Européennes 2014 : 10% n’est pas un bon résultat pour l’UDI/Modem

Yves Jégo (Crédits UMP Photos, licence Creative Commons)

Yves Jégo et les membres de l’UDI et du Modem semblent satisfaits de leurs résultats aux européennes. Il n’y a pourtant pas de quoi pavoiser.

Par le Parisien libéral.

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Si on en croit les propos d’Yves Jégo, président par intérim de l’UDI, le résultat des Européennes est satisfaisant, avec ses 10% et ses onze députés Européens.

Pourtant, le message que tous les membres de l’UDI/Modem – étrangement satisfaits par le score atteint aux européennes – devrait retenir est le suivant : non, ce n’est pas satisfaisant et c’est même en dessous des prévisions d’octobre 2013. Rappelons cette note de l’IFOP : « l’union de l’UDI et du Modem obtient un score de 11%, inférieur à l’addition des scores des listes UDI et Modem testées séparément en mai dernier. »

Déjà, ce score de 10% est inférieur de plus de moitié à celui obtenu par le Front National. Or, face à un FN clairement eurosceptique, l’UDI/Modem-les Européens s’étaient posés en europhiles sans réserve. Même l’UMP, qui n’a pourtant pas de ligne claire sur l’Europe (cf. Guaino vs Lamasssoure) et qui alignait des candidats comme Rachida Dati, a réussi à faire deux fois plus que l’UDI/Modem-les Européens.

Être battu par le FN et par l’UMP quand on est la seule liste (importante) europhile (en excluant donc Nous Citoyens), ce n’est pas un bon résultat. D’ailleurs, Le Figaro rappelle que la sénatrice UDI de Paris, Chantal Jouanno, avait assuré le 22 avril au « Talk-Orange-Le Figaro » : « Si l’UDI n’a pas 15% des voix européennes, c’est qu’il y a un problème en France. »

Il faut donc que les militants de l’Union des Démocrates et Indépendants se posent la question de la plus-value (ou du boulet) qu’ont représenté François Bayrou et Marielle de Sarnez, ainsi que les concessions du programme faites aux idées social-démocrates de droite. On le sait, François Bayrou est un véritable repoussoir, malgré son passé au sein des gouvernements d’union RPR-UDF, parmi l’électorat de la droite modérée et des libéraux, pour cause d’immobilisme entre 1993 et 1995 au ministère de l’Éducation Nationale, et pour cause de vote François Hollande, plutôt qu’une abstention, en 2012. En outre, si on en croit les échanges des militants de l’UDI sur Facebook, le style de leadership de Marielle de Sarnez explique en partie l’explosion de la fédération Modem Paris.

Quant aux concessions sociales du programme de l’UDI/Modem-les Européens, telles que le SMIC européen, une mesure que rejette l’ALDE, que les centristes français ne s’y trompent pas. Les vrais étatistes convaincus préfèreront toujours voter pour l’original socialiste (PS, FN) plutôt que pour les copies.

La plateforme l’UDI/Modem-les Européens est donc un échec qui souligne le manque de leadership au sein de l’UDI. La preuve ? C’est que le public non initié aux arcanes politicardes assimile François Bayrou à la tête de cette union. En plus du débat pour le leadership de l’UDI, dans lequel le maire de Neuilly, Jean-Christophe Fromantin, se lance, c’est bien également la question du programme et des alliances qui se posent. La priorité de l’UDI devrait donc être la poursuite de sa construction programmatique, ainsi que l’accueil bienveillant des derniers militants Modem qui ne l’ont pas encore rejoint.


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