Liberté contre pouvoir, une histoire de choix confisqués

Le progrès nous donne de nouveaux choix qui nous sont immédiatement confisqués.

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Liberté contre pouvoir, une histoire de choix confisqués

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 21 juillet 2014
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L’homme n’a eu de cesse d’améliorer son quotidien. Outre la production alimentaire générant les surplus agricoles à la spécialisation, l’innovation a apporté aux hommes les moyens de faire plus de choses et de faire autant avec moins de ressources. D’une façon générale, le progrès a consisté à disposer de plus de choix.

Mais l’occasion fait la larron, et chaque surplus rend possible l’existence d’un parasite (qui a bien du mal, ensuite, à y renoncer). Le développement de sociétés humaines complexes s’est accompagné du développement de la cleptocratie.

Les surplus ont permis de nourrir des chefs, dont le pouvoir de plus en plus grand s’accompagnait de privilèges et devenait héréditaire. Des bureaucrates également, pour administrer ce qui n’en avait pas nécessairement besoin. Et des soldats, pour que la volonté des chefs soit respectée et pour leur permettre d’assouvir leur soif de conquête en apportant la civilisation aux voisins.

Les chefs, après avoir légitimé leur existence auprès de quelques sujets, ont ensuite conquis les récalcitrants et les voisins, leur imposant le paiement d’un tribut dont l’impôt est la forme moderne. En consacrant leurs ressources à l’amélioration de leur armement et l’extension de leurs armées, ils ont progressivement pu s’approprier les ressources des vaincus, à réduire les survivants en esclavage, toujours pour agrandir leur empire. Les choix offerts par le progrès aux hommes leur ont aussitôt été confisqués.

Les peuples n’ont pas laissé faire sans mot dire. Beaucoup sont morts l’arme à la main en tentant de défendre ou reprendre ce qui leur avait été confisqué, et diverses révolutions et autres évènements historiques ont conduit les États à se soumettre à la volonté du peuple. Du moins, en apparence.

Car il existe toujours des chefs, qui ont rarement du mal à se recaser une fois l’élection perdue. Des privilégiés, prêts à défendre le système pour préserver leurs avantages. Et des citoyens, payant un tribut sous la forme d’impôts désormais censés financer certains services et remplacer la solidarité.

Et l’illusion démocratique s’essouffle, alors qu’Européens comme Américains découvrent que le changement de dirigeants ne change rien à leur politique, que leurs intérêts sont les moins bien défendus après ceux des politiciens, des entreprises qui ont leur oreille et des ardents défenseurs de la puissance publique. L’Europe avance, qu’on le veuille ou non, et fait croître son emprise en même temps qu’elle réduit dans les faits l’importance du vote citoyen.

Alors que la nature même du pouvoir est de confisquer les choix des individus sinon libres, les individus qui pensaient un jour être des citoyens (ayant donc le contrôle du pouvoir) se le sont aussi vu confisquer.

L’individu se retrouve donc privé de ses choix, car à ses possibilités chaque jour plus nombreuses en théorie, on répond par des limitations toujours plus contraignantes.

Il ne s’agit pas seulement de ne pas avoir le choix de sa société de transport, il faut aussi financer son inefficience et sa mauvaise gestion. Internet permet de s’exprimer, mais on ne peut pas dire ce que l’on veut et il faut accepter l’idée d’être en permanence surveillé (à défaut d’avoir un jour accepté la surveillance) même et surtout dans les situations les plus intimes.

On pourrait aussi considérer que le pouvoir autrefois autoritaire est désormais légitime, car démocratique. Ou que les limitations subies sont acceptées de tous, ou l’ont un jour été, dans un contrat social que tous auraient joyeusement accueilli. Mais historiquement, ce n’est pas ce qui s’est produit, et si ce contrat social est un contrat, il faudrait pour qu’il soit valable qu’il soit librement consenti. C’est par la force que se sont construits les États modernes. Et le fait que chacun donne (ou non) son avis sur la façon dont il faut gérer les affaires du pays ne justifie en rien qu’il faille les gérer ou que l’avis de certains doive devenir la règle pour tous.

Les choix confisqués ont des conséquences directement perceptibles. Financièrement, la différence entre salaire complet et salaire net après impôt peut être calculée ou estimée, même si la complexité administrative rend la tâche difficile. Le temps passé dans les administrations à collecter des Cerfa et remplir des déclarations aussi.

Mais il est bien plus difficile d’évaluer ce que les monopoles ou barrières à l’entrée imposées par le législateur coutent à chacun d’entre nous. Quel est l’impact des lois et interventions étatiques dans l’urbanisme sur le prix et la qualité du logement en France ? Combien de chômeurs auraient un emploi (décent et bien payé, qui plus est) si le code du travail était plus léger ?

On peut même aller plus loin. Si le système éducatif était meilleur, que l’économie n’était pas aussi entravée et écrasée, si la vertu n’était pas sans cesse sanctionnée et le vice récompensé, que chacun faisait pour lui-même ses propres choix dans son meilleur intérêt 1, combien d’inventions supplémentaires auraient déjà vu le jour ? Combien de ceux que le « modèle français » prétend sauver de la misère seraient plus heureux et épanouis pour avoir pu saisir des opportunités aujourd’hui inexistantes ?

Ce qui est confisqué aux citoyens n’est pas seulement détruit. Ceux qui le leur confisquent en jouissent. Et c’est là la double injustice du tribut : il appauvrit l’un et enrichit l’autre, donnant à l’esclavagiste les moyens d’asseoir mieux ou étendre son emprise. Mais tout espoir n’est pas vain.

Soyez résolus de ne plus servir, et vous voilà libres. – La Boétie

Il suffirait que les citoyens comprennent qu’ils seraient plus heureux libres et responsables de leurs choix que si leurs choix sont confiés à d’autres, ou confisqués par d’autres. Comment pouvez-vous y contribuer ? Et qu’attendez-vous ?

  1. au moins perçu, mais les valeurs étant subjectives, en est-il un autre qu’autrui puisse connaître ?
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  • Il semblerait que voler la nourriture de ses semblables sont assez commun chez les mamifères. Ci-après une expérience de darwinisme social
    http://rats.plongeurs.free.fr/

  • Merci Baptiste de nous rappeler que nous sommes les seuls à pouvoir reprendre nos vies

  • Je vois pas bien l’intérêt d’écrire ce genre d’articles qui ne servent qu’à conforter les convaincus dans leurs convictions et ne donnent aucune piste sur une quelconque façon d’améliorer la situation.

    Je sais bien qu’on est censés être en vacances, mais bon, c’est pas une excuse.

    Ce qu’il faut, ce sont des actions, fédérer les maigres effectifs libéraux autour d’objectifs clair, précis, atteignables rapidement.
    Blablater sur des évidences de la philosophie libérale, ça ne sert à rien.

  • nous autres libertariens sommes tous plus ou moins d’esprit agile ; notre relative aisance devant la complexité du monde fait que nous ne craignons pas d’en découdre… et toutes les contraintes étatiques nous semblent d’insupportables distorsions de la libre concurrence. Soit : nous sommes entre gens convaincus.

    Mais ceux qui ne sont pas comme nous, les plus faibles, sont désespérément à la recherche de protections, entre autres contre des gens comme nous, qui allons leur filer sous le nez avec les meilleurs morceaux parce que nous sommes plus rapides et rusés… »renards dans le poulailler » cités par Charles Gave.

    Ces faibles restent sensibles au discours de protection dispensés par les étatistes.

    Même si les infos manipulées n’arrivent plus à cacher que la classe klepto pique les avantages et que la protection est facilement contournée par les gros, les faibles préfèrent la couverture épaisse de milliers de lois et décrets à la nudité….et votent étatiste.

    nos démonstrations intellectuelles ne suffisent pas à les convaincre, et il faudra attendre l’effondrement, je crains

    • « Il faudra attendre l’effondrement »

      Si par « effondrement » vous sous entendez crise majeure, guerre civile, famine, chaos, l’étude sommaire de l’histoire montre que ça donne rarement naissance a des régimes privilégiant la liberté, quel que soit le sens qu’on attribue à ce mot.

      Vous avez sans doute un scénario en tête mais à mon acvis c’est une mauvaise série B.

  • « …et pour leur permettre d’assouvir leur soif de conquête en apportant la civilisation aux voisins. »
    Dans le cas français, après avoir pris une branlée terrible en 1871 contre la Prusse, les français n’eurent plus le droit de conserver une armée importante en Europe. D’où l’idée de faire une pierre trois coups en « apportant la civiisation » tout en « valorisant » les militaires et en respectant le traité.
    Les anglais ont eu une histoire bien différente.

  • Comme je l’ ai écrit sur un autre billet récent ( Letteron mariage ) en théorie et on nous le répète nous avons le droit de vote mais en réalité nous n’ avons seulement que le droit d’ élection /

  • Trop simpliste, trop angélique.

    Ce texte a le même défaut dans sa glorification de « l’homme libéral » que d’autres en ont a glorifier l’homme communiste.
    Il est certain qu’avec son individu idéal, n’importe quel système fait l’affaire.

    Je suis d’accord avec « Oo » ca ne présente pas grand intérêt; et c’est même erroné a mon avis. C’est un romantisme libéral qui rappelle un peu, par son simplisme, le romantisme socialiste initial des jeunes gens dans lequel tout se résume dans : « on est heureux de partager… ». Pas grand rapport avec la réalité du socialisme.

    Ainsi : « Les surplus ont permis de nourrir des chefs, dont le pouvoir de plus en plus grand s’accompagnait de privilèges… ». Je regrette, ce n’est ni une réalité historique, ni une réalité objective. On trouvera des cas ou le fait d’avoir des chefs a permis d’avoir des surplus, et d’autres ou l’absence de chef a conduit a la famine.

    • En l’absence de surplus, aucune spécialisation n’est possible autre que la collecte ou production de nourriture. Ni soldat à temps partiel, ni artisan spécialiste, ni prêtre, ni chef dispensé d’activité physique.
      Les bandes ont des sortes de chefs, sans réel pouvoir (car contestable) ni privilèges ni transmission héréditaire.

    • Qui parle d’homme idéal?

  • Les commentaires sont fermés.

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