Cameroun : Pour une véritable libéralisation du secteur électrique

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Cameroun : Pour une véritable libéralisation du secteur électrique

Publié le 12 juin 2014
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Par Chofor Che(*).

Un article de Libre Afrique.

electriciteLe Cameroun est frappé par de graves pannes de courant depuis une décennie maintenant. Ce sont les zones rurales du pays qui ont le plus souffert de ces graves coupures d’électricité. La situation est pire encore dans la capitale Yaoundé. Selon l’unique fournisseur public d’électricité dans la capitale, AES Sonel, qui jouit depuis longtemps du monopole dans son secteur, les pannes ont été le résultat d’opérations de maintenance sur le réseau électrique du pays. D’après le rapport sur le Cameroun, datant du 12 mai 2014, c’est en effet une situation paradoxale pour un État qui est classé comme le deuxième pays en Afrique subsaharienne et disposant d’un grand potentiel dans la production hydroélectrique. Il est en effet étonnant de savoir que la législation camerounaise a évolué dans le sens de la libéralisation. Le Journal du Cameroun révèle qu’en 2010, le Parlement a adopté une loi libéralisant le secteur de la production de l’électricité. Mais depuis la promulgation de la loi, la situation a empiré. Il ne suffit pas de promulguer des lois qui ne sont suivies par aucune action concrète alors que la majorité de la population et des entreprises continuent de souffrir du manque d’approvisionnement en électricité.

Il est évident que depuis plus d’une décennie de contrôle croissant de l’État, le Cameroun a eu une industrie qui a servi les intérêts particuliers plutôt que les intérêts du consommateur. En dépit des pénuries d’électricité, les prix avant impôts au Cameroun sont plus élevés que la moyenne des autres pays du continent. L’électricité pourrait être environ 50 % moins chère sans les interventions gouvernementales.

Les autorités gouvernementales ont récemment révélé qu’il était grand temps d’impliquer les petites et moyennes entreprises (PME) dans le secteur de l’électricité. Selon le rapport du Cameroun, dans une population de 23 millions d’habitants, on en compte seulement 850 000 reliés au réseau national d’électricité, soit une couverture de seulement 6 à 7% du territoire national.

Les Camerounais se demandent si un jour ils sortiront du bourbier de l’électricité, d’autant que l’État a été longtemps impliqué dans des projets comme le barrage de Lom Panger et les projets hydroélectriques de Memve’ele et Mekin, mais en vain. Jean Pierre Kedi, Directeur général de l’Agence de régulation du secteur de l’électricité, soutient que le Cameroun peut résoudre ce déficit précaire si les PME sont en effet impliquées dans le secteur. Le rapport sur le Cameroun ajoute que le gouvernement camerounais a établi un partenariat avec l’Union européenne et des consultants tels que InvestElec afin que les PME puissent participer à des sources alternatives de production de l’énergie électrique, en particulier renouvelables. Des ateliers ont été organisés à Yaoundé du 7 au 11 avril 2014, pour former des responsables de PME intéressés à détecter et à profiter des opportunités d’investissement dans le secteur de la production d’électricité.

Les libéraux africains comme Adedayo Thomas et Oyenuga soutiennent qu’il est nécessaire, pour les gouvernements centraux, de déléguer la prise de décision dans le domaine de l’approvisionnement en électricité à d’autres acteurs. La libéralisation du secteur de l’électricité saura attirer plus de parties prenantes et déclenchera une concurrence saine pour de meilleurs services.

C’est donc une idée louable de repenser la stratégie d’approvisionnement en électricité de l’État. Il est évident que l’Union européenne et InvestElec vont dépenser beaucoup de fonds pour améliorer la situation. S’il n’y a pas de contrôle strict des pratiques de corruption des agents de l’État, appelés à superviser l’utilisation de ces fonds destinés à impliquer les PME dans la gestion de l’électricité, l’opération sera une perte de temps, et les pauvres Camerounais vont continuer à croupir dans l’obscurité, et les ateliers comme celui organisé du 7 au 11 avril 2014 à Yaoundé n’auront pas d’impact.

Il est nécessaire que l’État libéralise concrètement le secteur de l’électricité et donne des chances égales aux entreprises étrangères pour investir dans l’énergie solaire et l’énergie de la biomasse en particulier dans les zones rurales. Seules de telles mesures permettront d’améliorer aussi bien la situation des Camerounais que celle des investisseurs étrangers qui ont besoin d’électricité pour réduire la pauvreté et transformer le pays en une économie émergente.

Chofor Che, article initialement publié en anglais par Africanliberty.org – Traduction réalisée par Libre Afrique

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