En luttant contre l’EI, attention à ne pas faire le jeu de l’Iran

Pour Obama, comment empêcher l’Iran – et l’allié de ce dernier, le régime syrien – de tirer profit de la lutte des États-Unis contre l’EI ?

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Barack Obama (Crédits : barackobamadotcom, licence Creative Commons)

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En luttant contre l’EI, attention à ne pas faire le jeu de l’Iran

Publié le 19 septembre 2014
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Par Fabio Rafael Fiallo.

Barack Obama (Crédits : barackobamadotcom, licence Creative Commons)

Dans un discours prononcé le 28 mai à l’académie militaire de West Point, le Président Obama, après s’en être pris une fois de plus aux guerres lancées par son prédécesseur à la Maison Blanche, mit en avant la nécessité de « bien réfléchir à toutes les conséquences » avant d’engager son pays dans des actes de guerre. Précepte ô combien louable, que, malheureusement, Obama lui-même ne semble pas avoir suffisamment pris en compte lors de son allocution télévisée du 10 septembre précisant sa stratégie de lutte contre le groupe terroriste auto dénommé « État islamique » (EI).

L’allocution susmentionnée n’a pas soulevé et moins encore apporté une solution à une possible conséquence majeure de la guerre contre l’EI, à savoir : comment empêcher l’Iran – et l’allié de ce dernier, le régime syrien – de tirer profit de la lutte des États-Unis contre l’EI. Cette question revêt une importance capitale. L’EI étant l’ennemi déclaré de l’axe Iran-Syrie, son affaiblissement et éventuelle destruction par les États-Unis et ses alliés risque fort de faire le jeu de l’axe Iran-Syrie, à moins bien entendu que des mesures ne soient prises concomitamment afin de prévenir une telle éventualité.

Il est vrai que le président américain annonça un appui accru aux rebelles syriens jugés modérés, lesquels se battent aussi bien contre l’État islamique que contre Bachar al-Assad. Mais vu la corrélation des forces sur le terrain, un tel soutien aux rebelles modérés ne saurait empêcher le régime syrien de tirer profit de l’affaiblissement de l’EI par les attaques américaines.

En effet, comme l’explique un article de l’hebdomadaire britannique The Economist, Bachar al-Assad, tout en criant haro sur les éventuelles frappes aériennes américaines sur le sol syrien, pourrait se livrer de facto, et à son avantage, à une répartition tacite des rôles entre lui et les États-Unis, que voici : pendant que les États-Unis attaqueraient l’EI en Syrie, les troupes de Bachar, elles, pourraient se consacrer à décimer les groupes rebelles modérés. Tout bénéfice pour Bachar.

Le Président Obama n’expliqua pas non plus comment il entend éviter que les milices pro-iraniennes opérant sur le territoire irakien sortent renforcées par l’affaiblissement de l’EI par les frappes américaines.

Plus préoccupant encore : Téhéran ne manquera pas de profiter du fait que la communauté internationale concentre son attention sur la menace incarnée par l’EI pour, entre-temps, avancer dans son intention mal dissimulée de développer l’arme nucléaire.

Le risque est d’autant plus réel qu’il est devenu de bon ton – dans les médias occidentaux et parmi un nombre de décideurs à Washington, à Paris et ailleurs – d’envisager ou même de proposer un rapprochement avec le régime iranien, et ce afin d’obtenir la coopération de Téhéran dans la lutte contre l’EI.

Or, caresser l’Iran dans le sens du poil au nom de la lutte contre l’EI serait autant superflu que dangereux. Superflu, car l’Iran n’a pas besoin d’être courtisé pour s’engager dans la lutte contre l’État islamique. L’EI sunnite ne cache pas vouloir la mort du régime iranien, shiite celui-ci. Aussi les mollahs au pouvoir à Téhéran feront-ils tout leur possible pour combattre l’EI, même si les démocraties occidentales ne leur font pas les yeux doux. Courtiser le régime iranien s’avérerait en outre dangereux. Car le péril que représente l’EI ne devrait nullement faire oublier le fait que les velléités nucléaires de Téhéran posent une menace encore plus grave que l’EI à la paix et à la sécurité internationale.

Comme on pouvait s’y attendre, les mollahs iraniens sentent qu’ils peuvent, plus que jamais, faire la fine bouche et se montrer avares de concessions dans les négociations autour de leur programme nucléaire. Ainsi, pas plus tard qu’en août dernier, Téhéran a refusé aux inspecteurs de l’ONU l’accès au site militaire de Parchin – en dépit du fait que le directeur de l’Agence Internationale pour l’Énergie Atomique, Yukiya Amano, avait estimé que l’accès à cette base était indispensable pour pouvoir jauger la véritable nature et les intentions réelles du programme nucléaire iranien.

Les considérations qui précèdent n’impliquent pas, loin s’en faut, qu’il faille baisser la garde face à l’EI pour ne pas faire le jeu de l’axe Iran-Syrie. Ce dont il s’agit, c’est de faire accompagner l’offensive contre l’EI par une position de fermeté vis-à-vis de l’Iran et du régime syrien. Les forces de la coalition qui se met en place pour lutter contre l’EI, et notamment les États-Unis, disposent de trois moyens complémentaires pour atteindre le double objectif de battre l’EI et de contrarier les desseins de l’axe Iran-Syrie.

Le premier moyen consisterait à accroître la pression sur l’Iran dans les négociations autour de son programme nucléaire – imposant si besoin est de nouvelles sanctions – afin de faire comprendre à Téhéran que le temps des tergiversations en la matière est révolu.

Les forces de la coalition pourraient, en outre, frapper non seulement les installations de l’EI en Syrie mais aussi celles de Bachar al-Assad, comme le suggère l’analyste de questions stratégiques Michael Weiss. Cela serait le seul moyen d’empêcher le régime syrien de tirer profit de l’affaiblissement éventuel de l’EI.

Dernier moyen, mais pas le moindre, les forces de la coalition pourraient faire un ciblage sélectif des troupes de l’État islamique, à savoir : frapper celles qui se battent contre les milices kurdes et l’armée irakienne, ainsi que les bases de l’EI en Syrie où se cacheraient les dirigeants de l’EI, tout en laissant le champ libre à l’EI pour attaquer les troupes de Bachar al-Assad en Syrie et les milices pro-iraniennes qui opèrent en Irak.

Autrement dit, il conviendrait de pousser, d’un côté l’EI, et de l’autre le régime syrien et les milices pro-iraniennes, à se battre entre eux.

Voilà donc ce que, après avoir bien réfléchi à toutes les conséquences – pour employer les mots d’Obama à West Point –, devrait comporter toute stratégie cohérente et efficace de lutte contre l’EI. Pas sûr, cependant, que l’actuelle administration américaine, et en l’occurrence les forces de la coalition anti-EI dans leur ensemble, soient près de prendre ce chemin. Et ce n’est pas François Hollande qui aurait le poids nécessaire – si tant est qu’il en ait l’intention – pour faire corriger le tir de la coalition mise en place par les États-Unis d’Obama.

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  • Si on laissait pour une fois les gens de la Mésopotamie de demerder seuls comme des grands. Peut être qu’ils y seront gagnants et re-apprendront à vivre ensemble sans la présence d’un Etat autoritaire, comme ils l’ont fait durant des dizaines de siècles …

    • Bien sûr, il faut laisser Bachar massacrer son propre peuple, et Saddam Hussein gazer les Kurdes irakiens, et les ayatollahs de Téhéran manipuler les élections, puis écraser le Mouvement Vert, et le Hezbollah s’emparer du contrôle du Liban. Et pourquoi pas, tant qu’à faire, interdire l’usage du Web et les portables, pour vivre comme « durant des dizaines de siècles ». Les choses iraient tellement mieux en Mésopotamie!

      • C’est leur problème.
        Allez combattre Al Assad vous même et nous faire votre révolution permanente, si vous y tenez tant au lieu d’embrigader les autres…

        • @ ph11,

          Laisser des régions se radicaliser devient tôt où tard notre problème. Le 11 septembre est là pour le rappeler comme les attentats de Londres ou de Madrid par la suite.

          D.J

          • qui avait créé, financé et armé les fous du 11 septembre ?
            qui est allé détruire les gouvernements qui arrivaient à contrôler la région et accessoirement à protéger les populations ?
            nous avons créer les problèmes , le 11 septembre n’a pas suffit pour que les gouvernements occidentaux comprennent vraiment leurs erreurs.

          • Et laisser les gens libres risque qu’ils feront n’importe quoi dans l’avenir et que ça pourrait devenir notre problème. Abolissons donc la liberté.

            Quant aux morts du terrorisme, c’est 4x moins que la foudre…

            • @ ph11,

              Vous mélanger tout et n’importe quoi. Une société libre n’est pas une société qui doit laisser la liberté à des gens qui tuent d’autres personnes à des fin idéologique.

               » Quant aux morts du terrorisme, c’est 4x moins que la foudre…  »

              Oui vous avez raison laissons les Merah et cie continuer à tuer des fillettes juiives jusqu’à qu’il en ait tué autant que la foudre.

              D.J

              • Sauf que le moyen orient ce n’est pas « notre société ». Pas nos affaires. De quelque façon qu’on regarde le problème.
                Arrêtons les terroristes qui viennent chez nous, arrêtons nos terroristes… très bien. Mais chez les autres ?
                Qu’est ce qu’on dirait si les Irakiens ou les Syriens se mêlaient de ce qu’on fait chez nous, et n’en n’étant pas content intervenaient avec armes et bombes ? Ah, oui, c’est ça « terrorisme inqualifiable » !

    • Historiquement, nous sommes tous des héritiers plus ou moins lointains de la Mésopotamie, y compris Obama. Le monde occidental doit beaucoup à cette région, les peuples vivant sur place ne sont pas plus légitimes que les USA ou les Français dans ce petit village mondial. Et vouloir mettre de l’ordre dans sa maison, ou dans la maison de ses arrière-arrière grands parents n’est franchement pas un crime, c’est juste humain, c’est juste de l’humanité.

  • Le dernier moyen est le meilleur.
    En faire trop est risqué, ne pas taper trop fort sauf sur les dirigeants.
    Saboter les raffineries ou installations économiques d’ou l’EI tirerait profit.

  • On dira jamais assez tout ce que EI doit à l’occident en général et aux USA en particulier.
    Nous avons attaqué l’Irak , la Syrie et la Libye sous de faux prétextes ( ça s’appelle des crimes de guerre et nos dirigeants devraient se trouver devant un tribunal pour ça ) , nous avons armé et financé les mouvements qui luttaient contre les gouvernements de ces pays ( nos « amis » démocrates du Qatar et de l’Arabie Saoudite également ) , nous avons entrainé la mort de milliers de personnes , toujours au nom de la démocratie et de leur liberté …. et maintenant nous avons une magnifique bande d’illuminés sanguinaires en face de nous.
    ça , c’est de la stratégie efficace . Quand on me dit qu’on a maintenant une super stratégie pour résoudre le problème que nous avons nous-même créé , ça me fait peur.

    Quand on regarde ce qui se passe dans le monde , l’Iran et la Syrie sont finalement beaucoup moins dangereux que nous pour les peuples qui les entourent.

    • @ Patrick,

      Bon déjà la Syrie justement n’a pas été attaquée par l’occident et cela grâce à Poutine qui a préféré laisser pourrir la situation. Bachar Al Assad a bien soutenu des groupes djiahdistes en Irak contre la coalition internationale. Saddam Hussein on le ait maintenant finançait sur son sol des groupe djihadistes et de plus massacrait sa population comme les Kurdes à l’arme chimique. Saddam n’était pas un laïc comme on veut nous faire le croire. Lors de la première Guerre du Golf il a lancé un appel au djihade contre les troupes de la coalition internationale. La Libye? c’était aussi criminel de laisser Kadhafi massacrer sa population à l’arme de guerre. je conçoit que l’après guerre n’a pas été géré comme il le fallait. Mais de toute façon le chaos libyen était amorcé.

      Quand au 11 septembre, les talibans et les camps d’entrainement d’ Al Qaeda en Afghanistan ont pour origine le communisme. Lors du coup d’état communiste soutenu par Moscou les communistes on mené une répression sanglante contre les imams en les massacrant et en brûlant les Coran sur les place publiques ce qui a radicalisé une frange importante des musulmans afghans. Les soviétiques par la suite avec leur invasion se sont comporter comme des barbares avec massacre de population. Avant ce coup d’état Communiste l’Afghanistan était laïc les femmes s’habillaient à l’occidental et Kaboul était le capital mondial des Hyppies.

      Les criminels se sont les gens comme vous qui préfèrent ne rien faire même lors de génocides avérés et qui viennent gueuler à la moindre intervention occidentale contre les génocideurs. Saddam était une ordure de la pire espèce. Parler de crime en le renversant c’est un aveu de soutient à ce qui est de pire.

      D.J

      • Saddam était une ordure. Mais les occidentaux, les communistes et les russes ne font qu’empirer la situation du moyen orient avec leur intervention. D’ailleurs les russes sont le plus grand malheur des syriens et poutine est responsable personnellement de la mort de milliers de syriens

      • Mais au final, ce n’est pas un jeu d’échec. Ce sont des êtres humains.

        • Les terroristes d’EI et les sbires de Bachar al-Assad sont plutôt des criminels assassins qui méritent d’être attaqués à défaut de pouvoir les juger.

    •  » l’Iran et la Syrie sont finalement beaucoup moins dangereux que nous pour les peuples qui les entourent « .

      ça montre bien que vous considérez les dictatures comme l’Iran qui pendent les homosexuelles et emprisonne ceux qui renient l’Islam ou celle de la Syrie qui massacrent à l’arme de guerre sa population plus fréquentable que les pays occidentaux qui justement vous laisse la liberté de leur cracher à la figure comme vous venez de le faire. Vous seriez en Iran à en dire de même sur les mollah ça ferait bien longtemps que vous seriez mis en prison après avoir été bastonné par leur police politique.

      D.J

      • HO arrête de regarder la TV et fouille un peu au lieu de répéter ce que te disent les merdias.
        Il y a 20.000 Juifs qui vivent cool cool, on ne leur coupe la tête, ils ne sont convertis à l’islam, ils 2 députés.
        Coupe la TV STP, tu ne sais pas encore faire le tri.

    • Respect, ça c’est de l’autocritique avec classe. Ils faudrait que les orientaux arrivent à se mettre d’accord sans aide financière ou militaire étrangère. Le bon sens apparaitra tôt ou tard aux différent conflits.

  • Hollande a bien compris qu’il n’arriverait pas à redorer son blason par ses (in)actions en politique intérieure, donc il laisse Valls se griller. Et il essaie d’inverser les courbes (non, pas celle du chômage) en envoyant une armée privée de crédits à droite et à gauche. Le résultat est moyen au Mali, dont on n’entend plus trop parler. La Centrafrique, bof… mais là bas on est allés presque seuls. Donc il se dit qu’on peut tenter le coup avec son copain Barak, sur un malentendu ça passera peut-être. Et peut-être même qu’Obama ne le considérera pas comme un paillasson. Et peut-être même que ça permettra de montrer comme ils sont beaux, nos rafales, et d’en vendre plein. Si ça se trouve, la Syrie et l’Iran seront intéressés !

  • C’est quoi cette folie: « les velléités nucléaires de Téhéran posent une menace encore plus grave que l’EI  »
    1- L’Iran n’a jamais été un pays expansionniste, et n’a jamais cherché à attaquer qui que ce soit. Il collabore avec le Hezbollah basta.
    2- Si l’Iran depuis qu’on nous rabat les oreilles avec ça, n’a pas encore sa « bombe » il n’est pas prêt de l’avoir, ça ne se fabrique pas si facilement, et de plus il faut un vecteur associé style fusée suffisamment puissante pour l’envoyer assez loin et ne pas subir les retombées.
    3- Israël, le pays le plus dangereux de la région possède environ 200 têtes, des sous marins nucléaires fournis gratuitement par l’Allemagne pour dédommagement de la choha , ce qui va permettre à Israël de faire entre 10 et 20 millions de morts en peu de temps, mais eux en ont le droit moral.
    La soit-disant « bombe » Iranienne ne leur servira à rien, elle sera interceptée illico, tout ça c’est du pipeau pour nous faire le coup de la fiole de Powel avec Saddam.
    Israël, Wall street (ce sont les mêmes) veulent faire la guerre à l’Iran qui leur tient tête et accepte le paiement en € ou autre mais refuse le $, c’est le même péché que Saddam et Kadhaffi, la peine de mort à la clef mais pour des millions d’êtres humains pour le Dieu $ bien mal en point ces temps-ci.
    Il y avait un un grain de sable => la Russie, Soros & co sont allés faire la révolution en Ukraine pour casser Poutine, mais l’os est plus dur à avaler cette fois, Poutine n’est pas Saddam.
    Les USA, malgré les 203 conflits qu’ils ont lancés depuis 45, ont perdu toutes leurs guerres et ce contre des pays pauvres, alors aller se frotter à l’Ours n’est pas très sérieux.

  • On voit bien pour qui roule l’auteur.
    Enfin les commentaires montrent à quel point la moraline trouble les raisonnements. Il y en a même un qui nous répète une nième fois que Bashar « massacre son peuple ». Le plus étonnant, c’est que tant de gens continuent à y croire malgré les évidences contraires.

    • En essayant de mettre en doute les massacres de Bachar al-Assad, on voit clairement pour qui roule scaletrans. De quelles « évidences contraires » parle-t-il? De celles présentées par le propre Bachar ou son allié Poutine?

      • Même les services occidentaux reconnaissent, à leur grand déplaisir, que Bashar a son peuple derrière lui (tout au moins ceux qui peuvent s’exprimer). Sinon, comment son armée, composée de 70% de sunnites (sa femme est également sunnite d’ailleurs) aurait pu résister et ne pas se débander devant cette invasion de djihadistes venus du monde entier (80 nationalités recensées) et armés par le Qatar, l’Arabie Saoudite, et… les occidentaux ! Les mass medias occidentaux ne nous servent à ce sujet que de la propagande de guerre. Allez vous renseigner sur les médias alternatifs, comparez les propagandes (car la Syrie en fait, bien évidemment, comme la Russie), lisez les témoignages sur les réseaux sociaux, et après croisement des infos, vous pourrez vous faire une opinion équilibrée.
        A l’occasion, découvrez également le plan Oded Yinon qui date des années 80 et faites le parallèle avec ce qui s’est passé depuis…

  • Votre article n’est pas bien argumenté et pour cause puisque vous vous positionnez à priori contre l’Iran.
    Si vous étiez objectif vous comprendriez que les enjeux ne laissent aucune place à l’erreur.
    L’EI est le fruit de l’ignorance occidentale et la naïveté dont on a fait preuve vis à vis des groupes dits salafistes et notamment al quaida qu’on a laissé prospérer en Afghanistan pour faire face à l’invasion soviétique et à la république islamique.
    On a longtemps cru qu’il fallait armer les sunnites contre les chiites pour éviter l’embrasement du monde musulman après la révolution iranienne.
    Les soviétiques partageaient d’ailleurs ce point de vue et s’etaient rangés aux côtés des américains pour étouffer l’Iran pendant la guerre iran Irak « the imposed war » en autorisant les missiles de fabrication soviétique capables d’atteindre la capitale iranienne alors qu’ils envahissaient l’Afghanistan!!!
    L’ONU a même fermé les yeux sur l’utilisation d’armes chimiques par Saddam Hussein sur le front comme sur son propre territoire et contre les kurdes.
    35 ans plus tard l’Iran est devenu une puissance nucléaire civile et spatiale tandis que l’Amérique de Bush s’est enlisée en Afghanistan et en Irak.
    Force est de constater que l’Iran est le seul pays à avoir réussi à préserver sa souveraineté et une stabilité sans égale dans la région contre l’avis des experts qui pariaient sur une partition du pays dans les années 80.
    Je vous rappelle que l’Iran est sous embargo américain depuis la prise d’otage de l’ambassade américaine en 79.
    Le peuple iranien soutien majoritairement le régime dans sa négociation sur le nucléaire parce qu’il a bien compris qu’on ne peut pas négocier les mains vides et qu’il s’agit de l’indépendance du pays après l’épuisement de l’énergie fossile tout en étant une source de fierté nationale.
    Aujourd’hui, le Liban et la Syrie ainsi que l’Afghanistan et l’Irak sont largement influencés par la stratégie iranienne qui consiste à créer des lignes de défense et des leviers pour faire face à l’appétit de ses ennemis dont l’Arabie saoudite qui ne ménage pas ses efforts pour saboter la normalisation des relations américano iraniennes.
    Les « milices »pro iraniennes que vous dénoncez (le Hezbollah ) se battent en Syrie pour leurs propres survies. Vos raccourcis sont extrêmement dangereux. La situation est beaucoup plus complexe. Il faut comprendre avant de juger. Vous vous présentez comme analyste politique et vous devez la vérité à vos lecteurs .
    Or quelques paragraphes ne suffiront jamais pour dérouler l’histoire de cette région depuis 70 ans en parcourant la guerre froide jusqu’à la chute du mur de Berlin en passant par le 11 septembre .
    Pour ma part, l’Iran est le seul atout qu’on a pour détruire l’EI sans risques majeurs pour nos intérêts dans la région.
    Je vous rappelle que ce sont les iraniens qui ont fourni les renseignements utiles contre l’armée de Saddam Hussein et les talibans.
    Pratiquement l’Iran est le maillon fort de la coalition qui se dessine.
    Et les jugements normatifs relatifs à la nature du régime qui dirige le pays ne suffiront pas à changer la donne et la situation de ce pays qui reste une exception culturelle et politique dans cette région au carrefour des civilisations.
    C’est d’ailleurs la politique d’isolement imposée à l’Iran qui ne permet pas au régime de s’affranchir au moins partiellement d’une partie de son héritage révolutionnaire qui divise les iraniens.
    L’Iran a déjà démontré par le passé y compris lors de la nationalisation du pétrole par Mossadegh sa maturité et ses capacités à faire face et à composer.
    Il s’agit d’une nation mature et responsable qui mérite qu’on lui fasse confiance.
    L’affrontement n’est pas constructif et l’Iran avance ses pions encore plus loin pour sortir de l’isolement .
    Le Yémen , Bahreïn , et plusieurs pays africains ne jurent que par l’Iran et ils ne sont pas chiites.
    L’Iran n’est pas une puissance expansionniste mais cherche à rompre les chaînes qui font souffrir son peuple depuis plus de 35 ans en l’empêchant de s’épanouir sous différents prétextes.
    La réalité du terrain et les équilibres en jeu ne laissent pas le choix aux américains.
    Il faut à tout prix stopper les djihadistes et le seul moyen pour enrayer ce cancer consiste à jouer gagnant gagnant avec l’Iran.
    Sinon il y a fort à parier que le général Sissi ne puisse tenir encore longtemps dans une région à feu et à sang depuis le printemps arabe soutenu par les puissances occidentales avec les risques que cela entraînerait pour la sécurité d’Israël.
    L’Iran nous aide à pacifier la région en combattant les milices et nous acceptons son leadership en le réintégrant dans le concert des nations comme il le mérite.
    Toute stratégie qui viserait à empêcher cette évolution nous ferait prendre des risques incommensurables surtout s’il s’agit de provoquer l’affrontement militaire avec l’Iran.
    En conclusion il faut arrêter de fantasmer sur les objectifs des iraniens et restaurer la confiance pour réaliser ce que les américains ne réussiront pas seuls.
    Obama et Kerry l’ont bien compris et ils doivent convaincre pour gagner cette nouvelle guerre.

  • en tout cas j’aimerai savoir les justifications du refus de voir l’Iran membre de la coalition contre l’EI , je ne suis en aucun cas spécialiste des relations internationales mais j’ai l’impression que ce refus et plus idéologique que pragmatique

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