Création d’emploi : les politiques dans leur bulle

Le problème de la création d’emplois est essentiel pour la relance de la croissance. Pourquoi les politiques tendent-ils à occulter le problème ?

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Création d’emploi : les politiques dans leur bulle

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 23 septembre 2014
- A +

Par Bernard Zimmern.

bulles credits charbel akhras (licence creative commons)

Nous savons – voir courbes ci-dessous – que le problème n°1 des Français est le manque de création d’emplois : moins de 100 000 par an contre plus de 200 000 pour les Allemands et Britanniques. Et le retard accumulé sur ces deux pays est fabuleux : nous sommes à 20 millions d’emplois marchands contre respectivement 25 et 27 à populations égales.

Aucune politique nationale n’a de chance de réussite sans s’attaquer d’abord à la création d’emplois en sachant que ce ne sont pas les entreprises déjà existantes qui peuvent les créer mais seulement celles qui n’existent pas encore. Sans prendre en compte cette donnée, il est illusoire de vouloir rendre nos entreprises plus compétitives car même si nous avions les mêmes charges publiques que nos voisins du nord, nous avons 25 à 35% de bras en moins pour les supporter.

bulle rené le honzecDe même, prétendre qu’il suffit de réduire la dépense publique pour relancer l’économie est une illusion car on ne réduit pas la dépense publique sans réduire les effectifs publics et, avec un marché du travail aussi déprimé que le nôtre (où le taux de chômage pas trafiqué se situe autour de 27%), n’importe quel gouvernement sera forcé de récréer d’une main ce qu’il supprime de l’autre. Comment se fait-il alors qu’aucun homme politique de poids ne se soit emparé de ce sujet capital ?

Il n’en a jamais été question sous Nicolas Sarkozy, ni même dans la campagne présidentielle de 2012. Une demande de rencontre avec François Fillon sur ce thème, déposée par 12 parlementaires, est restée sans réponse. Certes, l’INSEE fait le mort sur ce sujet et publie autant de nuages de fumée et même d’informations à la limite de la désinformation pour le cacher. Mais comme le premier graphique ci-dessous publié par l’OCDE le montre, il ne faut pas être prix du Concours Général en mathématiques pour comprendre qu’il y a un problème de fond. Nous demandons à nos lecteurs s’ils ont une explication pour l’aveuglement complet du corps politique sur ce sujet fondamental.

Nous tentons la première : les politiques sont branchés sur les médias et vivent à l’intérieur de la bulle médiatique dont Le Monde et Le Canard sont deux piliers importants. Donc, si dans cette bulle, le sujet n’est pas traité, et il ne l’est pas, le monde politique l’ignore. Et comme le propre des médias français est d’ignorer dans l’ensemble le long terme, de ne vivre que dans l’actu chaude du court terme, la source de notre malheur ne devrait pas se tarir demain ?

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  • il faut demander aux politiques pourquoi ils ont bloqué la création d’emploi. Eux ils doivent savoir. L’Insee (institut public de statistiques) ne publie que ce qu’elle en droit de publier. l’INSEE est rattaché au Ministère de l’économie et des finances
    C’est wikipedia qui informe

  • vos tableaux sont magnifiques mais vous n’y voyez que ce que vous souhaitez y voir .

    • sur ces tableaux la France est la derniere concernant le taux d’emploi et ce depuis 1970.
      Ai je bien lu ?

      • et alors , où est le problème , notre société permet de vivre en travaillant moins que les autres , n’est ce pas un formidable succès ?

          • il ne faut pas tout ramener a une question d’argent, l’argent n’est qu’une illusion .
            N’importe quel imprimeur peut en fournir des tonnes et n’importe quel pyromane les brule en quelques secondes.
            La bonne question est , qui commandite l’imprimeur et qui embauche le pyromane …surement la même personne !

            • L’argent n’est qu’une illusion? Ah ouais? Ben donne mon ton fric puisque c’est qu’une illusion!

              La question est bel et bien de savoir qui paye. Le fait que l’Euro soit une monnaie de singe est ici accessoire puisque c’est un monopole légal et donc la seule manière statistiquement acceptable en ces circonstance pour mesurer le coût en terme de ressources.

              • l’argent est une illusion parce qu’il n’a jamais la même valeur, tu as 10 euros et demain ces 10 euros n’existent plus , ils se sont envolés sans que tu puisses y faire quelque chose , cela s’appelle l’inflation , la dévaluation , la spéculation monétaire , l’impôt , les taxes ou le mélange de tout cela .
                la seule valeur réel est le travail encore faut il que tu trouves quelqu’un pour en échanger les fruits ce qui est de plus en plus difficile dans un monde où la productivité des pays pauvres est bien trop élevé par rapport aux possibilités de consommation des pays riches
                alors , quelle est l’importance de savoir qui paie , tu l’as deviné j’imagine ,le chinois , l’indien , l’africain etc , pas toi , le travail que tu fournis réellement ne faudrait pas un centime dans un pays du tiers monde .

            • L’argent à beau être dématérialisé cela reste un mesure valable de la richesse (ou de pauvreté). Toutes les basse manipulations des états ne change rien à l’affaire. Quand on a pas d’argent (quelque soit sa forme, sa couleur…) on est pauvre parce que cela signifie tout simplement qu’on n’est pas utile pour les autre. la France est de plus en plus inutile pour le reste du monde, voilà ce que signifie ces tableau. La France ne crée plus de richesse, elle en absorbe. En France on consomme et on en créé rien. Nous sovons tous (même les plus obtus) ce que cela signifie à terme.

        • ça, c’est une affirmation de fonctionnaire, ou d’employé d’un système spécial, ou de délégué syndical, ou d’élu parasite.
          Allez dire ça aux paysans, un suicide par jour, mais comme il n’est pas chez France Télécom, pardon Orange, tous les médias s’en foutent.
          Allez dire ça aux chômeurs, pour qui un CDI est aussi inaccessible que la lune. CDI réservés aux syndiqués déjà en place.
          Allez dire ça aux jeunes qui doivent s’expatrier pour trouver un job.
          Allez dire ça à la femme de ménage qui trime comme une esclave.
          Bien sûr, si en plus vous êtes artiste ou intermittent du spectacle….

        • Ah, j’oubliais, monsieur est peut-être un simple héritier qui vit des rentes de papa/maman?

          • Alors, il n’est pas investi en fonds EURs… Car là, c’est l’enculade la rigolade jaune à venir …
            Il doit avoir des tableaux, de l’immobilier et surtout du Malraux…

  • il y a une très grande consanguinité entre les médias, les politiques et les vieilles entreprises du CAC 40.

    Tout ce petit monde vit dans sa bulle monopolistique (ou oligopolistique), nourri par nos impôts.

    • Le sujet ici est un graphique sur le taux d’emploi réalisé par Eurostat et OCDE
      L’impôt est un autre sujet
      Attention à l’interprétation

    • Vous oubliez la haute administration, c’est elle qui a le plus d’influence et le moins intérêt à ce que ça change

    • L’actionnariat principal n’est plus en France.
      Qui commande paye. Voulez-vous payer ?

      Les merdias et les politocards ne sont pas à jour et le cachent bien aux français.

  • Tout emploi dans le secteur marchand crée une valeur ajouté.
    Or l’employé respectif travaille la moitié de son temps de travail annuel pour l’état.
    Il commence a travailler pour lui autour de 15 juillet si je ne me trompe pas.
    La plupart des sans travail préfèrent donc peut-être rester chez eux et vivres des aides
    et non pas se faire exploiter par l’état. Une autre partie n’a pas peut-être la capacité
    de produire une double valeur ajouté nécessaire pour couvrir les taxes nécessaires a l’état (1)
    et a eux mêmes (1) donc : pas employables.
    Vous avez pensé a ça ?

  • Regardez le parcours des entrepreneurs, dès le début c’est cadavérique ! Après 10 ans de gestation, j’ai entrepris de créer une entreprise en France, la location d’un local se fait en 10 minutes avec le propriétaire, j’ai ensuite entrepris la création d’une structure sociale car sans adresse ce n’est pas possible.

    CMA, CCI, Ministère du redressement productif, URSSAF, INSEE … 23 jours plus tard (non ce n’est pas un film de zombies) je n’ai toujours pas de numéro de SIRET, pas de KBIS, RIEN, NADA !

    Je fais quoi dans mon local ? Impossible de l’assurer ou même de payer les télécoms sans numéro de SIRET, même pas de compte en banque.

    Alors dans ses conditions, comment créer de l’emploi quand on n’arrive pas à créer une entreprise rapidement ! Je suis déjà dégoutée alors que j’ai pas commencé le travail.

    J’ai écrit partout pour avoir de l’aide, aucune réponse, alors je reste accrochée à ma boite aux lettres. Il doit-y avoir un truc qui cloche dans ce pays !

    • t’inquiètes pas, il t’oublie pas, tu vas vite recevoir un tas de trucs machins à payer, de caisses à cotiser pour tes employés même si t’en as pas. ne jamais oublier qu’en france, nous ne sommes que les esclaves de l’obèse

    • Il faut être maso pour créer une boite officiellement en France vu l’état des taxes, réglementations, l’agressivité des bras armés étatique et l’état des finances publiques, nationales et locales….

      L’ogre obèse a besoin de s’alimenter, il va aspirer tout ce qu’il peut tant qu’il le peut.

    • Fallait passer par la CCI ❗
      Abracadabra, plus de problèmes. D’ailleurs cela se paye… En taxes…

      • Bah, non, finalement 23 jours à glander dans un bureau vide, sans la famille c’est sympa. Merci l’état français. On peut se cuiter sans risque, on peut abuser de l’espace vide, c’est cool, la glandouille de patronne c’est super productif.

  • est ce que l’OCDE peut analyser 32 ans de politiques de l’emploi en France ?
    il est quand même à noter qu’en 1982 l’emploi s’est relevé pour repartir en chute libre. En 2012, c’est catastrophique

    • En 1982, vous voulez certainement parler de l’effet Mitterrand. Toutes les vannes à pognon public étaient grandes ouvertes, et le résultat c’est que la génération suivante paye encore les conséquences de cette distorsion économique.

  • Il me semble que le fait d’utiliser le terme de « emploi marchand » répond déjà à la question à la fois du problème de fond et du blocage et donne une solution que vous repoussez : privatisations.

    Il est certain que cela revient à mettre en place des mesures très douloureuses comme les Anglais.

    L’autre solution évidente est celle des EU : exploiter les GDS.

    Voila : 3 lignes et 3 insultes gravissimes au pouvoir en place mais aussi à la droite de Sarkozy.

  • Je me permets de citer Charles Sannat ( lecontrarien.com de ce jour) qui donne une bonne analyse de la situation de l’emploi :

    Le totalitarisme marchand

    Nous vivons dans une période de totalitarisme marchand. Sans l’idéologie « communiste » (qui fut un échec, telle n’est pas la question) pour servir de doctrine alternative et donc de contre-pouvoir, le capitalisme ne pouvait que renouer avec ses mauvaises habitudes qui avaient d’ailleurs mené à la crise de 1929. Toujours plus de dettes, toujours plus de finance, de spéculation et d’accumulation des richesses dans des mains à chaque fois de moins en moins nombreuses.

    Ce totalitarisme marchand, qui est en pleine expansion sous vos yeux, vise à détruire tous les acquis sociaux (sous prétexte de compétitivité). Mais il veut également aller bien au-delà en faisant également baisser les salaires, en privatisant l’ensemble des secteurs économiques, rien ne doit pouvoir échapper aux marchés.

    Marx parlait à très juste titre du « salaire de subsistance » qui est le montant minimum permettant aux gens de tout juste survivre. Les capitalistes n’ont pas besoin de nous verser plus qu’un salaire de subsistance et lorsque vous regardez ce qui se passe en Grèce, en Espagne, en Italie, bientôt en France, alors nous devons tous comprendre que l’idéologie du travail le dimanche n’est rien qu’une petite bataille dans une immense guerre faite aux intérêts des peuples. Nous avons été prospères parce qu’il y avait un partage des richesses. Nous serons prochainement tous pauvres car ceux qui encaissent la richesse (pas forcément ceux qui la créent) ne souhaitent plus les partager équitablement puisque plus rien ne les y contraint.

    • « Nous serons prochainement tous pauvres car ceux qui encaissent la richesse (pas forcément ceux qui la créent) ne souhaitent plus les partager équitablement puisque plus rien ne les y contraint. »

      je crois que cette phrase est fausse , ils ne partagent plus leurs richesses…..avec nous serait plus juste et je te laisse le soin d’en trouver la raison comme un retour sur investissement devenu insuffisant a cause d’ états devenus trop gourmands ou d’une incompétence grave (pour la France) mais il y en a d’autres.

    • Cher doctrinaire marxiste, commence donc par créer une entreprise, et tu verras où pars ton argent : pas dans ta poche d’exploiteur mercantile, comme tu le crois, mais bien dans celle de l’Etat. Le « totalitarisme marchand », en voilà un concept débile qui ne peut s’appliquer à la rigueur qu’à quelques multinationales géantes comme Apple, Google, Total. Pour les autres entreprises, l’immense majorité, l’exploiteur numéro 1 est bien l’Etat français.

  • Il est possible de réduire les effectifs publics en ne remplaçant quasiment pas les agents partant en retraite. Cela suppose évidemment une réorganisation et la suppression de bidules administratifs…

  • Il n’est étonnant que ce soit un polytehnicien qui ait écrit cet article. Il ne comporte que des affirmation péremptoires non démontrées. selon lui tout doit venir de l’Etat et il n’attend rien des entreprises ! Comment est-il possible d’être à ce point déconnecté des réalités économiques ?

    • L’auteur, Bernard Zimmern n’est pas déconnecté des entreprise, c’est un entrepreneur de la première heure, avec l’IFRAP il a beaucoup œuvré pour les entreprises. Je l’ai même rencontré alors que je me battais contre la corruption au sein de l’administration Française. Pour moi c’est un véritable personnage. C’est un pionnier.

      • Les exiles fiscaux qui quittent le territoire français pour ne pas payer d’impôt, c’est immoral

        • Non ! Il a quitté le territoire Français car il n’y avait rien pour lui. Et il y est retourné pour diffuser l’idée de la bonne gestion des administrations. Bon, d’accord, a l’époque le niveau des écoles qu’il a fréquentés n’était pas super relevé comparé a maintenant, c’est clair. Et en cela, je serais un peu plus humble, et j’éviterais de mentionner ces vielles choses, même si c’est vrai, car la France est pleine de jaloux, c’est culturel.

          Mais cela va dans le bon sens. Bernard Zimmern va dans le bon sens, il œuvre pour un monde meilleur.

          Je suis la première à jeter la pierre aux vieux bénéficiaires de l’état providence, mais là, non. (PS: je ne suis pas de sa famille non plus)

  • De même, prétendre qu’il suffit de réduire la dépense publique pour relancer l’économie est une illusion car on ne réduit pas la dépense publique sans réduire les effectifs publics /i>

    Il faut bien entendu réduire l’effectif public puisque c’est un des coûts principaux. A moins de vouloir compter les feuilles de PQ par personne ?

    et, avec un marché du travail aussi déprimé que le nôtre (où le taux de chômage pas trafiqué se situe autour de 27%), n’importe quel gouvernement sera forcé de récréer d’une main ce qu’il supprime de l’autre.

    Voulez dire un gouvernement de type socialiste ❓

  • Réduire les dépenses publiques et les emplois publiques est bien une condition nécessaire, donc préalable, au redressement de l’économie. L’Etat est un monstrueux boulet que le secteur privé ne peut plus tirer. Bien sûr, ce n’est pas ce qui relancerait l’économie, mais c’est un énorme frein au développement qui serait enfin retiré.
    La première mesure devrait être la fin des privilèges, avec l’alignement des droits du public sur le privé, notamment en matière de retraite, de jours de carence, de droit du travail… La deuxième mesure devrait être la suppression de la multitude d’emplois publics inutiles. Pourquoi la France a-t-elle 85 fonctionnaires pour 1000 habitants, pendant que l’Allemagne n’en a que 50 ?

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