Libération contre Bill Gates : seau glacé et douche froide

imgscan contrepoints727 libération

« Libération », pilier du journalisme français, offre au monde un article d’une rare sagesse et d’une rare profondeur. Bill Gates n’a qu’à bien se tenir : sa philanthropie en toc a enfin été démasquée, et ses milliards de dons n’y changeront rien.

Par Baptiste Créteur.

imgscan contrepoints727 libération

 

Récemment, de nombreuses personnalités issues d’horizons aussi divers que Justin Bieber et Bill Gates se sont prêtées à un amusant exercice pour la bonne cause : en se renversant un seau d’eau glacée sur la tête, ils cherchent à promouvoir la lutte contre la sclérose latérale amyotrophique, maladie méconnue et aujourd’hui incurable.

Cela pourrait être une excellente chose, mais il y a un mais. Plusieurs, même.

Certes, les dons pour l’association explosent grâce au buzz ainsi généré. Certes, une obscure maladie et ses victimes sont, au moins pour un temps, sur le devant de la scène. Mais tout cela, malheureusement, ne serait qu’une question d’image. C’est en tout cas l’avis de Libération.

Car si Bill Gates se renverse un seau d’eau sur la tête, ce n’est que pour redorer son blason. Terni, comme chacun le sait, par la fondation Bill & Melinda Gates, la plus importante au monde, au travers de laquelle le milliardaire consacre sa fortune et son temps à la bonne cause. Depuis 20 ans1. Mais il aurait encore des choses à prouver aux illustres journalistes français qui, pour ne pas démériter de leurs subventions et de leur niche fiscale, ne laissent rien passer. Bill Gates est riche, donc coupable.

De ce point de vue, Libération n’a pas grand chose à se reprocher. Le journal est bien loin du succès du milliardaire américain, qui a fait de l’entreprise montée dans son garage l’une des plus importantes au monde. Il ne vit que des subventions que l’État lui accorde chaque année, pour des motifs divers : pluralisme, modernisation, distribution, tout est bon pour arroser Libé (et les autres).

De ce point de vue seulement, cependant. On pourrait se demander si les propriétaires de Libération, pas tout à fait à plaindre, n’ont pas les moyens de se passer des subventions ; et si ses journalistes offrent à la bonne cause le montant de leur niche fiscale. Les deux étant financées par le contribuable.

Mais on peut aussi, tout simplement, se demander où est le mal, pour Bill Gates et les autres, à œuvrer pour la bonne cause.

Bill Gates n’a pas vraiment besoin de ça pour améliorer son image, sauf pour des journalistes français prisonniers du passé dans leur vision du monde (toujours divisé entre gentils socialistes et méchants capitalistes, malgré les dizaines de millions de morts et l’échec économique patent du socialisme et les centaines de millions de gens sortis de la pauvreté grâce au capitalisme). Et où est le mal à faire le bien, qu’on soit riche ou non ?

Mais laissons la parole à l’avant-garde médiatique française :

Mark Zuckerberg, Bill Gates, Jeff Bezos, Larry Page, Taylor Swift, Lebron James, Oprah Winfrey et même le créateur de Minecraft Notch, des vidéos vues des millions de fois. Et à chaque fois le même malaise de voir tous ces gens se racheter une coolitude au prix de quelques glaçons. Évidemment, les dons pour l’ALS Fondation ont explosé (13,3 millions de dollars depuis le 29 juillet contre 1,7 million à la même époque l’année dernière, selon le New York Times). On vous épargnera juste la comparaison avec la fortune cumulée des quatre premiers de la liste. Mais l’effet est radical : tous ces gens incroyablement puissants deviennent, le temps d’une douche glacée, plus humains, plus proches du public qui regarde. Ils sont un peu ridicules, certes, mais le bénéfice en termes de communication est gigantesque. C’est tellement sympa de leur part de faire ce geste pour s’attaquer à une maladie grave.

Bravo, Libération ! On attend avec impatience le jour où vous pourrez vous vanter d’être aussi ridicules que Bill Gates. Créer de la richesse, gagner de l’argent (par le talent et l’effort, les subventions ne comptent pas) puis le donner : à vous de voir alors si vous voulez un seau d’eau glacée avec tout ça.

  1. Originellement via la William H. Gates Foundation, la Bill & Melinda Gates Foundation n’existant que depuis 2000