France, 2014 : le « grand capital apatride »

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On trouve de tout à l’Assemblée Nationale, même le pire.

Par le Parisien libéral

En 2014, un député de l’Assemblée Nationale française peut se permettre d’utiliser l’expression « grand capital apatride » lors d’une question au gouvernement. Ce député, il s’appelle Jean-Jacques Candelier, il est communiste.

Déjà, est-ce normal que, 25 ans après la chute du mur de Berlin, il y ait encore des communistes en France ? Comment ces gens peuvent-ils oser se réclamer d’une idéologie mortifère qui a fait 100 millions de morts ? La question est posée. En plus, que pèsent-ils dans l’opinion ?

Mais bon, les institutions et les règles du scrutin uninominal majoritaire à deux tours sont ce qu’elles sont. Les communistes sont dix alors que le Front National a seulement deux élus, mais c’est comme ça. L’Assemblée Nationale n’a rien d’une représentation instantanée et proportionnelle de l’état de l’opinion du pays. La preuve : le PS est toujours majoritaire.

Ensuite, le député communiste Jean-Jacques Candelier a expliqué au Lab Europe 1 que son expression ne devait pas être prise dans son sens antisémite, qu’elle était « non connotée« .

Est-ce que le député communiste Candelier dit vrai quand il affirme qu’il a utilisé son expression sans connotation antisémite ? C’est possible. Les communistes sont connus pour leur amnésie. La gauche et l’extrême gauche ont fourni de gros bataillons de collaborateurs, mais se disent aujourd’hui en lutte contre les idées qui ont amené l’Europe a souffrir du joug nazi.

pcf

Et si ce que dit le député Candelier est faux ? C’est possible aussi.

Problème : cela soulève plusieurs questions, à commencer par celles de la transmission et celles de la cohérence de la lutte anti extrême-droite. Si le député Candelier, agé de 69 ans (encore un gauchiste qui veut la retraite à 60 ans sauf pour lui, un peu comme Martine Aubry, Jack Lang et d’autres), politicien professionnel, ignore que « grand capital apatride » est une expression que l’extrême droite utilise fréquemment, alors comment peut-il, lui et ses amis, passer son temps à nous vendre son école et sa République alors qu’on voit bien qu’elles ne transmettent rien du tout, même pas des cours d’histoire décents ?

Certains diront : attention, en montant en épingle cette histoire de « grand capital apatride », on retombe dans les travers de la repentance qui font qu’en 2014, on ne peut rien dire parce qu’il y a 74 ans, des Français, notamment la police française, ont préféré, par idéologie, envoyer des gens à la mort. C’est vrai que nous ne sommes pas responsables de ce qui s’est passé. Mais cela n’empêche pas d’en tirer des leçons et surtout d’identifier les coupables, à commencer par le nationalisme inhérent à toute idée socialiste.

Enfin, quelle réaction de la gauche aux propos du député Candelier ?

On a certes le choc des mots de Candelier mais surtout le poids des actions de Montebourg, félicité par Valls. En effet, si Jean-Jacques Candelier dénonce le « grand capital apatride », Montebourg, Eckert et autres passent, eux, leur temps à le combattre effectivement, en faisant tout pour que la France ne soit pas attractive. Ils transforment aussi le sens des mots, en donnant aux Français l’illusion d’un « droit divin à avoir des emplois », en utilisant trop fréquemment les expressions « nos entreprises » ou « nos emplois », dans une vision très soviétique de l’économie. Comme si les groupes du CAC 40 n’avaient pas de propriétaires, les actionnaires.

Quand une polytechnicienne affirme que « je préfère que nos entreprises restent à capitaux français » (au lieu de démissionner et d’en créer une, d’entreprise) et que personne ne la reprend en demandant si elle voulait dire « je préfère que les entreprises incorporées en France soient détenues par des personnes françaises », c’est infiniment plus dangereux car cela accrédite dans l’opinion, sur le long terme, l’idée qu’il y a une sorte de propriété collective, de patrimoine commun.

Être en France ne signifie pas appartenir à la France et aux Français. Les 20 millions de logements situés en France appartiennent à des gens, leurs propriétaires, pas à « la France ». Et ces propriétaires peuvent aussi être du « grand capital apatride ».

Accessoirement, la gauche, socialiste, communiste ou autre, est bien contente quand ce grand capital apatride finance notre mode de vie à crédit. N’oublions pas que quand la SNCF ou la Sécurité Sociale vont à New York ou à Singapour pour vendre leurs obligations, c’est bien le grand capital apatride qu’elles vont draguer.

Préférence socialiste pour le capitalisme de connivence, nationalisme, crise de représentativité : la petite phrase du député communiste Candelier en ouvre, des tiroirs !

Enfin, que n’aurait-on dit si un député d’extrême-droite avait utilisé cette expression ? Preuve supplémentaire est faite que extrême-droite et extrême-gauche, c’est le même combat.

Manuel Valls, au lieu de rire quand le député Candelier parle de grand capital apatride, ferait mieux de s’expliquer sur sa politique et sur sa complaisance vis a vis de l’extrême-gauche.

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