Coupe du Monde Brésil, synthèse du 1er tour

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Quels faits saillants retenir de ce premier tour ouvert, riche en buts et somme toute bien réjouissant ?

Par Nick de Cusa

mondial 2014 FIFA world cup brasilQuatre équipes ont gagné trois matchs : l’Argentine, les Pays-Bas, la Belgique et la Colombie. Par contraste, ce n’est pas le cas de l’Allemagne, de la France et du Brésil.

En ce qui concerne les grandes régions du monde, l’Asie n’émerge pas. Ses qualifiés provenaient de ses franges, Iran, Japon, Corée, Australie (considérée comme en Asie dans le football) et non de son cœur, où réside le gros de ses habitants, Chine, Inde, Indonésie, Philippines, etc. Non seulement cela, mais en plus aucun de ses représentants ne passe le premier tour. Le rêve de la FIFA de conquérir cette moitié du monde, et donc de faire du football le vrai grand sport mondial, semble en échec.

L’Afrique, elle, a deux qualifiés, le Nigeria et l’Algérie. On est partagé sur ce résultat : historiquement, il est bon, voire exceptionnel. Cependant, les sorties de la Côte d’Ivoire et du Cameroun déçoivent un peu, et surtout, le Ghana, qui a tenu tête à l’Allemagne en faisant match nul, peut nourrir de gros regrets.

L’Europe, plus grande région du football, a subi un gros revers en perdant le Portugal, l’Angleterre, l’Italie quatre fois championne du monde, et désormais éliminée deux fois de suite au premier tour, et surtout bien sûr l’Espagne championne en titre, qui nous a régalé pendant huit ans d’un football d’exception, et qui fut à cette occasion une des toutes meilleures équipes nationales de l’histoire avec le Brésil de Pelé, et qui arrive en fin de cycle et doit désormais trouver et préparer la prochaine génération de talents. On a hâte.

L’Europe n’en compte pas moins l’équipe qui a le plus impressionné jusqu’ici, les Pays-Bas de Van Persie, Robben et Snijder, où, comme si les précédents ne suffisaient pas, le jeune Depay a fait forte impression. La Belgique, elle, ayant pourtant soulevé de gigantesques espoirs avant la compétition, a néanmoins été à la hauteur des attentes.

Finalement, et comme il se doit pour une coupe du monde sur son sol, l’Amérique est dominante. C’est bien simple, elle ne compte que deux éliminés. Notons d’ailleurs que ce sont les deux du groupe de la Suisse et de la France, ce qui éclaire d’un nouveau jour la réussite de ces deux pays.

coupe du monde footballLe 1er tour réserve toujours de belles surprises. L’une d’elle est l’Amérique de Klinsmann dont peu auraient parié qu’elle sortirait d’un groupe comptant l’Allemagne, le Portugal de Ronaldo et le Ghana, et surtout le Costa Rica qui est sorti vainqueur de ses duels avec l’Italie et avec l’Uruguay. Les parieurs qui avaient misé là dessus sont riches. C’est un des plaisirs de la Coupe Du Monde, de voir un tel petit poucet renverser toute logique préétablie. La dernière fois, c’était justement l’Uruguay, souhaitons au Costa Rica de vivre un tel rêve.

En ce qui concerne le prochain tour, le choc indéniable est Pays-Bas – Mexique, ce deuxième ayant fait jeu égal avec le Brésil jusqu’ici. Le vainqueur de celui là sera certainement considéré par les autres équipes comme un épouvantail.

Mention spéciale à Allemagne – Algérie, et ce pour deux raisons : premièrement, c’est la première fois pour l’Algérie, et deuxièmement, c’est la revanche de l’ignoble tricherie dont l’Allemagne s’était rendue coupable en 1982 quand, après avoir justement perdu contre l’Algérie, elle a truqué un match avec son ami autrichien pour l’éliminer, un grand moment de honte de l’histoire de cette compétition. Puisse le souvenir de Madjer et Dahleb leur donner la force de remettre les pendules à l’heure. Avouons cependant que la différence de niveau et l’absence de tels grands talents dans l’effectif cette fois-ci, donne peu d’espoir. Enfin, chaque tour apporte toujours son lot de surprises, puisse celle-là être la plus retentissante.

En ce qui concerne la Belgique, elle devra se méfier de la discipline de commando que le grand Klinsmann a insufflé aux États-Unis. À moins d’être parfaite du début à la fin, elle aura grand mal.

La France est face à un moindre défi. Le Nigeria étonne : alors que son habitude est de présenter une équipe avec des talents (on pense à Kanu, Okocha, Babangida, Oliseh, Martins) mais manquant cruellement de solidarité, cette fois-ci c’est l’inverse, pas de stars hors Mikel, mais un vrai jeu d’équipe et peu de fioritures. Un Nigeria morne et rigoureux, on aura tout vu. Ceci dit, si elle ne commet pas d’erreurs majeures, la France doit gagner. Bien entendu, le charme du football, c’est qu’une simple erreur y a parfois des conséquences fatales, et qu’il est donc le plus indécis des sports collectifs. L’erreur est humaine, et la surprise est donc toujours possible.

Concluons sur le fait qui nous ramène à la grande histoire de ce jeu, et à la passion qui l’entoure : la prestation de Lionel Messi. Brésil 2014 sera-t-il pour lui ce que fut Mexique 1986 pour Maradona ? Voilà ce qui déterminera si cette coupe du monde entre dans la légende. Les signes sont bons : son Argentine joue mal, mais à chaque match, il la sauve à lui seul, d’un geste qui laisse pantois. Ça ne semble pas une recette pour aller au bout. Justement : s’il y arrive, sa place dans l’histoire, sur la même marche que Pelé et Maradona, est en bonne voie.

Allons-nous assister à ce couronnement ?