Surprise ! Grève et intimidation à Air France !

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Un Airbus A380 atterissant à l'aéroport de New York JFK (Crédits Wendy Longo, licence Creative Commons)

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Surprise ! Grève et intimidation à Air France !

Publié le 22 septembre 2014
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Quand ce n’est pas la Poste, ou, bien plus fréquent, l’une des sociétés de transports publics du pays, c’est Air France qui se rappelle aux bons soins des usagers (vaguement clients) en faisant l’une ou l’autre grève dont elle a le secret. Et cette semaine, nous en entamons la deuxième, dans la joie, la bonne humeur et les intimidations syndicales.

Et pour la bonne humeur, il suffira de se rappeler que, pour une fois, le personnel naviguant a eu l’extrême onctuosité de prendre ses clients en otage hors des vacances scolaires, ce qui est, on peut le dire, une vraie amélioration par rapport aux précédentes interruptions volontaires de travail d’une certaine catégorie de syndicalistes privilégiés, comme en juin dernier où le personnel de piste avait posé l’option farniente à l’orée des grands départs estivaux, les petits malins.

Comme à l’accoutumée, les raisons de la grève sont un peu confuses mais peuvent être résumées en quelques lignes : confrontée à une baisse de sa rentabilité, la compagnie Air France a récemment dévoilé l’un de ces plans stratégiques qu’elle nous mitonne de temps en temps pour tenter de s’adapter au marché. Dans le cas d’espèce, Air France souhaite développer Transavia, sa filiale low-cost, dont les conditions contractuelles pour les pilotes sont assez différentes de celles actuellement en vigueur dans la compagnie-mère. Bien sûr, c’est un plan qui vient s’ajouter aux nombreux précédents pour tenter de conserver ses parts de marché, en érosion notable due à l’arrivée des concurrents low-cost, et à des coûts de structure importants que n’ont pas forcément ni les low-costs, ni ses autres concurrents plus traditionnels.

En substance, avec les émoluments et autres avantages importants, les pilotes représentent une masse salariale lourde à porter pour une entreprise maintenant sous les feux de la concurrence acharnée dans le ciel européen et mondial. Et force est de constater qu’ajouter les avantages surprenants (le nombre d’heures de vol effectif par pilote d’Air France est l’un des plus bas d’Europe) aux coûts salariaux typiquement français (bonjours les cotisations, salut les taxes, bisous le code du travail) revient à accrocher un gros boulet à l’aile de la compagnie tricolore.

air france a nous de vous faire preferer le train

Pour rappel, les pilotes d’Air France volent environ 20 à 25% de moins que leurs homologues européens de Lufthansa ou de British Airways, et (évidemment) encore moins que les pilotes d’easyJet ou de Ryanair. Et si l’on compare les pilotes Air France avec ceux de Transavia, leur coût horaire, dont le salaire brut annuel oscille entre 75.000 et 250.000 euros selon le grade, l’ancienneté et l’affectation, est 40% plus élevé chez Air France que chez Transavia.

small implied facepalmDe ce point de vue, on comprend un peu les mains moites de la direction qui doit, pour tenir compte des syndicats maisons particulièrement pointilleux, faire preuve d’un doigté d’horloger pour arriver à réduire les coûts et ajuster une structure entrepreneuriale dont le pilotage tient plus du point de croix que des meilleures pages de Guillaumet ou Saint-Exupéry. Et cette fois-ci, le petit changement de cap n’est pas passé inaperçu : le Syndicat National des Pilotes de Ligne a déposé un bon gros préavis de grève joufflu qui s’est doucement prolongé pour arriver, pimpant, en seconde semaine. small double facepalm Pour nos grévistes, il est impératif que les pilotes Transavia bénéficient du même type de contrat que celui d’Air France, ce qui est bien évidemment le contraire même du but recherché de l’opération. Un dialogue de sourd s’est donc instauré, avec portes qui claquent, énervements et grosse mauvaise foi dont les clients font maintenant les frais.

Ici, normalement, on se doit d’introduire un petit couplet sur l’importance de la bonne négociation entre la direction et les syndicats, avec un petit rappel pour le nécessaire dialogue social, et sur le fait que le droit de grève, imputrescible, indépassable et indispensable dans toute société démocratique qui se respecte gnagna Constitution gnagna droit inaltérable. Certes. Mais dans une compagnie où toutes les autres catégories de salariés, en particulier les personnels au sol, ont déjà dû consentir à de lourds sacrifices, les pilotes ont évidemment un peu plus de mal à justifier leur résistance au changement, d’autant que les conditions proposées sont assez loin de l’esclavagisme ou de la Bête Humaine… D’autant plus que cette grève s’ajoute à des bilans franchement médiocres d’une compagnie qui était sur le point de retrouver un peu de rentabilité.

oh noes !

Cependant, à la grogne des passagers qui monte gentiment, à la perte additionnelle de crédibilité d’une compagnie qui, encore une fois, montre au reste du monde ce merveilleux système social qu’il nous envie de façon toujours plus tiède, à la perte, plus douloureuse encore, d’exploitation de ces jours chômés à regarder les autres compagnies récupérer les clients, à ces problèmes, donc, doivent s’ajouter ces comportements si délicieusement typiques des syndicats français aux premiers rangs desquels on trouve la délation et l’intimidation.

nom d'une pipe en boisIl apparaît en effet qu’une page Facebook est récemment apparue destinée à recenser ceux des pilotes qui auraient la mauvaise idée de continuer à exercer leur métier et de ne pas prendre part aux joyeux mouvements de débrayage. La pratique du listing festif, fort en vogue dans ces partis et syndicats d’une gauche délicieusement coincée dans le siècle précédent (période Octobre Rouge), continue donc de remporter ce succès si particulier qu’il ne peut se passer d’une bonne délation inter-camarades de lutte dont le caractère récurrent en France ne laisse pas d’interpeller.

En effet, pour les lecteurs les plus naïfs, qui croiraient trop gentiment que ceci n’est qu’un petit dérapage sans conséquence, il est nécessaire de rappeler que non, les exactions syndicales ne sont pas du tout épisodiques ou rares, mais font bien partie de la norme dans ce pays et constituent même, en dernière analyse, l’un des problèmes les plus aigus qui explique certainement une bonne partie des raisons pour lesquelles ce pays continue à s’enfoncer, mollement mais avec détachement, dans une mouise épaisse et collante.

De la même façon que le jusqu’au-boutisme ridicule des syndicats a fini par mettre Alitalia dans une passe fort difficile il y a quelques années, peu d’efforts sont nécessaires pour imaginer que les actuelles grèves à Air France, dont tout indique qu’elles s’enveniment, ne vont absolument pas résoudre les problèmes structurels lourds et permanents que l’entreprise s’évertue à corriger depuis sa privatisation et l’ouverture complète du ciel français à la concurrence. Pire, en plus d’aggraver une situation financière délicate, elles vont continuer d’abonder à l’idée, déjà bien en place, d’une compagnie peu fiable au rapport qualité-prix de moins en moins pertinent avec ce que le reste du marché propose. C’est, évidemment, une petite catastrophe qui se joue actuellement sous nos yeux.

Enfin, à l’heure où tant d’individus, en France, ont tant de mal à simplement finir le mois, ou pire encore, à payer leur dernier tiers provisionnel, les geignements des pilotes d’Air France ajoutent une bonne dose d’indécence à l’agacement palpable des Français devant ce genre de mouvements.

Pas de doute : la gréviculture française continue, et la saison 2014 débute en fanfare.
—-
Sur le web

À lire aussi : Pourquoi Air France va (sans doute) mourir

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  • Précision à apporter à votre article, dans le système AF, ce sont les syndicats des pilotes qui décident de l’évolution de la carrière des pilotes dans la compagnie, après qu’ils aient bien entendu décidé de l’entrée ou pas des dits-pilotes dans la compagnie, et ce avec tests psychologiques appropriés à l’appui. Bonjour la « Tcheka » AF.
    Cela rappellera aussi à certains le bon vieux système mis en place par la CGT chez les dockers, avec bien sûr les résultats qu’on a connu.
    Et dernière précision pour les plus naïfs, le syndicat des pilotes justifie sa position en mettant en avant la question de la sécurité des passagers. Réglons cette question une fois pour toutes, AF est, de loin, une des grandes compagnies aériennes la plus mal classée dans le monde, loin loin même des compagnies comme Easyjet ou Ryanair, pour ne pas parler des autres British Airways ou Lufthansa. Ceci est facilement vérifiable dans les rapports des commissions internationales de l’aviation.

    • Désolé de vous contredire, M. Winch, mais ce que vous affirmez sur la mainmise des syndicats sur les carrières des pilotes est TOTALEMENT faux…
      Quand à vos assertions sur la sécurité des vols : libre à vous de ne voyager que sur Ryanair, avec 80% des pilotes en CDD précaires ou auto entrepreneur, payés à la tâche, et à qui on impose même le carburant à emporter… Ou comment museler le seul personnel techniquement compétent qui vous accompagne dans l’avion, et donc le seul vraiment concerné (comme ses passagers) par la sécurité aérienne : c’est bien le seul qui peut exiger un avion sain et des règles d’emploi vertueuses et s’opposer aux dérives de financiers court termistes qui ne voient pas que les règles de l’aviation ont été écrites avec le sang de nos aînés …

      • les règles écrites avec le sang de nos ainées…lol

      • C est pour cela qu un CDB instructeur Air France travaillant dans de bonnes conditions 18000 euros ( 340 et instructeur) pour 3 vols par mois, n etait même pas capable de savoir s il cabrait ou piquait lors d une panique pour sonde défaillante

        Alors que les pauvres Cdb de liners Ryanair ( méchant capitaliste) n ont jamais vaché un avion

        Trop facile la diatribe sécuritaire d air France

      • Juste à propos de votre emploi du terme « court-termiste »
        Qui au juste est court-termite dans cette affaire, ceux qui essayent de développer une compagnie en accompagnant les évolutions du marché, ou ceux qui la mettent en péril pour péréniser des avantages acquis qui plombent les comptes?

      • deux catastrophes aériennes en moins de 10 ans à Air France : le concorde en 2000 (de mémoire) et le Rio Paris.
        Plus de 300 morts tout de même…

      • Des preuves. Des faits. Des chiffres. Par pitié!

      • Une compagnie aérienne n’a aucun intérêt à ce que ses avions se crashent.
        1/ Tout crash implique une enquête.
        2/ En cas de faute de la compagnie aérienne (pas assez de carburant) : l’assurance ne paiera pas.
        3/ Qui a envi de voler sur une compagnie aérienne, même pas cher, dont les avions tombent comme des mouches ?

        BA et la Lufthansa n’ont pas eu plus d’accidents par km parcourus qu’AF et pourtant leurs pilotes volent plus pour moins chers, et ne vivent pas, a priori, sous les ponts. Votre argument ne tient donc pas. Votre homme de paille non plus d’ailleurs.

        Allez relire l’Histoire de la PanAm.

        Maintenant, moi, personnellement, je m’en tape. Je n’ai pas d’actions chez AF, je ne travaille pas chez AF, et je ne connais personne de rattacher à AF de près ou de loin.
        Faites grève tant que vous voulez, exigez tant que vous voulez. Mais quand votre entreprise aura fait faillite et que vous vous retrouverez tous au chômage faudra pas venir quémander le pognon du contribuable. C’est tout. Et vu le nombre de pilotes (CPL+IR+MEP+MCC+QT et maintenant même des murissements 100/200/300 heures payants sur compagnies commerciales : les mecs paient pour transporter des voyageurs qui eux même paient leurs tickets) sur le marché …

        Alors continuer le cirque, mais venez pas demander mon pognon in fine. Vous êtes libre d’aller droit dans le mur, et vous serez responsable des conséquences. Pas la collectivité.

        • un jeune: « Vous êtes libre d’aller droit dans le mur, et vous serez responsable des conséquences. Pas la collectivité. »

          L’expérience récente (un demi siècle quand même) démontre que si, on va tous payer pour ces conneries.

          Si ils étaient responsables ça fait longtemps que ce cirque serait terminé justement.

      • le mauvais classement en sécurité d’af est connu et visible de tous et de nombreux accidents majeurs en témoignent.

      • Vous avez un scan de ces règles écrites avec du sang ? C’est une pièce historique tout à fait extraordinaire que vous mentionnez là.

      • Incroyable de lire des trucs pareil. Donc la sécurité serait fonction du salaire. En fait c’est simple: soit on leur paye un pont d’or, soit ils envoient par le fond 300 passagers. C’est pas une prise d’hotage, n’est ce pas?

        En attendant, chez Ryan Air je n’ai jamais eu de soucis et je n’ai jamais entendu parler d’un quelconque problème chez eux. Quant à leurs pilotes, il faut croire qu’ils y trouvent leur compte, s’ils restent (et accessoirement ne décident pas d’attaque kamikazes puisqu’ils ne sont pas assez payés). AF est juste un puits à privilèges odieux, c’est tout. Comme beaucoup de sociétés publiques ou semi-publiques (toutes ces sociétés soit disant privées mais qui sont dirigées en fait par l’Etat, vous voyez bien qui…). Si le reste du monde à changé, il serait peut être temps que les aristocrates français, fonctionnaires et autres privilégiés du système, se décident à accepter de descendre du piédestal où ils n’auraient jamais du être installé. Je sais, c’est dur la vie du peuple. Mais c’est ainsi.

        Après c’est votre choix. Le fait est qu’aujourd’hui, le décalage provoqué par tout ces privilèges, sans soucis de mérite, provoque une réelle fracture dans la société. Libre à vous de ne pas le voir. Le fait est que les privilèges tomberont, que vous le vouliez ou non, la réalité vous rattrapera. Soit vous acceptez la réalité et vous l’accommodez à votre sauce, soit vous continuez vers le mur, et on vous retrouvera à Pole Emploi. Donc sans privilèges, pour le coup.

  • Le commentaire de GW me fait sortir de moi, sachant que je m’impose normalement de ne jamais commenter les articles. Il est insupportable, alors qu’Air-france a effectivement de très mauvais antécédents en matière d’accidents, de vouloir nous faire croire que des dérives financières « court termiste » seraient à l’origine de ces derniers. Le cas du vol AF447, où trois pilotes fatigués d’avoir fait la bringue à Rio, parviennent à planter une machine avec tous ses passagers en parfait état de vol (quand le pilote auto rend la main en alternate_law 2, cet avion volait encore parfaitement), puis en le faisant décrocher en tirant excessivement sur le mini-manche, puis en restant pendant plus de 3’30 (de mémoire) en décrochage avec les moteurs en TOGA est juste incroyable, inconcevable, insensé ! C’est dans le sang des passagers que ces incompétents ont écrit l’histoire d’Air-France. L’article wiki en Français a été expurgé des noms des pilotes ainsi que de nombreuses informations, si les lecteurs veulent en savoir juste un peu plus, qu’ils aillent à: http://en.wikipedia.org/wiki/Air_France_Flight_447
    La mauvaise fois de GW est insupportable.

    • Rien de très surprenant là dedans, un jouait à l’iPad, pendant qu’un autre était plongé dans l’hotesse. Le 3 eme faisait une sieste. Normal, donc.
      Finalement il s’agit « que » d’un avion. Notre politique Française fait la même chose avec 65 000 000 de personnes. Flippant.

    • C’est bien la preuve qu’il faut un 4e pilote : avec trois, on a encore des accidents !

    • A M. Donald DEGAINE : en 25 ans de métier, j’ai déploré la perte d’une quinzaine de mes proches camarades…

      A « Liberal Think » : je n’ai pas eu connaissance de l’incident que vous reportez de manière aussi simpliste ; et pourtant, j’ai accès à tous les rapports d’incident d’AF ; mais sans doute est ce la forme de votre exposé qui ne permet pas de le relier à un fait avéré…

      A « Waldburg » : Qui au juste est court-termite dans cette affaire, ceux qui essayent de développer une compagnie en accompagnant les évolutions du marché et qui la quitteront dans 5 ans, ou ceux qui y font toute leur carrière et ne veulent pas la mettre en péril en ne gardant pas la maîtrise des règles d’emploi et s’exposer aux mêmes accidents qu’ont connu les compagnies américaines dans les années 1990?

      A « Liberal » : je n’ai nullement tenté de « faire croire que des dérives financières « court termiste » seraient à l’origine de ces derniers » accidents que vous résumez si suffisamment ; mais qu’ils pourraient en causer d’autres, peut-être comme celui tout récent du crash d’Air Algérie (sous réserve des conclusions finales de l’enquête en cours…)… l’EASA (European Aviation Safety Agency) n’ayant su résister au lobbying des compagnies européennes pour adopter les mêmes règles d’emploi des équipages que celles que la FAA, intruite des excès de la libéralisation du ciel, a récemment cru bon d’imposer à toutes les compagnies américaines après avoir commandité plusieurs études scientifiques sur le sujet…
      Quand à votre diatribe en guise de commentaire : la maîtrise de soi est la première qualité d’un pilote ; l’humilité et la capacité de se remettre en question la deuxième… Etant qualifié sur A330, et malgré une expérience certainement plus large que la vôtre au vu ce que vous écrivez, je me garderais bien d’accabler ce malheureux équipage disparu dans un enchainement de circonstances tel que dès la première minute passée, l’avion était déjà irrécupérable… Et puisque vous savez lire l’anglais, au lieu de chercher des noms, voyez que les causes de ce crash sont loin d’être aussi binaires que ce que vous laissez entendre : je vous renvoie à votre article Wikipedia, section Independent analyses, sous sections Angle of attack indication, Human factors and computer interaction, Sidestick control, et… Fatigue…

      A « Moi » : les pilotes ne sont ni des fonctionnaires, et encore moins des guignols irresponsables : mais des salariés qui font toute leur carrière au sein d’une entreprise privée soumise à une concurrence internationale acharnée se déroulant dans des conditions inégales (comme en témoignent de nombreux rapports à ce sujet restés lettre morte…) en raison de politiques aussi dispendieuses qu’irresponsables… La dessus, on est d’accord.. Et quand cela concerne l’emploi d’un professionnel technicien hautement compétent et seul garant in fine (cf code de l’Aviation Civile) de la sécurité de ses passagers, c’est effectivment « flippant »…

      • L’humilité et la remise en question… sauf au moment de réclamer une rémunération supérieure à celle des autres compagnies, alors que le track-record d’AF est loin d’être exemplaire, et que même s’il ne faut pas généraliser, le cas du vol 447 est effrayant quant aux qualifications du co-pilote, il suffit de lire la transcription des conversations dans le rapport du BEA pour s’en convaincre. Si on est humble, quand on fait partie d’une profession où il y a de pareilles hontes, on ne réclame pas une rémunération de notaire.

      • Oui, vous avez raison, certainement.
        Je suis pour la grève. Elle offre le double avantage d’appauvrir la société et ses salariés.
        Je me dis que « si » les gens peuvent se permettre de faire la grève, c’est qu’ils ont trop de temps et d’argent. A une époque où les 35h sont la norme imposée (en tout cas dans l’ideologie), je trouve croustillant de voir des gens se tirer une balle dans le pied.
        Enfin l’avantage est de réduire les recettes de l’Etat.
        Donc, merci à vous.
        P.s: je ne vole plus en tant que client avec Air France. Je préfère d’autres compagnies plus fiables.
        Donc aucun problème, même si les pilotes sont des gens biens comme les autres, avec tous le respect que je leur dois lorsque je suis sous leur responsabilité.

  • Le droit de grève des fonctionnaires est inconstitutionnel. La constitution précise que l’Etat est au service du peuple. Il a donc une obligation de service. De plus, pire, il doit offrir des résultats. C’est écrit !
    Je propose à l’Etat de se débrouiller seul désormais. Si il n’est plus capable d’assurer son service, qu’il dégage et nous laisse notre liberté de choisir ce qui est bon pour nous.

  • Des approximations faciles… Qui raccourcissent le raisonnement.
    1/ Les pilotes ont participé par deux fois aux ameliorations de productivities demandées (30% par Christian Blanc en 1994 et 20% par A. de Juniac récemment). Rappelons que les reductions de salaires sont proportionelles…
    2/ Les pilotes operant sur le hub de Roissy produisent naturellement moins d’heures de vol pour un meme temps de travail (et plus complexe) qu’un low-cost opérant sur les Canaries, par exemple.
    3/ Une part importante du deficit du Court Courrier est à mettre sur le compte des escales de province, dont certaines pourraient être compares à la SNCM
    4 Air France Supporte des charges inappropriées (taxe Chirac, coûts ADP) alors que d’autres companies étatiques (Emirates) recoivent tout de leur Etat et paient leurs ouvriers de base à 1€ de l’heure
    5/ La direction d’AF n’a pas osé s’attaquer aux escales de province, tandis que « la gouvernance à la française » lui interdit de critique l’Etat qui l’a nommée à ce poste.
    6/ Monsieur de Juniac est un pyromane-pompier, qui a fait travailler les syndicats (responsables) sur un projet Transavia français, tandis qu’il annonçait dans la presse Transavia Europe (de Droit portugais ou autre) qui emploirait à terme des pilotes Slovènes ou autres, ne cotisant pas en France, en particulier à la Caisse de Retraite du Personnel Navigant, qui ne veut pas finir comme l’AGIRC-ARRCO prochainement en faillite. La moindre des choses étant de reconnaître cette preoccupation.

  • Est-il possible de connaitre les revendications des foutriquets qui font grève ?

  • Merci ‘Un Jeune’! Tout est dit. Et H16, c’est effectivement le comportement hors la loi des grevistes qui donne la nausee. Nausee qui provoque le boycott en ce qui me concerne.

  • Au-delà du débat très animé ci-dessus et de la légitimité de la grève (que je trouve scandaleuse), il y a des comparaisons simples à faire:
    les pilotes de British, de Lufthansa et autres grandes compagnies européennes (ou mondiales) comparables sont-ils plus malheureux? La sécurité et la qualité de ces compagnies sont-elles moins bonnes? Je ne crois pas. Alors, pourquoi, là encore, la France n’arrive pas à évoluer et à s’adapter au monde actuel? Quand Air France déposera le bilan (je que je ne souhaite pas en tant que français), les syndicats iront taper sur le gouvernement, l’Europe ou les concurrents, alors qu’Ils ne devraient s’en prendre qu’à leurs propres bêtises et aveuglements.

    • Non, la grève c’est bien !
      Regardez le léviathan se débattre avec les recettes. Regardez le négocier avec l’Allemagne et l’Europe.
      L’austérité n’est toujours pas leur réalité. Il faut donc, encore plus de grèves !

      C’est le seul moyen de lui faire comprendre qu’il ne sert à rien.
      Ni ne crée de richesse, ni n’apporte quoi que se soit au peuple.

      L’etat se débat pour nous prouver sa légitimité en pleine période déflationniste.
      Vraiment on est dans une époque fantastique. C’est historiquement croustillant.

      Pas de bol pour FH, il doit tourner au valium vue sa tronche.

  • GW semble décidé dans son deuxième message à aborder le sujet et non plus à avancer les excuses aussi commodes qu’inexactes des dérives de méchants financiers court termistes qui seraient à l’origine de tous les maux d’AF.

    Peu importe qui est le plus compétent en quelle matière et je ne revendique rien en l’espèce même si j’ai à peu près lu tout ce qui est disponible sur cet accident (et beaucoup d’autres). Si je concède que l’accident AF447 est (beaucoup) plus complexe que je ne l’ai résumé en trois lignes dans un langage compréhensible par tous – est-ce surprenant ? – il n’en reste pas moins que quand on a tout blâmé, depuis l’absence de retour d’effort sur les mini-manches, l’absence de couplage entre eux, l’interaction homme machine et ses déficiences ou curiosités consistant entre autres à couper l’alarme de décrochage quand l’assiette de l’avion est telle que le calculateur de bord cesse de bien vouloir continuer de calculer certains paramètres de vol ou de maintenir l’alarme de stall, il reste insensé que 3 pilotes aient pu rester le nez de l’avion en l’air, moteurs à 100%, avec une vitesse verticale supérieure à l’horizontale pendant 11800 mètres de chute sans comprendre ce qu’il se passait. Vous dites que cet avion passé la première minute était irrécupérable, je vous serais reconnaissant de m’en convaincre, car je ne peux l’accepter. D’ailleurs quand David Robert demande (exige) à (de) « reprendre le manche » (ré-écoutez les enregistrement du cockpit) il pousse instantanément, rend du manche et cherche à reprendre de la vitesse horizontale pour retrouver une réponse aux gouvernes. Il est le seul à comprendre que cet avion décroche ! Il est vrai que la situation s’améliore immédiatement (que l’on me prouve que l’avion était perdu à cet instant), mais comme l’alarme de stall se déclenche à nouveau (l’assiette s’améliorant logiquement -> le calculateur rentre dans son domaine de modélisation du vol et renvoie l’alarme !) Pierre-Cédric Bonin tire sur le manche de nouveau et le système « moyenne » entre les deux mini-manches (quelle curieuse conception) et l’avion reprend sa chute fatale en décrochage. Quand à Marc Dubois avec presque 11.000 heures de vol, on se demande où sont ses esprits et comment il peut rester presque passif pendant toute la chute.

    Enfin, je ne cherche pas des noms mais j’aime que les articles soient précis et non expurgés quel que soit le domaine. J’ai de la compassion pour ces hommes et ces femmes, tous, pilotes, équipage, passagers, sans réserve. Mais il est temps qu’Air-France se remette en question avant la faillite. C’est pas gagné.

  • J’ai eu une vague inquiétude en pensant à mon vol Paris-New York commandé par des amis, mais tout va bien, c’est Delta, pas AF :).
    Il serait peut être temps que le personnel d’AF comprenne, un jour, qu’on ne vend pas un Luxembourg-Londres ou un Paris-Madrid comme on vend un Paris-New York ou Bruxelles-Pékin. Il est évident aussi que les règles qui s’appliquent à leurs conditions de travail sur des vols longs courriers ne peuvent être les mêmes sur des vols qui durent une heure (Paris-Londres par exemple).
    De même qu’il est important de comprendre que les utilisateurs de ce type de trajets ne sont pas ou très peu demandeurs de confort et de luxe dans leur transport. Parce que un peu de confort pour un vol de 15h, ok, mais pour une heure, tout le monde s’en fout. Même les gens « aisés » s’en foutent totalement. La seule chose qu’ils veulent, c’est un service descend, des avions qui arrivent à bon port et à l’heure et un service assuré en toute circonstance. J’aime autant vous dire que sur le dernier point le magnifique message envoyé par le personnel d’AF a probablement fait perdre bien plus de clients qu’ils ne peuvent l’imaginer. L’image est catastrophique.

  • Perso ça fait un certain temps que je n’ai plus volé sur AF. Plus cher, moins fiable, personnel de bord pas aimable, etc. Mais ce n’était pas forcément une volonté définitive.

    Mais là entre la grève et les différentes réactions de pilotes lues ici ou ailleurs, c’est fini. Je ne volerai plus jamais sur un vol de ces foutriquets puants et surpayés, du moins tant qu’une faillite, un rachat et un grand nettoyage des écuries d’Augias n’auront pas eu lieu.

    Bienvenu à pole emploi, les gars (pas tout de suite, bien sûr, je ne suis pas court-termiste, mais ça va venir finalement assez vite !)

  • je n’utiliserai plus AF pour mes voyages….De retour du Maroc où je suis allé via Royal Air Maroc pour plutôt moins cher. Et tant pis si je ne vais plus dans les aéroports où AF est en situation de monopole comme dans les DOM TOM …

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