La corruption : un élément intrinsèque du football international ?

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SAVIOLA
APOLON - OLYMPIAKOS
(SUPERLEAGUE 2013-2014)

Soupçons à propos du Mondial 2022 au Qatar, écoutes téléphoniques du président de l’Olympiakos : la corruption envahit les instances du football mondial.

Entre les soupçons qui planent au-dessus de l’attribution du Mondial 2022 au Qatar et les écoutes téléphoniques d’Evangelos Marinakis, président de l’Olympiakos, la corruption envahit peu à peu les instances du football mondial, qui ne semblent toutefois pas s’en émouvoir.

Par Jules Robin

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Florentino Pérez a été ingénieur des ponts et chaussées, professeur de Fondements et Méthodes Mathématiques des Techniques, directeur de diverses entreprises spécialisées dans les transports et même secrétaire général du Parti Réformiste Démocratique espagnol avant de devenir l’actuel président du très célèbre Real Madrid. Nasser Al-Khelaïfi, actuel président du Paris Saint-Germain, est passé du tennis en tant que professionnel à la direction d’une chaîne de télévision avant d’arriver à la case PSG. Josep Maria Bartomeu était conseiller délégué pour des entreprises d’ingénierie pour des ports et des aéroports avant d’être nommé président du FC Barcelone en janvier dernier. Les exemples se suivent et se ressemblent tous : s’il ne devait y avoir qu’un unique terme pour décrire les personnalités du football mondial, « polyvalence » serait en pôle position sans le moindre doute.

Evangelos Marinakis (Olympiakos FC), le cador de la corruption dans le football ?

Un don pour les reconversions et le cumul des fonctions que certains (pas tous heureusement) savent parfaitement mettre à profit, à l’instar d’Evangelos Marinakis. Armateur, conseiller municipal et propriétaire du club de football le plus important de Grèce, l’Olympiakos FC, ce dernier a également été  président de la Superleague du pays et vice-président de la Fédération hellénique de football. Cerise sur le gâteau : en 2011, l’homme était également à la tête d’une fortune pesant pas moins de 500 millions d’euros. Avec un tel CV, difficile de ne pas devenir une des personnes les plus influentes de son pays, et de ne pas se servir de cette notoriété pour faire fructifier ses propres intérêts.

Evangelos Marinakis n’a apparemment pas résisté à la tentation bien longtemps et les affaires de corruption et de trucages le concernant se multiplient. Cible récente d’écoutes téléphoniques réalisées par un procureur grec, ses malversations à la tête de l’Olympiakos sont depuis quelques semaines sous la lumière des projecteurs et ressuscitent de vieilles histoires qu’il aurait probablement préféré oublier. Déjà accusé d’incitation à la violence entre supporters en 2011, il est aujourd’hui au cœur d’une affaire de grande ampleur.

Selon les conclusions d’Aristidis Korreas, le procureur en charge de l’affaire jusqu’au 3 octobre dernier, il aurait « approché et tenté d’utiliser des policiers, des juges, des hommes politiques et d’autres personnalités influentes à des fins personnelles ». Evangelos Marinakis dispose en effet d’un carnet d’adresses bien rempli qui lui permettrait par exemple de modifier le calendrier du championnat grec en fonction des performances de son équipe. Si la Grèce est aujourd’hui connue pour être un des pays les plus corrompus d’Europe, le football dans le pays en est probablement un des principaux points d’orgue. L’Olympiakos serait-il le mauvais élève dans un monde de football sans faille et vertueux ? Loin de là et le grand-public commence petit à petit à s’en rendre compte.

Mondial-2022 : la FIFA suspend un de ses membres… Pour une autre affaire

Scandale international : en juin dernier, le Sunday Times affirmait pouvoir prouver ce dont tout le monde se doute depuis le 2 décembre 2010. Le Qatar aurait versé 5 millions de dollars à l’ancien vice-président qatarien de la FIFA, Mohamed bin Hammam, afin de se voir attribuer l’organisation de la Coupe du monde 2022 par la FIFA. Si l’information a rapidement été démentie par les principaux intéressés, ceci malgré les milliers de documents établissant clairement les faits avancés par le quotidien britannique, elle ne semble pas non plus avoir bouleversé la FIFA ou l’UEFA. Aux dernières nouvelles, le Qatar organisera toujours le Mondial-2022 et Michel Platini, président de l’UEFA, a simplement récemment fait savoir qu’au « moindre soupçon de corruption » concernant cette attribution, il y aurait « un nouveau vote ». Tout le monde ne doit pas avoir la même définition du terme « soupçon ».

La FIFA sait pourtant prendre des mesures efficaces. Récemment, c’est le président de la Fédération de football de Mongolie, Ganbold Buyannemekh, qui en a fait les frais. Accusé d’avoir « sollicité et accepté des paiements de Mohamed bin Hammam dans le cadre des élections pour le comité exécutif de la FIFA à l’occasion du congrès de l’AFC (Confédération asiatique) en 2009 de même que dans le cadre des élections à la présidence de la FIFA en 2011 », il vient d’être suspendu cinq ans. Preuve que les institutions dans le secteur ne sont pas complètement figées et qu’il est encore possible de prendre des sanctions. Mais pour cela, encore faudrait-il en avoir envie. Après tout, sanctionner le Qatar pour corruption présumée lors de l’attribution de la Coupe du monde 2022 signifierait pour la FIFA avouer qu’elle est aujourd’hui complètement gangrénée par une corruption qu’elle n’a jusqu’ici jamais vraiment combattue.

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