Quand j’entend le mot « culture »

Culture CGT (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

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On a prêté au célèbre mécène Hermann Göring la formule « Quand j’entend le mot culture, je sors mon révolver ». De son côté, le Petit Père des Peuples ne disait rien mais envoyait les artistes dissidents ou ayant déplu au Goulag.

C’est pourquoi, ayant démontré dans un précédent billet la parenté entre PCF et CGT, je vous avouerai ma perplexité : peut-on être « artiste » et appartenir à un syndicat CGT ? La longue tradition de création artistique soviétique figée dans le réalisme socialiste de classe, le rock interdit, le culte de la personnalité jusqu’à Gorbatchev servant de décoration aux murs publics (y’en avait pas de privés), la connaissance de toutes ces répressions sur 70 ans peut-elle faire admettre la qualité d’artiste à un cégétiste, mot qui sonne comme kagébiste de la Pensée ? Peut-on se dire « artiste », même intermittent, quand on quémande à l’État une rente de situation, comme le faisait Molière — qui avait du talent, lui — avec Louis XIV, en échange d’une certaine souplesse d’échine qui nous explique les quantités de films, séries TV, spectacles, opéras vomissant leur politiquement correct et leur mépris du public populaire qui n’a pas le bon goût d’apprécier Avignon, dont le directeur considérait, comme les Intermittents, que la scène est leur propriété exclusive.

Je suis effaré par la quantité de spectacles anémiés du bulbe recensés dans mon journal régional. Allez supporter sur Arte, un bon opéra revisité par un jeune/vieux réalisateur de génie (méconnu ?), regardez jusqu’au bout un court métrage pourtant trop long, un film d’auteur intimiste, ces navets cultivés grâce au racket du CNCF. C’est ça, le combat des syndicats CGT et Sud, totalement indifférents à leur public, tout à leurs prébendes.

Vive un libéralisme sans subvention pour une culture libérée !