Alimentaire : comment sortir de la baisse des prix

La situation est pour le moins étrange : pour lutter contre la déflation, le gouvernement organise la hausse arbitraire des tarifs.

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Alimentaire : comment sortir de la baisse des prix

Publié le 5 novembre 2014
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Par Erwan Le Noan.
Un article du site Trop Libre

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Lorsqu’il était ministre de l’Économie, Arnaud Montebourg, socialiste étatiste, dénonçait la dictature des consommateurs et vilipendait la concurrence qui faisait baisser les prix, au détriment des producteurs. Par un curieux paradoxe, son successeur à Bercy, Emmanuel Macron, « socialiste libéral », s’inscrit dans une ligne assez proche. Depuis quelques jours, le ministre de l’Agriculture et lui réclament que les distributeurs alimentaires mettent fin à leur « guerre des prix ».

La situation est pour le moins étrange : pour lutter contre la déflation, le gouvernement organise la hausse arbitraire des tarifs. Au nom de l’intérêt général, la gauche au pouvoir se préoccupe donc d’entamer le pouvoir d’achat des Français et d’enrichir les capitalistes (et pas les plus pauvres), en les incitant à se préserver de la concurrence… Doit-on s’attendre à ce que demain easyJet et Free soient priés d’augmenter aussi leurs tarifs ? D’autres pistes sont pourtant possibles, plus dynamiques et surtout plus positives.

La baisse des prix est un phénomène normal dans une économie concurrentielle. Si un producteur dégage des marges importantes, des concurrents sont susceptibles d’entrer sur le marché pour développer leur propre activité et obtenir leur part du gâteau. Pour répondre à ce défi, les opérateurs en place peuvent, sommairement, mettre en œuvre deux stratégies.

La première est celle du « low cost ». Elle conduit à rationaliser les coûts : l’offre est standardisée, les services réduits au strict nécessaire, les options payantes. La diminution des prix de vente doit être compensée par l’augmentation des quantités vendues. Dans la distribution alimentaire, cette stratégie a été celle du « hard discount » qui propose des produits présentés dans des rayons sans fard – voire dans les palettes, comme le fait Costco. C’est également celle des acteurs traditionnels quand ils développent leurs produits « sous marque de distributeur ».

Dans l’aérien, cette stratégie a permis la démocratisation du transport par avion, comme l’a montré Emmanuel Combe dans ses travaux pour la Fondation pour l’innovation politique. Elle met, de fait, la pression sur les acteurs en place et conduit à une baisse des prix.

La seconde stratégie est celle du « luxe », qui consiste à monter en gamme, c’est-à-dire à offrir des produits uniques, que les concurrents ne proposent pas, ou à les accompagner de services attentionnés et rares (marketing, design, conseils à la clientèle). La valeur ajoutée apportée par le savoir-faire est si particulière, qu’elle justifie un prix élevé. Dans la distribution, c’est sur ce segment que se sont placés des supermarchés de centre-ville, comme Monop’ et ses produits hauts de gamme.

La stratégie du « luxe » est celle du commerce de détail traditionnel, de l’artisanat d’art et du service personnalisé. C’est celle qui maintient des prix élevés et permet à la France de garder sa compétitivité dans la concurrence internationale.

Dans les deux stratégies envisagées, c’est l’innovation qui permet de recréer des marges. Face à la concurrence, c’est la création de nouvelles offres, de nouveaux modes de consommation et de ventes qui créent la possibilité d’augmenter les prix. Une partie de la grande distribution est d’ailleurs engagée dans cette dynamique : elle est positive et ambitieuse. Pour être mise en œuvre cependant, cette stratégie suppose de bénéficier d’un environnement favorable, d’une réglementation encourageante, d’une fiscalité facilitante. Cet agenda de réformes structurelles est beaucoup plus complexe. C’est pourtant celui qui porterait notre économie vers le haut et proposerait une réponse ambitieuse à la déflation dans l’alimentaire.


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  • D’ailleurs, je ne vois pas où reside le drame.

    Si les prix de l’alimentaire baissent, c’est plutôt bon signe pour monsieur et madame tout le monde et son portefeuille.

    La logique socialiste me dépasse, à moins qu’elle ne s’ inquiète uniquement des baisses de rentrées fiscales liées à ce phénomène.

    • Y a pas de drame, c’est juste de la démagogie, au profit, apparent, d’une catégorie organisée disposant d’une capacité de nuisance spectaculaire.

      Perso, je boycott les petits producteurs locaux.

  • il n’y a pas d’incohérences , le gvt est aux abois , la TVA doit rentrer coute que coute et quoi de mieux qu’une augmentation des prix de vente pour ces ‘fins connaisseurs’ de l’économie de marché 🙂

  • Béotien je ne vois pas en quoi la déflation est toxique. ☺

    La part de l’alimentaire est d’autant plus grande que le consommateur est pauvre.

    L’alimentation ayant un poids relatif inversement proportionnel au revenu, vouloir augmenter les prix de l’alimentaire c’est affamer les pauvres.

    C’est donc une démagogie sectorielle qui anime le mouvement de défense des producteurs locaux incapables de s’aligner sur le marché.

    On voit dans tous les segments économiques le nombre d’opérateurs diminuer et leurs tailles augmenter.

    Voyez sur le temps long, disons depuis le début du XXème siècle, ce que sont devenus les constructeurs d’auto, d’avion, de moulins à légumes de presse purée.

    Les autorités tutélaires des petits agriculteurs devraient accompagner la disparition des petits producteurs agricoles n’ayant pas la taille critique pour survivre à cette tendance lourde.

    • Les petits producteurs croulent sous le poids de l’État, qui accapare 57% des ressources de la nation et oblige à gaspiller une bonne partie des 43% restants à se plier à ses règles.
      C’est l’éviction de l’économie de marché au profit du secteur communiste que nous observons, pas la marche de l’économie de marché, qui devrait aller vers la qualité.

      Bref, nous observons bien notre appauvrissement, conséquence de la rupture avec le capitalisme.

  • Le Noan ne doit pas faire souvent ses courses car il n’y a AUCUNE baisse des prix (hors carburants), il n’y a que des augmentations ! (mais il y a probablement une grosse baisse des rentrées de TVA car les gens (y compris gagnant jusqu’à 3000euros pour une personne seule ne PEUVENT plus consommer car épongés par impots et contributions diverses)

    • Le discours anti-déflation ne provient pas des vraies gens mais des gouvernements, paniqués devant l’imminence de l’effondrement du ponzi socialiste.
      Si les prix ne montent pas, la croissance nominale sera plate et l’insolvabilité de l’État patente.

  • C’est dans l’alimentation que le discours anti-déflation est le plus ridicule.
    On nous ressasse que les gens cesseront de consommer si les prix baissent, afin de payer moins cher plus tard.

    C’est donc pour nous sauver de la mort par inanition que les socialistes veulent que les prix alimentaires augmentent ! Mais qu’ils sont bons.

    L’existence même des cartes de crédit démontre que les gens sont disposés à payer plus pour consommer tout de suite, et même combien ils sont prêts à payer pour cela.

    En réalité la déflation est un problème pour le socialisme et l’État-providence surendetté.
    La banqueroute viendra plus vite.
    L’État-providence s’écroulera plus tôt.
    D’ailleurs c’est l’État qui fait baisser les prix en aspirant toutes les ressources.
    Les faux-semblants ont des limites: Il faut se rendre à l’évidence, nous sommes ruinés, notre économie est désorganisée, des pans entiers de la population sont entièrement dépendants de l’assistance des autres, qui n’en ont pas les moyens.

    « — Quoi! le papier-monnaie procède de la même erreur?

    — Directement. Quand les législateurs, après avoir ruiné les hommes par la guerre et l’impôt, persévèrent dans leur idée, ils se disent: « Si le peuple souffre, c’est qu’il n’a pas assez d’argent. Il en faut faire. » Et comme il n’est pas aisé de multiplier les métaux précieux, surtout quand on a épuisé les prétendues ressources de la prohibition, « nous ferons du numéraire fictif, ajoutent-ils, rien n’est plus aisé, et chaque citoyen en aura plein son portefeuille! ils seront tous riches. »

    — En effet, ce procédé est plus expéditif que l’autre, et puis il n’aboutit pas à la guerre étrangère.

    — Non, mais à la guerre civile. »

    Frédéric Bastiat, Maudit argent, avril 1849
    http://bastiat.org/fr/maudit_argent.html

  • Déflation dans l’alimentaire? on doit vivre sur le même planète.. pour moi les prix ont explosé dans l’alimentaire. En 5 ans le prix de l’huile standard à tout simplement doublé. Pas plus tard qu’hier j’ai constaté que les yaourts que j’achète habituellement on encore augmentés de près de 3%, comme chaque année. les fruits et légumes sont hors de prix et je ne parle même pas de la viande qui est redevenu un produit de luxe. Il n’y a que pour les lobbyistes et nos dirigeant (qui ne font jamais leur courses) pour vouloir faire croire que les prix baissent. j’aimerais bien qu’ils baissent moi!

    • Les prix n’ont peut-être pas baissé, mais leur niveau actuel ne permet plus aux producteurs locaux de vivre (tout en cotisant bien sûr au RSI, à la Mutualité Agricole, en embauchant un expert comptable pour les guider dans le labyrinthe du code des impôts, un expert agricole pour être sûrs que leur exploitation respecte bien toutes les dernières normes en cas de contrôle inopiné d’un petit fonctionnaire acariâtre…). Donc il faut que les prix augmentent, ce n’est pas le producteur de viande allemand (qui doit bien rigoler en entendant le débat sur la « ferme des 1000 vaches, au passages) qui va payer toutes les cotisations sus-citées.

      • Non les prix ne doivent pas augmentes car figure toi que tous nous payons les memes choses que toi et personne ne le peut.
        Ce sont les prelevements bien trop eleves qui sont le probleme et qui doivent baisser

      • c’est le même problême tout au long de la chaine du producteur au distibuteurs. tous mes maillons sont pressurés de taxes et étouffé de réglementation abusives et stupide, c’est le mal français, les agriculteurs ne sont pas victime d’une traitement d’exception.

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