Terrorisme : la France, premier soutien financier des djihadistes

rançons payées aux ravisseurs entre 2008 et Juillet 2014

En payant près de 60 millions de dollars de rançons, la France est le premier financier du terrorisme islamiste et met en danger ses ressortissants.

Par Kevan Saab.

Depuis l’exécution sauvage de l’otage français Hervé Gourdel mercredi dernier, le spectre du terrorisme islamiste est revenu sous le feu des projecteurs et occupe maintenant une bonne partie du débat public. C’est donc l’occasion parfaite de s’interroger sur le nombre important de Français régulièrement pris en otage à travers le monde. En effet, pour un petit pays de 65 millions d’habitants, les Français sont largement surreprésentés dans les prises d’otages récentes comme le montre le très bon travail de recherche de Rukmini Callimachi dans un article du New York Times publié le 29 juillet dernier (voir ici). La figure ci-dessous regroupe l’ensemble des données sur les prises d’otages occidentaux par des ravisseurs affiliés de près ou de loin à Al-Qaïda sur cinq années, entre 2008 et juillet 2014.

Otages pays occidentaux

 

Qu’apprend-t-on ? Avec 17 otages, la France arrive très loin en tête de ce palmarès peu glorieux, avec autant d’otages que l’Espagne, la Suisse, l’Autriche, le Canada, l’Allemagne et l’Italie combinés. On est en droit de se demander pourquoi. Bien-sûr, il est vrai que des ressortissants français sont pour des raisons économiques, historiques et culturelles présents en nombre relativement important dans des zones désormais dangereuses comme certaines parties du Maghreb ou de l’Afrique Subsaharienne, cependant ce facteur n’explique pas tout.  En effet, la politique de la France en matière de prises d’otages se caractérise depuis plusieurs années par une passivité et une propension à verser des rançons absolument déconcertantes. De fait, entre 2008 et juillet 2014, pas moins de 58,1 millions de dollars de rançons ont été versés à des ravisseurs en échange de la libération de 10 Français.

rançons payées aux ravisseurs entre 2008 et Juillet 2014
Rançons payées aux ravisseurs entre 2008 et Juillet 2014

 

A contrario, certains pays, États-Unis et Royaume-Uni en tête, ont formellement pris position contre tout versement de rançon prônant une approche strictement militaire en cas de prises d’otages. Quelle approche a été la plus efficace ? La réponse est simple, les États-Unis et le Royaume-Uni combinés, soit environ 375 millions de ressortissants, à comparer avec nos maigres 65 millions d’habitants, n’ont connu que 5 prises d’otages sur la même période quand nous en connûmes 17. Bref, le constat est sans équivoque, la politique de la rançon est un échec total qui met en danger nos concitoyens en les faisant passer pour des tirelires ambulantes aux yeux des extrémistes du monde entier. À l’inverse, les nombreuses opérations militaires des forces spéciales américaines et anglaises et l’absence de versements de rançons contribuent à faire passer le kidnapping de leurs ressortissants comme une piètre idée pour n’importe-quel groupe terroriste ayant une once de bon sens. Plus grave pour la France, même d’un point de vue du nombre de morts, la France a eu à déplorer la mort de pas moins de 4 de ses ressortissants, soit plus du double de l’ensemble des morts de tous les autres pays occidentaux réunis sur la même période. Rien de surprenant, plus les Français sont pris en otage, plus la chance d’une issue tragique augmente.

Évidemment, ces sommes colossales versées aux terroristes viennent directement alimenter les prochaines prises d’otages, les prochaines attaques et les prochains attentats de ces criminels. Un engrenage vicieux difficile à arrêter et qui irrite au plus haut point nos alliés britanniques et américains. On peut comprendre leur position quand on connaît le temps et l’énergie nécessaire pour acculer militairement et financièrement, en gelant leurs avoirs, ces cellules terroristes parfois difficile à traquer. Un travail de longue haleine que les versements de rançons français, entre autres, viennent saboter en renflouant de manière substantielle les caisses de ces organisations. D’après l’administration américaine, ces versements sont d’ailleurs aujourd’hui la première source de fonds pour ces organisations. Bref, malgré elle, la France est aujourd’hui un des premiers soutiens financiers du terrorisme islamiste.

Malheureusement, cette triste réalité n’est pas près de disparaître tant que les politiciens français continueront à utiliser les libérations d’otages en échange de rançons comme une manière d’amadouer l’opinion publique et de faire progresser leur côte de popularité en se mettant en scène à l’arrivée des otages. Que le Quai d’Orsay range son chéquier la prochaine fois et envoie plutôt un de nos nombreux groupes d’élite spécialisés en prise d’otage montrer à ces monstres ce qu’il en coûte de s’attaquer systématiquement aux citoyens français.