France : Déflation, croissance zéro, désordre croissant

Pas de croissance, donc pas de création d’emplois, donc pas de hausse du niveau de vie : la perspective est plutôt sombre.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
epave 2cv credits jesper2cv (licence creative commons)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

France : Déflation, croissance zéro, désordre croissant

Publié le 19 septembre 2014
- A +

Par Jean-Pierre Chevallier.

epave 2cv credits jesper2cv (licence creative commons)

Le taux d’inflation sous-jacente est inférieur à 0,5% d’une année sur l’autre (0,1% en juillet et 0,4% en août), la croissance du PIB est quasiment nulle depuis le 1er trimestre 2012 (elle n’a été que de 0,5% sur cette période de deux ans et demi), les dépenses des ménages n’ont pas augmenté depuis le 3e trimestre 2010 (271 milliards d’euros sur un trimestre) d’après les chiffres de l’Insee.

C’est bien la croissance zéro et la déflation potentielle

En effet, le taux d’inflation sous-jacente optimal doit être compris dans une bande entre 1,0 et 1,5% pour être à l’abri des risques d’inflation et de déflation. La déflation est potentielle car les dépenses publiques doivent maintenant être impérativement réduites, du fait de la pression exercée en particulier par l’Allemagne, ce qui contribuera dans un premier temps à une baisse relative du PIB et à une baisse de la demande transmise par la baisse de l’activité des entreprises travaillant pour le secteur public. La baisse des dépenses publiques n’aura pas d’effets positifs immédiats compte tenu de l’importance des déficits publics.

Pas de croissance, donc pas de création d’emplois, donc pas de hausse du niveau de vie. Le mécontentement général augmente et augmentera d’autant plus que le gouvernement et le président de la République accumulent les erreurs et les revirements (pour être gentil), ce qui accentue le désordre.

Et maintenant, que faire ? disait le camarade Lénine

Une première solution serait de suivre les bons conseils et les modèles de nos voisins teutons et helvètes. Pour cela il faudrait entreprendre des réformes, selon l’expression consacrée.

Ainsi par exemple, il faudrait supprimer le monopole de la Sécurité sociale pour laisser faire la concurrence des assurances privées en établissant les règles nécessaires au bon fonctionnement d’un système de santé ; il faudrait supprimer le système de retraite par répartition pour mettre en place un système de fonds de pension selon des modalités à définir ; supprimer les fameuses 35 heures et une grande partie du droit du non travail etc…

Évidemment, aucun gouvernement n’a osé, ni n’osera faire ces réformes !

Deuxième solution : sortir de l’euro-système évidemment ! Là encore, aucun gouvernement n’a osé ni n’osera le faire. Dans ces conditions, c’est foutu, comme aurait dit l’actuel Premier ministre.

Compléments : la BCE ne peut évidemment rien faire pour dynamiser la croissance en France.
Il est clair maintenant que toutes les déclarations des hommes politiques annonçant un avenir radieux dans la zone euro ont été une gigantesque tromperie de la part d’incultes, en matière de monétarisme.


Sur le web.

 

Voir les commentaires (8)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (8)
  • Normalement, quand on est dans une situation urgente et délicate, on agit suivant des principes et méthodes qui on fait leurs preuves et on ne cherche pas à « inventer » et se croire plus malins que les autres, à moins d’être câblé à l’envers?

    En fait, ils sont tout à fait bien câblés : c’est simplement que le but n’est pas d’agir pour le bien des citoyens mais de sauver leurs minables privilèges et prébendes. Ils appliquent donc avec constance les principes éprouvés d’arrosage en creusant la dette et en camouflant ça par des théories néo-keynésiennes ou d’économie « écologique ».

    Pas de chance, comme ils ont largement enfoncé la limite, il n’y a même plus de croissance et donc d’inflation. C’est ballot ! Eux qui croyaient rouler les petits épargnants français et étrangers en empruntant à des taux proches de l’inflation s’aperçoivent qu’ils se sont roulés eux mêmes. On part en vrille et ils ne savent plus comment redresser l’avion : soit on décroche méchamment, soit on force sur le manche, on dépasse la résistance de la structure et on se casse en plein vol.

  • Vive la stabilité pour régler les problèmes égalité

  • « Deuxième solution : sortir de l’euro-système » : cette solution est impraticable car il faut des devises pour acheter le pétrole, le gaz, le charbon et toute cette sorte de choses que certains faibles d’esprit jugent superflue. Une fois revenu au franc, quel crétin acceptera d’échanger sa devise forte contre un franc sans valeur ? Faudra-t-il gager des territoires frontaliers pour survivre ?

    Décidément, il n’y a pas d’alternative aux réformes décrites dans l’article (jolie trouvaille que ce code du non-travail).

    On se souvient qu’avant l’euro, la France a passé son temps à pleurnicher auprès de l’Allemagne à chaque fois qu’elle se trouvait au bord de l’effondrement monétaire et du collapsus économique. La patience de l’Allemagne sérieuse vis-à-vis de la France mal gérée est encore aujourd’hui remarquable. Il faudrait quand même prendre garde à ne pas trop abuser, surtout quand on entend, atterré par tant de mauvaise foi irresponsable, les arrogantes éructations auxquelles nos pathétiques édiles se livrent sans retenue.

    • pourquoi en sortant de la zone euro, la France ne pourrait elle pas acheter du pétrole, du gaz etc ?. En restant dans le système actuel c’est tout aussi pénalisant pour les entreprises et les salariés.
      Une monnaie unique pourquoi faire ? Pourquoi la communauté européenne a t’elle institué une constitution que les europeens ne voulaient pas.?

  • Malgré la crise, la gauche a décidé d’augmenter l’immigration, qui était déjà importante sous Sarkozy.

    Nombre de titres de séjour délivrés.
    2012 : 197 000
    2013 : 208 000

    Régularisations de sans-papiers
    2012 : 36 000
    2013 : 46 000

    Nombre de naissances dans les familles immigrées.
    2012 : 222 000
    2013 : 227 000

    Sources
    INSEE Premiers titres de séjour délivrés par pays et motifs
    Déclaration de Manuel Valls :  » Il y aura environ 46 000 régularisations de sans-papiers en France, en 2013, soit 10 000 de plus qu’en 2012. »
    INSEE Nés vivants selon le pays de naissance des parents (Union européenne à 27 ou non)

    • A quoi ça rime de ramener le sujet de l’immigration ? Sous-entendez vous qu’en ne partageant nos richesses qu’entre nous, nous en aurions pour plus longtemps ? Les richesses sont produites et consommées en moyenne plusieurs fois par an, il faut augmenter le rythme de production, diminuer celui de destruction. Produire plus et mieux, gaspiller moins : visiblement, nous ne savons pas nous y résoudre, alors il ne s’agit pas d’empêcher d’entrer ceux qui viennent profiter de nos erreurs, il faut arrêter de faire ces erreurs et le flux se régulera de lui-même.

  • situation grave pour l’économie française
    et si un jour la france sortait de la zone euro
    Non l’Euro n’est pas une monnaie pour les français. Il est curieux que l’on fasse travailler l’argent et non les hommes et les femmes de ce pays

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Dans ce qui précède dans la première partie, je continue de me placer dans le cadre d'un écosystème bancaire traditionnel de nature essentiellement territoriale, avec un marché monétaire domestique rattaché à la présence d'une banque centrale nationale souveraine. Or au cours des cinq dernières décennies, cet écosystème a subi une mutation fondamentale, fruit de l'interaction entre le mouvement mondial de libéralisation économique  et les développements de l'innovation technologique financière.

Le nouvel étage du « Global Money »

Mondi... Poursuivre la lecture

En 2008 le monde a subrepticement changé de régime monétaire. Les médias (c'est sûr) et même les banques centrales (apparemment) n'en ont pas encore pris conscience. Ils continuent de discourir comme s'il n'en était rien. Conséquence : un déluge d'hystérie et de prévisions inflationnistes non crédibles.

Aujourd'hui, une toute petite part seulement de la création monétaire a pour origine la Banque centrale. Dans son étude de 2014 sur la création de la monnaie la Banque d'Angleterre donne le chiffre de 3 % pour le Royaume Uni (monnaie + ... Poursuivre la lecture

inflation
3
Sauvegarder cet article

L'habitude a été prise d'utiliser les deux expressions "hausse des prix" et "inflation" de  manière quasiment interchangeable. C'est une erreur.  

Les deux phénomènes se confondent lorsque la cause des hausses de prix observées est une inflation de la monnaie. Mais les hausses de prix que l'on observe peuvent ne rien  avoir avec la monnaie, et être liées à d'autres problèmes économiques de nature non  monétaire - comme par exemple l'emballement des matières premières en 1950 lors du  déclenchement de la guerre de Corée, une réduction s... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles