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Libéral ou hypocrite ?

Publié le 14 novembre 2014
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Par Marius-Joseph Marchetti.

Gadsden flag uhUn homme de droite m’a un jour traité d’hypocrite car je me déclarais libertarien. En somme, à défendre la liberté sans borne, je détruirais des organes vitaux de la société comme la famille. En tant que libertarien, je serais aussi dangereux, si ce n’est plus, qu’un socialiste. Défendre les valeurs familiales serait ainsi le monopole de la droite, comme la solidarité est le monopole de la gauche. Je crois n’avoir jamais entendu une bêtise aussi répandue dans les esprits. De même que les pays où les États s’occupent le moins de la pauvreté sont les pays où la solidarité est spontanée, les pays où les États se chargent le moins des activités originellement à la charge des familles sont des pays où la « famille » n’a pas été fragilisée. Ces hommes de droite, relativement pro-marché mais ancrés dans un conservatisme s’exprimant politiquement, feraient mieux de s’en prendre aux « social-conservative » qui souhaite sauver notre « modèle ».

Ainsi les libertariens et les libéraux n’aimeraient pas les valeurs familiales car ils sont contre l’usage de la force pour « condamner » des actions immorales. À raisonner de la sorte, nous pourrions également dire que nous sommes contre les entreprises car nous ne souhaitons plus de subvention, contre le blé car nous ne souhaitons pas sa prise en charge par l’État. Les exemples sont nombreux et futiles. Nombreux sont les libertariens à être également catholiques ou/et conservateurs : il suffit de regarder des personnes comme Guido Hulsmann, Murray Rothbard, Hans-Hermann Hoppe, Ron et Rand Paul, et bien d’autres.

Qui est le plus attaché à ses valeurs ? Celui qui use de la contrainte, par tout temps et par tout lieu, de l’appareil d’État pour faire valoir ce qu’il défend ? Ou n’est-ce pas plutôt celui qui, au fil des siècles, n’a jamais défendu ses valeurs qu’en usant de la spontanéité d’actions reposant sur le « voluntaryism », et considérant celles-ci d’une spiritualité ne nécessitant, ni ne méritant l’organisation de la violence ? Les libéraux et les libertariens n’ont jamais eu pour idéal la légitimation de la violence et encore moins pour condamner les vices qui ne sont que des atteintes aux propriétés par leurs propriétaires mêmes.

Les libéraux et les libertariens se doivent de tout faire pour protéger l’éthique universelle, les légitimes droits de propriété de chacun, et donc de permettre à chacun de suivre son éthique personnelle tant que celle-ci ne rentre pas en contradiction avec cette éthique universelle. Le respect de cette éthique universelle n’entraîne pas la disparition de toute moralité : par contre la systématisation de la violence dans notre société par l’appareil d’État a certainement plus de chance d’en être la cause. Comment certaines personnes peuvent-elles encore être pour la prohibition, lorsqu’on s’aperçoit de son immoralité et son inefficacité, et surtout lorsque dans certains domaines, ils se disent pro-marché ? Il ne peut y avoir position plus contradictoire : la prohibition est naturellement une voie du socialisme. La prohibition est la négation de la liberté, et montre l’incompréhension de la nature du marché. La prohibition n’est rien d’autre qu’un planisme, où on empêche légalement deux individus de commercer librement. Ces individus ne détestent pas le socialisme : ils l’adaptent à leur goût. Qui est l’hypocrite, réellement ? Celui qui a toujours combattu la prohibition, ou celui qui déclare que celle-ci est néfaste sur le marché du travail et du logement (l’interdiction de contracter si la rémunération de l’un des individus est en-dessous d’un certain niveau ou si le prix demandé pour louer un logement est trop élevé) et dit simultanément que la prohibition de la drogue, de l’alcool, ou autre serait souhaitable ? Ces hommes montrent ainsi deux choses : leurs méthodes ne divergent pas des méthodes socialistes car ils recourent tous deux à l’appareil planiste par la prohibition ; et leur connaissance en économie qui est malheureusement autant à déplorer que leurs meilleurs ennemis socialistes.

Ce qu’il faut abandonner, c’est l’approche tyrannique par laquelle on essaie de résoudre un problème social et médical. Nous, nous soutenons l’idée du volontarisme, de la responsabilité individuelle, de la famille, des amis, des églises pour résoudre les problèmes, au lieu de dire qu’un gouvernement monolithique va prendre soin de vous et faire de vous quelqu’un de meilleur. Cette dernière idée est absurde, elle n’a jamais marché et ne marchera jamais. Le gouvernement ne peut pas faire de vous quelqu’un de meilleur, il ne peut faire en sorte que vous preniez de bonnes habitudes. Sinon, au cas où vous seriez un peu enveloppé, pourquoi ne vous mettrait-il pas au régime ?

— Ron Paul, The Morton Downey Jr. Show, KBFK-AM, 4 juillet 1988

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Lire aussi : Libéralisme, ni de droite, ni de gauche, d’ailleurs

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  • Les libertariens ne sont certainement pas dangereux puisque leurs discours plutôt utopique et radicaux sur l’état n’ont aucune chance de déclencher un quelconque écho dans aucune population de nos pays moderne.

    Il contribue donc au maintient du libéralisme français dans sont rôle qui est le sien depuis 40 ans: inaudible, invisible et anecdotique.

    Les partis libéraux qui ont du succès ailleurs s’inscrivent dans une démarche pragmatique et réaliste, les gens veulent un état, ils veulent de la « solidarité », comment faire pour exister et dévier les coups des étatistes ? En parlant un langage que les gens comprennent, en répondant à leurs attentes mais en expliquant bien en quoi les méthodes des étatistes sont néfastes et contre-productive.

    Le libéralisme qui marche en vrai est pragmatique et réaliste, comme le PLR suisse:
    http://www.plr-ge.ch/valeurs/

    • Stéphane Boulots
      15 novembre 2014 at 0 h 55 min

      Il y a deux visions de la liberté : l’une est pragmatique (la liberté permet l’innovation) l’autre est utopique et réactionnaire (la liberté c’est s’affranchir du système)

      En fait, la vision utopique de la liberté n’est rien d’autre qu’un socialisme à l’envers, un sophisme : une dictature du modèle au lieu d’être une dictature du système.

      Le libéralisme qui marche en vrai est pragmatique et réaliste. Le pragmatisme est libéral et réaliste.

  • Ceux qui attendent de la part de la droite l’affirmation d’un libéralisme authentique font preuve d’une touchante naïveté. La droite n’a jamais rien entendu au libéralisme, elle a toujours été historiquement paternaliste, conservatrice et ascétique.

    Le meilleur moyen de trouver le libéralisme est de chercher là où il se situe vraiment : dans l’histoire de la gauche au sein de laquelle l’étatisme n’est finalement qu’une parenthèse. Il faut simplement s’attacher à faire de la pédagogie afin d’enseigner convenablement ce qu’est le libéralisme, tant au plan philosophique qu’au plan pratique.

    La gauche a un potentiel beaucoup plus libéral que la droite.

  • C’est impossible d’être libéral et conservateur.

    Le libéral croit que les hommes et les femmes sont égaux, que les hétéros et les homos sont égaux, que les blancs et les noirs sont égaux. (Tandis que le conservateur est beaucoup moins catégorique.)

    Vous allez me rétorquer : n’importe quoi ! dans une société libérale les sexistes, les homophobes, et les racistes sont tolérés.

    Ce que vous ne comprenez pas, c’est qu’il ne peut pas y avoir de société libérale sans que préalablement la population souhaite que tout le monde ait les mêmes droits. Or cette volonté d’égalité suppose un raisonnement qui est inextricablement en contradiction avec un raisonnement conservateur sexiste, homophobe, et raciste…

    Votre problème c’est de croire que parce que notre société actuelle est très tolérante (en comparaison d’époques antérieures) cette tolérance est une chose acquise, éternelle, qui ne peut pas disparaître.

    Par exemple vous vous dîtes : » on peut laisser des racistes traiter Obama de sous-homme et Taubira de singe, parce que de toute façon ces racistes resteront toujours minoritaires. »

    Ou bien : » on peut laisser des femmes porter le voile intégral, symbole sexiste, parce que de toute façon elles resteront toujours minoritaires. »

    • commando: « Le libéral croit que les hommes et les femmes sont égaux, que les hétéros et les homos sont égaux »

      En droit.
      Sinon il peut parfaitement en penser ce qu’il veut et comme tout être humain ne s’en prive pas.
      Le libéral n’est pas un saint, mais une personne qui quelles que soient ses opinions ne se donne pas le droit d’aller violer les droits et libertés des autres.

      Je trouve ça d’ailleurs bien plus noble et courageux que de se complaire dans l’hypocrisie et la mièvrerie.

      commando: « Par exemple vous vous dîtes : » on peut laisser des racistes traiter Obama de sous-homme et Taubira de singe, parce que de toute façon ces racistes resteront toujours minoritaires. » »

      La question c’est: qu’est ce qui est le plus dommageable ? Laisser les gens s’exprimer et le « marché » régler la question (contre-discours, antiracisme) ou légiférer en empêchant telles parole, puis ceci et pourquoi pas encore ça et d’autres trucs au gré du temps qui passe !?

      • « Le libéral n’est pas un saint, mais une personne qui quelles que soient ses opinions ne se donne pas le droit d’aller violer les droits et libertés des autres. »

        @Ilmryn: C’est typiquement à ce genre de phrases naïves de libéraux déconnectés de la réalité que mon message s’opposait.

        C’EST IMPOSSIBLE d’avoir des opinions racistes et de respecter la liberté des autres.

        Car il y a dans un tel raisonnement une contradiction inextricable, tout comme il serait contradictoire de dire :

        « Je suis supérieur aux animaux, donc j’ai le droit de tuer un boeuf et de le bouffer. Car tuer des animaux ne veut pas dire qu’ils sont tués. Tuer des animaux veut dire respecter leur liberté. »

        C’est ça qu’il vous faut comprendre :
        le raciste ne considère pas qu’une agression raciste est une agression, tout comme celui qui tue un boeuf ne considère pas qu’il est un meurtrier de boeuf. Il se considère juste comme un fermier, un éleveur, un chasseur, un homme qui fait quelque chose de naturel.

        • ———————————————————————————————————————————————
          commando : « C’EST IMPOSSIBLE d’avoir des opinions racistes et de respecter la liberté des autres. »
          ———————————————————————————————————————————————

          C’est aussi possible que de travailler avec un type que tu détestes et/ou qui est neuneu: Tu ne l’aimes pas , tu le trouve con, mais tu collabores en respectant son espace. Ça ce produit à des millions d’exemplaires tous les jours. Nous discriminons absolument tous les jours, petit gros, roux, grand, riche, démarcheur téléphonique, il y a des gens ou des catégories qu’on déteste d’emblée ce n’est pas pour autant qu’on ne leur reconnait pas leurs droits.

          Pour finir le libéral est absolument CONVAINCU qu’une société liberticide fini immanquablement en enfer, il subordonne son éventuelle détestation des rouquins a ce plus grand idéal.

          Répète le bien partout parce que cela EST NOTRE ESSENCE: Nous sommes les libéraux !!!! Quel que soit nos opinions sur les gens nous respectons leurs droits et libertés envers et contre tout !!!!

          —————————————————————————————————–
          commando : le raciste ne considère pas qu’une agression raciste est une agression
          —————————————————————————————————–

          Tu parle des racistes comme un type du klu klux Klan parlait des noirs… catégorisation, généralisation, déshumanisation…. Tu n’as pas l’air libéral toi, ton opinion à l’air de fortement interférer sur les droits que tu es prêt à accorder aux autres.

          Tu peux me faire une liste de tout ce que tu ferais aux abominables racistes pour que je voie ?

          • « Nous discriminons absolument tous les jours, petit gros, roux, grand, riche, démarcheur téléphonique, il y a des gens ou des catégories qu’on déteste d’emblée ce n’est pas pour autant qu’on ne leur reconnait pas leurs droits. »

            Votre raisonnement équivaut à dire qu’un pêcheur japonais peut à la fois juger normal de manger de la baleine tout en reconnaissant aux baleines le droit de ne pas se faire pêcher.

            Désolé mais ce raisonnement ne tient pas.

            De la même façon qu’un pêcheur japonais pense qu’une baleine lui est inférieur, et que par conséquent la tuer n’est pas une atteinte à sa liberté, un raciste pense que ceux qui n’ont pas sa couleur de peau lui sont inférieurs, et que par conséquent les traiter comme des esclaves est une chose naturelle plutôt qu’une atteinte à leur liberté.

            • commando : « Votre raisonnement équivaut à dire qu’un pêcheur japonais peut à la fois juger normal de manger de la baleine tout en reconnaissant aux baleines le droit de ne pas se faire pêcher. »

              Un raciste ne mange pas les gens que je sache et de la simple préférence sociale à bruler les gens sur une croix il y a toutes les nuances de racisme.

              Bon maintenant vous arrêtez 30 secondes avec les fables foireuses sur les animaux et vous répondez à la question ?

              -Vous détestez et jugez en bloc cette catégorie de gens, si vous aviez le pouvoir que leur feriez vous ?

            • à titre personnel :
              – je déteste les étatistes forcenés qui veulent utiliser la force étatique pour imposer des pénalités aux gens qui ont des idées différentes des leurs.
              – Je déteste les fonctionnaires des administrations qui me refusent une autorisation parce qu’une photocopie d’une pièce que je ne devrait pas avoir à leur fournir n’est pas assez lisible.
              – je déteste les gens qui voudraient m’imposer des règles de conduite en accord avec LEURS convictions religieuses.

              Je choisis donc de n’avoir que le minimum d’interactions avec eux et donc je les traite différemment des autres gens. Je ne les recruterai pas et ne leur offrirai pas une bière. Je les discrimine donc ouvertement. Pourtant je me battrai pour qu’ils aient les mêmes droits que mes amis, qu’ils aient le droit de proférer leurs âneries en public ou en privé.

    • Les libéraux combattent toute initiation de la violence contre un être humain.

      Aucune action politique libérale n’est motivée par la croyance en une égalité.
      Ces questions sont importantes pour les socialistes, qui veulent modeler la société.
      Elles sont indifférentes pour les libéraux, qui ne fonderont aucune action sur de telles convictions.

      « que tout le monde ait les mêmes droits »
      Le libéralisme n’octroie aucun droit.
      Un État socialiste octroie des droits en retour de la soumission de l’individu aux opinions du législateur socialiste, et au moyen de la spoliation de tous les autres.
      Tout « droit à » est contraire à la liberté.
      Tout « droit de » se définit comme une dérogation à un cadre liberticide.

      La propriété est un cas particulier: On est propriétaire d’un objet à cause de la liberté dans laquelle on l’a acquis. La matière perdurant au-delà de cet événement initial, le droit de propriété lui est associé.
      Mais la propriété se prouve toujours en revenant à cet événement d’acquisition, donc à la liberté.

      Enfin, le recours à la violence se retourne contre tout objectif vertueux.
      Seule la liberté conduit à l’harmonie.
      Écoutez Thomas Sowell ou Walter E Williams: Aucune politique n’a causé plus de tort aux Noirs étatsuniens que celles par lesquelles la gauche a prétendu les aider.
      Les problèmes d’une communauté et l’existence de discriminations sont complètement déconnectées.
      De plus les discriminations ont toujours été imposées par l’État, on ne discrimine pas avec ses propres ressources.
      Un État libéral mettrait donc fin aux discriminations arbitraires.

      Mais pas à celles de la nature, les rapports homosexuels continueraient d’être stériles..
      Comme disait Ayn Rand, vous êtes libres de faire de mauvais choix; mais pas de ne pas échouer par là.
      Le socialisme, finalement, peut se définir ainsi: Permettre de faire de mauvais choix et de les faire assumer par les autres (d’où la nécessité où il est de prévoir la liste des choix permis…)

    • Stéphane Boulots
      15 novembre 2014 at 1 h 09 min

      Le libéral ne croit pas que les hommes et les femmes sont égaux, mais qu’ils sont comme ils sont, avec leur forces, faiblesses, préférences … et les respecte tels qu’ils sont. Le libéral est d’ailleurs contre l’uniformité, pour la diversité.

      On peut tout à fait être libéral et conservateur, être conservateur ne veut pas dire que l’on est raciste, sexiste, homophobe… Renseignez vous sur le rôle des Quakers dans la lutte contre l’esclavage aux US, pour avoir un exemple.

      • Stéphane Boulots: « Le libéral ne croit pas que les hommes et les femmes sont égaux, mais qu’ils sont comme ils sont, avec leur forces, faiblesses, préférences  »

        Très juste.

        Stéphane Boulots: « On peut tout à fait être libéral et conservateur, être conservateur ne veut pas dire que l’on est raciste, sexiste, homophobe… »

        Mais on peut l’être aussi, ça ne change rien pour nous contrairement à ce que croit « commando » plus haut avec ses fables d’ours qui mangent des ratons laveurs. J’ai défendu la liberté d’expression de Dieudonné que je déteste, ce n’est pas pour laisser en rade les droits et les libertés d’un homophobe ou d’un sexiste.

    • Même pas, je suis anarcho-capitaliste et sexiste. Et pourtant je tolère assez bien qu’une femme ouvre un compte bancaire tout seul. Bon évidemment je ne suis pas pour qu’elle accède au droit de vote, pour un peu elles se mettraient à parler politique. En même temps en tant qu’anarchiste il est vrai que pour les hommes aussi je ne suis pas favorable mais ça c’est un détail.

  • Mathilde de St Amour
    14 novembre 2014 at 18 h 20 min

    Je réfléchissais ajd, et je trouve votre article intéressant, j’aime bien les quelques lignes de Ron Paul 🙂

    Questions: c’est quoi l’éthique universelle? Et quel est le problème des libéraux ( en France surtout), de n’être pas pris au sérieux? Écouté?
    @Llmryn: moi, qd je croise un raciste et ben je lui tiens la porte pour sortir de la station de métro moins longtemps qu’aux autres, c’est pas bien, je sais…;)

    • Ron Paul est le chef de file du libéralisme aux États-Unis.
      Là-bas, Frédéric Bastiat est plus connu que dans son pays.
      Ron Paul le connaît.
      Le connaissez-vous ?

      Il a illustré avec éloquence ce qu’est le choix de la liberté, c’est-à-dire le refus de la Contrainte.
      Surtout, il a démontré que ce choix est le seul raisonnable et pragmatique.
      Son grand oeuvre est Les harmonies économiques, inachevé parce que la tuberculose nous l’a retiré trop tôt et parce qu’il a consacré trop de temps à contrer le socialisme, comme député et polémiste.
      http://bastiat.org/fr/harmonies.html

      Voyez par exemple ses échanges avec Proudhon, vers la fin, où la clairvoyance Bastiat est éblouissante, surtout comparée au dogmatisme de Proudhon, complètement ridicule avec le recul.

      « Il est clair que les socialistes n’ont pu se mettre en quête d’une organisation artificielle que parce qu’ils ont jugé l’organisation naturelle mauvaise ou insuffisante; et ils n’ont jugé celle-ci insuffisante et mauvaise que parce qu’ils ont cru voir dans les intérêts un antagonisme radical, car sans cela ils n’auraient pas eu recours à la Contrainte. Il n’est pas nécessaire de contraindre à l’harmonie ce qui est harmonique de soi.
      Aussi ils ont vu l’antagonisme partout:
      Entre le propriétaire et le prolétaire,
      Entre le capital et le travail,
      Entre le peuple et la bourgeoisie,
      Entre l’agriculture et la fabrique,
      Entre le campagnard et le citadin,
      Entre le regnicole et l’étranger,
      Entre le producteur et le consommateur,
      Entre la civilisation et l’organisation,
      Et, pour tout dire en un mot:
      Entre la Liberté et l’Harmonie.
      Et ceci explique comment il se fait qu’encore qu’une sorte de philanthropie sentimentaliste habite leur cœur, la haine découle de leurs lèvres. »

      Bastiat a même influencé le pape Léon XIII, et n’est peut-être pas pour rien dans la condamnation du socialisme dans la fondamentale encyclique Rerum Novarum:
      « De tout ce que Nous venons de dire, il résulte que la théorie socialiste de la propriété collective est absolument à répudier comme préjudiciable à ceux-là mêmes qu’on veut secourir, contraire aux droits naturels des individus, comme dénaturant les fonctions de l’Etat et troublant la tranquillité publique. Que ceci soit donc bien établi : le premier principe sur lequel doit se baser le relèvement des classes inférieures est l’inviolabilité de la propriété privée. »

      • Mathilde de St Amour
        15 novembre 2014 at 12 h 39 min

        Voui voui je connais, Bastiat, j’ai lu un peu, mais l’éloquence, la théorie c’est beau, c’est vrai , c’est bien, mais il est où le monde de Bastiat, les USA?

  • Article salutaire, dont la voix mérite d’être amplifiée. Pourquoi le libéralisme n’a pas percé en France ? Parce qu’il s’est mis à la remorque de la droite non libérale française et qu’il s’est contenté de s’opposer au socialisme. Ici, nous voyons apparaître un discours libéral autonome, forcé de s’inventer un nouveau nom, celui de libertarien, pour que l’on ne s’y trompe pas. Ce mot n’est pas tout à fait nouveau, puisqu’il se réfère à l’idée que l’Etat n’est rien de mieux qu’un mal, peut-être nécessaire, mais dont il convient de réduite au maximum le périmètre et l’action. C’est pour cela que la droite conservatrice reconnait immédiatement dans le libertarianisme un ennemi. La partie de la gauche à qui il reste encore un embryon de conscience cherche à s’en emparer. Le libertarianisme est ce qu’il est, ni conservateur, ni socialiste. Il représente l’avenir, pour peu qu’il y croit lui-même et qu’il cesse de se vivre comme une utopie.

    Ici, nous voyons apparaître l’idée d’un libéralisme éthique s’opposant au conservatisme. En effet, le conservatisme cherche à intervenir dans la vie des gens par des injonctions, des interdits, des exclusions au nom de valeurs autoproclamées. Ici, on nous rappelle que la valeur primordiale c’est la liberté, dont dérivent la responsabilité et la propriété.

    Personnellement, sans avoir beaucoup de révérence pour le mode révolutionnaire de transformation sociale, je trouve que la révolution française a bien résumé les territoires au delà desquelles la loi ne peut se permettre d’aller : la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression. L’oppression est représentée ici par ces petites lois sociales, que des groupes érigent au rang de valeurs qu’ils respectent, ce qui est légitime, et qu’ils entendent imposer au reste de la société, ce qui l’est moins.

    Droite conservatrice et gauche socialo-communiste se sont accordées pour mettre la France dans l’état où elle se trouve aujourd’hui. Place à un discours de rupture.

    • Vous oubliez un élément : la situation actuelle est due à un compromis d’après guerre, remodifié en 58, dans lequel le pouvoir était partagé en 2 : l’état suivrait la vision monarchiste constitutionnelle du général de Gaule, et les corps intermédiaires suivraient la logique marxiste centralisatrice et étatique.

      La droite vit dans ce compromis délirant depuis 56 ans, que les mouvements marxistes n’ont jamais abandonné l’idée de casser, tout en agitant le spectre du fascisme comme épouvantail, et tout en vivant sur la bête.

      Sécu et retraites sont aux mains des syndicats, services publics et administration locales également.
      Le problème n’est pas l’état, le problème est que l’état n’a jamais réussi à dégraisser le mammouth.

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