Dis Papa, c’est quoi un nègre ?

Justin Bieber est sous le feu d’accusations de racisme pour avoir utilisé le mot nègre. Est-ce vraiment le sujet ?

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Justin Bieber (Crédits Joe Bielawa licence creative Commons)

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Dis Papa, c’est quoi un nègre ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 9 juin 2014
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Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume-Uni.

Justin Bieber (Crédits Joe Bielawa licence creative Commons)Le chanteur canadien Justin Bieber a fait de nouveau parler de lui avec une vidéo dans laquelle il utilisait le mot nègre (n-word en anglais). Cela fut l’occasion d’une discussion avec ma fille :

« Dis Papa, c’est quoi un nègre ?
—  C’est un terme choquant, vulgaire ma chérie. Je ne veux en aucun cas que tu l’utilises.
— Mais qu’est-ce qu’il veut dire ?
— Certaines personnes emploient ce mot pour désigner de façon blessante les gens noirs. Ils le font pour se démarquer, mais le plus souvent ils ne font que passer pour des idiots.
— Mais j’ai déjà entendu des gens noirs utiliser ce mot. »

À ce point de la discussion, j’aurais pu essayer d’offrir une explication superficielle sur le contexte, faire valoir que Papa a le droit de dire des choses sur toi, ma chérie, que Papa ne laisserait personne d’autre dire. J’aurais aussi pu me hasarder à préciser pourquoi quand le révérend noir américain Jesse Jackson se plaint que Barack Obama « dise aux nègres comment vivre », ce n’est pas à interpréter de la même façon que si c’était Jesse Helms, le sénateur raciste de Caroline du Nord, qui avait fait la même remarque.

Mais je ne pense pas que cela ait à voir avec le relativisme culturel, mais plutôt avec la courtoisie la plus élémentaire. Donc je poursuivis :

« As-tu déjà entendu un de tes amis noirs utiliser ce mot ?
— Non.
— Ou n’importe quel enfant noir, ou leurs parents ?
— Non, seulement des acteurs dans des films.
— Correct : des gens vulgaires et idiots dans des films. Ils peuvent d’ailleurs être blancs ou noirs. Qu’importe leur couleur, utiliser ce terme les discréditent.
— Qu’est-ce que ça signifie discréditer ?
— C’est lorsque par leurs propos des gens se dévalorisent. Il y a certaines expressions que la décence interdit. » Ce qui s’applique notamment à toi, Jesse Jackson, pensais-je intérieurement.

L’emploi de la politesse est-il si difficile ? Plus difficile que je ne le concevais, il semble. Les mois derniers ont vu des gens couper les cheveux en quatre sur les contextes dans lesquelles l’utilisation du mot nègre serait acceptable. Si Jeremy Clarkson peut le dire, un DJ pourrait-il faire jouer une musique contenant ce mot ? Serait-ce différent si la musique, au lieu d’être jouée par un Blanc, l’était par Ice-T, le rappeur noir américain ? Que faire si un chanteur blanc utilise un mot dans une chanson écrite par un compositeur noir, comme l’a fait Jennifer Lopez ?

Et que penser lorsqu’un interprète n’utilise pas ce mot sur scène, mais est enregistré le prononçant en privé : les membres de One Direction, par exemple ? Leur musique doit-elle être vouée aux gémonies pour cela ? Quid du ridicule Justin Bieber dont la blague stupide aura indirectement poussé ma fille à se poser des questions ?

Bref, venons-en aux faits : nous pouvons tous jouer à blâmer l’autre partie en nous référant à des événements passés, mais je maintiens la règle élémentaire que j’ai enseignée à ma fille : il y a certaines expressions que la décence interdit. En accord avec l’édition de 1928 du A Dictionary of Modern English Usa – la référence de mes collèges journalistes au Telegraph dans les années 1990 – ce mot « trahit chez son émetteur, si ce n’est une insolence délibérée, au moins une arrogante vulgarité. »

Et l’antidote contre l’insolence n’est pas une loi pour l’interdire mais la politesse. Il ne s’agit pas de dépasser les bornes. Cela n’est même pas une question de liberté d’expression ou de politiquement correct et de relations inter-raciales. Cela n’a rien à voir avec la politique mais avec un minimum de savoir-vivre. Est-ce un concept si difficile à intégrer ?


Sur le web – traduction jlouis/Alexis Vintray

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  • le mot nègre , choquant , je ne sais pas , mais vulgaire et surtout méprisant , c’est comme ça que je le ressent ;

    • Ce ne sont pas les mots qui méprisent, mais les gens. À vous de juger au cas par cas. Par exemple, je bannis dans mon langage l’usage du terme « capitaliste », car c’est une insulte dans la bouche des communistes et des fascistes, et je ne veux pas leur faire le cadeau d’être à leurs yeux un juif qui accepte la condition de « youpin ». Je lui préfère donc mille fois « marchand », « entrepreneur », « capitaine d’industrie », etc. Mais certains libéraux revendiquent ce terme comme positif. Libre à eux.

  • Houla. Il semble que vous n’y connaissez pas grand-chose. Permettez-moi donc de vous initier au Net Slang.

    « Nigga » fait intégralement partie de l’argot Internet et ne signifie pas nécessairement « nègre ». Ainsi, « Mah nigga », comme « Mah shit », peut vouloir dire « mon pote », « mon préféré », etc.

    http://37.media.tumblr.com/ed69c523efcac419442c1914d6526770/tumblr_mqrz8gSnFT1qj9uf7o1_1280.jpg

    On retrouve la même idée dans les expressions « mes nègres » et « bande de petites putes nègres », couramment utilisées par le rappeur québécois Roi Heenok.

    http://www.dailymotion.com/video/x68uam_roi-heenok-la-vraie-musique-de-negr_music

    « Nigger » est, en outre, un mot très utilisé par les jeunes internautes anglo-saxons partisans du Free Speech, pour se moquer du Politiquement Correct et le provoquer.

    http://static.fjcdn.com/pictures/Niggers_02dffe_828229.jpg

    Votre propos, cher Daniel, consiste, purement et simplement, à rêver d’anéantir dans l’espace public l’argot, la langue de la rue, des déclassés, des insolents, des criminels – et, par extension, la langue naturelle des internautes (même français : j’en veux pour exemple le légendaire « DTC »). Par la coutume et non par la loi, certes, vous faites bien de préciser, mais on est en droit de se méfier des coutumes qui veulent avoir force de loi, lorsqu’elles ont partie liée avec la censure.

    Pour ce qui est de la langue française, le débat a été tranché par Victor Hugo, dans son extraordinaire thèse sur l’argot, insérée dans Les Misérables. Depuis, plus personne n’a osé imaginé abolir l’argot. Et ce ne sont ni Céline, ni Frédéric Dard, ni Michel Audiard, ni tant d’autres, qui me contrediront : l’argot est une langue noble, la première langue du peuple et la deuxième des artistes. Par ailleurs, concernant l’anglais, faut-il vous rappeler que l’œuvre de Shakespeare regorge d’insultes d’une vulgarité inouïe ?

    http://www.literarygenius.info/shakespeare-insults-dictionary.htm

    Où vous foutez carrément la trouille, c’est quand vous osez poser cette question : « L’emploi de la politesse est-il si difficile ? » Sachez qu’avant de prohiber l’impolitesse, il faudra me passer sur le corps, et sur les corps de nombre de racailles linguistiques dans mon genre. Vous n’avez donc jamais, dans votre adolescence, écouté de rock ? Vous n’avez pas entendu parler des Rolling Stones ? Du hard-rock ? Du funk ? Du punk ? Ignorez-vous que les paroles de ces styles musicaux grouillent de « bitch », « cunt », « ass » et autres « cock » ? Savez-vous seulement que « rock » veut dire « baiser » ?

    Et le cinéma américain ? Vous avez idée du nombre de « fuck » dans le film américain moyen ? Ici, vous en entendrez 22 en 2 minutes et 22 secondes, signées Scorsese – un des plus talentueux de sa génération, et un des plus fins connaisseurs de la culture américaine, y compris l’élégante :

    http://www.youtube.com/watch?v=advkTOpmMfU

    Bref, vous avez bien raison d’apprendre les bonnes manières à votre fille, il n’y a rien à redire à cela. Mais foutez la paix à la populace, aux paroliers, aux dialoguistes, aux écrivains, aux pamphlétaires et aux trolls. D’avance, merci. Personnellement, je trouve « chatte » plus poétique que « vulve ».

    Mon avis est qu’en bon député européen, vous êtes atteint de ce trouble mental que Philippe Muray avait si joliment nommé « l’envie du pénal » , et que malgré vos principes, quand vous vous coincez le doigt dans une porte, vous ne dites pas « Zut ! »

    U ain’t mah nigga, mofo.

    (Je vous laisse découvrir par vous-même le sens de « mofo ».)

    • ERRATUM

      À la place de « osé imaginé », il fallait lire « osé imaginer ». Mah niggaz auront rectifié d’eux-mêmes.

      http://cdn.memegenerator.net/instances/45832191.jpg

    • Excusez-moi, mais je pense que vous oubliez que la politesse n’est pas une censure.
      Il est toujours possible d’exprimer son opinion
      Un libéral peut comprendre qu’exprimer son opinion implique que l’on tienne compte des conséquences de l’exercice de ce droit; offenser, gêner ou humilier l’autre n’est pas un droit.
      La politesse est donc un bon recours pour les circonstances de la vie où son opinion peut être désobligeante.
      Daniel Hannan est d’un pays ou, contrairement à la France, il existe une « Polite Society », dans laquelle des gens qui se détestent arrivent à coexister grâce à la politesse.
      Gardez-vous bien de leur faire un procès en hypocrisie: chacun y sait exactement ce que les autres pensent mais n’a pas la compulsion de le clamer en toute occasion.

      • Je suis MOI, t’es capable de piger ça ? Je ne suis pas UN LIBÉRAL. Si j’ai le choix entre ce que je pense et ce que me dicte le libéralisme, au cas où il y a contradiction, je choisis mon avis perso et j’emmerde Hayek, Rand et la Secte de l’Oiseau Jaune.

        Vous faites du libéralisme une mystique de la dépersonnalisation. C’est fascinant à observer. Plus l’individualisme est clamé, plus la personne disparaît. Finalement, il y a bel et bien un néo-libéralisme. Que j’appellerai désormais : l’after-libéralisme.

        • Pascal je doute de ton liberalisme lol

        • Attention à l’emploi des mots, et en matière de libéralisme il est particulièrement épineux dans un domaine sulfureux où la haine le dispute à la diabolisation.
          Le néo-libéralisme contemporain ( à distinguer de celui du siècle précédent) est né en 1938 lors d’un colloque d’économistes libéraux ( entendez en gros non-keynésiens) réuni à Paris autour de Walter Lippman pour examiner comment le libéralisme pouvait répondre aux conditions particulières de l’époque en offrant une alternative aux tendances dirigistes/ collectivistes qui triomphaient alors. Notons que Mises était réfractaire au choix d’une nouvelle dénomination. Il soulignait, à raison selon moi, que la situation économique et politique délétère de cette fin des années 30 était due à des faits étrangers, voire contraires, à la doctrine libérale. Il n’y avait donc pas lieu de changer de nom ….mais de politique.

          La dérive sémantique que les adversaires du libéralisme ( anti-capitalistes, anti-mondialistes, keynésiens, etc.) ont copieusement attisée a encore brouillé le paysage et les contours de ce terme sont de plus en plus flous. L’obsession antilibérale spécifique au jacobinisme viscéral d’une majoritee écrasante de Français ( à commencer au FN) accentue encore le phénomène. Sans parler de leur inculture économique atavique, cette autre « exception » hexagonale. Elle qui contribue pour une large part à nos malheurs actuels et offre un boulevard aux adversaires des seules méthodes qui fonctionnent partout ailleurs pour sortir de cette débâcle.

        • Monter sur vos grand chevaux n’augmentera pas votre stature, d’autant que vous vous autorisez le tutoiement.
          Quant aux références que vous me prêtez, plus encore un « libéralisme… mystique de la dépersonnalisation », je ne vois vraiment pas ou vous allez.
          Je peux cependant vous dire, ce qui vous enchantera, que vous y allez seul.

    • M’enfin, est-ce que vous avez lu l’article avant de le commenter ???
      Où voyez vous une « envie de pénal » dans un article qui justement proclame que la loi n’est pas la solution et que l’affaire n’a rien de politique ? ? ?

      « Et l’antidote contre l’insolence n’est pas une loi pour l’interdire mais la politesse ».
      « Cela n’a rien à voir avec la politique mais avec un minimum de savoir-vivre. »

       » Est-ce un concept si difficile à intégrer ? »

      • Ouais, mais c’est un eurodéputé qui cause. Un mec qui gagne 800.000 Euros en cinq ans après impôts. Alors, ses envies de contrôler le langage, je m’en méfie. Qu’il enseigne le beau langage à sa fille, ok. Mais pourquoi à nous ? Il nous prend pour qui ?

        • « c’est un eurodéputé qui cause » … et alors ? vous pensez que parce qu’il est député, il est obligé de proposer des nouvelles législations ? que toutes personne qui s’oppose à de nouvelles création législative soit s’interdire d’être député ? ? ?

          « Un mec qui gagne 800.000 Euros » …et alors, bis ? La valeur des propos dépend du fric qu’on gagne ? Je sais, vous allez dire : c’est notre fric. Et alors, ter ? Parce que c’est notre fric, il faudrait qu’en plus il raconte nawak ?

          Il n’essaye pas de contrôler le langage, il s’oppose à l’idée que le langage se prête à des lois.
          « Est-ce un concept si difficile à intégrer ? »

          • « « Un mec qui gagne 800.000 Euros » …et alors »

            Et alors, il me vole. Merci, dans votre citation, d’ajouter « en cinq ans et après impôts ».

            • C’est pas lui qui te vole, c’est l’EU(RSS), qui les donnerait à n’importe qui d’autre élu à sa place. Toi inclus. Tu les rendrais ? moi je ne pense pas être assez vertueux pour ça, pas assez pour lui reprocher de ne pas le faire ; d’ailleurs, les rendre à qui ? à l’EURSS qui les dépensera encore plus connement ?

              De tous nos parasites de Bruxelles, il est certainement un des rare qui exprime à assez souvent ce que je pense, alors ma quotte-part des 800 000 balles, je lui laisse volontiers (contrairement à d’autres …)

              • « Toi inclus. »

                Non. Il y a une différence de nature, et non de degré, entre celui qui se présente à une élection et celui qui ne s’y présente pas.

                • gné ? il y a les « purs » comme toi, et les autres ? comme chez les cathares, ou dans la secte de l’oiseau jaune, comme tu dis 😉 ?

        • Pascal pour en revenir à l’utilisation du mot « nègre », ce que vous dites sur son usage argotique et sur internet est sans aucun doute vrai dans un contexte anglo-saxon, mais ça ma tout de même l’air différent en France. Honnêtement depuis Aimé Césaire, je n’ai pas le souvenir de quelqu’un qui ait employé ce mot sans arrière-pensée. D’ailleurs les jeunes d’origines africaines ou subsaharienne n’utilisent ils pas d’avantage le terme de « renoi » que « nègre » dans nos belles contrées? That’s the fucking question

          •  » je n’ai pas le souvenir de quelqu’un qui ait employé ce mot sans arrière-pensée. »

            Très fort !! Vous faites appel à votre mémoire en parlant de « quelqu’un », qui ? Quelqu’un en particulier ou tous en général (ce qui induit que tous ceux qui s’exprime le font, entre autre, à VOTRE intention) ? Et que non seulement, vous connaissez leur pensée, mais mieux leur arrière-pensée.

            Hé les mecs, je tiens le professeur Xavier !

  • La négritude de Césaire ou Senghor, l’art nègre, ce sont donc des insultes racistes ou au minimum des propos injurieux. Pas de mon temps, au siècle passé.

  • Un nègre est un individu de type négroïde comme d’autres sont de type caucasien, eurasien. Il me semble que « noir » est plus désobligeant puisqu’il fait référence à l’apparence, au visuel. Les intellectuels de troquet apprécie la sémantique branchée et les simples d’esprit perdent leurs repères et surtout les pédales. J’ai entendu un arabe annoncé qu’il était « antisémite », surpris quand je lui ai annoncé qu’il était sémite…

  • L’histoire donne un sens aux mots qui dépasse la sémantique, il n’y a qu à voir les conséquences du récent dérapage de Le Pen Père.

  • C’est votre signature à la fin ?

  • Mon dico du langage du blues, du jazz et du rap (Talkin’ that talk, JP Levet, Outre Mesure) comporte bien sûr un article complet à « nigger ». Tout d’abord il rappelle que « nègre » vient tout bêtement de l’espagnol « negro », noir. Que dans la bouche d’un blanc c’est classé méprisant au point qu’un bluesman blanc fut jeté par la fenêtre pour l’avoir chanté. Entre noir c’est ironique ou amical, selon les cas. Enfin le terme « nigga » signifie « noir dans le coup » dans la culture hip-hop.
    Etant grand amateur de blues mais peu désireux de sortir par la fenêtre, je me propose personnellement d’éviter le mot.

    • En tant que grand amateur de blues, tu diras à l’auteur de ton dictionnaire que ces trois blacks-là n’ont pas peur du mot, eux.

      • Splendide ! Mais ces 3 là ont le droit car ils le sont, noirs, et moi pas; nobody’s perfect.

        • La liberté ne se donne pas, elle se prend.

          • Certes mais je ne pige pas là, où voulez-vous en venir ? Je choisis de ne pas offenser des personnes en employant devant elles un mot que je sais avoir une forte probabilité d’être jugé blessant venant de moi. Où est mon problème avec la liberté là dedans ? Je n’ai pas peur du mot mais de blesser, et à la limite de m’en prendre une en retour. Ne vous en faites donc pas pour moi et merci pour ce moment de bonheur musical.

    • Dans le dico du blues vous avez « King of Zulu »

  • nègre,  » niger  » en anglais était le mot classique pour désigner les noirs jusqu’à la seconde guerre mondiale. en amerique,  » black  » était insultant à cette époque. pourquoi les choses se sont inversées aprés, je n’en sait rien… je me souvient que ma grand mère disait une  » nègresse  » pour parler d’une femme noire, sans absolument penser à mal, elle l’avait appris comme cela …

  • Jeremy Clarkson n’a pas exactement employé le mot « nigger », ou tout du moins a tenté de le rendre incompréhensible, et a choisi de ne pas diffuser dans Top Gear la vidéo montrée dans l’article (qui a fuité par la suite) en voyant qu’il était possible de croire qu’il l’ait dit, on est donc bien loin de l’exemple d’un blanc qui emploie ce terme sans vergogne.

    En outre, ce mot n’a pas la même signification selon les langues, pour décrire une personne noire au Brésil en portugais, il est correct de dire « negro » et insultant de dire « preto », qui n’est rien d’autre que la couleur noire.

  • C’est une polémique ridicule. Je ne trouve même pas cela insultant.

  • De nos jours, aux Etats-Unis, on ne dit plus « black » mais « Afro-American ». 😉

  • Dans un livre de S.king ce passage ou une voiture est au pas a cote d une jeune femme le conducteur lui disant « t as un beau con tu sais »..possible dans ce cas d appeler un con un con??mdrr!
    Autre domaine,cinema americain,ou je trouve que la vulgarite bat son plein dans full metal jacket il y a cet homme disant a un autre comme pour meubler le silence ou bien parler du temps qu il fait « j’carrerais bien mon os a moelle dans ta frangine » et a propos d orifice climatise(Thiefaine joliement poetique comme il l est tout naturellement,lui) dans cet amusant dico des synonymes au mot vulve c est la qu il y a le plus de resultats genre cressonniere crevasse fendu escalopes paquet de scaferlati(je demandais a un ami italien qu etait donc ces scaferlati et je ris beaucoup ce jour la!) Un autre que je trouve quelque peu poetique « tablier de forgeron »mignon cuila!

  • Le mot « nègre » aux USA renvoie directement à l’esclavage et à la discrimination raciale, c’est un fait historique. Comme il ne désigne pas en anglais l’écrivain qui écrira un livre que vous vous contenterez de signer, il est compréhensible que son emploi par Justin Bieber ait choqué aux USA.

    Si un noir utilise le « n-word » (comme il existe un f-word), il sera difficile d’y voir une connotation raciste (quoique qu’entre communautés) mais il n’en reste pas moins que c’est extrêmement impoli et tout le monde le sait, y compris celui qui l’emploie.

    Maintenant il ne faut pas non plus oublier que personne ne traînera Bieber en justice pour cette affaire, nous ne sommes pas en France, sa liberté d’expression est donc respectée mais ses interlocuteurs ont tout autant la liberté de ne pas apprécier et de le faire savoir haut et fort.

    • Sauf qu’au temps de l’esclavage c’était « black » qui était péjoratif, et nigger était juste le mot « neutre » ou objectif.
      Donc la logique voudrait qu’on ne dise jamais « black » et que nègre ou nigger soit l’élégance verbale même.

      M’enfin, la vérité lexicographique c’est que nègre c’est le nom de la race des gens de couleurs sombre venant d’Afrique et par extension, ces gens, et noir l’absence de couleurs. Après si on commence à torturer les mots pour faire plaisir à quelques gens, on finit souvent assez vite par torturer des gens sous couvert de mots.

      • le bon mot c’est negro

      • J’ai envie de vous répondre qu’importe, après tout l’anglais américain évolue comme le français, aujourd’hui ce sont les mots nigger ou negro qui sont péjoratifs et il est impossible que Bieber l’ignore même s’il n’est pas très futé.

        • tttt… N’importe quoi en effet.
          Nigger, nigga, etc. sont effectivement des mots qui ont « évolué ». Ces mots sont devenus « péjoratifs », « racistes » du fait des noirs eux mêmes. Ils sont devenu racistes quand les activistes noirs ont décidé de s’en emparer et de réclamer un monopole sur ces mots, de même qu’ils réclament des monopoles sur d’autres choses, la victimisation, certains emplois aidés etc.
          Ces mots ne sont péjoratifs que parce que des blancs les utilisent. Ils ne gênent que si vous êtes blanc.

          Et dans ce sens, Bieber n’ignore absolument pas qu’il est non-correct, mais il n’est pas « offensif », ou « raciste » ou « pas futé ». Il revendique (en privé, hein, faudrait pas totalement ruiner sa carrière) une attitude « libre » ou « subversive » (et ça me choque que cela puisse être confondu aujourd’hui). Et en effet il l’est, plus que Miley Truc bidule qui montre ses seins.

  • Bon, il faut quand même remettre le propos dans son contexte, qui dans ce cas là est quand même franchement limite. Et puis bon, Justin Bieber est une merde, on le sait, dépourvu de tout talent. Avant il vendait sur sa gueule de gamin, maintenant que son public à vieillit et s’en est désintéressé, il fait tout pour faire parler de lui autrement. En faisant son interessant principalement.

    Donc oui, ici le mot était utilisé dans un sens raciste, clairement, après est ce qu’il est raciste? C’est surtout un petit con qui n’a rien trouvé de mieux pour faire parler de lui. La meilleure réponse à ce piètre individu, c’est encore l’ignorance.

  • Si l’on apprend à nos enfants qu’il faut éviter les jurons, c’est surtout afin qu’ils sachent s’exprimer dans un langage correct (afin de ne pas être larguer en entretien d’embauche par exemple). Mais l’argot et les gros mots fleurissent les discours, et il est préférable pour leur vie sociale qu’ils sachent également manier les expressions colorées. Ça reste une question de circonstances, d’interlocuteurs et de degré d’humour. C’est cela qu’il fallait répondre à votre fille (à mon avis). Même s’il est vrai que dans le doute, au premier abord, il est préférable de rester courtois (à moins de vouloir trier d’office nos contacts). Tant que l’on garde l’esprit clair, l’adaptation n’est pas du conformisme, mais une amélioration des moyens de communication. On peut tout dire comme l’on peut rire de tout ; à nous de connaître et gérer les implications (nègre est un mot à risques, c’est tout ce qu’il y a à en dire). Sinon vous risquez, en restant fixé sur la politesse absolue, de pousser votre fille à la timidité, à un déficit en armes verbales pour sa défense et vers un caractère hautain (toujours à mon avis).

  • « Cela n’a rien à voir avec la politique mais avec un minimum de savoir-vivre. Est-ce un concept si difficile à intégrer ? »

    Et du vivre ensemble tout simplement, c’est aussi ça être responsable.

  • Oui, chérie, « nègre » est insultant. Et puis, « opinion propre » aussi. Après tout, tu ne veux pas contredire les gens au risque de leur faire de la peine.

    « Non », d’ailleurs, est peut-être la pire insulte.

    Il est peut-être temps de se laisser pousser une paire de couilles, qu’en pensez-vous ?

    Donner du pouvoir à des mots ou des expressions est dangereux. Il suffit qu’on en prenne le contrôle pour faire penser autrui comme on le souhaite.

    • « Il est peut-être temps de se laisser pousser une paire de couilles, qu’en pensez-vous ? »

      Ça passe par ne laisser personne penser à notre place. Et ça, dans la nouvelle génération de libéraux français, c’est inadmissible. Hayek a dit que. Rand a dit que. L’Oiseau Jaune a dit que. Et si tu n’es pas d’accord, tu n’es pas libéral, d’abord, même que.

      Grosse fatigue.

      • « a passe par ne laisser personne penser à notre place. Et ça, dans la nouvelle génération de libéraux français, c’est inadmissible. »

        Vous savez monsieur, vous attendez du bon sens chez des personnes qui ne peuvent pas en avoir. Je vous assure que passer un certain âge (en principe l’adolescence), on comprend que la société est bien trop complexe pour la considérer uniquement à travers un étatisme ou une absence de ce dernier.

  • puisque vous avez supprimé mon post de ce matin, j’essaie celui-ci : on ne dit plus un aigle. On dit : un oiseau de couleur. Et paf !

  • Ce prêchi-prêcha péremptoire et comminatoire sur le bon usage de la langue française est de la même veine que le poulet sentencieux et geignard de feu S. Hessel. Qu’il fasse quasiment l’unanimité contre lui rassure. Pascal a tout dit sur le fond, dans un exposé imparable. Il faut aussi en épingler la forme. Écrire « utiliser ce terme les discréditENT » discrédite surtout le donneur de leçons de politesse, qui ne respecte pas plus son lecteur que les règles grammaticales élémentaires. La correction langagière commence pourtant par là.

    Au pays de Victor Hugo et de Chateaubriand, une clique de fossoyeurs liberticides assassinent le français en toute impunité. Notre langue subit Ia dictature de ces ayatollahs du politiquement correct et il s’y trouve même des magistrats qui condamnent à 6.000€ d’amende un parfumeur célèbre (un salaud de riche) pour avoir affirmé benoîtement qu’il avait « travaillé comme un nègre » toute sa vie. Cette lamentable affaire Guerlain illustre le conformisme niais de tous ceux qui passent servilement sous les fourches caudines de ces oukases orwelliens. « Travailler comme un nègre » n’a rien de péjoratif. Ce serait même plutôt laudateur. Il faut vraiment avoir l’esprit tordu pour y déceler la moindre malignité.
    Et le travail lui-même serait-il à ce point dévalué?

    Curieusement, il ne vient à l’idée de personne de dire aujourd’hui : travailler comme un noir, ni comme un blanc, d’ailleurs. On a déjà poussé le ridicule jusqu’à supprimer du vocabulaire de la pâtisserie ces délicieux desserts que sont la tête de nègre et le nègre en chemise.
    Anne Nègre, élue de la nation, devra-t-elle aussi changer de nom?

    Il faut alors également censurer la négritude, ce magnifique néologisme, forgé dans les années Trente par le grand poète français Aimé Césaire. Léopold Senghor et tous les intellectuels anti-colonialistes du demi-siècle l’ont adoubé et lui ont donné ses lettres de noblesse. Puisqu’il donne des boutons à quelques analphabètes, il faudra sans doute le remplacer par la noiritude. Beurk, on dirait un cuir façon Ségolène

    L’anathème que les cuistres ont jeté sur le mot nègre se conforme béatement à la stigmatisation anglo-saxonne du mot nigger. Existerait-il dans en France l’équivalent des suprématistes blancs du Ku-Klux-Klan ou de la John Birch society? Tant de sottise est confondant.

    Jolie la chute sur MOFO. LOL

  • « gens noirs »??? On dit les Noirs et les Blancs, comme on dit les bruns et les roux et non pas « les gens blonds ». Parler ainsi à sa fille en dit long sur l’indigence de la réflexion.

  • Quoi?! Vous laissez votre fille écouter Justin Bieber!?
    😀

  • D’après Arnold, pour désigner certaines personnes on peut employer les deux mots schwarz et negger…

  • Les commentaires sont fermés.

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