Un périple autour du monde : Arrivée à San Francisco !

Après la Nouvelle-Zélande, le voyage se poursuit aux États-Unis…

Parce qu’un con qui marche va toujours plus loin qu’un intellectuel assis, deux frères sont partis sur les routes depuis de longs mois, traversent les frontières, les villes et les campagnes à l’occasion d’un tour du monde à durée indéterminée, sans casques ni golden-parachutes. Au fil de leur voyage, ils livrent leurs impressions sur des expériences qui les ont marqués.

Aujourd’hui, l’arrivée à San Francisco.

Par Greg.

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Nous avons effectué le trajet le plus rapide au monde. Même Ariane 5 peut aller se rhabiller. Partis de Christchurch le 3 octobre à 15h, nous arrivons à San Francisco à 11h… le 3 octobre. Nous sommes très déçus en sortant de l’aéroport de San Francisco : cette fois les douaniers n’ont pas jugé bon de nettoyer nos tentes. Pas de risques bactériologiques donc mais une grande excitation à l’idée de revenir dans un pays que nous avions brièvement visité à l’Est il y a 8 ans et dont nous avions gardé de très bons souvenirs.

Nous sommes un peu perdus, cela fait bientôt trois ans que nous roulons à gauche et nos vélos zigzaguent sur les voies avant de se résoudre à rester sagement sur la file de droite. L’autre changement notable est d’entendre parler des locaux avec un accent chicanos ou asiat’ très prononcé. Ce melting-pot nous met tout de suite à l’aise, on se sent moins étrangers. Nous traversons la ville de San Francisco depuis l’aéroport, l’occasion d’apercevoir ces personnages excentriques que seuls les productions américaines savent nous montrer : le dealer en costume flashy, chapeau et dents en or, les bandes de blacks qui traînent au coin des rues, jouant de la musique, les Mexicains tatoués avec le bandana sur la tête. Quelques voitures de police noires et blanches « SFPD », des camions de pompier éclatants, nous sommes dans un film. Mais cette fois le Pont du Golden Gate est intact : pas de singes guerriers, aucun monstre ou tremblement de terre pour le détruire et James Bond ne crapahute pas dessus. Ce qui n’enlève rien à la beauté de l’ouvrage finalisé en 1937. C’est une des conceptions humaines les plus impressionnantes que j’ai pu voir. Un peu de brouillard pour masquer son sommet et la scène devient parfaite.

D’une manière générale, j’ai du mal à m’extasier devant un paysage naturel mais je trouve ces constructions sorties de la main et du cerveau de l’homme renversantes. Et San Francisco offre ce spectacle régulièrement : outre le Golden Gate Bridge, les Bay bridge (l’ancien en cours de démolition suite au séisme de 1989, et le nouveau anti-sismique), le centre-ville aux gratte-ciels qui faisaient déjà lever les têtes des Gendarmes à New York, Chinatown, les églises encastrées entre les buildings.

D’ailleurs, concernant ces églises « encastrées » (que nous avions déjà observées à Montréal), elles prouvent bien que toutes ces normes restreignant les constructions autour des bâtiments historiques sont complètement débiles. Le moderne et l’ancien pouvant très bien se marier sans règles d’urbanisme ultra-restrictives, l’intégration se fait de façon naturelle, et le contraste est harmonieux.

En revanche, Alcatraz présente peu d’intérêt, noir de monde, les photos sur internet seront plus belles que les vôtres.

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Les Américains sont polis, avenants, souriants et c’est très agréable. La caissière de supermarché peut très bien vous demander comment s’est passé votre week-end, l’employé du Subway pourquoi vous semblez fatigué, etc. jusqu’au clochard vous racontant une blague pour vous demander 3 sous (cette dernière anecdote s’était passée à New York il y a 8 ans mais on ressent la même ambiance aujourd’hui). On a par contre rencontré un blocage avec l’humour français, sarcastique. Ça n’est jamais très bien passé. Quand on voyage entre frères, c’est un de nos sports favoris.

Ce qui est très américain c’est d’employer des adjectifs démesurés. Rien n’est juste good ou very good. Non, c’est awesome, amazing, delicious! Si on vous demande si vous aimez un plat, good n’est vraiment pas suffisant, on doutera de votre réponse. Et il ne faut pas dire qu’il manque de sel, les autres invités vous contrediront… avant de reprendre du sel. Les relations entre « étrangers » (personnes qui ne se connaissent pas) sont cependant beaucoup plus amicales qu’en France.

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Il existe cependant quelques zones grises à San Francisco :

  • Les bars et les pubs ferment unanimement à 2 heures du matin (ou s’ils ne ferment pas, ne servent plus d’alcool… donc ferment) ce qui rend la vie nocturne beaucoup moins attrayante qu’elle ne pourrait l’être. J’aime ces villes asiatiques où l’activité se poursuit quelque soit l’heure du jour et de la nuit. Bangkok a depuis longtemps surclassé Paris en qualité de « ville lumière ».
  • Le contrôle des loyers rend ces derniers hors de prix. Un propriétaire ne peut pas augmenter son loyer tant que le locataire reste dedans, même après 40 ans. Forcément, le propriétaire envoie la sauce du départ. Les permis de construire sont également très durs à obtenir et sont apparemment délivrés la première quinzaine de janvier, aux amis.
  • La nourriture est de meilleure qualité qu’en Australie ou en Nouvelle-Zélande mais il manque toujours quelques classiques comme les fromages non pasteurisés (qui peut décemment se passer de reblochon?) ou le foie gras interdit pour cruauté envers les animaux depuis 2 ou 3 ans. Je n’ai pas encore rencontré d’Américains en faveur de cette loi… Ah, et les saucissons sont vendus dans un sachet papier de façon à ce qu’on en voit pas la couleur.
  • Les vélos se font faucher régulièrement et tous les cyclistes ont un cadenas métallique rigide. Nous avons conservé les cadenas que nous traînons depuis le début du voyage, des cadenas renforcés de 8mm d’acier au milieu. Résultat : deux cadenas cisaillés et un vélo volé pendant que nous découvrions les règles du baseball. C’est ennuyant, le base-ball.

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Il y a des sports plus amusants à San Francisco. À notre deuxième jour et lors d’un détour par Baker beach, nous découvrons les jeux olympiques nudistes au pied du Golden Gate Bridge (le mouvement nudiste semble assez développé dans cette ville). L’occasion de participer à un combat de lutte à poil, arbitré par un sympathique illuminé : George Davis. Vous ne le connaissez sûrement pas, tout comme moi, mais une rapide recherche sur internet permet de constater qu’il est un des chefs de file du nudisme aux États-Unis et s’est présenté comme maire de San Francisco en 2007 et 2011. Mon diplôme olympique en poche, nous découvrons amusés ce petit monde du nudisme et notamment le photographe officiel, un Danois qui couvrait déjà des événements nudistes en URSS dans les années 70.

Concernant le vélo volé, nous avons contacté la marque que nous utilisons depuis 3 ans, Montague. Nous avions opté pour ces vélos car ils se plient et permettent de facilement prendre un bus, un train ou faire du stop quand le besoin se fait sentir. En échange des photos de leurs vélos plein de boue pendant notre voyage, ils nous ont envoyé gratuitement un vélo pour nous permettre de continuer.

NB : les informations que nous fournissons sont généralement le fruit de discussion avec des locaux. Nous recoupons parfois rapidement l’information sur internet ou par d’autres locaux mais nous ne faisons pas de longues recherches pour confirmer nos propos. Cela permet aussi de représenter l’état d’esprit des locaux et non pas forcément une situation exacte.

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