement ont supprimé toutes les taxes sur l’outillage depuis plusieurs années, et de plus suppriment toutes les taxes locales sur l’outillage qui existeraient encore.

      • Oui, mais vous avez remarqué que dans les histoires belges en France, les Belges parlent français, donc ce doivent être des Wallons.

  • Bientot en France….. hélas…

  • Bonjour
    Parfois …….
    cette phrase n’est pas juste : la juste est :Le socialisme REFUSE toutes entreprise privés qui pour lui est une entorse à son pouvoir dominant .
    Donc pour eux cette taxe est logique

  • De toute évidence l’illisibilité du texte risque d’inspirer nos technocrates de Bercy …mauvaises nouvelle pour les Wallons mais » ergo propter hoc « peut-être pour les Français !

  • Comme beaucoup de Wallons, j’habite à moins de 5 kilomètres de la densément peuplée « frontière linguistique », sorte de version occidentale et civilisée de la frontière entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. Bénéficier des lois flamandes pour son entreprise tout en ayant l’immense satisfaction de participer à la très humanitaire campagne « starve the beast » vis-à-vis de la parasitocratie wallonne en faillite est donc très loin d’exiger un effort surhumain !

  • font un concours de taxes débiles avec les soces français?

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
2
Sauvegarder cet article

Le fédéralisme flamand est un succès avéré, dans quasiment tous les domaines. La Flandre n’a jamais été aussi prospère. Gand, Bruges, Leuven sont au faîte de leur art de vivre, parmi les plus belles, actives et créatives cités d’Europe du Nord. Anvers renoue avec son glorieux passé, celui de l’un des plus grands ports du monde.

Le fédéralisme wallon est tout aussi éclatant, mais d’échec, d’insuccès, de complaintes, de rancœurs et de misère. Pourtant, depuis un demi-siècle, c’est la Flandre qui finance massivement la Wallonie, non le co... Poursuivre la lecture

Par Robby Soave. Un article de Reason

 

L'année dernière, la comédie originale de Dave Chappelle, The Closer, a suscité l'ire de la communauté des activistes transgenres, et Netflix est devenu la cible de protestations. Ted Sarandos, co-PDG du géant du streaming, a d'abord défendu le droit de Chappelle à créer des comédies offensantes, mais il est revenu quelque peu sur ses commentaires dans le but d'apaiser "un groupe d'employés qui ressentaient certainement de la douleur et de la souffrance."

Il était donc diffic... Poursuivre la lecture

Avec le pouvoir d’achat, l’écologie et l’immigration, un autre clivage entre les candidats aura été la mondialisation. Marine Le Pen a plaidé le souverainisme français, Emmanuel Macron le souverainisme européen. Mais les réalités de la mondialisation ne se limitent pas au choix du souverainisme. Elles sont en apparence très complexes, et je crois nécessaire de mettre de l’ordre dans les concepts et dans les faits.

Deux types de mondialisation

Je soutiens qu’il existe deux types de mondialisation : une mondialisation politique et une mo... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles