Le long ralentissement de la croissance économique

En examinant les données de long terme, on s’aperçoit que les difficultés économiques des principaux membres de l’OCDE ne datent pas d’hier.

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Le long ralentissement de la croissance économique

Publié le 15 novembre 2014
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Par Aymeric Pontier

La théorie de la « stagnation séculaire » a fait son apparition pour la première fois dans les années 1930 à l’époque de la Grande Dépression qui affecta les États-Unis, et ses principaux partenaires économiques. Tombée dans l’oubli après la Seconde Guerre mondiale, elle revient à la mode chez certains économistes voulant donner un sens au fort ralentissement de la croissance des économies avancées.

En examinant les données de long terme, on s’aperçoit effectivement que les difficultés économiques des principaux membres de l’OCDE ne datent pas d’hier. Le taux de croissance du PIB réel a commencé à chuter dès les années 1970 après les chocs pétroliers, tandis que la croissance du PIB nominal a continué de progresser avant de plonger à son tour dans les années 1980.

Parmi les causes les plus couramment citées pour expliquer le phénomène, la transition démographique est celle qui revient le plus souvent. D’une part, la baisse de la population active associée à la hausse des retraités pris en charge impacte directement les revenus disponibles des ménages. D’autre part, ce même ralentissement démographique se traduit par un déclin des taux d’intérêt, or des taux bas tendent à accroître la formation de dettes (publiques ou privées) et de bulles dévastatrices sur les marchés.

La stagnation séculaire des pays développés 1960-2014

Source : The Economist – « Longue vue sur la stagnation séculaire ».

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  • Il serai peut être temps de prendre conscience que le concept de croissance infinie dans un monde fini est une utopie… La démographie fait partie des limites, tout comme le stock de matières premières disponibles ou le stock monétaire (à ce titre les QE qui se multiplient ne sont-ils pas juste une façon de pousser les murs?)

    • Rien ne se perd, tout se transforme. L’intégralité des ressources consommées sur Terre s’y trouvent toujours, mais sous une autre forme. En apprenant à les recycler ou à leur trouver de nouveaux usages, on règle le problème des ressources finies. Par exemple, certains envisagent de réutiliser le CO2 émis dans l’air : http://www.contrepoints.org/2011/08/25/42125-et-si-on-faisait-du-co2-une-energie-renouvelable

      • L’eau en est un excellent exemple. La gestion de l’eau est un problème économique et technique, pas écologique. Les disponibilités en eau potable avec le recyclage sont infinies et donc les économies d’eau dans nos pays où elle est abondante est un stupidité sans nom.
        Dans le Jura, le patron du gîte où on allait faire du ski de fond recommandait d’économiser l’eau 😉 Alors qu’elle est surabondante dans ces montagnes.

        • J’ignore dans quel endroit du Jura vous êtes allé skier (à fond). Je veux vous apporter (peut-être) une explication.
          Il est à noter que pour construire sur ces crêtes, les anciens commençaient par y creuser une citerne, ensuite édifiaient une toiture posée sur des poteaux, qui permettrait de récupérer l’eau pour maçonner les murs, en dernier lieu.
          Car en l’absence de nappes phréatiques dans ces reliefs karstiques, on trouve seulement des eaux de ruissellement. Il existe bien sûr aujourd’hui un réseau d’adduction d’eau depuis certains lacs (dont on pense qu’ils sont peut-être alimentés par les glaciers des Alpes), mais seulement depuis les années ’60 et encore, pas dans certains lieux loin de tout.
          Voilà. J’espère avoir pu vous éclairer un peu sur ce point.
          Bien à vous.

    • Affirmer que « la croissance illimitée est impossible » est essentielle aux collectivistes car elle légitime l’idée que la richesse serait un stock, un gâteau à partager selon un plan imposé par quelque tyran dominant la vulgaire masse humaine. C’est évidemment absurde puisque la richesse est un flux (d’échanges volontaires) indéfiniment renouvelé par le travail acharné de chacun. le génie humain n’a pas de fin c’est cela que vous ne comprennez pas. le génie humain est infini. quand à l’augmentation de la population, ce n’est pas un probleme grace à la science et aux innovations technologiques. selon l’ONU rien qu’avec l’agro-écologie, on pourrait doubler la production mondiale en moins de 10 ans ! Ceci dit, cela nécessiterait des investissements conséquents…
      Mais il y a aussi d’autres voies à explorer ! Comme l’augmentation des capacités naturelles des plantes par la science. Par exemple : améliorer la photosynthèse ou augmenter la fertilité des sols. bientot, il y aura des fermes verticales…

    • Pour comprendre ce qu’est la «création de richesse» http://www.iedm.org/node/47434 Les prévisions d’épuisement des ressources sont tout le temps exagérées car elles minimisent la capacité de l’esprit humain à toujours inventer de nouvelles solutions avec le progrès scientifique, à trouver de nouvelles énergies, à toujours découvrir. On en voit un exemple avec l’intensité énergétique des pays développés.
      Comme Karl Popper l’a montré, il faut laisser la place au débat, à un cheminement par tâtonnement, avec des erreurs nécessaires.
      Prenons l’exemple de Nicolas Hulot. Ce dernier entend imposer son idéologie comme une vérité supérieure, refuser toute possibilité de discussion, d’échange, de débat et il ouvrait ainsi son « pacte écologique » par ces mots inquiétants : « le temps de l’information, du débat, des controverses est révolu ». Non seulement il fait l’erreur d’embrigader la science et de faire de ses « vérités » des actes de foi, mais en outre il rend impossible tout progrès de la science, justement. Loin d’être la solution, un contrôle supérieur de l’écologiquement correct ne ferait qu’empirer les choses. Plutôt que ces mesures liberticides, c’est une plus grande liberté qu’il faut pour laisser émerger les idées les plus innovantes et efficaces.
      On peut également souligner que grâce au progrès, l’intensité énergétique des économies développées a fortement décru depuis plusieurs dizaines d’années. La courbe de Kuznets offre également un fondement scientifique à cette perspective. quel crédit apporter aux prévisions des théoriciens de la décroissance au vu de l’absence totale de fiabilité des prévisions passées ?
      Cécile Philippe de l’Institut économique Molinari en donne de nombreux exemples dans son livre C’est trop tard pour la Terre : elle rappelle que, par exemple, dès 1914, le Bureau des mines aux États-Unis estimait que la production future de pétrole était limitée à 5,7 millions de barils, soit peut-être dix ans de consommation. Elle ajoute également, entre autres exemples, que le Rapport Meadows prévoyait en 1972 pour avant la fin du XXe siècle un épuisement de certaines ressources dont la substitution paraissait impossible. À chaque fois les erreurs n’ont pas été minimes mais énormes, toujours dans un excès d’alarmisme.
      De même, Daniel Yergin, spécialiste américain de l’énergie a montré que, grâce aux réserves et aux progrès de la technologie, « le monde n’est pas près de manquer de pétrole ». Les techniques nouvelles permettent d’extraire davantage de pétrole des nappes et de mettre en valeur de nouveaux gisements, de sables bitumineux par exemple.
      En outre, le recyclage des matières premières est une solution mise en place depuis longtemps avec succès : 50 % du fer utilisé est recyclé, 90 % du platine et 80 % de l’or[5]. Le géochimiste Claude Allègre appelle de ses vœux un développement de ces filières pour toutes les ressources terrestres : « À une économie unidirectionnelle à ressources infinies (on produit – on utilise – on jette) doit se substituer une économie cyclique à ressources finies. ».
      Dans les deux cas, c’est… le marché qui permet le développement de ces solutions, par le mécanisme des prix.
      Les « décroissants » croient que la croissance est toujours matérielle, et donc qu’elle s’autolimite. Ce sont des matérialistes qui s’ignorent. Mais toute nouvelle invention qui a du succès génère de la croissance et de la valeur, sans réclamer pour autant plus de ressources matérielles (au contraire elle permet souvent d’en économiser).

    • Pour faire du papier, il faut abattre des arbres mais on plante d’autres arbres pour avoir les ressources nécessaires à la production de papier plus tard. Et depuis quelques années, on recycle le papier, ce qui permet une croissance de la production de papier sans augmenter la ressource arboricole ou bien permet de réduire la production arboricole pour la même quantité de papier produite.
      Les ressources minières (métaux, gaz, pétrole…) peuvent un jour devenir très rares mais là aussi, les métaux se recyclent et les sources actuelles d’énergies pourront être remplacées par d’autres. La simple application de E=mc² vous donnera une idée du potentiel d’énergie qu’on peut tirer d’un seul gramme de matière. Un jour, l’Homme sera capable de tirer beaucoup plus d’énergie de la matière qu’aujourd’hui et il est vraisemblable qu’il utilisera en premier les déchets.
      Ce qui freine la croissance, ce sont les contraintes étatiques, les conflits, les catastrophes.
      La décroissance est un mythe.
      http://www.libres.org/conjoncture/3249-les-moteurs-sont-ils-en-panne-.html

    • Ca fait des siècles, voire des millénaires, que certains estiment que les possibilités du monde sont limitées. Et ca fait autant de temps qu’on repousse les dites limites.
      Mais les cassandre sont bienvenues. C’est bon pour le spectacle.

  • Il est évident qu’une importante réduction de la population active et de sa durée de travail (Baisse de l’âge d’accès à la retraite à taux plein, réduction du nombre annuel d’heures de travail en France de plus de 2000 heures/an à environ 1500 heures/an) au delà de l’augmentation de la productivité réduit la croissance de la production et donc de la masse des revenus.

    S’y ajoute la part fortement croissante des revenus prélevés par l’Etat pour financer les dépenses publiques. L’emploi de ces ressources comporte une part importante de dilapidation, source de perte de puissance des activités économique.

    L’histoire économique démontre que depuis plus de cinq millénaires, toutes les grandes civilisations meurent sous l’effet de leur étatisation. Le plus probable est que ce phénomène est en cours en occident, et que là est l’explication principale du ralentissement des activités économiques.

    • Tout à fait ! Les zélotes du socialisme nous affirment doctement que la collectivisation serait synonyme de civilisation, alors qu’elle la détruit à petit feu, ainsi qu’on peut l’observer dans la plupart des pays développés.

      Par ailleurs, un peu de bon sens économique permet d’en terminer avec l’argument erroné de la transition démographique. L’affirmation selon laquelle les seniors ne pourraient plus être productifs est vraie si et seulement si un système de retraites par répartition est imposé par l’Etat. Dans ce système en effet, les pensions sont ponctionnées au détriment des investissements et de l’emploi (des jeunes), tandis que les retraités sont placés de force dans un rôle de consommateurs irresponsables. En revanche, lorsque l’Etat généralise le système de retraites par capitalisation, les seniors demeurent productifs tant que leur capital reste investi. Avec la capitalisation, il n’y a pas de raison d’observer l’affaiblissement du PIB ni le recul des taux d’intérêt, puisque les retraités réclament le taux d’intérêt nécessaire pour assurer leurs pensions qui sera équilibré par les gains de productivité des investissements que leur épargne alimente. De plus, les taux restant relativement élevés, les investissements les plus productifs, les plus utiles pour la collectivité, sont nécessairement privilégiés. L’économie évite ainsi les crises cycliques de mal-investissement (euphorie des injections / dépression de la valeur) dues au manque d’épargne de long terme que les BC tentent désespérément de compenser par un excès de monnaie émise sans contrepartie réelle, monnaie qui alimente le puits sans fond des dettes publiques sans valeur.

      La transition démographique est un problème uniquement parce que les seniors sont contraints par le système de retraites par répartition de rester à la charge de la collectivité, dégradant dramatiquement le rapport entre productifs et improductifs le temps de la transition. Sans surprise, les pays où la capitalisation domine ne connaissent pas de difficulté de cet ordre et ceux où il existe un panachage entre capitalisation et répartition sont moins affectés par la dépression que les autres.

      La capitalisation, outre ses effets vertueux pour tous, en favorisant l’emploi des jeunes et en maintenant les seniors en situation de responsabilité productive, élimine les conséquences économiques néfastes de la transition démographique. Généraliser rapidement la capitalisation est un des leviers indispensables pour dynamiser à nouveau les économies développées plus ou moins sabotées par la collectivisation socialiste dont la répartition est un des symboles.

  • La croissance est simplement partie ailleurs (Chine…)

    • La croissance s’est diluée dans le collectivisme socialiste. La Chine n’y est strictement pour rien, pas plus que les machines à tisser hier ou les robots demain.

  • Représentez la dépense publique et la réglementation sur la même période, et vous aurez l’explication de la stagnation.
    La croissance de l’État empêche celle de l’économie.
    Nos États ont crû jusqu’à paralyser la croissance économique.

  • L’abandon d’une monnaie saine et la bureaucratisation est la source de tout cela…J’y ajouterais l’exccès de dépense publique ( supérieure au 1/3 du PIB)…
    ..

  • « Le taux de croissance du PIB réel a commencé à chuter dès les années 1970 après les chocs pétroliers »

    Euh je voudrais pas dire, mais est-il utile de chercher des causes bien loin quand elles sont dans l’énoncé du problème ?

  • Les commentaires sont fermés.

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