Le libéralisme est anti-politique

Statue de la liberté (Crédits : benonrtherun, licence Creative Commons)

Le libéralisme est souvent classé à tort comme idéologie politique.

Par Jan Krepelka

Statue de la liberté (Crédits : benonrtherun, licence Creative Commons)

Le mot politique, en français, peut avoir différents sens, ce qui peut prêter à confusion. Le libéralisme est souvent, à tort, classé comme idéologie ou philosophique politique. Or, le libéralisme est autant une opinion politique que l’athéisme est une opinion religieuse ou la non-collection de timbres un hobby, c’est-à-dire pas du tout.

L’étymologie du mot est en effet claire : Empr. au lat. politicus, -a, -um « relatif au gouvernement des hommes », du gr. π ο λ ι τ ι κ ο ́ ς « de citoyen, qui concerne les citoyens, populaire, qui concerne l’État, public ».

Ainsi, à l’exception de quelques sens dérivés ou figurés ou « par analogie », le libéralisme est anti-politique, aux quatre sens du mot :

  1. le politique [en : polity] : le pouvoir politique, soit le pouvoir sur les personnes ;
  2. la politique [en : politics] : les négociations entre partis politiques, soit la distribution du pouvoir politique ;
  3. les politiques (féminim) [en : policies] : les politiques publiques, soit l’exercice du pouvoir politique ;
  4. les politiques (masculin ou féminin) [en : politicians] : les hommes politiques et les femmes politiques, soit les titulaires du pouvoir politique.

Or, le libéralisme s’oppose au pouvoir sur les personnes : il défend son contraire, soit le principe de l’identité des droits de tous, qui implique nécessairement que personne n’ait de pouvoir politique sur personne.

Dans une société libérale, le seul sens de politique qui resterait peut-être serait celui du cours de science politique, qui serait naturellement intégré au département d’histoire médiévale de la faculté des lettres. Pour autant qu’il existe une demande pour une telle formation, bien entendu.


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