Filippetti contre Amazon : Aurélie, ô désespoir !

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Filippetti contre Amazon : Aurélie, ô désespoir !

Publié le 14 août 2014
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Sacré Orélifilipéti ! L’onomatopée officielle du gouvernement et ministre de la Culture à ses heures creuses a décidé, une nouvelle fois, d’entrer en lutte contre le monde méchant aux aspérités trop prononcées. Apprenant, sans doute par un coup de fil d’un des lobbyistes abonnés à son cabinet, qu’Amazon et Hachette se disputaient âprement par voie de presse le droit de baisser ou geler le prix du livre électronique, elle s’est donc empressée de prendre immédiatement (et bruyamment position). Contre Amazon, bien sûr.

Avec la fougue et la pertinence qui la caractérisent depuis qu’elle grenouille à son poste, la ministricule s’est donc employée à expliquer sa position, pas toujours claire mais tout de même très tranchée. Pour Aurélie, pas de doute : en utilisant sa position dominante, Amazon forcerait les auteurs de livres à accepter une baisse du prix de leurs productions en format électronique, afin d’offrir un meilleur rapport qualité-prix aux consommateurs qui, plus nombreux, compenseraient largement cette baisse. Et comme certains auteurs et distributeurs, au premier rang desquels se trouve Hachette, refusent cette baisse, Amazon a décidé de ne pas diffuser leurs produits. Et ça, c’est scandaleux. Pardon. C’est « inqualifiable » :

« Cet épisode est une nouvelle révélation des pratiques inqualifiables et anticoncurrentielles d’Amazon. C’est un abus de position dominante et une atteinte inacceptable à l’accès aux livres. Amazon porte atteinte à la diversité littéraire et éditoriale. »

Oui, vous avez bien compris : en choisissant ce qu’il mettrait sur ses étagères virtuelles, le libraire Amazon se comporte comme un goujat inqualifiable avec des gros morceaux d’anticoncurrence et d’atteinte contre l’accès aux livres qui est un Droit de l’Homme imprescriptible. Notez tout de même que, de son côté, lorsque Hachette fait la même chose (et se fait enquiquiner par la justice américaine exactement pour ça), là, en revanche, Aurélie ne dit rien. Les droits de l’homme imprescriptibles d’avoir de la bonne bibliodiversité et de l’éditoralité citoyenne ne s’étendent pas aux acteurs français du marché, anti-américanisme primaire oblige.

aurélie en a marre de amazon

Mais voilà. Si l’on y réfléchit deux minutes, toute cette affaire démontre encore l’ineptie des saillies ministérielles.

Comme le souligne fort justement Frédéric Mas dans un récent article de Contrepoints, la ministre n’a rien à faire dans cette histoire. C’est d’ailleurs probablement la raison pour laquelle elle s’empresse d’émettre un maximum de décibels avec ses muscles vocaux, mais la question demeure : que vient-elle faire dans ce conflit ? Les acteurs concernés sont privés, et ont une querelle privée que des tribunaux, hors de France, seraient en mesure de juger et ce, même sans l’indispensable opinion de Filippetti. Les griefs des uns et des autres, en outre, n’intéressent en rien la ministricule : ou bien Amazon gagne, et le prix des livres électroniques baissera, ce qui est excellent pour la diffusion de la culture (Aurélie, si elle était cohérente, devrait donc être pour). Et si Hachette gagne, des auteurs pourront continuer à voir leur production s’écouler par le géant internet (et là encore, Aurélie aurait tort d’être contre). Autrement dit, peu importe l’issue de la querelle picrocholine qui anime les parties prenantes de ce conflit, la Culture n’apparaît absolument pas menacée, et les auteurs et leurs livres trouveront toujours leur public.

Une autre question titille l’esprit : pourquoi prend-elle parti contre Amazon ? Comme on l’a vu, prendre parti est tout de même assez incohérent pour une ministre de la Culture qui, de surcroît, clame ubi & orbi qu’elle défend un « écosystème du livre en entier, pas un acteur en particulier ». Tous les observateurs ont du mal à comprendre pourquoi, dans la bouche de Filippetti, c’est toujours, systématiquement, Amazon qui prend une avoinée. Coïncidence ? Au bout d’un certain nombre d’occurrences (on ne les compte même plus), on n’y croit plus. D’ailleurs, même Aurélie ne croit pas à ses propres bobards lorsqu’elle ajoute :

« Ce sont des banderilles que nous continuerons à planter dans le flanc d’Amazon. »

aurélie plante des banderillesEt vlan. C’est donc bien d’un combat qu’il s’agit, et celui qu’il faut abattre ne fait aucun doute. Pour la ministre, Amazon doit tomber. Quand ce n’est pas pour le prix unique du livre (qui a fait tant de bien à la France comme en témoigne le nombre toujours plus faible de petits libraires), ce sera contre l’exemption des frais de ports (contournée par le vendeur internet avec facturation d’un centime, manœuvre habile et camouflet magnifique pour nos législateurs en culotte courte). Et tant pis si ce conflit, parfaitement ridicule, aurait dû être arbitré par le consommateur, et seulement lui. Tant pis si les exactions de la ministre aboutissent systématiquement au renchérissement des biens et services proposés par les uns et les autres (Amazon ici), et que le consommateur, toujours lui, se trouve lésé. Il faut bien comprendre quelque chose : la ministre se fiche du pouvoir d’achat des Français. Les consommateurs, elle s’en tamponne vigoureusement. Autant elle fera assaut d’hypocrisie et de petites bassesses pour l’électeur, autant le contribuable la laisse totalement froide et le consommateur, indifférente. Ne l’oubliez pas : pour une socialiste, ces considérations pour le consommateur sont de l’ordre du scatologique. On n’en parle pas, on n’y fait pas attention, et jamais, ô grand jamais, on n’y met les doigts. C’est sale. Berk.

Et puis, qu’a-t-elle donc à gagner en prenant ainsi parti ?

CorporatismeOh, bien sûr, il semble évident que les collusions habituelles des politiciens et du capitalisme de connivence (représenté, ici, par Hachette et sa clique) ne sont plus à démontrer. Nul doute ici que la ministre bénéficiera un jour d’un retour d’ascenseur. Il faudra sans doute attendre quelques années, mais on ne peut pas écarter de retrouver un jour l’effervescente pimbêche à la tête d’un des services du groupe d’édition français, tout comme il fut évident, il y a quelques années, que le soutien presque amoureux d’Albanel à Orange / France-Télécom lui permettrait, un jour ou l’autre, de décrocher une sinécure dans la grosse entreprise. Soit, donc : on comprend que Filippetti ne fait pas tout ça gratuitement.

Cependant, on a tout de même du mal à comprendre pourquoi les politiciens français ont, de façon assez générale et répétée, ce flair assez phénoménal pour se placer toujours du côté des perdants. Et même si, du point de vue strictement individuel, Filippetti se sortira très correctement de cette affaire (là encore, le contribuable puis le consommateur seront perdants, mais on s’en fiche, c’est un ensemble bien plus vaste que ses électeurs, seuls capables d’éveiller chez elle un intérêt quelconque), il n’y a pas besoin de réfléchir très longtemps pour comprendre qu’en soutenant Hachette, elle soutient en réalité une société qui finira, quoi qu’il arrive, par s’adapter au marché ou périr. Or, cette adaptation ne passera pas par l’augmentation des prix des livres numériques. Elle ne passera pas par le verrouillage plus ou moins complet du marché à coup de lois débiles comme savent les pondre compulsivement nos psychopathes politiciens. Amazon ne fait pas un pari très audacieux en organisant sa stratégie sur la baisse des prix du dématérialisé. Et Hachette pliera, ou cassera, mais ne pourra pas imposer ses vues très longtemps. Ce petit lobbying, ces gentils bricolages politiciens ne sont que des façons pour la société de gagner du temps afin, justement, de s’adapter.

Parce que, lorsqu’on lit la petite prose interne de Hachette (Lagardère Publishing) concernant, notamment, sa stratégie électronique, on se rend compte que la société a parfaitement intégré l’augmentation progressive du média « livre électronique » dans sa stratégie de développement et comprend en réalité très bien les enjeux du marché. Nul doute que les têtes pensantes de Hachette, autrement plus en prise avec leurs clients que l’Onomatopée ne l’est avec ses propres électeurs, ont déjà intégré, à moyen ou long terme, cette baisse progressive du prix des livres électroniques.

Autrement dit, Filippetti, en parfaite politicienne (consciente ou non, allez savoir), n’est qu’un accessoire pratique, un ministre-objet destiné à ralentir Amazon dans son expansion, un dindon d’une farce commerciale jouée ici au détriment du consommateur.

Ni plus, ni moins.
—-
Sur le web

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  • Pour lire des livres quasi gratos, il y a aussi les bibliothèques publiques. Je me doute qu’elles sont financées par nos impôts, donc pas gratuites, mais il fut un temps dans ma vie d’étudiant curieux et désargenté où j’aurais bien eu du mal à réussir sans elles.
    Existe-t-il des bibliothèques numériques? Je ne parle pas de la mise en ligne gratuites de textes téléchargeables type Wikisource, je me demande si le principe de la bibliothèque/médiathèque de quartier est transférable à l’économie numérique. Le réseau de bibliothèques de mon lieu de résidence propose de plus en plus d’accès à des ressources en ligne, existe-t-il des pure players du prêt de livres?
    Je pose la question par pure curiosité, et pardon si elle n’est pas vraiment en rapport avec le fond du problème de cet édito (cela dit, je rejoins son auteur sur l’inutilité de la démarche de la ministre, et d’une manière générale, sur son incapacité à bien remplir la charge qui lui incombe. Je me permets cependant d’émettre des réserves sur la façon dont elle est traitée sur le plan visuel dans cet édito. C’est anécdotique et j’imagine que l’auteur n’y est pour rien, mais attaquer une personne sur son physique, c’est moche).

    • Vous voulez dire que la caricature, c’est mal ?
      Oh noes.

    • Vous avez tout a fait raison, les bibiotheques publics sont le premier concurent directe des petits libraires, surtout lorsqu’elles s’ installent juste en face, mais que voulez-vous, il y a la bonne concurence, celle du public avec nos impots contres les privés et la mauvaise concurence!
      C’est magique et pis c’est tout!

    • Amazon propose avec l’achat d’une Kindle (et peut être sans, d’ailleurs) le prêt de livres électroniques pour le prix d’un abonnement mensuel. La pratique a des chances de se développer pour le plus grands bien des consommateurs.

  • Par exemple a Falkirk, au Royaume Uni heuu, en Ecosse, la bilbliotheque municipale propose des centaines de livres a charger.

    En Francçais vous avez Gallica en ligne.
    La biblio de N. y. Aussi…
    Oui, c’est possible.

  • A côté de la question pourquoi nos politiciens se mêlent d’une querelle sur le marché américain, il est surprenant de voir que les maisons d’édition et les auteurs pensent que non seulement qu’ils peuvent obliger à un marchand de vendre leurs produits, mais surtout qu’ils ont une sorte de droit supérieur à ce que leurs produits soient disponible en « pré-commande » sur les sites internet. Même si Amazon était en situation de monopole (ce qui n’est pas le cas, iTunes et Google vendent également des ebooks, et chaque supermarché vend des livres), je ne vois pas d’où ils sortent l’idée qu’un marchand doive organiser les commandes pour leurs produits avant que ces produits soient réellement disponibles.

  • Quant à l’acharnement de la ministre contre Amazon, j’avais cru comprendre qu’il était dû au fait que cette entreprise pouvait pratiquer des prix bas en partie parce qu’elle ne faisait pas payer la tva française aux clients français achetant des livres via le site Amazon en France.
    Qu’en est-il de cette histoire ? (nonobstant la forte probabilité que les envolées de Mme la ministre soient effectivement dues à ses rapports privilégiés avec le concurrent Hachette)

    @borlo: personnellement, sans bibliothèque publique, je n’aurais jamais pu lire les ouvrages nécessaires à ma réussite scolaire. Dans ce cas de figure, la bibliothèque ne faisait pas concurrence aux librairies car je n’avais pas les moyens de payer lesdits livres (je précise que je n’étais pas boursier, mes années d’études ayant demandé beaucoup de sacrifices à mes parents ouvriers, inutile d’en rajouter avec le prix des livres, hein).
    Je vous parle d’un temps où l’internet et wikipedia ne remplissaient pas encore ce rôle.
    Ne sont-ils d’ailleurs pas eux aussi en concurrence directe avec les libraires ?
    Par curiosité, j’ai cherché, et trouvé, sur wikisource une grande partie des ouvrages qui constituaient la bibliographie de base de mes années d’études (à l’exception des récents non tombés dans le domaine public). Et la totalité des livres dont j’avais eu besoin à l’époque font l’objet de notices de lecture très complète disponibles gratuitement sur l’internet. Gratuitement, en dehors du prix de l’abonnement aux services du mon fai, bien sûr.
    Et figurez-vous que grâce à mes études réussies, je gagne un salaire qui me permet d’acheter mes livres chez une libraire indépendante dont le service et les conseils me satisfont grandement. J’ajoute que je n’ai jamais acheté de produit chez Amazon, cela viendra peut-être, quand ma libraire cessera son activité, par exemple.

    • Vous confondez les missions des bibiotheques universitaires des biobiotheques municipales.
      Chaque ecole a son « centre de documentation » et cela n’a rien a voir avec la diffusion des lectures recreatives… d’ailleurs l’objectivité des choix disponible dans ces bibiotjeques releve plus de la bien-pensante epouse du maire ( ou la soeur, ou la maitresse…ou..) et du politiquement corecte au nom d’une certaine idee de la culture. Le controle de la diffusion des idees se cache malefiquement derriere de grands principes bien degoulinant. Que les pauvres ait acces a la culture, surtout a Zola et consors, qu’ils viennent vite ensuite remplir les urnes de bon gros bultins rose tirant au cramoisie….
      La SACEM sait faire payer aux radio des droits d’auteurs pour chaque diffusion, pourquoi n’en serait-il pas de meme avec les livres? Parce que c’est magique!

    • Autre temps, autre moeurs 🙂
      Personnellement j’achète tout par Amazon (se déplacer coûte vraiment trop cher) et en tant qu’étudiant j’ai la chance de trouver presque tout sur Internet (en anglais bien souvent mais ça ne devrait déranger personne aujourd’hui).
      Les bibliothèques publiques sont vouées à disparaître ; ce n’est pas grave, je n’ai rien de spécial contre elle (il y a des dépenses de l’Etat bien plus honteuses que les bibliothèques), juste qu’elles deviennent obsolètes.

      Les ministres de la Culture successifs en France n’ont de but que le corporatisme et d’imposer aux français leur vision de la « culture » (par le CSA et autres immondices). Amazon a en effet des procédés qui contournent beaucoup de lois et de taxes françaises, ce qui fait enrager Filippetti. Et quand on n’est pas dans le petit chemin tracé par la Loi, on est un ennemi, un être « inqualifiable » 🙂

      • D’ailleurs les bibliothèques municipales ont changé de nom. Maintenant on les appelle « médiathèques ».

      • J’aime beaucoup les médiathèques, en tant qu’étudiant je m’y rends et c’est un endroit agréable, c’est une dépense publique qui me paraît utile, pas comme les régimes spéciaux ou les avantages faramineux des députés européens.

        • Comme toutes les dépenses publiques, elles paraissent utiles à ceux à qui elles profitent. Je suis convaincu que les députés européens trouvent leurs avantages très utiles.

          • Oui, mais à qui cela profite-t-il de ne pas permettre l’accès de tous à un grand nombre de livres, revues, disques, etc?
            C’est typiquement le genre d’argument qui permet aux gendegôch pas trop ouverts à la discute de justifier la haine assez partagée dans l’ensemble des idées libérales.
            Une société qui permet à tous de s’éduquer à tous les âges de la vie est une meilleure société que celle qui conditionne l’accès à ces ressources et connaissances à des critères financiers.
            De toute façon, tout cela a changé depuis l’internet. Cette conversation était périmée avant d’avoir commencé.

            • Je ne prétends pas que les bibliothèques publiques sont une mauvaise dépense (bien que je devrais, mais ça n’est pas mon propos), je dis juste que dire que la dépense est utile justement parce qu’on en utilise les résultats, c’est un argument plutôt moisi…

    • aller chez le libraire c’est bien quand on habite en ville ou près d’un grand centre commercial « Cultura » par exemple.
      Mais…quand on vit à la campagne, que fait-on ? On va a la bibliothèque municipale emprunter des livres (ce que je fais) mais il n’y a que des livres en Français et je préfère souvent lire « dans le texte » plutot que du « traduit » donc j’ai recours à Amazon.
      Ce qu’on lui reprochait ce n’est pas de na pas appliquer la TVA mais de faire des envois sans frais de port ce qui est appréciable quand les frais sont généralement de 6,80 euros ce qui renchérit le prix du livre.

      • Pas que la campagne, pour la banlieue, ça marche aussi. Et même quand on habite au quartier Latin (quoique).
        Je trouve via Amazon soit des bouquins neufs, soit des bouquins d’occasion via des bouquinistes affilés à la plate-forme Amazon qui proposent une quantité hallucinante de livres. J’aimais bien fouiller les bouquinistes à Paris, mais entre le travail et la vie de famille, ce n’est plus possible.
        Amazon est de loin le plus efficace.

    • Pas de TVA ? Vous prenez vos désirs pour des réalités,
      Arrêtez de fantasmer, la TVA est 15% et sera bientôt de 17%.
      C’est un poil mieux qu’en France, mais ce n’est pas 0 ❗

      • @MichelC
        Je n’ai pas dit pas de tva, j’ai dit pas de tva en France. Vous exagerez, Michel

        • Vous êtes sur le point d’être complètement dépassé, et je ne pense pas exagérer :

          La TVA du numérique sera bientôt partagée entre tous les pays européens.

          • Cool. Bonne nouvelle, donc. Pas la peine de s’énerver.

            • Bonne nouvelle pour aurelie filipetti, j’entends

              • Pas tant que cela : marge de manœuvre = 0 ❗

                Enfin, ils arrêteront de beugler et nous foutrons la paix.

                • Pas de marge de manoeuvre pour faire quoi ?je n’ai pas compris votre remarque.
                  Si vous espérez avoir du répit côté beuglage, je crois que vous pechez par optimisme. C’est bientôt la rentrée, tout le monde va être sur les nerfs, on trouvera bien un autre os à ronger pour faire diversion

                  • Cela fera un os en moins à ronger pour les politiques.
                    Certes, il en teste bien assez pour les entendre tous grogner comme des bêtes à défaut de beugler (il y a du choix ).

                    Si les sous sont partagés, quel intérêt à mettre une TVA de 25% ❓
                    Autant rester dans la moyenne.

                    • un os de plus, un nouveau combat à mener obtenir une tva nationale…la solution à tous les problèmes…

                    • Oh, plus qu’une TVA : tous les impôts tirés vers le haut, a dream for french politicians.
                      Ils oublient que les autres sont MOINS pressés ❗

    • « personnellement, sans bibliothèque publique, je n’aurais jamais pu lire les ouvrages nécessaires à ma réussite scolaire. »
      Et les livres d’occasion, vous connaissez?
      J’ai acheté bcp de bouquin d’occasion à une époque, et justement sur amazon, l’occasion marche très bien.
      Vous achetez un livre de l’année de fac et le revendez l’année suivante.

      • @gillib
        Et bien, figurez-vous qu’il existe des gens qui, même d’occasion, ne peuvent se payer leurs livres et à qui il arrive d’avoir à choisir entre payer les frais d’inscription et les factures de chauffage.
        Je sais, le monde est mal fait.
        J’ajoute que parmi ces gens, il en est même qui se refusent à faire la demande de subventions et allocations auxquelles ils auraient peut-être droit en insistant un peu.
        Dingue, non ?

        • Et bien on vous le prête ce bouquin.
          C’est tjs pareil, sans état c’est le chaos.
          Les socialistes jouent à faire peur aux gens.
          Sans état pas d’eau courante
          Sans état pas de nourriture
          Sans état pas de justice
          Et bien je vais vous dire la réalité, et c’est tjs la même chose, avec l’état pénurie et mauvaise qualité.

          Moi aussi j’ai été étudiant avec pas de chauffage. LOL
          Il suffit de trouver une p’tite étudiante pour vous réchauffer.

      • Et comme les bibliothèques publiques sont chauffées, ça faisait d’une pierre deux coups.

  • Amazon c’est un outil vraiment révolutionnaire qui permet un accès à la culture pour tous à moindre prix, c’est juste extraordinaire de ce point de vue. Et surtout je suis surpris que les écologistes ne vénèrent pas Amazon car ça permet d’éviter les déplacements de la campagne à la ville pour acheter ce qui est nécessaire donc moins de rejets de CO2.

    • Il ne faut pas sous-estimer l’impact sur l’environnement que représente l’utilisation d’internet. Que vous fassiez l’un ou l’autre, cela occasionne des pollutions.
      Sûrement moins sur internet quen voiture cela dit

      • Remarques gratuites, l’impact sur l’environnement est directement proportionnel aux moyens existants pour traiter la pollution. Dans nos sociétés modernes, il est très faible.
        Remarque complémentaire: tout et tout le monde pollue. Très naturellement. L’important n’est donc pas de polluer, mais de traiter ensuite. Ce que nos sociétés modernes font de mieux en mieux chaque jour.

      • Bientôt ce sera l’inverse, quand la rupture technologique se produira.
        C’est en cours 🙂 🙂 🙂

  • Je ne crois pas qu’il s’agisse d’anti-américanisme, et même si cela joue je ne suis pas sûr non plus qu’il s’agisse véritablement d’un lobbying explicite de certains acteurs. Je pense plutôt que le gouvernement essaye de favoriser systématiquement les entreprises qui ont un business-plan du siècle dernier.

  • « Autant elle fera assaut d’hypocrisie et de petites bassesses pour l’électeur, autant le contribuable la laisse totalement froide et le consommateur, indifférente. »

    Une question : les électeurs ne lisent donc pas ? les e-lecteurs ne votent-ils pas ?

    Ce qui n’enlève rien à l’incommensurable stupidité et incohérence de Filibêêêti et ses semblables.

  • C’est l’histoire d’un mec qui bossait dans une entreprise au milieu des années 90, aux Etats Unis. A ce moment là, le commerce en ligne explose. Ce type, pas con et surtout pas le genre passif, se dit qu’il pourrait profiter. Il crée un site pour vendre en lignes des bouquins, le truc con quoi qui sert à rien, y a des librairies, des catalogues de vente à distances, des témoins de jéhovah qui viennent directement vous vendre leurs bouquins chez vous. 20 ans après, ce site est le plus vendeur de livres en ligne.

    Si lui l’a fait, pourquoi les libraires ne l’ont pas fait (soit dit en passant, ils ont déjà du mérite d’avoir monté leurs magasins en France) ?

    • Il y a des libraires qui ont déjà songé à des solutions pour revitaliser leur commerce, ils organisent des rencontres avec des auteurs, des soirées genre club de lecture à l’américaine, des événements qui apportent à leur clientèle un supplément qu’amazon et les autres sites ne peuvent fournir. Sans oublier la qualité de leurs conseils.
      Amazon ne les fera pas disparaître.
      Par contre, le métier de libraire ne pourra plus être celui de simple revendeur de livres.
      Il faudra aussi que les éditeurs les ménagent davantage (cf RogerT à 11h10) car ils ont un pouvoir prescripteur non négligeable et permettent de faire du livre un moyen de sociabilité, une occasion de se causer en vrai et pas caché derrière son ordi sur les forums ou les blogs.

      • Mais c’est quoi cette fixette sur les libraires!!!
        Les livres physiques c’est fini et c’est tant mieux
        Vive le livre libre et dématérialisé.

        • Et si ça me plaît à moi, d’acheter des livres papier pour les annoter, y glisser mes marque-page préférés et en profiter pour draguer la libraire.
          Me donnez-vous encore la permission d’envoyer des courriers par la poste bien que j’aie une adresse mail ?

          • Mais oui, bien sur. Une bonne librairie avec une belle libraire cela a un charme irrésistible 🙂

          • Ben oui toutafé
            Un moine copiste, c’est mieux, alors que le reproduction mécanique sans aucune âme c’est nul.
            Il faut interdire l’imprimerie, cette invention maléfique qui permet tout à chacun de livre la bible dans le texte.

            • @gillib
              Il y a un malentendu, je crois: je n’ai rien contre Amazon et la dématérialisation du livre. Et je pense que ma vie d’étudiant aurait été nettement plus riche si wikipedia et le principe de l’open avaient existé.
              On peut encore aimer les librairies sans être considéré comme rétrograde.
              Marrant votre allusion à l’imprimerie: je suis designer typographe, alors vous pensez si je m’y connais en impression papier et tout le toutim. Et voir les livres en vrai quand on s’intéresse à l’imprimerie, c’est nécessaire. Le livre n’est pas seulement le support d’un texte, c’est aussi un objet qui a une vie en tant que tel. Et oui, de nos jours un type designer comme on dit travaille aussi bien avec les imprimeurs qui possèdent encore des casses à l’ancienne (très peu nombreux et fort jaloux de leur petits trésors) que sur un écran d’ordinateur.

          • ockham: « Et si ça me plaît à moi »

            Si plein d’autres personnes ont les mêmes gouts que vous ce sera rentable et ça existera encore sans problème. Sinon aucune raison de faire payer à tous des réverbères à gaz dont plus personne ne veut.

            De mon côté je me gave de littérature comme jamais dans ma vie avec les eBooks et je ne regrette pas 1 minute les livres, si cher et si peu pratique.

        • Certes, mais en termes de plaisir de lecture le livre physique c’est autre chose, surtout les BD et mangas ^^

          • SweepingWave « surtout les BD et mangas ^^ »

            J’attends avec impatience les liseuses couleur grand format pour me gaver de BD autant qu’avec les ebook actuellement. ^^

        • Je ne suis pas certain que votre vision sera aussi enthousiaste que vous dans quelques années. Imaginez l’impact sur votre appareil visuel au bout de quelques dizaines d’années passée à lire plusieurs heures par jour des écrans lumineux…

          • La lecture sur papier..plusieurs heures par jour pendant des années n’a pas d’effet sur l’appareil visuel ( ou vue)? franchement je n’en sais rien, mais les gens regardent des écrans depuis un moment maintenant et pendant des heures…

            Pire ou plus loin, il n’est pas impossible qu’une partie des lecteurs plus soucieux de s’immerger dans une histoire que de pénétrer un texte dans sa plus grande profondeur se contenteront de laisser la machine lire pour eux….la  » lecture » même peut changer de nature.
            Mais j’ai l’impression que le statut de lecteur est encore associé au lettré , à une certaine idée d’une élite et un certain mépris est affiché pour celui qui n’aime pas lire des livres. Les gens défendent parfois le livre papier pour cette simple raison me semble t il.
            Or je connais des tas de gens intelligents drôles ouverts et surtout gentils…qui ne lisent pas livres tandis que les plus abjectes des idéologies se sont propagées aussi par le livre et qu’on peut avoir lu beaucoup en restant bouché.

            • Le livre a été longtemps le moyen le plus pratique pour stocker et transmettre les savoirs (le seul?) De façon un peu simpliste, on peut dire que plus une personne lisait et avait accès aux livres, plus elle était savante. L’étendue des savoirs ayant augmenté de façon exponentielle dans tous les domaines au moment de la Renaissance en Europe (je schématise), une personne ne pouvait à elle seule contenir dans sa propre mémoire tout le contenu d’un champ disciplinaire donné comme le faisaient les savants du Moyen Âge (qui travaillaient en plus sur des traductions de traductions de traductions, souvent incomplètes car l’objet livre lui-même résistait mal au temps, et caviardées voire carrément falsifiés par les religieux).
              Il y a eu essor des livres et identification du livre aux lettrés et aux savants jusqu’à il y a peu. Grâce au développement de l’instruction, un boucher peut lire et accéder théoriquement à tous les savoirs (se pose le problème de l’accès aux livres, de la qualité de leur contenu, etc.)
              S’il le fait, c’est par goût personnel, par curiosité, ses clients ne l’identifieront pas comme meilleur boucher alors qu’un savant, un professeur, un travailleur intellectuel sera considéré comme meilleur s’il lit beaucoup, il pourra mieux contribuer à améliorer l’état du savoir dans son domaine grâce aux écrits des autres, etc.
              Le livre est devenu, au-delà de son utilité pratique, un signe de distinction au sens bourdieusien. Il prouve que vous avez fait des études et que vous exercez une profession apportant un statut social symboliquement plus élevé qu’un ouvrier par exemple.
              Depuis la généralisation d’internet, cela a changé drastiquement. L’accès au savoir ne dépend pas de supports physiques que l’on peut stocker et exposer, il dépend de l’accès au réseau.
              Et on peut tout à fait imaginer que nos machines nous fassent la lecture et nous dispensent d’apprendre à lire tôt ou tard.
              Le fait de posséder des livres et de les lire (ce qui n’est pas la même chose) n’est pas vraiment corrélé à l’intelligence des personnes. Cela l’est d’autant moins depuis que les livres ont commencé à disparaître de nos étagères au profit des tablettes numériques.
              L’ère de l’écriture est peut-être juste une période historique de l’évolution humaine. C’est une invention assez tardive et elle sera bien un jour remplacée par une invention plus efficace. Le problème se posera peut-être de la dépendance des individus à des prothèses techniques sans lesquelles ils seront voués à l’ignorance faute de savoir se procurer l’information sans l’aide du système.

              • oui, mais histoire de l’écrit mise à part je me restreins à cet aspect disons bourdieusien ,si vous voulez, du livre qui transparaît dans tout attaque au livre physique; j’ai vu une étude d’une chercheuse de je ne sais où essayant de démontrer que ce qui est lu sur papier colle mieux au cerveau que ce qui est lu sur tablette, je ne dis pas que c’est faux mais je suis certain que pour beaucoup il y a un biais de confirmation, on croit un élément de preuve d’autant plus qu’il nous conforte…

                mais bon…ça ne fait rien aux zieux de lire sur papier??

          • « Imaginez l’impact sur votre appareil visuel au bout de quelques dizaines d’années passée à lire plusieurs heures par jour des écrans lumineux… »

            Les écrans des liseuses ne sont pas rétro-éclairés, donc non lumineux.

            • certes mais on peut lire sur ordi portable ou tablette… sur écrans lumineux quoi…et..je sais pas trop on entend beaucoup de truc mais je n’en jamais tiré d’info claire…

  • J’aime bien les mathématiques, les sciences, et leur histoire sujets peu courus par les libraires. La paraplégie me contraint au fauteuil roulant et rend difficile l’accès à une librairie « à l’ancienne » à 50 km de mon domicile campagnard.
    La population viellit, beaucoup de personne agées aiment la lecture.
    Bénie soit AMAZON.FR qui me sert à domicile les livres commandés à un prix très intéressant.
    Je viens de recevoir 5 exemplaires d’un petit livre à 4,00€, coût total 20,00 + 0,01 € de frais de port = 20,01 € TTC.
    L’affaire rappelle l’histoire des canuts de Lyon luttant désespérément contre le métier à tisser Jacquard.
    Bravo pour votre coup d’épée dans l’eau Mme la ministre !
    YB24

    • Salaud d’handicapé qui fait rien que tuer les librairies fraônçaises en privilégiant le méchant ultra-capitaliste-sauvage américain!
      😉

  • Les commentaires sont fermés.

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