Plaidoyer libéral pour l’Union Européenne

Je ne pense plus, comme avant, que l’UE est la seule et la plus grande menace pour la liberté et la prospérité en Europe.

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Drapeau européen (Crédits Erwan F, licence Creative Commons)

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Plaidoyer libéral pour l’Union Européenne

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 19 septembre 2014
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Par Dalibor Rohac.
Un article de Reason.

Drapeau européen (Crédits Erwan F, licence Creative Commons)

Les défenseurs des marchés libres affichent un scepticisme bien fondé à l’égard de l’Union Européenne (UE). Par exemple, j’ai passé un temps certain à critiquer ses sur-réglementations populistes, son aléa moral, les dégâts de la monnaie unique, les fonds structurels européens, ou la Politique Agricole Commune. Comme beaucoup, je suis convaincu de l’imperfection de l’Union européenne, et qu’elle mérite la plupart des critiques reçues de la part des partisans du marché. À un niveau plus profond, je pense aussi que la compétition institutionnelle et le « vote avec ses pieds » sont importants, et je considère que l’harmonisation irréfléchie des lois et des réglementations le long du continent fait beaucoup de mal.

Cependant, je ne pense plus, comme avant, que l’UE est la seule et la plus grande menace pour la liberté et la prospérité en Europe. Je ne pense pas non plus qu’une sortie de l’UE, que ce soit par le Royaume-Uni ou certains des pays plus petits d’Europe centrale, comme la Slovaquie, mon pays d’origine, rendrait ces pays (ou le continent tout entier), plus libéraux. Si une rupture devait arriver, elle pousserait plus probablement l’Europe vers le nationalisme et le protectionnisme, et déferrait certains des avantages réels de l’intégration européenne.

Jean-Claude Juncker (Crédits : European Parliament, licence Creative Commons)Tout d’abord, quoique l’on pense de l’UE, elle a parfois pesé vers le bien. Il serait absurde de prétendre acquise la liberté de mouvement des biens, capitaux, personnes et, à un moindre degré, des services. Historiquement, la norme est celle d’un protectionnisme pervers, et pas du libre commerce. La seconde moitié du XIXème siècle est souvent citée comme un contre-exemple, culminant pendant la « première mondialisation ». Mais on ne devrait pas succomber à un optimisme rétroactif, à cause d’événements comme l’alliance du seigle et de l’acier en Allemagne en 1879, ou les Tarifs Méline en France en 1892 ; l’Europe de la Belle Époque n’était pas une zone de libre-échange. Que l’on aime l’UE ou pas, la perspective d’une entrée dans l’Union fut clairement l’un des moteurs des réformes économiques et politiques qui auraient été très difficiles autrement.

Ensuite, il faut garder la mesure du problème en tête. Le budget annuel de l’UE se monte à un pourcent de son PIB. Même les fonds structurels, que je déclarais récemment être une cause de l’augmentation de la corruption dans certains pays d’Europe centrale et de l’Est au moment de leur entrée dans l’union sont relativement modestes, comptant, au total pour quelques 4% de leur PIB.
Ce qui gêne à raison les critiques de l’UE n’est pas la taille de ses dépenses dans l’absolu, mais plutôt son gaspillage. Entre 2014 et 2020, l’UE prévoit de dépenser 312 milliards d’euros en subventions à l’agriculture. Et l’aspect non-fiscal de l’UE, c’est-à-dire sa bureaucratie superflue et les réglementations continues qu’elle génère est un bien plus grand problème. Bien sûr, cela a à voir avec l’absence de responsabilité des mandarins bruxellois, et avec leur croyance que pour chaque problème européen, il y a une solution standard européenne.

Ce sont des critiques valides. Cependant, il semble singulier de penser que l’UE agit comme une force externe et exogène, en proposant de mauvaises lois à des États-membres crédules. Après tout, le Conseil de l’Europe, composé des représentants des gouvernements nationaux, est une partie entière du processus législatif. Dans une poignée de domaines seulement, dans lesquels le pouvoir a été expressément délégué par le Conseil, la Commission européenne (ce corps bureaucratique obscur, anonyme et irresponsable) peut agir seule.

Les groupes eurosceptiques ont raison d’affirmer qu’une grande partie de la législation adoptée à travers les pays membres provient de Bruxelles, tout comme une part majeure du joug régulateur auquel font face les entreprises européennes. Cependant, c’est un reflet à la fois des structures institutionnelles, qui rendent plus probable l’adoption de mauvaises règlementations à l’échelle communautaire, mais aussi, de manière indépendante, d’un climat intellectuel qui voit tous les problèmes humains comme solubles par l’action législative, sans arrière-pensée pour les coûts et bénéfices. Il semble plausible que les mauvaises législations européennes sont un substitut pour de mauvaises législations nationales. Cela ne fait aucun bien, bien sûr, mais devrait mettre en doute l’idée que, sans l’UE, les législateurs nationaux adopteraient de meilleures politiques.

La menace autoritaire

L’UE agit souvent d’une manière hostile à la liberté et à la prospérité. Mais d’autres organisations, groupes et mouvements politiques font de même, et nous devons analyser qui sont nos ennemis. En premier lieu, la montée des néo-réactionnaires, les ambitions impérialistes de Vladimir Poutine dans le voisinage immédiat de l’Europe, les liens qui connectent les populismes nationalistes européens au Kremlin, et les dommages que ces populistes créeraient une fois au pouvoir m’inquiètent bien plus. Ce ne sont pas seulement des menaces abstraites. En Hongrie, Viktor Orban, qui veut créer une alternative hongroise à la démocratie libérale, inspiré par la Russie et la Chine, a déjà nationalisé le système de retraites, a rempli la direction de la banque centrale de copains politiques et aidé à l’élection d’un ancien skinhead comme porte-parole du Parlement hongrois.

Nigel Farage (Crédits European Parliament, licence Creative Commons)D’aucun pourrait dire que le choix entre Orban ou Poutine, d’un côté, et Jean-Claude Juncker de l’autre n’en est pas un. En effet, j’ai défendu l’idée que le populisme anti-UE actuel est surtout une réponse aux politiques maladroites et aux mesures catastrophiques des leaders européens face à la crise financière en 2008, qui a mené à six ans de récession en Grèce. Le continent a besoin d’une alternative intellectuelle puissante à la direction actuelle de l’UE, en prenant en compte l’importance de la concurrence institutionnelle et en essayant de limiter le pouvoir arbitraire exercé par des bureaucrates non élus (ou un corps parlementaire honteux). Cependant, une telle alternative ne viendra pas de la droite populiste européenne. Dans le même temps, étant donné le climat intellectuel, nous pouvons encore avoir à faire face au choix entre un nationalisme virulent et une UE qui ne fonctionne pas.

Quel « second best » ?

Une des raisons pour lesquelles il n’est pas facile de se détacher de sa participation à l’UE provient d’un célèbre article de Richard Lipsey et Kevin Lancaster, publié dans la Review of Economic Studies en 1956 qui défend l’idée d’un « second-best ». Son idée, en quelques mots, est que dans un monde déformé de multiples manières, il est loin d’être évident que la suppression isolée d’une de ces déformations (disons la participation à l’UE) nous rapprochera de l’état désiré, dans la mesure où il est possible que d’autres déformations (disons le nationalisme casanier) pourraient nous limiter.

Si ça semble trop général, regardons ce à quoi une rupture avec l’UE pourrait ressembler. Tout d’abord, il semble peu probable qu’elle proviendrait de critiques pro-marché de l’UE, comme Richard Sulik en Slovaquie ou Alternative pour l’Allemagne, qui ne défendent pas par ailleurs une sortie de l’UE, mais bien plutôt de politiques comme Marine Le Pen, Geert Wilders ou Orban, qui combinent opportunément une rhétorique eurosceptique (qui peut avoir l’air, ou non, libérale) avec une apologie du nationalisme et une forme d’alarmisme anti-immigration.

Marine Le Pen à Sciences Po en 2012 (Crédits Rémi Noyon licence Creative Commons)Vu l’importance de l’immigration dans leurs discours, il est dur d’imaginer qu’une rupture de l’UE préserverait la libre circulation des personnes en Europe. Cela résulterait aussi en une vague de protectionnisme et à des perturbations dans le commerce intra-européen. La perspective d’un démantèlement brutal des lois et des règles de l’UE serait l’opportunité parfaite pour les lobbyistes et les rentiers en puissance de demander des privilèges spéciaux, des subventions, des taxes douanières et des quotas pour les protéger de la compétition européenne.

Bien sûr, tout ça n’est que spéculation. Peut-être la rupture sera-t-elle parfaitement amicale, comme dans le cas de la Tchécoslovaquie en 1992, et un continent libre, avec une économie intégrée, et libéré du joug de la bureaucratie bruxelloise en ressortira. Peut-être chaque pays sera-t-il capable de sortir de l’Euro sans déclencher une crise financière majeure. Mais peut-être pas. Gardons à l’esprit que les eurosceptiques pro-marché ne pourront pas choisir le type de rupture qu’ils souhaitent. Donc, s’il y a un risque certains que les choses échouent affreusement, quelle sagesse y a-t-il à devenir un thuriféraire du démantèlement de l’UE ?

Les problèmes économiques et politiques de l’Europe, et les réponses populistes dangereuses qu’ils attisent, sont très largement du fait des membres eux-mêmes. Il y a bien sûr un risque à continuer comme aujourd’hui. Mais au lieu de nourrir l’imaginaire d’une vie meilleure en dehors de l’UE, il est plus pratique de convaincre nos compagnons européens que l’UE a besoin de se détourner des dépenses superfétatoires et de l’hyper-réglementation, pour faire le bien public à l’échelle européenne : marché commun, liberté de mouvement des personnes, biens et capitaux, et un véritable marché des services. Pour sortir de la crise actuelle et en éviter de nouvelles, l’UE doit apprendre à gérer la monnaie unique et empêcher l’irresponsabilité financière chronique de ses États-membres. Et après la guerre russe contre l’Ukraine, le besoin d’une politique commune en matière de sécurité et d’affaires étrangères se fait puissamment sentir, plutôt que de se reposer sur la volonté américaine pour faire la police locale.

Le continent a clairement besoin de déréglementation à la manière des années 70, tout comme des barrières institutionnelles plus fortes face à l’augmentation démesurée du nombre de règles économiquement destructives. De telles barrières devraient inclure le renforcement du rôle du Conseil de l’Europe et le retour au vote unanime sur les points importants de politique économique.
À moins que plus d’Européens ne soient convaincus des vertus du marché libre et du gouvernement limité, il est loin d’être évident que l’UE saura faire face à ces problèmes avec succès. Cependant, dans ce cas, il est également peu probable qu’une sortie aura une issue séduisante pour les libéraux. Quelle qu’elle soit, il est bon de garder à l’esprit que, face à tous les défauts de conception et d’exécution du projet européen, les Européens bénéficient aujourd’hui d’une période de paix, de prospérité et de liberté sans précédent. Ce serait dommage si tout cela se terminait.


Traduction Contrepoints de « The Libertarian Case for European Union ».

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  • Article intéressant.

    Mais il faut aller au fond du diagnostic : le début du populisme anti UE a aussi été le fruit d’actions dé-réglementaires très impopulaires et pas vraiment nécessaires.

    L’échec du référendum de 2005 est en partie du au taliban Bolkestein qui s’est imaginé qu’on pouvait sans conséquences mettre les systèmes sociaux en concurrence, exactement comme des entreprises, sans déclencher une vague de protestations.

    Le manque de « pif » politique de la commission a été catastrophique sur cette affaire (il aurait fallu enterrer cette directive qui n’avait pas du tout d’enjeux économiques majeurs), avant laquelle une grosse partie de l’opinion voyait l’UE d’un oeil bienveillant.

    • Quel discours de justification de l’établissement d’une dictature européenne !
      Et oui l’Europe est une dictature consentie avec ou sans l’aval des peuples. En effet les contrats européens , Maastricht, traité de Lisbonne , sont des contrats ou rien n’est spécifié pour en sortir : parcourez les et vous ne trouverez aucune possibilité de sortie de ce contrat. Ce ne sont donc pas des contrats « libéraux » au sens de la liberté.
      N’importe quel tribunal de commerce, n’importe quel tribunal civil les rétorqueraient illico !
      En fait la défiance de l’Europe provient de l’absence de la possibilité légitime de rompre un contrat. Nous sommes donc bien dans une dictature car soumis et non libres.

    • Ceux qui défendent la liberté de travailler et de circuler sont des Talibans mdr.

  • Article complètement à côté de la plaque, qui élude complètement des sujets fondamentaux tels que la souverainté, la légitimité, l’inflation réglementaire, le fonctionnement de la démocratie et l’esprit du peuple. Dommage pour un libéral, finalement pas tellement étonnant de la part d’un américain du CATO.

  • Faire le plaidoyer de la social-démocratie et de la toute puissance d’une caste de « spécialistes » non élus et en même temps se prétendre libéral, ça tient du numéro d’équilibriste. Le fait que cette institution soit infiltrée d’ex-trotskystes en tout genre devrait déjà être une indication de la légitimité et du bien-fondé de l’UE. On touche peut-être à un problème de fond des libertariens avec cette analyse : la réflexion en termes parfaitement abstraits, sans prendre en compte les enjeux stratégiques et leurs conséquences sur l’avenir. L’institution du marché commun n’est pas synonyme de réduction de l’emprise de l’Etat sur les échanges volontaires mais la réunion de gouvernements différents dans une structure de gestion supra-nationale. Autrement dit, certes l’UE n’est pas socialiste, mais elle n’est pas libérale non plus, elle est sociale-démocrate, et il va falloir s’en rendre compte avant que les dégâts de cette horreur ne se répandent, sur les questions de monnaie (où le pourrissement est déjà bien avancé) ou les questions sociétales.

    Il ne faut pas oublier non plus que l’UE est adorée par les nouveaux idéologues de gauche, qu’ils soient écologistes, écosocialistes, nouveaux internationalistes et globalement tous les dingues de l’Administration. Ça devrait mettre la puce à l’oreille.

    • Le problème est humain.
      Une institution qui a un pouvoir important (ici, par le nombre de personnes et la taille de l’économie) attire des personnalités avides de pouvoir, c’est-à-dire essentiellement des socialistes.

      Bastiat a bien expliqué pourquoi le socialisme exige le pouvoir:

      « Il est clair que les socialistes n’ont pu se mettre en quête d’une organisation artificielle que parce qu’ils ont jugé l’organisation naturelle mauvaise ou insuffisante; et ils n’ont jugé celle-ci insuffisante et mauvaise que parce qu’ils ont cru voir dans les intérêts un antagonisme radical, car sans cela ils n’auraient pas eu recours à la Contrainte. Il n’est pas nécessaire de contraindre à l’harmonie ce qui est harmonique de soi.
      Aussi ils ont vu l’antagonisme partout:
      Entre le propriétaire et le prolétaire,
      Entre le capital et le travail,
      Entre le peuple et la bourgeoisie,
      Entre l’agriculture et la fabrique,
      Entre le campagnard et le citadin,
      Entre le regnicole et l’étranger,
      Entre le producteur et le consommateur,
      Entre la civilisation et l’organisation,
      Et, pour tout dire en un mot: Entre la Liberté et l’Harmonie.
      Et ceci explique comment il se fait qu’encore qu’une sorte de philanthropie sentimentaliste habite leur cœur, la haine découle de leurs lèvres. Chacun d’eux réserve tout son amour pour la société qu’il a rêvée; mais quant à celle où il nous a été donné de vivre, elle ne saurait s’écrouler trop tôt à leur gré, afin que sur ses débris s’élève la Jérusalem nouvelle. »
      http://bastiat.org/fr/a_la_jeunesse_francaise.html

  • Je n’en suis pas vraiment convaincu.

    l’UE et l’euro imposent de facto une promiscuité entre les États membres les plus responsables vis-à-vis des moins responsables du collectif, on pourrait même dire que cela permet à certains États de faire une sorte de mercantilisme moderne, du moins c’est comme ça que beaucoup de gens le ressentent, cela crée des tensions, des quiproquos entre les peuples, ainsi les démagogues en profitent pour jeter de l’huile sur le feu, en amalgamant, en extrapolant, et nombreux sont ceux qui se méprennent.

    Aujourd’hui quand on voit des Grecs qui brandissent des panneaux avec Merkel représentée en nazie, et l’antigermanisme ambiant en France, c’est indirectement lié à l’UE et l’euro, sans cela les Grecs n’auraient pas pu profiter de taux ridiculement bas comparativement à la compétitivité de leur économie.
    S’ils avaient encore leur monnaie leur balance commerciale serait automatiquement sanctionnée par les marchés des changes par une dépréciation de la drachme, l’euro, ce vil objet constructiviste, a cassé cette régulation naturelle et a ouvert complètement les vannes de l’aléa moral, tout en donnant aux démagogues des boucs émissaires commodes pour ne plus regarder ses propres erreurs, a contrario cela ne cantonne pas à l’humilité pour ceux qui réussissent dans le groupe, ce qui ajoute de la frustration.

    Non franchement, le constructivisme à l’échelle continentale c’est inique, surtout que l’entité en question possède aujourd’hui de sacrées capacités d’autonomies et d’extensions de par ses compétences et ses partisans, je me méfie en particulier de la monnaie, il y a une tendance naturelle à former des ensembles monétaires toujours plus gros afin de faire porter discrètement le poids d’une caste sur le plus grand nombre possible d’individus.

    De surcroît imposer un « libre-échange » (néoclassique en réalité) m’a toujours semblé contre-productif, si l’on veut que ce dernier soit authentique et durable il faut que les peuples choisissent sciemment (et non choisi par d’autres pour leur « bien » dans des clairs-obscurs), sinon cela ne peut qu’être mauvais pour le capitalisme, et in fine le libéralisme.

    On n’impose pas la « liberté » (surtout quand celle-ci n’est qu’une liberté dérivé, économique), on éveille les individus pour qu’ils cherchent sa source, sinon ils honnirons collatéralement la Liberté (les libertés individuelles qui déterminent toutes les autres), et ils retomberont aux pieds d’Hommes « providentiels » des meneurs, des despotes en puissances.

    « Dieu se rit des hommes qui chérissent les causes dont ils déplorent les effets. »

  • @l’auteur : v/article est intéressant ; il engendre inévitablement quelques interrogations.
    Votre § suivant : « Les groupes eurosceptiques ont raison d’affirmer…» cadre assez clairement le fondement des critiques à porter contre l’U.E. telle que devenue aujourd’hui (c-à-d depuis 30 ans…).
    L’U.E. fut et reste certes contributive, avec des + et des – face aux autres blocs du monde ou l’indigence de gouvernance parmi plusieurs Etats Membres. Elle constitue un géant aux pieds d’argile. Est devenue d’une complexité inextricable, non seulement par ses excès de juridisme mais tout autant par les processus qui régissent son fonctionnement.
    Y avez-vous travaillé ? Les avez-vous fréquentées de près, du dedans ?? Notez qu’invoquer « le Conseil de l’Europe » en lieu et place du « Conseil européen » dénote une confusion majeure ou méconnaissance de ces institutions U.E. …….

    Par expérience concrète, et en une attention aiguë sur les aspects organisationnels de ces paquebots à gouvernails multiples, leur capacité à bifurquer vers plus de réalisme et de fluidité est DOUTEUSE : le triste défi dont Mr Juncker a parfaitement conscience. Sa nouvelle organisation structurelle « thématique » parait positive.
    Imaginer qu’il va s’appliquer dans cet U.E. une réalisation des voeux du CATO Institute est strictement illusoire : sorry, vous ne connaissez guère l’inconscient culturel qui anime ses dirigeants à N couches et la masse des électeurs lambda qui les soutiennent en dépit de tous les manquements.

    Votre interrogation relative au « second-best » ? D’accord, elle ne peut venir des « populistes », en dépit de ce qu’ils expriment pourtant une IMPORTANTE proportion des européens d’en-bas et opère une tactique d’aiguillon, de catalyseurs !
    Votre regard sur l’immigration U.E. minimise les risques que comportent nos faiblesses.
    Pas plus vos appréhensions aiguës à l’égard du « danger » venu de l’Est seraient vérifiables ; elles gardent trop  » l’empreinte » des événements choquants d’ex-URSS 1956…
    La politique étrangère U.E. menée sous Mme Ashton fut déplorable. La marque en sera difficile à rectifier. Espérons que l’ère nouvelle (et le balayage de l’ère Obama) joueront différemment face à la Russie et à bien d’autres partenaires et/ou adversaires : les plus redoutables sont identifiés, y compris sur notre propre sol !!!

  • Le seul rapport entre MLP et Wilders est d’être haïs de la gauche.
    Wilders a toute mon estime, pas MLP…

    Le vrai danger de l’UE, c’est que le pouvoir attire les esprits socialistes et repousse les libéraux.
    D’autant plus qu’il est centralisé.
    C’est pourquoi je m’oppose par exemple aux fusions de communes: les petites communes rurales sont gérées avec bon sens et économie, alors que les grands centres urbains le sont par des mégalomanes.

    Plus l’instance a de pouvoir, plus les gauchistes se battent pour la contrôler, et plus celui qui l’emporte est un cas pathologique. C’est à cause de cette inévitable sélection darwinienne de mégalomanes dogmatiques et brutaux qu’il faut se défier des institutions de pouvoir.

  • Dès que le mot « populisme »apparait dans un article, je pense  » tient ! Encore un connard qui tente de nous laver le cerveau »

  • Quelques visions intéressantes, mais des a priori délirants, comme la mise en cause doctrinale de Poutine, dont on se demande bien ce qu’il vient faire ! Pour les européens, la Russie est un partenaire, et non un ennemi, n’en déplaise aux USA.

    A côté de législations sottes qui entravent les progrès européens, mais sont e fruit de volontés communes, il faut surtout voir actuellement des taux d’intérêt trop bas, qui plombent la consommation et par conséquent les plans d’investissements des entreprises, et dont la seule raison est d’adoucir les dettes publiques d’Etats confondant gestion et électoralisme. Ces faibles taux d’intérêt, outre les inconvénients déjà exprimés, vident discrètement l’épargne des braves gens !

  • Je pense que les citoyens veulent être libres et non libéraux, c’est bien différent ! L’Europe contribue à un amas de contraintes pour les habitants et les déconnecte du pouvoir … Donc de leur liberté !

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