Énergie : Europe méfie-toi, l’hiver approche !

Poste Gaz (Crédits : JPC24M, licence Creative Commons)

Le bras-de-fer entre l’UE et la Russie sur l’Ukraine pourrait prendre une autre tournure cet hiver.

Par Walter Russell Mead & al., depuis les États-Unis.

Poste Gaz CC JPC24MLorsque le bras-de-fer entre l’UE et la Russie sur l’Ukraine a vraiment commencé à dégénérer, ce printemps, de nombreux analystes ont souligné que ce qui se passait l’était à un moment opportun pour l’Occident. Les événements se sont exacerbés avec les températures, ce qui signifie que la demande de gaz naturel – le plus fort levier géopolitique sans doute de Moscou sur Europe – était à un point cyclique bas. Mais le mercure chutera plus tard cette année, et quand ce sera le cas, les responsables politiques européens auront sur les bras une crise de l’approvisionnement potentiel en gaz.

Car, en dépit des efforts pour trouver autre chose, environ 40% des approvisionnements du gaz russe pour l’Europe transite par l’Ukraine. Kiev et Moscou se sont chamaillés sur les prix du gaz et les factures impayées depuis des mois maintenant, et tout récemment la Russie a décidé de couper les vivres à l’Ukraine, avec un passage au modèle « pay-as-you-go » soit « sans abonnement ». Pour l’instant, cela n’a pas été vivement ressenti. L’Ukraine a beaucoup de gaz en stockage, et la demande est faible, alors que les températures sont élevées. Mais quand l’hiver arrivera, et que la demande augmentera, la plupart s’attendent à ce que l’Ukraine commence à siphonner l’alimentation qui passe de l’est à l’ouest, annonçant ainsi de mauvaises nouvelles pour le reste de l’Europe. Le Financial Times rapporte :

Christophe de Margerie, directeur général de Total, la plus grande entreprise pétrolière française, a déclaré au Financial Times que l’Europe pourrait avoir à se battre pour trouver des sources d’approvisionnement alternatives, même sans d’éventuelles représailles de Moscou contre les sanctions occidentales en coupant l’approvisionnement en énergie.

« Non seulement Total mais l’industrie le dit : soyons prudent. Cela n’a rien à voir avec un embargo. Mais si pour des raisons techniques, si pour des raisons de sabotage il y a une pénurie, oui, nous aurons des difficultés à fournir du gaz venant d’autres sources », a-t-il dit.

Les politiques européens ont remué les États-Unis pour qu’ils commencent à exporter leur gaz de schiste sous forme liquide, mais pour un certain nombre de raisons ce ne sera pas une solution efficace. L’Europe a quelques mois difficiles à passer, mais il faudrait utiliser cela comme une occasion d’exploiter ses propres réserves d’énergie de schiste, et adopter entièrement l’énergie nucléaire comme une source importante d’énergie verte.

Source : The American Interest. Traduction : Jean-Pierre Cousty pour Contrepoints.