Bruno Colmant : « Ce sera l’inflation ou la révolution ! »

Sauf à imaginer une confiscation de l’épargne, il ne reste que l’inflation pour réduire le coût réel des dettes publiques.

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Bruno Colmant : « Ce sera l’inflation ou la révolution ! »

Publié le 3 novembre 2014
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Par Thierry Godefridi

ColmantSeule l’inflation nous sauvera du chaos. C’est la thèse que soutient Bruno Colmant dans son livre Du bon génie de l’inflation à l’ogre de la déflation qui compile des articles parus dans la presse ainsi que postés sur son blog de l’été 2013 au printemps 2014.

L’euro empêchant les pays les plus endettés de l’union monétaire de dévaluer leurs monnaies pour réduire le poids relatif de leurs dettes en termes réels sur leurs économies, ne reste que l’inflation pour réduire le coût réel desdites dettes, sauf à imaginer une confiscation de l’épargne à un titre ou l’autre (souvenons-nous de Chypre).

Bruno Colmant est professeur d’université en économie et en finance. Il se défend d’être keynésien : il tient cette approche pour responsable de la stagflation qui empêcha les mutations nécessaires dans les années 70. Force est néanmoins de constater, d’après lui, que l’austérité budgétaire et la rigueur monétaire qui ont guidé l’action politique dans l’UE depuis la crise de 2008 ont eu des effets contraires à l’effet recherché. L’euro empêchant une dévaluation de la monnaie des pays en difficultés, ces derniers ont été obligés de procéder à une dévaluation « interne », c’est-à-dire à une contraction budgétaire et une modération salariale, lesquelles exposent leurs économies aux risques de la déflation et du piège de la liquidité (baisse de la consommation, baisse de la production et baisse de l’emploi).

À partir du moment où les dettes publiques atteignent des sommets, la croissance économique seule ne peut pas les éroder. Outre le fait que croissance et innovation sont plutôt l’apanage des États-Unis et de l’Asie, une réduction des déficits est a fortiori impossible à réaliser dans une économie qui ne croît pas. L’inflation, par contre, allégerait le coût réel des dettes publiques au bénéfice des États qui les émettent dans la mesure où l’inflation diminue le taux d’intérêt réel (taux nominal – % inflation).

Si l’euro s’avère techniquement une cause de déflation (en ce que la monnaie commune empêche les dévaluations monétaires dans les pays les plus faibles), il n’en est pas la seule ni même la première. Les principales causes de la déflation sont la désindustrialisation et l’État-providence, situations aggravées par une myopie de la classe politique qui, aux dépens des générations futures, s’est servi de l’endettement pour financer des dépenses de fonctionnement plutôt que des investissements.

Selon Bruno Colmant, seule une perte de valeur monétaire (dévaluation ou inflation) permettrait de stabiliser la situation et d’éviter les effacements purs et simples de dettes dans certains pays. L’histoire donnerait-elle raison à Marx en ce qu’à ses yeux l’annulation de la dette publique passerait par la révolution et l’abolition de la propriété privée ? « Pour éviter de tomber dans le délire nihilo-marxiste, écrit Bruno Colmant, l’excès d’endettement devrait être le seul problème qui occupe nos dirigeants, dans le respect de la solidarité sociale et de la compétitivité économique ».

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  • Tout analyste qui écrit « les politiques d’austérité menées en Europe depuis 2008″… se disqualifie et contamine tout son raisonnement après, même si certains points du dit-raisonnement sont pertinents et intéressants.

    On pensait que ce sujet était clos : il n’y A JAMAIS EU d’austérité en Europe. A la limite, en Grèce, ça a piqué les yeux un peu.

    Pour tous les autres pays c’est un mythe, un hochet agité par les gauchistes et étatistes de tous poils.

    Nous sommes en 2014… et pourtant on continue à lire ici ou là cette thèse. Cela relève de l’hallucination collective.

    Poursuivons.

    L’auteur semble oublier après que l’inflation… ça ne se décrête pas. On le voit en pratique… au Japon… depuis DES ANNEES. Voire même depuis 2 décennies.

    La BOJ et les politiciens japonais fous furieux n’y parviennent pas. L’ogre de la déflation mange littéralement l’inflation.

    Alors quid de l’Europe ? Différent ? Same same ?

    Pour finir : la thèse de l’auteur est gênante car… elle écarte soigneusement la seule solution viable possible : la destruction de l’Euro, cette démence monétaire et politique.

    C’est ça le seul moyen. Au lieu de cela : « pas possible… donc… reste l’inflation ».

    C’est de la rhétorique dangereuse.

  • Il serait bon de rappeler que les Etats s’endettent tous, indifféremment, même les plus « libéraux », pour appliquer un programme néo-marxiste mêlant bureaucratie effrénée pour tenir le territoire et redistribution sociale pour acheter les votes. Ni inflation, ni déflation, ni défaut, ni spoliation des comptes : tout ceci n’est pas justifié quand il suffit d’interdire le socialisme, quand il suffit de couper dans les dépenses inutiles.

    Certes, ne pouvant plus acheter les votes, les politiciens sauteront… Et alors ? Se sacrifier pour leur pays, c’est leur boulot, non ? Les politiciens, experts de « l’intérêt général », pourront ainsi prouver leur bonne foi en passant des mots aux actes.

    • Si vous connaissez des politiciens prêts à se sacrifier pour leur pays soyez assez aimable pour nous les citer
      car c’est une espèce génétiquement rarissime et de plus en voie d’extinction surtout en France !!!
      Merci j’attends votre liste !!!!

  • De la monnaie de singe, pour les singes.

  • Quitter à répéter des évidences, le problème de nos pays, de la Belgique notamment, c’est l’Etat.
    Il s’occupe de tout, et une part trop importante du PIB passe entre ses mains. Le service qu’il rendrait ( ? ) l’est à un prix exorbitant. De la sorte, toute initiative de relance de l’économie se trouve émoussée par un gâchis d’énergie et de dépenses qui demeure intouchable.

  • On peut être surpris par les théories laxistes d’un professeur d’économies !!!!!Il propose en effet l’inflation contre la confiscation de l’épargne mais c’est un marché de dupes !!!! En effet l’inflation tout comme la dévaluation qu’il regrette consomme ou consume l’épargne !!!!Il n’y a qu’une solution c’est de ne pas dépenser plus que ce que l’on gagne et ceci s’applique aussi bien aux particuliers qu’à l’état !!!!!
    Maintenant chercher quels sont les responsables de la situation actuelle est une autre histoire voire un autre procès : celui du peuple français qui n’a pas voulu faire les efforts nécessaires au bon moment et s’est laissé berné par des politiciens promettant un avenir radieux sans effort et sans contrainte !!!!

  • Je continue de croire qu’un programme ambitieux de réduction massive des dépenses publiques contrebalancée par une dérégulation importante de l’économie et des marchés du travail pourrait permettre aux Etats de se désendetter en quelques décennies.
    Problème : en France ça ne passera jamais auprès des bons citoyens drogués à la dépense publique et attachés à un  » modèle  » ruineux et paralysant. Seule solution : intervention directe des créanciers et du FMI pour mettre sous tutelle le pays et enfin effectuer les réformes nécessaires.
    L’inflation ou la confiscation de l’épargne des ménages sont des méthodes qui ne règlent rien aux vrais problèmes : Les Etats ont trop dépensé et continuent de trop dépenser.
    C’est faire le choix de repousser le problème à plus tard, lorsque l’argent du brave contribuable aura été dilapidé de nouveau.

    • Tout à fait !

      On peut ajouter que l’effort consiste simplement à cesser de s’endetter, à cesser de créer de nouvelles dettes LT. La dette devenant rare, il est aisé d’alléger la charge en étalant sur plusieurs décennies le remboursement, tout en maintenant des taux réels faibles à nuls, sans avoir besoin des manipulations monétaires de la BC.

      Il devient alors possible d’appliquer la seule politique de relance budgétaire qui fonctionne, celle qui consiste à dégonfler l’Obèse en baissant concomitamment les dépenses, les impôts et les réglementations.

    • C’est faire le choix de repousser le problème à plus tard, lorsque l’argent du brave contribuable aura été dilapidé de nouveau.

      Exactement. Et c’est bien pour rester au pouvoir, et pouvoir le reprendre 5 ans plus tard en cas de sanction : il suffira de baver sur celui qui aura risqué 2 ou 3 réformettes.

  • Inflation sors de ce corps! La solution : faire défaut …Et interdire tout endettement pour financer les dépenses de fonctionnement.Pour finir revenir à la banque libre…

    • Le défaut nécessairement volontaire ou l’inflation provoquée par l’impression monétaire reviennent au même : transfert des richesses des populations productives vers l’Obèse improductif. Au moins avec l’inflation, l’Obèse peut dissimuler son immoralité aux naïfs. Si l’Etat ne tient pas sa parole, s’affranchit des lois de la morale supérieures à toute loi humaine, par quelle mystérieuse raison les populations édifiées seraient-elles tenues de respecter les lois de l’Etat ? Le défaut volontaire, c’est l’étape ultime, une sorte de bombe atomique économique, dans la guerre civile menée par l’Obèse illégitime contre la population.

      Non, décidément, rien ne permet de justifier le défaut ou l’inflation quand il est possible de terminer l’Obèse par la baisse massive des dépenses publiques.

      • Non, décidément, rien ne permet de justifier le défaut ou l’inflation quand il est possible de terminer l’Obèse par la baisse massive des dépenses publiques.

        Ouf, vous m’avez fait peur. 🙂

      • Ce serait dommage de ne pas donner l’argent des épargnants et travailleurs français à ceux qui financent sciemment notre oppression… Il me semble que les taux d’intérêts réclamés au peuple français se justifient en partie par le risque de défaut, non ?
        Une dernière chose : un défaut aujourd’hui, et c’est instantanément plus aucun déficit et ce pour une assez longue durée. Je peux vous assurer que les dépenses publiques baisseraient très rapidement et que les cronies auraient tout de suite autre chose à foutre que d’imaginer de nouvelles lois.
        Faire défaut, c’est rendre techniquement impossible la social-démocratie et obliger le socialisme à faire payer son vrai prix au peuple ; que les prêteurs qui s’enrichissent de mes impôts aillent se faire voir !

        • Le défaut n’est pas un risque, au sens d’un aléa, puisque le défaut d’un Etat est toujours volontaire. En cas de défaut, un tiers de la dette, 700 milliards de principal sans compter les intérêts, seraient pris aux Français détenant les créances. Le défaut n’est pas un risque, c’est un impôt. C’est même le plus stupide de tous les impôts.

          L’intérêt se justifie entièrement par le fait que le prêteur renonce à une consommation immédiate, et certainement pas parce qu’il y aurait un risque quelconque. Quand un débiteur est à risque, on ne lui prête pas du tout. Personne ne prête quand le risque est certain. Lorsqu’un débiteur a mauvaise réputation, l’offre d’argent se raréfiant, il doit payer un taux plus élevé pour convaincre les créanciers de sa bonne foi. Donc c’est un abus de langage de dire qu’un taux plus élevé rémunère le risque quand, en fait, il rémunère la rareté. Puisque l’Etat français fait l’impossible, avec un succès remarquable, pour saper sa réputation aux yeux des investisseurs, il va certainement devoir payer un taux d’intérêt beaucoup plus élevé sur sa dette qu’actuellement. Ce ne sera pas une attaque des marchés mais l’aboutissement logique, normal, mécanique, d’une politique volontaire d’absence de réformes visant à baisser massivement les dépenses publiques.

          La baisse des dépenses consécutive au défaut est illusoire tant qu’une hausse des impôts permet de compenser l’impossibilité de s’endetter. L’Etat doit finir par comprendre de lui-même l’impérieuse nécessité de cesser de s’endetter et de cesser de prélever une part excessive des richesses, car ces deux situations mettent en cause sa propre survie. L’Etat, en tant que parasite, ne peut survivre s’il tue son hôte. En France, en 2014, l’hôte se meurt.

          • « En cas de défaut, un tiers de la dette, 700 milliards de principal sans compter les intérêts, seraient pris aux Français détenant les créances. »

            Prêter à des gangsters peut s’avérer une mauvaise opération : tant mieux.

            Sur le risque/rareté je ne vous suis pas mais de toute façon ce n’est pas le point le plus important à mon avis.

             » La baisse des dépenses consécutive au défaut est illusoire tant qu’une hausse des impôts permet de compenser l’impossibilité de s’endetter. »

            Si l’État pouvait encore monter les impôts, il l’aurait déjà fait. Et une hausse des impôts réduirait ses recettes, l’optimum de Laffer étant déjà derrière nous.

            « L’Etat doit finir par comprendre de lui-même l’impérieuse nécessité de cesser de s’endetter et de cesser de prélever une part excessive des richesses, car ces deux situations mettent en cause sa propre survie. L’Etat, en tant que parasite, ne peut survivre s’il tue son hôte. En France, en 2014, l’hôte se meurt. »

            L’État n’est pas un être humain et ne prend donc aucune décision rationnelle ni n’apprend quoi que ce soit. Les humains qui le composent se moquent totalement de la survie de l’État à long terme, la plupart savent parfaitement que leurs discours et leurs actes ne sont que démagogie.

            Qu’on réduise ou non les dépenses publique, rembourser cette dette illégitime se fera au détriment des innocents et des productifs et ce pour le seul bénéfice de ceux qui ont fait et espèrent encore faire des profits par la violence. Garder leur pognon est une peine très légère pour « association de malfaiteurs », « crimes en bande organisée » et autres.

          • J’ajouterais que tout État endetté est nécessairement incité à chercher l’inflation. Seuls les impôts financent les dépenses, la dette n’a aucune utilité (elle sert juste à endetter les petits-enfants des contribuables qui ont le malheur de ne pas être aujourd’hui des électeurs), elle coûte cher et désorganise le marché (effet d’éviction, illusion de prospérité, nécessité de coller les taux à zéro, etc..).
            Vous me direz, quand l’endettement des États aura déclenché la nouvelle guerre on risque d’en avoir besoin, où plutôt l’État risque d’en avoir besoin…

  • Et que disent les spécialistes au sujet du comportement des actions à la Bourse en cas d’inflation?

  • je m’impose l’austérité a moi même ; plus de restaurants (je fais ma bouffe ) , je fais durer ma voiture, plus de dépenses inutiles , je travaille moins et surtout je ne suis plus imposable , je me suis mis du bon côté de la redistribution , marre d’être pris pour un pigeon . tout ça me laisse du temps pour de belles balades en campagne . certains pensent que je n’ai pas de fierté , ma fierté je me la colle au cul ; quant a ma patrie ,elle ma tellement pris pour un con , que je me la colle au cul aussi . ( je dis ce que je pense , j’aime frapper les esprits ) , il serait temps qu’on se réveille . VIVE LA RÉVOLUTION .

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