La Silicon Valley, bientôt un État indépendant ? No kidding !

Silicon Valley CC Christian Rondeau

Le projet de Tim Draper de découper la Californie, un des plus grands États des États-Unis en six États indépendants fait la Une cet été.

Le projet de Tim Draper de découper la Californie, un des plus grands États des États-Unis en six États indépendants fait la Une cet été. Au-delà des arguments avancés au nom d’une meilleure gestion et d’une démocratie plus directe se cache la volonté de faire de la Silicon Valley un État indépendant.

Alice Liogier
Un article de Trop Libre

Silicon Valley CC Christian RondeauTim Draper, un puissant investisseur de la Sillicon Valley a proposé de soumettre au scrutin de 2016 le découpage de la Californie en six États indépendants. Si cette nouvelle fait la une des journaux californiens, elle reste pour beaucoup semblable à une blague.

Officiellement, les motifs affichés pour ce découpage en six États mettent en avant tous les arguments classiques en faveur de la déconcentration des pouvoirs et d’un État moins imposant. Un État trop grand (la Californie est un des trois États les plus grands et peuplé des États-Unis) éloigne les citoyens de la démocratie et est surtout inefficace. La Californie est un État très divers dans sa culture, mais aussi dans son tissu économique tandis que le Nord est soutenu par la dynamique de la Silicon Valley, le Sud reste plus en retrait économiquement. Selon Tim Draper donc, plus un État est grand, peuplé, hétérogène économiquement et socialement, plus il est inefficace et éloigné des citoyens et doit par conséquent se recomposer.

Les démocrates californiens, opposants de ce projet de réforme de grande ampleur, mettent en avant, au contraire, les nombreux coûts d’un tel redécoupage et les risques qu’il pourrait entraîner.

La plupart des réactions relèvent en fait de l’incrédulité. Désunir le Golden State, qui a pour beaucoup, son identité et son unité est un projet totalement impossible, farfelu.

Avant d’être proposée en tant que projet de loi, cette proposition a dû réunir un certain nombre de signature comme le prévoit la loi. Tim Draper a annoncé que c’est chose faite depuis le 15 juillet. Fin de la blague.

Mais quelles sont les réelles motivations de cet investisseur ?

Les arguments classiques d’un État trop imposant, loin de ses citoyens, comme une machine énorme et incontrôlable sont bien sûr principalement mis en avant par l’investisseur car ce sont eux qui pourraient convaincre le plus de Californiens.

Derrière cela, à peine dissimulée, se cache en fait la volonté grandissante chez beaucoup d’investisseurs et d’entrepreneurs à la Silicon Valley de voir cette région allant de la baie de San Francisco à San José indépendante. Véritable berceau des technologies et des startups les plus influentes du monde entier, la Silicon Valley se met donc à rêver de devenir un État indépendant. Même s’il est difficile d’imaginer à quoi un État indépendant tel que la Silicon Valley pourrait ressembler, il faut tout de même rappeler que sa puissance économique est non négligeable et fait rayonner la Californie.

Avant que le drapeau américain ne s’enrichisse de nouvelles étoiles, la route est encore longue. Il faudrait déjà qu’elle soit approuvée pour les électeurs en 2016 et enfin que le Congrès américain l’accepte…


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