Des puits sans fond en cascade

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Pour maintenir à flot un seau percé, rien de tel que le panier percé par excellence : l’État, créateur de puits sans fond depuis sa création.

contrepoints 734 puits sans fondL’État avait accordé 30 millions d’euros à la SNCM pour boucler l’année 2014. Fin septembre, l’entreprise est très proche de la cessation de paiement. Depuis 2001, l’entreprise enchaîne les déficits, et l’argent offert par l’État n’aura servi qu’à prolonger un peu plus longtemps le lent naufrage de la société maritime.

Naufrage inévitable. La SNCM s’apparente plus à une mafia qu’à une entreprise dans un système capitaliste. Entre poids des syndicats et petites magouilles, elle est une proie de plus des syndicats français du crime qui dilapident l’argent du contribuable et mettent des bâtons dans les roues des chefs d’entreprise et leurs salariés.

Avec l’accord, l’appui et la bienveillance de l’État, qui ne serait pas aussi puissant s’il ne donnait pas autant de poids à ce genre d’associations et groupes de pression. Il finance les syndicats, la culture, la presse, l’éducation, et légifère en faveur des lobbies qui ont (et achètent d’une façon ou d’une autre) ses faveurs. L’habit ne fait pas le moine ; toute institution n’est jamais composée que d’hommes, et tous ces défenseurs d’une cause supérieure utilisent les apparences à leur profit.

Car il ne s’agit que d’apparences ; l’État n’existe que parce qu’il est reconnu comme tel. Un chef d’État devient dictateur si on le veut, un résistant devient terroriste selon le point de vue que l’on adopte.

Il n’existe en derrière analyse aucune entité appelée « gouvernement » ; il n’y a que des gens qui se constituent en groupes appelés « gouvernements » et agissant d’une façon « gouvernementale ». – Murray Rothbard, « The Ethics of Liberty »

Son absence de perspectives admise, on peut concevoir la SNCM comme un seau percé ; dans les salles des machines de ses bateaux, les moteurs brûlent sans doute de l’argent au lieu du fioul. Et pour maintenir à flot un seau percé, rien de tel que le panier percé par excellence : l’État, créateur de puits sans fond depuis sa création.

Tout cela prêterait à sourire si le gouffre béant qu’est l’État ne mettait pas des bâtons dans les roues d’individus en chair et en os, n’engloutissait pas leur énergie, leur temps et leurs ressources. Censé assurer un cadre propice à la vie de chacun, l’État fixe un cadre qui la limite. Les citoyens poussent dans des bouteilles.

Étriqués et difformes, rares sont ceux qui parviennent à prendre assez de hauteur pour comprendre que tous les maux contre lesquels l’État prétend nous prémunir sont des prophéties apocalyptiques autoréalisatrices. Sans État, comment être certain que les plus démunis seront aidés par les autres ? En imposant la solidarité, l’État détruit la solidarité existante (rend plus rare l’aide volontairement apportée aux plus démunis) et condamne toute une frange de la population à vivre sous sa dépendance.

Impossible, sans prendre de hauteur, de voir que plus d’emplois seraient créés si l’État ne taxait pas autant l’emploi ; qu’il y aurait moins de pauvres si l’État ne taxait pas autant la richesse ; qu’il y aurait moins de chômage si l’État ne réduisait pas le périmètre légal du travail. Impossible de comprendre que, malgré une identité propre, rien n’existe indépendamment de son environnement, et qu’il y a bien peu de sens à concevoir séparément les éléments d’un système. C’est pourtant ce que fait l’État : il dessine des cases, imagine des interactions entre elles et, ainsi, modèle la réalité, en fait ce qu’il craint qu’elle soit et contre quoi il promet de défendre le citoyen.

Il crée des interférences dans chaque système où il intervient. Se concevant comme régulateur, il ne fait que créer des déséquilibres que le temps amplifie et qu’il vient par la suite ajuster et corriger, pensant avoir aidé ce qui fonctionnerait très bien sans lui. Il crée le besoin d’un régulateur qu’il ne peut pas être mais pense incarner ; l’organe étatique crée l’illusion de la nécessité de sa fonction. Et les groupes de pression qu’il soutient l’aident à maintenir l’illusion en vie, pointant toujours de nouvelles injustices requérant son action.

Il vaut mieux pomper d’arrache-pied même s’il ne se passe rien que de risquer qu’il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas. – Proverbe Shadok

La liberté permet aux hommes d’exprimer ce qu’il y a de meilleur en eux. Combien de temps laisserons-nous l’État pomper nos énergies, notre temps, nos ressources, nos vies ? Combien de temps laisserons-nous des syndicats mafieux, des moralistes incapables de boucler les fins de mois, des bien-pensants incapables de raisonner nous dicter notre conduite ?