Réunion OPEP aujourd’hui : tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

Les réunions de l’OPEP ne font plus la une avec un prix du baril relativement stable. Ces réunions en sont-elles devenues moins importantes pour autant ?

Par Aymeric de Villaret.

pétrole productionQu’il est loin le temps des réunions OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) où les marchés se focalisaient sur les décisions des différents membres, des réunions préparatoires, des petites phrases de tel ou tel ministre !

L’OPEP se réunit en effet ce mercredi 11 juin à Vienne pour sa 165ème réunion ordinaire. Et peu de journaux titrent sur cette réunion !

D’ores et déjà, « nous savons » que les participants vont laisser les plafonds de production inchangés. A quoi bon changer alors que tout est pour le mieux (au niveau des prix) dans le meilleur des mondes ?

Prix du Brent stables à 100 -110 $/baril

Depuis début 2010, malgré des évènements géopolitiques majeurs (Libye, Syrie, Iran, Ukraine…), le Brent de pétrole évolue dans la zone de 100-110$/baril.

L’industrie du pétrole a besoin de stabilité et l’histoire de ses prix indique que cette stabilité, malgré des cours qui ont fortement évolué, peut exister

L’histoire récente (après le contre choc pétrolier de 1986) montre plusieurs phases :

  1. Stabilité relative du Brent de 1987 à 2000, avec un Brent évoluant (hors la chute à 10$ de 1998 et la guerre du Golfe) dans une zone de 15 à 25$/baril,
  2. Forte hausse à partir de 2000 jusqu’au pic de juillet 2008 de plus de 140$/baril,
  3. Forte chute du cours du baril à partir de l’été 2008 jusqu’à moins de 40$ puis fort rebond jusqu’à retrouver un certain équilibre
  4. Et depuis fin 2010, soit maintenant trois ans et demi une stabilité remarquable dans une fourchette 100-110$/baril : 100-110$/baril

Maintenant que le baril reste dans cette zone, les journaux ne parlent plus de problèmes et des conséquences négatives éventuelles d’un cours du baril élevé :

Au niveau des pays producteurs, un cours du baril de 100-110$/baril permet d’équilibrer leurs budgets. D’ailleurs, d’ores et déjà le ministre du pétrole d’Arabie Saoudite Ali Al-Naimi a indiqué qu’au vu de la stabilité actuelle des cours du brut, il ne voyait absolument aucune raison de changer les quotas de production lors de la prochaine réunion de l’OPEP du 11 juin prochain : « L’offre est suffisante, la demande est bonne, et les marchés stables ».

Au niveau des coûts de production, si la production d’huile mondiale continue de croître, cela se fait principalement grâce à du pétrole cher ; le pétrole non conventionnel étant plus cher à produire que le pétrole conventionnel tel celui qu’on trouve principalement dans les pays de l’OPEP.