Pétrole : mais où sont les découvertes ?

De nombreuses découvertes, de nombreux espoirs et tant de déceptions.

Par Aymeric de Villaret

pétrole productionQue la liste est longue ces dernières années de toutes ces découvertes majeures qui devaient révolutionner le monde du pétrole, entraînant un surplus de brut et une chute des cours. De l’annonce de champs géants (Kashagan au Kazakhstan) à l’annonce de nouvelles provinces (Brésil) et de nouveaux concepts (après l’offshore profond, voire très profond, ceux des pré-salifères – toujours le Brésil, mais aussi l’Angola, de marges abruptes (Libéria, Serra Leone…), de Jubilee au Ghana.

Et maintenant, après l’huile de schiste américaine, celle de l’Arctique ?

Que doit-on en penser ? Est-il raisonnable à la lumière de ce qui s’est passé ces dernières années de croire à ces potentiels souvent extraordinaires ?

Comment ne pas se rappeler l’engouement pour toutes ces découvertes… et ensuite, les retards, les dépassements de coûts et l’abaissement des prévisions de production ?

Quant à l’huile de schiste américaine, dont certains imaginent qu’elle va changer la face du monde en rendant les États-Unis indépendants, la durabilité de son essor semble d’ores et déjà limitée dans le temps. En outre, nous ne pouvons que souligner les déceptions possibles quant à la réalité économique de ces dernières : l’exemple le mois dernier (mai) de la révision à la baisse de moins 96% des ressources de Monterey en Californie – alors qu’en 2011, elles représentaient la majeure partie du potentiel américain – est à cet égard très significatif !

La technique évolue mais force est de constater que le relai du pétrole simple à extraire dans les pays du Golfe n’est pas si évident. Les nombreux espoirs déçus sur tous les concepts nouveaux et nouvelles provinces prêchent pour une certaine modestie face aux annonces.

Devant ces difficultés, devant la réalité d’un pétrole situé majoritairement dans des zones politiquement sensibles (les événements irakiens sont là pour le rappeler), il nous semble que le monde pétrolier a pris conscience de la fragilité et de l’incertitude de toutes les annonces de découvertes : la meilleure preuve nous semble en être la remarquable stabilité des cours du Brent au-dessus des 100$/baril et cela alors que des Cassandre voyaient encore en début d’année ce cours être divisé par deux !

N’oublions pas que le monde doit trouver tous les deux ans la production de l’Arabie Saoudite (10 Mb/j), ne serait-ce juste que pour compenser le déclin naturel des champs et cela alors que la demande mondiale de brut continue de croître de par l’essor des pays émergents !