L’UE réduit la puissance des aspirateurs, au service des fabricants

Rien n’est plus beau pour une grande entreprise que d’utiliser la puissance de l’État pour réduire d’une tête la taille de ses concurrents, et ainsi protéger son marché.

Un article du Libertarische Partij, depuis les Pays-Bas.

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La nouvelle a fait grand bruit, l’UE va interdire les aspirateurs ayant une puissance supérieure à 1600 Watt. Et, à partir de 2018, même ceux d’une puissance supérieure à 900 Watt. Nombreux sont les mécontents, et c’est complètement justifié. La grande inquiétude semble être que bientôt nous ne pourrons plus aspirer les poils de chiens, et devrons  nettoyer notre maison avec un ramasse-miettes.

Heureusement, cette angoisse n’a pas tout à fait raison d’être. La puissance ne traduit pas grand chose sur la force d’aspiration, mais beaucoup sur la quantité d’électricité consommée par l’aspirateur. Techniquement, il est préférable d’avoir un aspirateur de 900 Watt ayant une capacité d’aspiration plus forte qu’un aspirateur avec deux fois plus de puissance. De ce point de vue, la force d’aspiration disponible sera toujours présente, et les poils de chiens, eux, continueront bien de disparaitre.

Ceci dit, ce genre de mesures montre précisément ce qui cloche avec l’UE. Tout réside dans la corruption. En effet, pourquoi l’UE produit-elle cette nouvelle règlementation ? C’est simple : il existe un certain nombre de marques européennes d’aspirateurs disposant de la technologie nécessaire pour combiner force d’aspiration et moindre puissance.

Très bien. Le progrès technologique, c’est beau. Mais peu de consommateurs s’informent. On regarde toujours en gros exclusivement le nombre de Watts et non la force d’aspiration.

L’option normale pour un fabricant est alors de faire une campagne de publicité pour vendre sa nouvelle technologie. Mais la publicité coûte très cher. Surtout lorsqu’on l’on veut atteindre 450 millions de consommateurs européens, ne retenant quasiment que la puissance en Watts, pour déterminer l’efficacité d’un aspirateur. On n’enlève pas facilement ce genre de mythes de la tête des gens.

Et les fabricants ont donc recours à une autre solution. Et cette solution, c’est de mettre en place un lobby et dépenser quelques centaines de milliers d’euros à Bruxelles, et ainsi obtenir l’interdiction des produits concurrents (principalement en provenance de Chine). Pour ces fabricants, c’est beaucoup plus avantageux et efficace. Le comité européen des fabricants d’appareils domestiques (www.cedec.eu) est l’association européenne de la branche industrielle des producteurs d’appareils ménagers, qui anime, pour cette sorte de choses, de façon active et couronnée de succès, un lobby à Bruxelles.

Rien n’est plus beau pour une grande entreprise que d’utiliser la puissance de l’État pour réduire d’une tête la taille de ses concurrents, et ainsi protéger son marché. En vérité, c’est naturellement de la concurrence faussée, et de la corruption, mais bon, c’est quand même à cela que l’UE sert, non ?

Bruxelles est ainsi utilisée à mauvais escient par les poids lourds de la vie des affaires pour éteindre la concurrence. Le marché libre est une fois de plus mis à l’écart, et les puissants utilisent l’État pour maintenir leur position. L’enchevêtrement entre les grandes entreprises et l’État est aussi appelé corporatisme. Et ça, c’est la pensée économique qui forme la base sous-jacente du fascisme. Benito Mussolini lui-même était d’avis que le fascisme aurait en fait simplement dû être appelé corporatisme – et il était bien placé pour le savoir.


Sur le web. Traduction Contrepoints.

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