Le long ralentissement de la croissance économique

En examinant les données de long terme, on s’aperçoit que les difficultés économiques des principaux membres de l’OCDE ne datent pas d’hier.

Par Aymeric Pontier

La théorie de la « stagnation séculaire » a fait son apparition pour la première fois dans les années 1930 à l’époque de la Grande Dépression qui affecta les États-Unis, et ses principaux partenaires économiques. Tombée dans l’oubli après la Seconde Guerre mondiale, elle revient à la mode chez certains économistes voulant donner un sens au fort ralentissement de la croissance des économies avancées.

En examinant les données de long terme, on s’aperçoit effectivement que les difficultés économiques des principaux membres de l’OCDE ne datent pas d’hier. Le taux de croissance du PIB réel a commencé à chuter dès les années 1970 après les chocs pétroliers, tandis que la croissance du PIB nominal a continué de progresser avant de plonger à son tour dans les années 1980.

Parmi les causes les plus couramment citées pour expliquer le phénomène, la transition démographique est celle qui revient le plus souvent. D’une part, la baisse de la population active associée à la hausse des retraités pris en charge impacte directement les revenus disponibles des ménages. D’autre part, ce même ralentissement démographique se traduit par un déclin des taux d’intérêt, or des taux bas tendent à accroître la formation de dettes (publiques ou privées) et de bulles dévastatrices sur les marchés.

La stagnation séculaire des pays développés 1960-2014

Source : The Economist – « Longue vue sur la stagnation séculaire ».