Gouvernement Valls : rien de nouveau

Que nous apprend le discours de Valls devant l’assemblée nationale ? Rien, ou du moins pas grand chose.

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Manuel Valls (Crédits Monica Argentina, licence Creative Commons)

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Gouvernement Valls : rien de nouveau

Publié le 18 septembre 2014
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Par Charles Sannat.

Manuel Valls (Crédits Monica Argentina, licence Creative Commons)Le sujet du moment c’est le discours de politique générale de notre Premier ministre Manuel Valls. Qu’en penser ? Rien. Enfin si, disons que Valls a fait une superbe motion de synthèse de gauche en distribuant de l’argent que nous n’avons pas comme en annonçant la revalorisation du minimum vieillesse qui va passer, accrochez-vous, de 792 euros par mois à 800, soit si mes calculs sont bons quelques 8 euros supplémentaires pour nos petits vieux fauchés.

Autant le dire, ce ne sont pas 8 euros de plus par mois qui permettront à nos sans-dents d’acheter des dentiers. De la même façon, malgré les attaques du Medef sur les 35 heures, les jours fériés et le salaire minimum, Valls a indiqué qu’il ne reviendrait pas sur les 35 heures (cela dit, c’est ma femme qui va être contente, elle adore ses RTT et je la comprends).

Alors que va-t-il se passer ? Rien. Rien, et c’est pour ça que je vous disais qu’il n’y avait rien à penser de ce discours de Valls qui, dans la forme, était du Valls, et dans le fond… un consensus mou digne d’un apparatchik du politburo de la rue Solférino.

Peu importe que vous soyez pro ou anti-Valls, la réalité c’est que sa majorité ne tient qu’à un fil et qu’il n’aura pas la possibilité de faire non pas les réformes (la situation de notre pays est au-delà du terme de réforme) mais de changer nos cadres de fonctionnement aussi bien politique qu’économique. Même si Valls avait le courage nécessaire, même si ses projets et ses décisions étaient les bons, de toute façon, en face de lui, son opposition interne est beaucoup trop forte et le sera encore plus si la politique d’austérité commençait à piquer un peu plus les électeurs.

Il ne se passera donc rien. Et en admettant qu’il se produise deux ou trois petits changements, là encore, il est beaucoup trop tard, Valls ne pourra jamais rattraper en quelques mois les errements de quatre décennies de gestion calamiteuse de la droite comme de la gauche.

Valls va donc échouer. Et Sarkozy veut revenir justement au bon moment (car son agenda à lui n’est pas un hasard) pour se poser en recours, en homme providentiel, en sauveur de la France. Hollande va-t-il dissoudre et devoir cohabiter avec un Nicolas Sarkozy ? Ce serait presque drôle mais Sarkozy pourrait vouloir faire comme Chirac en 1995 et envoyer un autre se cramer à sa place à Matignon. Mais là encore, la situation économique de notre nation est telle que je ne comprends pas leur empressement à tous à vouloir se saisir du pouvoir et des responsabilités… J’ai beau chercher, je ne comprends pas.

Le pouvoir pour en faire quoi ?

Retour de Sarkozy (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)Qu’a fait Sarkozy de son quinquennat ? Finalement, beaucoup de bruit pour pas grand-chose. Lui non plus n’a pas attaqué, par exemple, les régimes spéciaux des retraites, il n’a pas supprimé les 35 heures, il n’a pas annulé le RSA, il n’a pas réduit les indemnités chômage, il n’a même pas vraiment réduit l’immigration malgré les appels du pied à la droite de son parti… Bref, peu importe la politique ou le projet porté par un Sarkozy qui a déjà été aux affaires… il n’a pas fait grand-chose à part sauver l’Europe, de sommet de la dernière chance en sommet de la dernière chance en dépensant l’argent que nous n’avions pas, en empruntant toujours encore plus pour faire des plans de relance qui n’ont jamais vraiment fonctionné.

Alors Sarkozy veut revenir, mais pour quoi faire ? Parce que le bling-bling, avec les sans-dents, ce n’est plus très vendeur. Et Hollande, pourquoi veut-il encore croire en ses chances en 2017 alors qu’il ne fait rien, strictement rien depuis deux ans et qu’aucune de ses réformes n’a pour le moment débouché sur quelque chose de concret en dehors des augmentations d’impôts significatives ? Et Valls ? Pourquoi lui aussi s’accroche-t-il ?

Si vous prenez ces trois hommes, Hollande, Valls ou Sarko, en réalité aucun de ces trois gus n’a quoi que ce soit à proposer à notre pays comme alternative et comme projet de redressement, en dehors de promesses toutes aussi fumeuses les unes que les autres.


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  • La seule solution pour vraiment réformer le pays et contrer les contestations corporatistes, est de le faire tout de suite après l’élection (en supposant que l’électorat ait voté pour lesdites réformes, ce qui n’est pas gagné). Il est donc trop tard, et Valls, en effet, ne fera rien. Sauf dépenser l’argent qu’il n’a pas en achetant l’adhésion de futurs non-imposables.

  • La thèse était intéressante, mais la démonstration échoue.

    D’une part car F. Hollande réussit à faire des réformes sociétales (mariage pour tous, suppression des bourses au mérite entre autres) profondément iniques mais qu’on ne peut passer pour « rien ».

    D’autre part parce que N. Sarkozy, justement, a tenté beaucoup, et a réussi un peu. Certes, de (trop maigres) avancées, mais significatives: il a réduit considérablement les 35 heures grâce au 4 heures supplémentaires défiscalisées, on pourrait parler de la réforme des universités et quelques autres. Trop brouillon, mal conseillé, ayant réussi l’exploit de se mettre à dos des médias qui s’étaient ralliés à sa cause (contre S. Royal), dépendant de Bruxelles et de la politique US, il s’est rendu compte qu’il ne pouvait réellement gouverner (pouvait-il réellement obtenir la réforme des régimes spéciaux? Peu probable, mais il a fait une avancée nécessaire et attendue sur les retraites, même si elle n’est pas allée assez loin) et a laissé filer le navire.

    Deux poids, deux mesures, et même certainement trois poids, trois mesures et les Français ne s’y trompent pas.

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