Le PDG de GDF Suez, nouvelle cible des polémiques sur les retraites chapeau

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Gérard Mestrallet CC Flickr Medef

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Le PDG de GDF Suez, nouvelle cible des polémiques sur les retraites chapeau

Publié le 26 octobre 2014
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La lune de miel prolongée entre Valls et le Medef a le don d’agacer la gauche. Les électeurs doutent et il est bon de les rassurer à intervalles réguliers. C’est alors que ni une ni deux, l’ensemble de la gauche s’engouffre dans la polémique que souhaite monter en épingle la CGT à propos de la retraite du PDG de GDF Suez. Le dernier combat d’une gauche à bout de souffle ?

Par Luc Tardieu

Gérard Mestrallet CC Flickr Medef

Ce qui est bien avec la gauche, c’est qu’il suffit d’agiter un chiffon rouge pour que, de Besancenot le révolutionnaire, à Mélenchon le sénateur repenti du PS en passant par Manuel Valls le réformiste des mots, tous serrent les rangs et crient à l’infamie. La nouvelle de la retraite à 800 000 euros du PDG de GDF Suez Gérard Mestrallet, sortie par Le Canard enchaîné, va requinquer pour quelques jours (seulement) une gauche en mal de combat.

L’obtention du certificat de gauchisme

Que l’on soit « frondeur », dans le (gros) ventre mou du PS ou à l’aile droite tant honnie par les deux premiers, il faut régulièrement donner des gages de gauchisme aux électeurs. Si voter une loi qui plait au socle de gauche n’est pas très enthousiasmant, publier un tweet outragé ou venir verser une larme sur les plateaux télé et radio a des effets rajeunissants. Les électeurs se disent qu’au fond nos chers élus de gauche ne sont pas de mauvais bougres et qu’ils font ce qu’ils peuvent. On les dédouane un instant avant de revenir à la réalité et de constater que si rien ne va, leur part de responsabilité est grandissime.

La retraite du patron de GDF Suez est un exercice de style où la faute n’est pas permise pour tout homme (et femme) de gauche qui se respecte. Il va falloir attaquer fort pour se payer la tête du nouvel ennemi public numéro 1. Il ne doit rien rester après cet entraînement au tir où tous les participants auront le droit à un certificat de gauchisme en bonne et due forme. Les UMPistes et centristes en campagne qui se prêteront à ce jeu auront eux aussi le droit à un diplôme ès bien-pensance qu’ils appelleront brevet de progressitude ou d’humanisme. L’histoire fera la Une de la presse quelques jours. Et après ? Après, les Valls et la compagnie hollandaise chercheront avec le désespoir du condamné un autre sujet, un scandale, une affaire qui occultera leur pathétique ronde crépusculaire.

Vous avez dit retraite chapeau ?

Au fond quel est le malaise ? Pour la CGT tout est motif à se plaindre. La mise en place progressive de l’équipe qui succédera à Gérard Mestrallet en 2016 ou le montant de sa retraite sont autant de sujets qui peuvent justifier des prises de paroles braillardes qui ne font pas avancer d’un centimètre les choses. Nommer Isabelle Kocher au poste de directrice générale déléguée est une déclaration de guerre pour ce syndicat, et ce pour la bonne raison qu’elle vient d’une direction financière qui a réussi le tour de force de diminuer la dette du groupe en quelques années. Tout ce qui est financier est mauvais pour cette arrière-garde du syndicalisme français.

Gérard Mestrallet, enfant de GDF Suez où il est entré en 1984 est appelé à lâcher les rênes d’un groupe qu’il a fait grandir au point d’en faire un des géants mondiaux de l’énergie. Prendre la porte de sortie pour une question d’âge et non pas pour un mauvais bilan n’est pas honteux. Loin de là. Les 8 milliards d’euros investis chaque année illustrent la volonté de GDF Suez  de rester une référence dans son secteur d’activité. Le bilan est correct, mais pour tout syndicat qui se respecte, avoir la peau d’un patron est un devoir.

Quand le génial Thierry Lepaon, secrétaire nationale de la CGT intime l’ordre à l’État actionnaire à 33% de GDF Suez de forcer Mestrallet à renoncer à sa retraite conséquente, il oublie deux choses. Le salaire et la retraite ont été validés il y a déjà plusieurs années à plus de 99% par le Conseil d’administration. L’État a-t-il eu quelque chose à redire ? Rien si ce n’est qu’il a tout fait pour garder l’homme qui a fait de Suez ce qu’il est aujourd’hui. Aucun avantage individuel n’a été accordé à Mestrallet, il bénéficie juste des conditions de retraite négociées notamment par les syndicats comme celui de monsieur Lepaon. La deuxième chose que le gourou du syndicalisme CGTiste oublie également c’est qu’il n’existe qu’à travers les aides d’État. Le syndicalisme en France, sans le soutien critique des finances publiques, serait renvoyé à l’âge de pierre. La France est malade des donneurs de leçons qui bloquent tout et ne proposent rien.

Après près de vingt ans à la tête du groupe, il est somme toute logique que la retraite de Mestrallet soit importante. Elle est indexée sur son salaire, comme tout salarié lambda, et approuvée de manière publique et par tous les actionnaires, contrairement à un salarié lambda. La CGT se trompe une nouvelle fois de combat puisqu’elle sait que ceux qui importent sont peut-être déjà perdus d’avance.

La CGT et ses épigones vont se donner la main pour dénoncer l’infamie. Les Filoche de tout poil iront cracher sur les patrons petits et grands. La France, elle, perd son âme un peu plus chaque jour et envoie un nouveau signal à tous ceux qui ont le goût du travail et de l’effort : vous n’êtes pas les bienvenus. La France est la patrie d’un syndicalisme d’arrière-garde triomphant. Tâchons de dénoncer ce syndicalisme-là avant que les dégâts ne soient irréparables à l’heure de la compétition mondiale.

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  • D’un autre côté il est légitime de protester contre un système qui consiste a payer lourdement une personne sur le départ. Tout comme je trouve lamentable, que les contrats de rupture conventionnelle contiennent forcément des indemnités de départ même quand l’initiative de la rupture est au salarié. Il n’y a aucune logique a cela.
    Pour le conseil d’administration, il est logique qu’ils votent ses retraites chapeaux a l’unanimité, puisque tous siègent au sein des conseils des autres, et donc veulent aussi une part de gâteau.
    Pour l’État, vous avez raison ils pourraient contester, refuser,… Mais cela ne changerait rien, mais si c’est pour se plaindre après oui ils devraient.

    Vous justifiez cette retraite chapeau par la réussite de ce « grand » salarié (je ne considère un patron comme patron que quand il y a rémunération non assurée et variable en fonction de la réussite ou non de l’entreprise, prise de risque,…), cette réussite a été réglée par le salaire mensuel assuré, les primes, les actions,… Ces retraites chapeaux n’ont aucun sens comme les indemnités de départ d’un salariés qui ont un minimum, non négociable.

    Ses techniques, ses méthodes sont d’un autre siècle et créer ce climat anti-patron dans le pays. Quand je vois maintenant des salariés de TPE demander des chèques resto, des 13e mois,… Pour nombreux salariés les patrons sont tous les mêmes, ils gagnent beaucoup sans redistribuer. Et cela est uniquement lié a ce genre de pratique.

    Et j’ajouterai que pour n’importe quel libéral, mettre sur le même plan le travail d’un patron et d’un type qui a fait l’ENA qui est placé la car son pote de son futur conseil d’administration veut le voir la, qu’ils décident entre eux des salaires et de ses retraites chapeaux, qu’ils s’assurent leur petit salaire mensuel,… Ce n’est pour moi pas libéral, surtout quand l’État en est l’actionnaire.

    Autant je trouve remarquable la réussite et les salaires des patrons comme Xavier Niel, le patron de Tesla, les patrons fondateurs de Google, Bernard Arnaud,…

    Bref n’utilisez pas les méthodes de cette gauche Vallsienne qui consiste a insulter, qualifier toute autre idée, différente de la sienne de passéiste, de réac, raciste, anarchisme du marché, ultra libéral,… Bref moins de qualification des idées et plus d’arguments, d’explications du fond de l’histoire : la retraite chapeau.

    Désolé pour les fautes je suis sur mobile, et comme dirait Hollande « c’est pas facile »

    • Effectivement, pour un employé, même haut placé, même s’il a bien fait son travail, rien ne justifie une telle retraite, ni le salaire probablement supérieur qu’il touchait avant. Cet argent provient de la poche des abonnés, qui n’ont pas leur mot à dire sur les tarifs qu’on leur impose, et qui n’ont pas été consultés sur le mirifique contrat de travail négocié entre copains.

    • Qu’il la mérite ou non, c’est à ceux qui en ont décidé qu’il revenait en effet de choisir. C’est bien dommage qu’ils puissent être à juste titre soupçonnés d’avoir eu en tête leurs copinages plus que l’avenir de l’entreprise, mais c’est comme ça que ça se passe aussi à la tête des syndicats et des partis politiques.
      Par contre, une retraite-chapeau, c’est un élément de salaire qui est discuté à l’embauche. Ce qui est signé est signé, et la grande hypocrisie consistant à complexifier à coups de mesures fiscales la manière dont est payé un patron ne doit pas faire oublier l’essentiel : l’état a eu l’occasion de voter contre au moment de la nomination de M. Mestrallet, il ne l’a pas fait. Il a eu cette année aussi l’occasion de voter contre dans toutes les entreprises où il est au cA et qui ont changé de PDG. L’a-t-il fait ?

  • En même temps la CGT, si prompte à dénoncer « une retraite hors de l’entendement », ferait bien de balayer devant sa porte puisqu’elle vient d’être condamnée pour avoir détourné des fonds du comité d’entreprise d’ EDF au profit du Parti communiste et du syndicat.
    http://www.observatoiredessubventions.com/2014/condamnation-de-la-cgt-d-edf-pour-detournement-de-fonds/

    • Un pour tous, tous pourris. En cela, nos dirigeants, nos représentants et autres défenseurs auto-proclamés se rejoignent.

  • Il suffirait de leur couper les vivres! Qu’ils vivent seulement des cotisations des adhérents serait d’une bénéfique transparence…

  • Vous parlez sans connaitre. Vous êtes probablement payé par « ces » patrons pour écrire votre article de désinformation. Mr Mestrallet est à sa tête depuis des années et des années mais qu’à-t-il fait ? Il a fait en sorte de fusionner Suez à GDF à un moment où il avait réussi à mettre par terre Suez qui, sans GDF, n’aurait jamais survecu. Et ensuite qu’a-t-il fat : il a déshabiller GDF et a fait le même chose. Les investisseurs ne s’y sont pas trompés : lorsque la fusion a été faite l’action valait 40 euros, aujourd’hui elle peine à 17€ mais le grand patron a toujours été renouvellé, dans n’importe quelle autre entreprise, il aurait été changé …. interrogez vous non de non !!!!

    • Hors-sujet.
      Mestrallet est peut-être incompétent (vous n’en savez rien, la situation aurait pu être pire sans lui) mais l’argent qu’il reçoit est celui des personnes qui l’ont employé toutes ces années. Ils le voulaient tellement, qu’ils lui ont promis une retraite chapeau.
      Leur argent, leur problème.

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