Piketty, ou l’illusion des inégalités

Thomas Piketty a-t-il raison de dénoncer l’augmentation des inégalités sociales à travers le monde ?

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Piketty crédits swanksalot (licence creative commons)

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Piketty, ou l’illusion des inégalités

Publié le 24 juillet 2014
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Par Pierre Chaigneau 

Piketty crédits swanksalot (licence creative commons)Dans son ouvrage controversé devenu best-seller mondial, Le capital au XXIe siècle, l’économiste français Thomas Piketty dénonce, données statistiques à l’appui, l’augmentation des inégalités. Pourtant, les chiffres qu’il présente ne mènent pas nécessairement à cette conclusion.

Piketty se focalise sur l’évolution de la distribution des revenus dans la population au cours du temps, ce qui permet par exemple d’étudier la part du revenu total que gagne le premier centile de la population. Seul problème : le « 1 % » n’est pas constitué des mêmes personnes d’une année à l’autre et les revenus de ces personnes ne sont maintenant pas aussi stables que ceux du salarié moyen.

Steve Jobs, par exemple. Lorsqu’il était p.-d.g d’Apple, son salaire annuel était de seulement… 1 dollar. En parallèle, il recevait des actions et des options sur titres, ce qui lui a procuré par la suite un revenu. Or les dirigeants ne peuvent revendre leurs actions et leurs options sur titres avant un certain délai (souvent trois ans). Alors même que cela constitue dorénavant l’essentiel de leur rémunération, ils ne réalisent donc aucun revenu sur ces titres avant plusieurs années.

Par conséquent, les revenus qu’ils tirent de la vente de ces titres vont être concentrés sur une période relativement courte. À ce moment, les dirigeants vont faire exploser les statistiques d’inégalités, mais c’est la simple contrepartie du fait que leur revenu s’est enfin ajusté à la hausse après plusieurs années de vaches (relativement) maigres.

Cela pourrait-il en partie expliquer la hausse des inégalités ? Si ce décalage temporel entre l’octroi d’une rémunération et la réalisation du revenu associé avait toujours existé, il ne contribuerait pas à l’évolution des inégalités. Or ce décalage est un phénomène récent, découlant de la rémunération sous forme d’actions et d’options sur titres.

L’économiste américaine Carola Frydman a montré ainsi que dans les années 1950 et 1960, les dirigeants étaient essentiellement rémunérés avec un salaire fixe et une prime, elle aussi relativement fixe, lesquels représentaient environ 90 % de leurs émoluments. Par ailleurs, les rémunérations des p.-d.g étaient remarquablement stables à cette époque, et variaient peu d’une année à l’autre.

Les années 1980 et 1990 ont toutefois marqué une révolution en matière de rémunération des dirigeants. Les options sur titres en sont venues à en constituer l’essentiel. Dans les années 2000, le salaire et la prime ne représentaient plus que 40 % de leur rémunération, le reste étant surtout constitué d’actions et d’options sur titres.

Bien entendu, le revenu que procurent ces titres dépend de la performance boursière de l’entreprise et est donc très variable. Par ailleurs, l’octroi d’actions et d’options sur titres varient d’une année à l’autre (le salaire étant au contraire assez stable), ce qui amplifie encore plus la variabilité du revenu des dirigeants au fil du temps.

De même, les employés de start-up qui sont payés en pizzas et en options sur titres ont des revenus plutôt faibles pendant de nombreuses années, jusqu’à ce qu’ils vendent leurs options sur titres et deviennent parfois millionnaires. Là encore, ils contribuent fortement, lors de cette année, à l’inégalité statistique, même si leur revenu moyen considéré sur une longue période n’est pas si différent d’un revenu normal.

De même, les athlètes de haut niveau sont aujourd’hui plus payés que par le passé, mais gardons à l’esprit qu’ils ne gagnent un revenu élevé que durant leur jeunesse, avec par la suite des reconversions plus ou moins heureuses… Leur revenu total au cours d’une vie n’est pas si élevé ; mais durant leur jeunesse, ils contribuent fortement à l’inégalité « statistique ».

En somme, la croissance des inégalités dénoncée par Piketty pourrait simplement refléter le fait que les revenus sont plus variables d’une année à l’autre, surtout pour les revenus élevés, et non l’augmentation des écarts de revenus entre individus.


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  • Allez expliquer ça à un gauchiste qui cherche juste des raisons pour légitimer le fait qu’il a des vues sur le fric des autres…

  • 40 ou 50.000 exemplaires, best seller mondial ? et alors Harry Potter, c’est quoi comme succès? Multi-univers ?

    • Apparemment plus de 800 000 aux USA, mais bon c’est un des livres les plus achetés et les moins lus (enfin surtout les moins finis…) Ce qui permet de dire que l’intro est un best seller mondial mais sa conclusion et ses derniers chapitres font un four !

  • C’est gentil ! Mais franchement soyons sérieux, qu’il y ait des phénomènes nouveaux tels que décrit ici, oui bien sur, mais regardez au tour de vous ce qui se passe. Je vais rester « franchouillard »: l’accession à la propriété , le graal du salarié moyen….Lorsque j’ai acheté ma maison il y a 20 ans j’avais emprunté sur 15ans.
    Aujourd’hui le même cadre doit emprunté sur 20 à 30ans…. et en attendant il paye un loyer…à qui aux propriétaires des générations passées soit qui vendent leur bien soit qui le loue…Nous assistons dans notre pays à un formidable transfert de richesse vers le haut….Les salaires sont bloqués pas les revenus financiers ni les immobiliers….bref oui Picketty à 100 fois raison d’alerter sur ce sujet essentiel. Et je ne parle pas des pays en développement..là bas le phénomène est multiplier par 100 , et la hausse (réelle) du niveau de vie de beaucoup le masque.

    • Tranfert accentué par le système de retraite par répartition Pétain-Ponzi-Madoff.

      Rappelons qu’en France, les banques ne prêtent qu’aux fonctionnaires.

    • L’immobilier est cher uniquement parce qu’il n’y a pas assez de logements. Que l’état libère du foncier, simplifie les normes et les délais pour construire et l’immobilier va retrouver un prix normal.
      Si demain vois décidez de vendre votre bien et que plusieurs personnes vous fasse une offre, vous prendrez la moins cher sous prétexte que les prix de l’immobilier sont devenus exhorbitants?

    • L’immobilier est très cher parce que l’Etat fait tourner la planche à billets (à la demande et sur les recommandations des Piketty et consort) puis oriente l’excès de monnaie vers les secteurs où l’inflation ne gêne pas trop. Donc la bourse (et particulièrement les obligations -d’État si possible) et l’immobilier.
      Mais cela ne profite à personne, sinon les finances publiques et les banques (para publiques).

      Les fameux « très riches » n’ont pas leur fortune en immobilier.

  • son livre est un des livres les moins lu. c’est à dire que les gens l’achètent mais ne le lisent pas. cela dit cela n’a rien d’étonnant les gens qui achètent ce livre sont des gauchistes qui sont incapable de comprendre le livre. ils achètent le livre juste pour faire beau……

  • « Dans son ouvrage controversé » cet ouvrage n’est pas controversé, cet ouvrage s’est juste de la connerie même des économistes de gauche ont sévérement critiqué cet ouvrage. il y a assez de gens qui ont montré à quel point cet ouvrage est faux. il n’y a que les convaincus qui achètenet cet ouvrage et qui le défendent. comme dit Clive Crooks: « J’avançais que l’erreur du livre était de défendre une théorie qu’il ne parvenait pas à soutenir. Piketty dit que le capitalisme contient une contradiction fondamentale : dans la nature du système, les inégalités de revenus et de richesses tendent à augmenter de façon inexorable, et la ploutocratie en est la conséquence logique. Il délivre une théorie de circonstance pour soutenir tout cela, mais cela est loin d’être une théorie, plutôt un mélange d’identités comptables et de suppositions. Les chiffres du livre lui-même ne prouvent rien non plus. Et cela tout en considérant alors que les chiffres étaient corrects… ».

  • Je trouve que c’est moins l’envolée des revenus du « 1% » qui devrait poser question aux US que l’explosion de celle des 0,1, voire d 0,01%.

    Il est très probable que du fait de cette concentration de revenus dépassant le seuil au delà du quel on peut vivre de ses rentes indéfiniment, une caste dynastique se forme ou se renforce aux US. Là, nulle mobilité : juste du renforcement et la protection de situations protégées acquises par achat d’influence auprès des parlementaires des deux partis.

    Lire à ce sujet l’excellent livre de Robert Frank, du WSJ, : « Richistan », écrit en 2007 avant la crise.

    • Pour le moment, il n’y a pas de formation de caste dynastique, et si en France on se plaint de voir aux USA des situations protégées par des influences politiques achetées, on ferait bien de revendre nos longues-vues et de regarder quoi balayer devant notre porte !

      De plus, on devrait se réjouir que le 1% ou le 0.1% devienne accessible à tout un chacun et que seul le 0.01% reste difficile d’accès. Les mesures préconisées par Piketty visent à écrêter par la fiscalité les 20 ou 10% actuels, et à décourager tous ceux, c’est-à-dire une grande majorité, dont les efforts devraient leur permettre d’y prétendre. On s’en fout qu’il y ait des super-riches s’ils ne nous empêchent pas de nous enrichir. Et ceux qui nous en empêchent, sont détestables, quand bien même seraient-ils pauvres (et Piketty n’est pas pauvre, vu les copains qu’il a).

      • « De plus, on devrait se réjouir que le 1% ou le 0.1% devienne accessible à tout un chacun »

        Le probleme est precisément que, grosso modo, « tout un chacun » est en l’occurrence, grand max, l’ensemble des 5% les plus riches américains.

        • En fait, pas vraiment.
          Il a été montré que 80% des américains passent à un moment où un autre au sein des 10% les plus riches, et près de 30% sont, ont été ou seront à un moment ou un autre dans les 1%. Evidemment la proportion diminue quand on va dans les quantiles les plus extrêmes, mais l’idée est là. A quelques exceptions près, les très très très riches ne l’étaient pas au début de leur vie et ou ne le seront plus à la fin de leur vie.

          Quant au fait que l’écart augmente à un instant t entre les très riches et les moyens c’est juste un effet statistique tout con de l’enrichissement général. Et c’est d’ailleurs une mesure pertinente de l’enrichissement d’un pays. Un pays où l’écart entre le dernier centile et la moyenne se réduirait serait soit en train de faire de la redistribution de force (et donc à moyen termes de régresser) soit en train de régresser. Mécaniquement.

    • Il est tout à fait soutenable de dire que des castes dynastiques se forment, les descendants héritant de la situation confortable de leurs ainés, sur tous les plans, aussi bien financiers que culturels, intellectuels, et sociaux. Le travail accompli par leurs ainés leur sert de tremplin avantageux comparé à un individu issu d’un milieu moins aisé.

      Et c’est mal? Des pauvres sont devenus riches, et leurs enfants en ont bénéficié. Des riches ont légué leur situation à leurs enfants, qui ont pu la renforcer (ou la ruiner, c’est aussi possible…). Il faudrait l’interdire? Cétropinzuste, alors faut spolier les riches à la naissance? Certains ne s’en sont pas privés… mais le communisme, c’est un bel idéal, et Mao était un mauvais communiste!

      La vie n’est pas « juste », et nous naissons inégaux, c’est la réalité, et c’est ce déterminisme qui devrait nous pousser à travailler et combattre pour recevoir le fruit de nos mérites. Au lieu de cela, nous avons des socialistes qui prétendent faire advenir un monde meilleur où tout le monde sera égal selon ce qu’ils jugent devoir être « l’égalité », et nous avons trop de gogo pour avaler ces couleuvres.

      Quant à l’achat d’influence que vous dénoncez avec raison, on devrait encore plus en blâmer les représentants de l’état, qui sont supposés représenter l’intérêt de nous aut’ bas peuple… mais l’état, socialisme aidant, s’en bat la rate et pille allégrement les efforts des classes moyennes qui cherchent à s’élever, pour pérenniser une rente à leurs copains de connivence.

      • Vous pouvez echafauder toutes les théories sur les origines profondes ou les responsabilités vis a vis de la formation d’une caste dynastiques, ou même sur les justifications morales de son existence, cela n’altère pas vraiment les faits : ces régimes ont souvent fini par le chaos ou par de tres profondes réformes

        • Je n’échafaude pas de théories, c’est plutôt vous qui en échafaudez, et d’ailleurs je ne les remets pas en question, et je ne cherche pas non plus de justifications morales, c’est vous qui les sous-entendez, comme si on devait se justifier d’être riche!
          Les régimes qui finissent dans le chaos le méritent bien, quelles que soient les raisons: et c’est tant mieux, c’est bien la preuve que l’injustice finit par se payer.

          On aimerait juste que les penseurs sensés, tel Bastiat ou Hayek, soient enfin pris en considération, et inspirent les gouvernements de ce monde. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir averti, voire même prédit les dérives iniques que nous subissons maintenant.
          Taxer, spolier les riches ne rendra pas les pauvres plus égaux, Piketty est juste un imbécile de le croire. Pol Pot au Cambodge a commencé par faire trucider tous les représentants des classes « privilégiés », avec le résultat que l’on connait: c’est toujours ça, à la fin, le résultat du socialisme. Alors ce genre de position morale automatiquement offusquée contre les riches, les privilégiés, les multinationales, vous voyez avec quelle méfiance je mes reçois.
          Bref, si vous n’êtes pas content, allez vivre à Cuba, la dynastie Castriste y sera sans aucun doute plus « égalitaire », n’est-ce pas?

          • Vous y allez un peu fort! Il y a un fossé entre une saine gestion des revenus au sein d’une population, pour justement permettre à tous de vivre correctement et sombrer dans la dictature marxiste. Je pense à l’exemple Suisse, démocratie modèle pour beaucoup, où triomphe un libéralisme efficace …mais sagement contenu par une administration fiscale bien présente…Vous me direz que c’est une situation extraordinaire, c’est vrai, mais justement ne devrions pas nous en inspirer? Et il y a aussi les pays scandinaves, le Japon etc…Ce ne sont pas des dictatures marxistes pourtant il y règne une grande discipline fiscale et un libéralisme bien vivant.

            • Le Japon ? Grande discipline fiscale ? C’est une blague ?

            • Oui, la Suisse, les pays scandinaves, la Nouvelle-Zélande, où le pragmatisme reste de rigueur. Sans en faire une règle infaillible et définitive, j’ai cependant l’impression que le socialisme et le dirigisme étatique, qu’il soit national ou supranational, prends de plus en plus de « parts de marché » dans les médias, dans les discours et les décisions. On n’assiste pas à une libéralisation dans le monde, mais au contraire à un renforcement constant et à tous les niveaux du dirigisme.
              La Suisse reste une démocratie libérale et proche du peuple, mais le socialisme y est influent, et si par exemple la loi sur l’immigration est passée en dépit de toutes les exhortations des médias, ce n’est que d’un seul petit %. Et ça, c’est sans compter l’UE qui manoeuvre tant qu’elle peut pour « déconstruire » cette spécificité Suisse.
              D’où ma réaction, et d’où ma méfiance dès qu’un olibrius se pointe la morale en bandoulière, pour clamer que les riches, toussa, cétroporible, cétropinzuste.

            • « une saine gestion des revenus au sein de la population »

              Non, non et non ! La population, ni ses revenus ne peuvent pas être « gérés » sans tomber dans le communisme. C’est très français de croire que les lois et l’Etat peuvent corriger (pour faire court) une société dont ils sont l’émanation…

              Dans l’exemple suisse cité, tout est basé sur le fédéralisme et le consensus politique (grâce à la démocratie directe), ce qui a abouti à un système responsabilisant (assurances maladies payées au même tarif quelque soit le revenu, mais différentes d’une caisse maladie à l’autre et d’un canton à l’autre par exemple) avec un système social qui a vocation non pas à niveler les revenus, mais à pallier l’incapacité des plus faibles (subventions aux primes d’assurance maladie pour les plus faibles revenus pour reprendre l’exemple), et à des institutions étatiques – transport, éducation, etc mais aussi des parlements, gouvernements, justices et administrations (au pluriel, puisqu’il y a 26 cantons et demi-cantons en plus de la confédération) – au service de la population (et pas des lois imaginées par des politiciens électoralistes pour prétendument résoudre les problèmes fantasmés par des idéologues).

              • Vous fâchez pour pas grand chose, ce que je dis de façon trop raccourci, en utilisant le mot « gérer » qui vous fait bondir, vous le dites fort bien en rappelant l’efficacité de la démocratie suisse. La « régulation  » des revenus est une réalité consentie par les démocraties les plus « vertueuses » sans pour autant devenir idéologue.

          • Je ne comprend rien a votre galimatias.

            Je dis simplement que les régimes dynastiques ploutocratiques ont pour la plupart mal fini pour tout le monde. A ce titre, les USA devraient a mon avis s’interroger sur les risques d’en devenir un.

      • certes tous cela est vrai…aussi vrai que de temps en temps des révolutions éclatent pour remettre les compteurs à zéro…mais ne pouvons nous pas espérer une gestion plus intelligente du monde?
        Je pense que oui , car aujourd’hui nous savons tout cela…plus d’excuses sinon notre incapacité à gérer nos sociétés..

  • Bastiat a prédit il y a longtemps le creusement de « l’inégalité » entre une micro-minorité et le reste de la population, par raréfaction et concentration du capital dans un nombre de mains de plus en plus réduit, comme une conséquence directe des politiques visant à redistribuer les richesses afin de réduire lesdites inégalités…

    Mécanisme très simple, à partir du moment ou l’état intervient pour redistribuer les revenus, automatiquement déjà il fait baisser la richesse générale en cassant la motivation pour s’enrichir.
    Et comme dans ce genre de système il est tout aussi valable pour s’enrichir d’avoir les faveurs du gouvernement que de travailler réellement, les plus favorisés sont mécaniquement les plus gros, les plus influents, les copains de promo, qui seront rarement les plus productifs…

    Ajoutons à cela les politiques carrément anti-capitalistes, ou simplement décourageant l’accumulation de capital par le plus grand nombre, et seuls les très gros seront au final en possession de capital.

    En autres conséquences, et comme le capital est indispensable au travail salarié, la raréfaction du capital aboutit à une augmentation du chômage, bref à une concurrence accrue entre les salariés (en poste ou potentiels), ce qui tire vers le bas les rémunérations.

    A l’inverse, en l’absence d’intervention d’intervention étatique pour décourager l’enrichissement (par la redistribution) et l’accumulation (par la fiscalité) de capital, celui-ci se verrait beaucoup plus distribué qu’aujourd’hui, puisque tout le monde aurait intérêt à se constituer un capital.
    Entre autres conséquences, cette accumulation généralisé de capital rendrait possible le travail salarié de façon bien plus étendue et distribuée; et cette mise en concurrence du capital, ce surcroît d’offres d’emplois, serait forcément positive pour le revenu des salariés, le rapport de force s’inversant…

    Pour moi Piketti n’est qu’un socialiste parmi d’autres, une personne persuadée de pouvoir faire partie de ceux qui profiteront du système qu’il préconise, et dont les remèdes qu’ils préconise sont déjà la cause des symptômes qu’il prétend traiter…

    « Dieu se rit des gens qui se plaignent des conséquences et chérissent les causes », dédicace à tous ceux qui gobent les salades de Piketti.

  • Je suis choqué de voir des réactions accompagnées d’une certaines violence quant à Mr Piketty. En effet, il exprime simplement de bonne volonté une réalité, et ce accompagné d’une démarche scientifique : l’accroissement des inégalités. A contrario, la quasi totalité des hypothèses de cet articles sont douteuses – mais je ne m’aventurerai pas à les dénoncer une par une, ce serait perte de temps.

    Pour aller plus loin, je vois dans les conclusions de Mr Piketty un signal d’alarme concernant une destruction pour le moins partielle du système libéral et capitaliste qui nous apporte l’économie de marché.
    Son hypothèse vérifiée nous dit que le capital est de plus en plus transmis par héritage et non par le mérite du travail. S’il est illusoire de distribuer équitablement le capital, il ne l’est pas de faire de son mieux pour faire respecter les règles du marché.
    La liberté d’entreprendre est le résultat de l’association de l’autorisation factuelle/légale ET de la possibilité réelle d’entreprise. La vraie liberté d’entreprendre permet l’économie de marché, et empêche un système oligarchique de se mettre en place. A contrario, l’accroissement des inégalités bloque la création d’entreprise de manière très pragmatique (pas d’argent – pas de réseau – pas d’opportunité). Ceci poussera inéluctablement à un déséquilibre des marchés par la réduction des opportunités de travail, et donc y fine à une régression économique globale.

    Il ne s’agit donc pas de protéger la « répartition équitable » des richesses, mais plutôt l’accès équitable à la liberté d’entreprendre. Ce n’est pas exactement la même chose.

    • Piketty ment, tord ses statistiques jusqu’à ce qu’elles collent à ses thèses (enfin celles de ses maîtres) et prétend régenter le monde. C’est tout. Suffisant néanmoins pour lui envoyer une dizaine de volés de bois vert.

      Il s’est fait très violemment critiquer aux US, d’abord et avant tout par les universitaires « de son camp » (socialisto-keynesiens), non pas pour ses « conclusions » (fumeuses) mais parce qu’il ne les prouve jamais véritablement.

      Je vous mets trois équations, quelques résumés de données et un graphique qui peuvent paraître aller dans le sens de ce que vous voulez entendre et vous allez me dire « ah oui, c’est scientifiquement démontré ». Sauf que ce n’est que de l’esbroufe.

      Pour finir, les inégalités n’ont probablement pas été plus faibles qu’à l’heure actuelle depuis la fin de la préhistoire. Mais ceux qui ont peu et voudraient beaucoup sans se bouger sont convaincus du contraire et ce qui les conforte dans leurs croyances ridicules leur semble vrai. Ça s’appelle le biais de confirmation et c’est largement étudié.

      • Votre réaction pleine d’émotions me fait comprendre que je ne dois pas avoir été bien compris. Laissez-moi reprendre après cette petite parenthèse. Je ne désire pas entrer dans des jugements de valeur quant à ses intentions, et probablement devrait-il également garder ses jugements pour lui-même pour éviter ce genre de retour de manivelle. Par ailleurs, je préfère ne pas juger la totalité des individus en les divisant en deux camps: ceux qui veulent travailler, et ceux qui ne veulent pas. Je pense que l’être humain et ses interactions sont trop complexes pour être catégorisés/jugées si simplement. Enfin, votre commentaire illustre parfaitement le « biais de confirmation », je vous remercie du cas pratique.

        De mon côté, je retrouve dans ses travaux une réalité sociétale actuelle. Il m’apparaît évident que les inégalités augmentent de manière spectaculaire. Par exemple, le taux de chômage des jeunes est en explosion, et les opportunités en baisse. Ceci signifie que l’accès à la propriété et à la carrière dépendent de plus en plus de facteurs familiaux et beaucoup moins de la volonté de chacun. En d’autres termes, je trouve alarmant non pas la répartition inégale des richesses, mais ce qu’elle provoque, à savoir une atteinte à la liberté (possibilité) individuelle d’entreprendre.

        Note: sans vouloir entrer dans une argumentation stérile sur chacun des points, je me permets cette seule observation sur la préhistoire (je ne peux résister, veuillez m’en excuser).
        Les premiers hommes étaient nomades et se nourrissaient de chasse et cueillette. Le chef du groupe re-distribuait ses richesses aux membres et était sélectionné non par monarchie, mais bien par son caractère altruiste, fort, intelligent, etc. La faible taille du groupe autorisait en effet une interaction directe entre les membres. C’est l’arrivée de la sédentarisation, de la religion et de la distance avec les dirigeants qui a permis l’apparition d’inégalités. En somme, le terme « inégalité » n’avait pas de sens à ce moment – il ne s’agit pas non plus de polémiquer sur la date de son apparition.

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