Le Québec disposerait d’un surplus de 15 Md$ s’il avait contrôlé ses dépenses

L’Institut économique de Montréal a calculé ce qui se serait produit si la croissance des dépenses publiques, au lieu d’atteindre 66,9 %, avait été restreinte à 39,6 %, soit le même rythme de croissance que l’économie ces dix dernières années.

Un article de l’Institut Économique de Montréal.

eclatement-parti-quebecois14bDans un Point publié aujourd’hui, l’Institut économique de Montréal a fait l’exercice de calculer ce qui se serait produit si la croissance des dépenses publiques, au lieu d’atteindre 66,9 %, avait été restreinte à 39,6 %, soit le même rythme de croissance que l’économie ces dix dernières années.

« Selon ce scénario, les dépenses auraient quand même augmenté plus rapidement que l’inflation. Pourtant, nous avons constaté que le gouvernement du Québec disposerait d’un surplus de 15 milliards de dollars grâce au contrôle des dépenses, au lieu d’un déficit de 2,5 milliards de dollars — et plus probablement de 3,1 milliards de dollars — pour l’année fiscale qui vient de se terminer », explique Youri Chassin, auteur de la publication.

En utilisant ces surplus pour réduire la dette, après dix ans, celle-ci aurait été inférieure de 82,4 milliards de dollars à ce qu’elle est aujourd’hui, ce qui représente une différence de plus de 10 000$ par Québécois. Le service de la dette aurait coûté presque 4 milliards de moins par année.

« Tout ceci montre qu’il n’aurait pas été nécessaire de réduire les dépenses en termes absolus, mais simplement de mieux contrôler le rythme d’augmentation de celles-ci afin de radicalement changer le portrait des finances publiques du Québec ». Le ministre des Finances, Carlos Leitao, déposera son budget 2014-2015 le 4 juin prochain. « Cette leçon du passé devrait l’inspirer pour l’avenir », croit Youri Chassin.

« Les finances du Québec sont en pire état que ce à quoi on pouvait s’attendre sur la base du dernier budget et le problème ne fera qu’empirer si rien n’est fait. Cette publication fait la démonstration que le simple contrôle de la croissance des dépenses aurait été suffisant pour se doter de finances publiques saines », conclut Michel Kelly-Gagnon, président et directeur général de l’IEDM.

Le Point intitulé « Le surplus de 15 milliards que le Québec aurait pu avoir » est signé par Youri Chassin, économiste et directeur de la recherche à l’Institut économique de Montréal. Cette publication est disponible sur notre site.