Hollande : l’homme sans qualités

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Hollande cap (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints, licence Creative Commons)

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Hollande : l’homme sans qualités

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 26 août 2014
- A +

Par Philippe Robert.

 

Hollande cap (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints, licence Creative Commons)

J’ai aujourd’hui une pensée particulière pour François Hollande qui, le 12 août dernier, a fêté dans l’adversité ses soixante ans sans apparemment se rendre compte, ou fait-il seulement semblant de l’ignorer pour donner le change, qu’il risque très bientôt de tomber de haut et de se faire très mal à la haute idée que, manifestement, il se fait de lui-même.

Ce que nous constatons, chez chacun des présidents successifs de la Vème, c’est une dégradation de ses qualités d’hommes d’États au fur et à mesure de son exercice du pouvoir. Nous constatons en outre dans chaque président une dégradation plus profonde que chez le précédent. Elle est due à un rapide affaiblissement de leurs facultés perceptives et cognitives, qui provient lui-même de ce qu’ils ne rencontrent jamais de contradiction institutionnalisée. — Jean-François Revel, L’Absolutisme inefficace, 1992.

J’essaie donc avec une humilité redoublée de me mettre à sa place pour tenter de comprendre comment ce petit politicien de moindre envergure, faisant chaque jour que Dieu fait la preuve de son absence de talent dans l’accomplissement de sa tâche, peut encore oser regarder en face les Français sans être envahi par un ardent sentiment de honte !

Devant le tour désastreux pris par la présidence de « moi président », un puissant vent de panique souffle désormais sur la majorité présidentielle y compris le gouvernement Valls qui vient d’imploser : une révolution (démocratique) de palais ne semble donc plus devoir être exclue tout spécialement à la suite de l’intervention d’Arnaud Montebourg à la fête de la Rose.

Toynbee, dans son célèbre ouvrage « L’Histoire », avance l’hypothèse que le rôle des élites dans un pays est de répondre aux défis historiques qui sont lancés à la nation. Si ces élites sont incapables de répondre, le même défi se répète jusqu’au moment où il entraîne : au mieux un changement d’élites (De Gaulle en 58, défi de la décolonisation) (…) À l’évidence, les élites dirigeantes françaises ont été incapables d’analyser les défis qui sont proposés à notre pays depuis la chute du mur de Berlin et la fin du communisme et d’y répondre. — Charles Gave, Des lions menés par des ânes, 2003.

Comme on voit, cela remonte à loin et rend d’autant plus difficile, tant le (mauvais) pli a été pris au fil des alternances biaisées de gouvernement, un retour serein à une situation plus conforme au temps présent où il n’est plus question, pour peu que l’on ait encore la volonté de recouvrer notre dignité égarée, de se dérober à l’épreuve des faits quelle qu’en soit la dureté.

François Hollande ayant tiré toutes ses cartouches mouillées en se mettant à dos ses propres amis copieusement trahis depuis un certain discours du Bourget (26 janvier 2012), il ne lui reste plus, en effet, qu’à en tirer toutes les conséquences. Sauf qu’en l’absence d’un vrai programme libéral de gouvernement nous n’avons aucune chance de nous en sortir ! Alors, à Dieu vat !

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  • Mathilde de St Amour
    26 août 2014 at 8 h 59 min

    Moi je pense qu’il a des qualités qui ne s’expriment pas et que c’est le système qui dysfonctionnement, Hollande n’en est que la face immergée. Ce qui l’a motivé à l’être, cela je ne le sais pas. Moi je me dis qu’un système qui supprime autant notre libre-arbitre, notre pensée, notre personnalité et bien cela fait peur et ça doit être très difficile à vivre.

    • Nadège Rivendel
      26 août 2014 at 9 h 18 min

      « Moi je pense qu’il a des qualités qui ne s’expriment pas… »

      vous confondez qualités avec défauts qui eux s’expriment très bien et depuis fort longtemps :

  • Je trouve votre article particulièrement savoureux. Je vous contredirais néanmoins sur plusieurs points :

    – « L’homme sans qualités » de Robert Musil est un chef-d’œuvre qui lui valut le Prix Nobel. Même si l’œuvre est inachevée, l’homme est certes neutre et presque transparent . Mais il permet quand même à son inventeur d’en écrire des centaines de pages. Pas sûr qu’on puisse en écrire autant sur « moi président ».

    – je ne crois pas toujours que les hommes politiques de la Vè Républqiue aient été toujours plus mauvais que ceux d’avant, comme le dénonce J.F. Revel. Je crois qu’ils ont eux-mêmes eu le soucis sincère d’améliorer la vie sociale et économique, mais ont contribué à l’emprisonner dans son propre piège, sa propre toile d’araignée de plus en plus tissée, désirant créer une société parfaite à l’image de leur intelligence supérieure, mais rendant par l’excès de parlementarisme et de législations la fonction de plus en plus ardue, même aux plus énergiques. Sarkozy en faisait partie. Malgré son abatage monstrueux, il a semblé que le complexe de Sisyphe était devenu une tâche de plus en plus difficile voire impossible. Leur volonté allait dans le sens d’un bien à venir mais leurs actes politiques ou leur idéologies dépassées ont stérilisé la société. Ils croyaient que le progrès allait de pair avec l’interventionnisme politique alors que c’était l’inverse. L’orgueil énarchique est pour beaucoup dans cette dérive parlementaire et institutionnelle. Un homme politique pourrait-il se donner comme programme d’arrêter d’agir et de supprimer des lois pour améliorer la société dont il envisage de prendre les responsabilités ? Souvent pourtant, c’est ce qu’il devrait envisager le plus sérieusement du monde. On le voit dans la posture des Ministres lors de leur démission, tel Hamon hier soir. A quoi servent-ils ? Ce sont des potiches. En leur absence, à part l’arbitrage ministériel, le système ne tournerait-i pas mieux ? Un conseil donné dorénavant aux hommes politiques : hormis la structure régalienne nécessaire de toute société, abstenez-vous et laissez le peuple agir. Finalement, Monsieur le petit « moi président, je », vous n’êtes pas plus important que le Président de la République sous la IVè.

    – enfin, les élites Françaises existent bien. Elles sont soit à Londres, soit dans le maquis français. Elles attendent juste la libération, en agissant contre la bête immonde, en la harcelant d’ici et d’ailleurs, en essayant de casser le plafond de verre. Mais peut-on se battre réellement contre une institution qui extermine son peuple, ses valeurs, son énergie, qui spolie et dilapide ses richesses par la force du pouvoir souverain bien qu’impopulaire comme jamais. Je suis certain que les allemands sous l’occupation avaient plus d’amis ici. Car soyons clairs, le régime de la nomenklatura actuelle n’a rien à envier à une force d’occupation d’origine étrangère. Le socialisme n’en est-il pas une ? C’est gens sont la cinquième colonne, le cinquième cavalier de l’Apocalypse, le parti de l’extérieur, qu’ont-ils encore de Français ? Sincèrement.
    Quand je vois Hollande sur le perron de l’Elysée, j’ai toujours la désagréable impression de voir Von Sholtis sur le perron du Lutécia ou au balcon de l’Hôtel de la Marine. Bonne chaire, bombance, gros ventre rebondi, auto-satisfaction légendaire, assurance du petit potentat sûr de lui et de son droit, de sa force, de son intelligence, malgré l’implacable CV nul qui dit tout du personnage.

    •  » l’homme sans qualités  » , un pensum de 1700 pages , que je me suis tjrs proposé de lire !!!

    • Excellent. J’ai lu qu’on avait qualifié Hollande d’Homme d’inox ! C’est paradoxal, mais l’inox est le traitement parfait pour décrire la substance qui recouvre ce politique : inodore, incolore, son attachement à rien, le même métal dont on fait les seaux de laboratoire, et même un goût certain pour supporter les cérémonies sous la pluie ! C’est sûr, la peau de l’homme est dure, mais plutôt pour le coté amorphe, non réactif de sa surface.

  • bravo , bien envoyé , mais vous avez oublié de dire que , von sholtitz n’a pas voulu faire bruler paris , tendis que l’autre âne ,risque de maitre le feux a la françe antière .

    • Merci à Von Sholtis en effet. Le sursaut terminal de l’homme face à l’horreur, qui plie sa carrière pour son honneur d’homme. Combien d’hommes politiques français actuels auraient le courage de se démissionner dans l’intérêt du peuple et de la Nation ? Peu. Il n’y a pas de grands hommes à notre époque dans le personnel politique. Tous sont vils et mesquins et ne s’intéressent qu’aux ors de la République, à ses avantages. Combien serait aujourd’hui capables de payer leur facture d’électricité et de téléphone comme De Gaulle à l’Élysée. Pas un !

      Sans le courage et la conscience de Von Sholtis d’avoir affaire à un fou à Berlin, Paris serait aujourd’hui totalement émasculé de ses ponts historiques, de sa Tour Eiffel, de ses musées et bâtiments publics.

      Mais je vois plus que souvent chez les socialistes français ces regards de fous, surtout à la gauche de la gauche, de gens totalement barrés et prêts à en découdre par le désordre général et la guerre civile pour reproduire 1793 et 1917, les purges. Ils sont admiratifs de Che Guevarra, de Chavez, des Kirchner, de Castro, malgré les populations meurtries et spoliées là-bas. C’est cela qu’ils veulent pour la France ? Comment leur dire rationnellement que le peuple Français ne veut pas de ces horreurs. Impossible ! Les fous sont irrationnels.

      Sincèrement, ces gens me font peur.

      • Il me semble que l’histoire de Von Sholtitz sauvant Paris par désobéissance est un mythe… Que quelques ponts stratégiques auraient été coupés ou quelques sites se seraient retranchés s’il y avait eu volonté de résistance. Mais pour aller à l’anéantissement, il aurait fallu une utilité stratégique pour user d’une puissance de feu qu’il n’avait plu.

        • Pourtant toutes les archives confirment le contraire, que tous les ponts comme tous les bâtiments publics étaient minés, les mèches prêtes à être allumées (dont ref. incontournable Paris brûle-t-il de Lapierre et Collins). L’utilité stratégique était simple, couper la ville en deux à l’époque où le maillage routier était totalement en étoile avec pour centre quasi unique Paris. La partie symbolique était faite pour détruire le moral des français en phase de reconquête de leur pays. La partie perverse était assumée par Hilter, en réponse à sa frustration profonde intime et sexuelle d’artiste raté face à la ville qui, en 1918 comme dans les années folles de 1930, représentait le centre du monde en terme de progrès et de créativité artistique. Enfin, beaucoup de collectionneurs français étaient juifs. La boucle était bouclée pour martyriser Paris. « Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! »

  • @Mathilde de Saint Amour
    « …des qualités qu’il n’exprime pas… »
    Cet homme sur-diplômé est d’abord le produit d’une idéologie totalement opposée à tout pragmatisme.
    Dans mon département, nous avons eu le bonheur de croiser la route de R.Monory, totalement sous-diplômé ! Un vrai pragmatique.
    Que de brillantes réussites chez de nombreux chefs d’entreprises ! Qui ont su garder les pieds dans la glaise…

    • Mathilde de St Amour
      26 août 2014 at 11 h 03 min

      Je me dis que chacun d’entre nous a des qualités, après il est peut-être « mal-diplômé » et je vous rejoins sur le reste. Mais je n’irais jusqu’à titrer Hollande: l’homme sans qualité. L’homme aux qualités cachées, d’accord!
      Mais bon, je sais que la dictature Contrepoints a des yeux partout, alors je ne vais pas en faire toute une histoire 😉

  • Oui, enfin rappelons quand même que c’était catastrophique DÈS Charles DeGaulle, qui faisait vivre la France en faisant des courbettes et des galipettes devant les américains pour pouvoir bénéficier du plan marshall.

    La Vème République a été créé par DeGaulle, ancien membre de l’Action Française, elle suit un modèle néo-fasciste, dans lequel l’État dispose d’un pouvoir quasi dictatorial.

    • Si vous allez par là il faut remonter au centralisme des Capétiens et des Bourbons. Il suffit de regarder la structure en étoile des routes de France et de la comparer à celles d’un état fédéral comme l’Allemagne ou les USA.

  • c est un souschef de cabinet qui avait du mal a lire son discours a l ile de sein,la republique n a pas quelques parapluies a preter a ce minable …!!

    • « à lire le discours qu’on lui avait écrit »

    • bonjour patrice , on est fondé à se poser quelques questions : qui organise les déplacements du chef de l’état – Ne pouvait-t-on lui trouver un endroit au sec , ou du moins à l’abri des rafales *.Quid de l’avis du météorologue de service au Conquet . A-t-il voulu rester sous les trombes d’eau pour paraître accablé ?
      Quand à lui supposer des qualités ; même avec des tonnes d’indulgence …..
      * J’aurais suggéré l’abri de la vedette de sauvetage SNSM .

      • Il n’y a plus de météorologue de service dans des stations départementales. La météo pour Sein ne doit pas se faire différemment de celle à Chamonix, dixit l’ex-pdg de Météofrance. Et vous ne voyez pas l’Elysée demander à un bureau de prévisions privé…

  • Hollande, l’homme qui discourt sur la dernière guerre mondiale, sur une île perdue au large de la Bretagne, balayée par le vent et les courants dérivants: quel symbole d’un homme totalement largué par l’histoire, ballotté par des évènements qu’il n’a même pas conscience de déclencher. Une qualité, une seule: celle d’être toujours pris en défaut!

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