La machine à bulles spéculatives est en route !

Les bulles spéculatives artificielles finissent toujours par éclater, le jour où la confiance s’envole ou le jour où on ferme le robinet.

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Bulle spéculative (Crédits marie alexandre, licence Creative Commons CC-BY-ND)

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La machine à bulles spéculatives est en route !

Publié le 28 mai 2014
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Par Jean Yves Naudet.
Un article de l’Aleps.

Bulle spéculative (Crédits marie alexandre, licence Creative Commons CC-BY-ND)

Comme dans les années trente, on est en train de jouer « tout va très bien, Madame la marquise » : on danse joyeusement sur un volcan. Les bourses se portent bien, les marchés sont euphoriques, la dette des pays du sud de l’Europe se vend comme des petits pains, à des taux sans cesse plus faibles, les capitaux affluent en Europe ; l’argent est facile, les liquidités abondantes. Et qu’on ne s’inquiète pas, la BCE veille au grain. Mario Draghi est prêt à ouvrir encore plus les vannes monétaires et le FMI pousse la BCE à assouplir encore sa politique. Revoilà « les plans d’irrigation pendant le déluge » que dénonçait Jacques Rueff dans les années 60. L’essentiel n’est-il pas d’éviter la déflation ? Au risque de paraître politiquement incorrect, qui n’aurait pas le droit de crier au « casse-cou » ?

Tout va très bien…

De quoi nous plaignons-nous ? Tout va bien. En dépit des fluctuations de courte durée, les marchés financiers se portent bien. Les bourses sont euphoriques alors qu’objectivement la situation économique de l’Europe, voire des États-Unis, n’est pas bonne : le chômage est encore important. Pour la France, c’est pire encore : il n’y a pas eu de « retournement » structurel ; déficits et dettes sont toujours aussi élevées. Mais le Président nous assure que tout va changer. Bref, l’économie réelle est loin de se porter bien.

Naturellement, le marché financier n’obéit pas nécessairement à la situation de l’économie réelle du moment ; il est fait pour anticiper et pour prendre des paris sur le futur. Mais une telle anticipation est-elle plausible aujourd’hui ? Les profits et les investissements des entreprises européennes sont-ils si importants ? Le cours des actions est-il en rapport avec les prévisions de résultats ? Et en France, où en est notre tissu industriel, notre compétitivité ? Que sont devenus les prélèvements obligatoires supportés par les Français ? Que sont devenues les contraintes fiscales et administratives sur les entreprises ? Qui croit au choc de simplification ou à la fin du mille-feuille administratif ?

Une autre chose étrange, c’est que souvent en bourse on s’intéresse à une seule classe d’actif : à un moment les actions, à un autre les obligations (émises par les États ou les entreprises). Or, actuellement, c’est l’ensemble des classes d’actifs qui se porte bien. Les capitaux refluent massivement dans la zone euro, après s’être investis pendant des années dans les pays émergents. Ils ont quitté ces pays, après les avoir inondés, provoquant chez eux la récession, après l’inflation.

On s’arrache les dettes souveraines

Voici que les liquidités actuellement disponibles découvrent curieusement les vertus des dettes souveraines, même celles des pays fragiles : le Portugal a pu revenir sur les marchés et emprunter à 10 ans à 3,575%, alors que Lisbonne était exclue des marchés à long terme depuis des années. Certes, le Portugal a réformé, mais la dette publique est encore de 130% du PIB. Plus extraordinaire : la Grèce a pu émettre plusieurs milliards d’obligations souveraines à cinq ans à 4,95%. Pas mal, pour un pays qui veut encore un allégement de sa dette (donc avec un risque énorme) et dont la dette publique, en dépit des mesures prises et des annulations, est encore à 175% du PIB !

Les préteurs seraient-ils devenus myopes, sans se préoccuper de la fiabilité des titres achetés ? Les marchés auraient-ils retrouvé une confiance irraisonnée ? Naguère, ils pensaient que la zone euro allait éclater et s’ils prêtaient, c’était à des taux incluant une prime de risque énorme. Voici maintenant qu’ils prêtent à nouveau, et à des taux toujours plus bas. Même la France peut emprunter à des taux historiquement bas, alors que les réformes structurelles sont à l’état d’ébauche et de vagues promesses pour un avenir lointain. L’Agence du Trésor s’en réjouit. Mais pour combien de temps ?

Déflation ou inondation monétaire ?

Comment expliquer cette étrange situation, ce « déroutant enthousiasme », « cette euphorie de la planète finance », pour reprendre les titres de la presse ? Pourquoi les marchés sont-ils « grisés » ? Curieusement, la presse, qui nous parle jour après jour du risque de déflation qui, paraît-il, nous menace, semble avoir ici une explication parfaitement contradictoire avec l’hypothèse de déflation : « l’abondance des liquidités », « l’argent facile », « l’inondation sur les marchés ». Étrange contradiction.

Le même Monde qui, jour après jour, nous stresse à propos « du spectre » de la déflation et pousse la BCE à assouplir encore sa politique, dans les pages « économie et entreprise », trouve, cette fois dans les pages « marchés », une « explication pourtant simple » à ce qui se passe : « les investisseurs disposent aujourd’hui d’une telle masse de liquidités qu’ils ne pensent plus qu’à une chose : les placer là où les rendements sont les meilleurs ». Pouvons-nous suggérer aux journalistes du Monde de communiquer entre eux, puisque les uns disent le contraire des autres ? Mais si le risque était tel que le remboursement devienne problématique ? Cela n’aurait aucune importance, pensent-ils, car Mario Draghi a fait comprendre qu’il « fera tout ce qu’il faudra pour sauver la zone euro en cas de danger ». Pourquoi s’inquiéter ? La BCE veille et saura en cas de crise rajouter encore quelques liquidités, y compris en rachetant directement de la dette souveraine.

Nous n’avons cessé, ici même, de dénoncer les risques de l’inondation monétaire. Le premier risque, c’est que le prix des capitaux, le taux d’intérêt, soit faussé par cet excès artificiel de liquidités : ces liquidités, en se précipitant sur les dettes grecques, portugaises, espagnoles, font artificiellement baisser les taux, qui ne reflètent plus le risque réel encouru. Ils deviennent des faux prix, manipulés par la création de liquidités.

Le jour où les bulles éclateront

Mais demeure un autre risque majeur : celui des bulles spéculatives. Ce qui se passe aujourd’hui rappelle étrangement la crise des subprimes : une banque centrale qui veut forcer la marche de l’économie en créant massivement des liquidités, en prêtant à des taux quasi-nuls et en assurant aux banques, inquiètes de la solvabilité de leurs clients, qu’en toute hypothèse elle serait là pour fournir plus de liquidités si c’était nécessaire. C’est exactement la situation actuelle.

C’est ce qui avait provoqué, ici ou là, les bulles immobilières et qui en provoque encore, notamment à Londres. C’est ce qui a provoqué ces dernières années les bulles boursières, mais aussi sur les devises, dans les pays émergents.

Puis un jour, parce que les banques centrales ont laissé entendre qu’elles pourraient réfléchir à inverser le processus, la confiance s’effondre d’un seul coup, les bulles éclatent et les liquidités vont se placer ailleurs, en l’occurrence en Europe, qui a pris le relais des marchés émergents pour accueillir cette inondation monétaire.

Il est de bon ton de dénoncer la spéculation. Ce n’est pas juste. Car il y a une spéculation utile, celle de ceux qui prennent des risques calculés, à la place des autres, avec leur propre argent, jouant un rôle d’assureur. Par contraste, il y a la mauvaise spéculation, celle des bulles artificielles, quand l’argent coule à flot des banques centrales et permet n’importe quelle fantaisie, en perturbant tous les indicateurs, à commencer par les taux d’intérêt.

C’est la situation actuelle, car nous avons bâti sur le sable et non sur le roc. Notre diagnostic est simple : les bulles spéculatives artificielles finissent toujours par éclater, le jour où la confiance s’envole ou le jour où on ferme le robinet. Il reste juste à savoir quand.


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  • Le pire des scénarios serait que la confiance s’envole alors que les robinets sont encore ouverts, plus précisément parce que les robinets le sont. Autrement dit, la crise de défiance concernerait directement les banques centrales et ne serait plus circonscrite à tel ou tel secteur économique.

    Petite remarque : les capitaux en fuite ne sont pas responsables des récessions ici ou ailleurs. Les politiques publiques absurdes portent cette responsabilité.

  • Dès l’instant où il y a des gogos pour y croire, pourquoi se gêner ?

  • Selon moi il est actuellement trop tard pour rembourser la dette des états, il faudra soit faire un défaut ou monétiser la dette. En cas de défaut, bonjour la dépression pour de longues années. De ce fait je pense qu’il faudrait monétiser la dette directement par la BCE, cette dernière pourra financer les intérêts payer par les pays et aussi le refinancement du déficit. Ceci permettra de plus facilement mener à bien les réformes libérales nécessaires au retour de la croissance. Cependant, j’aurai voulu avoir les avis des lecteurs de contrepoints sur le fait de faire financer la dette directement par la BCE et non par l’intermédiaire des banques. Ainsi la masse monétaire augmenterai ceci pouvant provoquer de l’inflation, cependant les taux d’intérêts ne seraient plus fixés par la BCE et évoluaient librement selon l’offre la demande ,je suis conscient que cette dernière serait modifier par la planche à billet, cependant l’impact ne serait il pas plus marginale que une intervention direct de la BCE sur les taux ? Merci

    • La planche à billet ? L’inflation à 2 chiffres ? Non merci. Plutôt des réformes libérales.
      Il est évident que certains états ne rembourseront leur dette que dans 50 ans ou plus, activement ou passivement.

      • Je pense que c’est une solution même si cette dernière n’est pas parfaite, car avec le temps la France va se retrouver à payer plusieurs fois le montant de sa dette rien qu’avec le paiement des intérêts, car nous soies actuellement en situation de surendettement. Nous pouvons faire tous les efforts possibles, sans l’outils monétaire nous ferrons défaut.

        • Si c’est une solution pour ne pas faire de réformes : NON.
          Si c’est pour avoir une inflation de 10% : non.
          une inflation de 1 à 3% au-dessus du taux de croissance, j’entrouvre l’oeil.

          Ce qu’il faut, c’est être sérieux sur le long terme, ne plus gérer pour être réélu.
          On peut très bien se traîner une dette sur 50 ans, si on est sérieux, c’est jouable, on aura des taux bas.
          Admettre l’inflation comme solution : c’est capituler.

        • Il n’y a que 2 choses qui peuvent nous sauver à condition d’arriver conjointement dans un délai assez court :
          – un évênement externe imprévisible qui booste l’économie et l’activité
          – une rigueur économique et plus de libéralisme pour tenir le coup jusque la et permettre l’avênement de l’évênement externe.
          Tout le reste n’est que bricolage …

          L’évênement externe peut être une découverte, une percée tehnologique, un grand projet. Mais on ne peut pas le créer de toutes pièces. Il doit avoir sa propre logique économique incontournable qui force les entreprises à investir avec un bon retour sur investissement. L’idée de créer ce choc est futile et les tentatives dans ce sens sont minables. Le meilleur exemple de ce qu’il ne faut pas faire est la transition énergétique : pas de retour sur investissement, coûts exhorbitants à la charge du contribuable et des entreprises, dirigisme et non libéralisme, donc pas de nécessité, de motivation, et effets négatifs au lieu d’effets positifs sur l’économie par le renchérissement du coût de l’énergie.

          Envoyez un astéroide menacer la terre d’une collision, et vous verrez que l’effet sur l’économie sera positif et formidable : implication de tous pour trouver une solution, fabrications des fusées pour détruire l’astéroïde, libération de l’épargne à cause de l’incertitude sur le futur, muselage des théoriciens en tous genres pour oeuvrer enfin conjointement dans un projet commun …

        • Non, faut arrêter avec cette bêtise du « rembourser plusieurs fois sa dette, avec les intérêts ». Les intérêts sont justement l’ajustement « permanent » de la valeur de la dette.
          Donc rembourser le nominal et les intérêts c’est juste rembourser sa dette une fois.

          Et quand on emprunte, on rembourse. D’une façon ou d’une autre (rappelons qu’en cas de défaut d’une entreprise le remboursement se fait… sur la bête, les débiteurs devenant alors seuls propriétaires de ce qui reste de l’actif). Le seul problème c’est quand on n’a plus d’argent, alors il faut étaler (mais surtout arrêter d’augmenter la dette en continuant à dépenser plus qu’on ne gagne).

          Le défaut des états souverains ce n’est pas un défaut normale, c’est juste un vol légalisé (parce que les gens volés sont majoritairement des individus, et majoritairement citoyens du pays en cause). L’actif n’est jamais récupéré par les débiteurs.

          • Et le « sur endettement » actuel n’est grave que parce que nous sommes continuellement en déficit budgétaire.

            Privatisons la sécu, la moitié des « services publiques » non régaliens et utilisons l’argent de la vente pour désendetter un bon coup. Pour le reste ça suivra très vite : la croissance rendra la dette de plus en plus légère et les excédents budgétaires (même une fois les impôts drastiquement baissés) permettront de prendre en charge le reste.

            Bien des entreprises tournent continuellement avec plus de 60% de leur passif en dettes. Et ne sont pas « sur-endettées » pour autant : mais la différence c’est que le profit est la situation normale pour elle et notre État est comme une entreprise qui accumulerait les pertes de façon continue depuis 1974 !

    • Demander à la BCE de monétiser la dette directement, sans en passer par des collatéraux comme actuellement, nécessite un changement des traités. C’est politiquement possible (et économiquement suicidaire), mais ce n’est pas pour demain. Or, il y a urgence.

      Plutôt que de noyer les créanciers et les salariés dans l’inflation pour solder les dettes publiques, il est tellement plus simple et efficace de gérer intelligemment l’argent public, donc de rendre au privé ce qui n’aurait jamais dû quitter le privé.

      La tentative désespérée de rétablir les finances publiques, d’une part en augmentant les impôts et d’autre part en contractant les dépenses publiques, mais en maintenant inchangée l’étendue du secteur public, provoque de la récession, puisque tant le privé que le public se trouvent appauvris. En revanche, privatiser par pans entiers les secteurs économiques collectivisés redonne des moyens à tous et favorise la croissance. Cerise sur le gâteau, la privatisation permet une augmentation relative des moyens de l’Etat (c’est-à-dire une baisse globale des dépenses mais plus de recettes pour ce qui reste dans le giron de l’Etat), pour financer en même temps la baisse de la pression fiscale et le remboursement progressif, sur 2 ou 3 décennies, de la dette précédemment accumulée.

      Il ne manque plus que la volonté politique de renoncer à la collectivisation du pays.

    • À mon avis, financer la dépense publique directement par la création de monnaie n’est pas un problème en soi. Le seul véritable enjeu est politique: Comprendre que l’économie de marché fonctionne, et pas l’économie administrée, ni même les approches mixtes.

      Or si la dépense publique est limitée (5% du PIB ou moins), peu importe qu’elle soit financée par la création monétaire; et si elle dépasse ce seuil, peu importe que la monnaie soit saine (et les impôts élevés, complexes et coûteux).

      L’étalon-or est un moyen d’empêcher l’État de tout envahir, mais pour cette raison il ne peut pas perdurer contre la perversion des politiciens.
      Une solution durable ne peut être que de nature politique, par un retour de la démocratie et le démantèlement de l’État socialiste: Fin de l’école publique et des syndicats, et instauration de la démocratie semi-directe.

      En définitive la monnaie est la technologie de l’information qui permet au marché de décider où allouer les ressources.
      Le discours keynésien selon lequel la baisse des prix arrête l’économie est un exemple de l’incompétence crasse de nos dirigeants: Il est évident que la causalité est inverse. On n’arrête pas de consommer lorsque les prix baissent; mais les prix baissent lorsqu’on arrête de consommer.
      Créer de la monnaie n’aide en rien l’économie: C’est d’épargne qu’elle a besoin, et l’épargne n’est pas l’argent mais l’écart entre les services produits et consommés, dont l’argent épargné n’est que la mesure.
      Ainsi plus on crée de monnaie et plus l’économie est entraînée à croire qu’il existe une épargne abondante, et plus c’est faux, donc plus les décisions prises sont erronées.

      • J’entendais a la radio recemment un economiste d’une banque (je ne sais plus laquelle) qui craignait l’inflation car les gens ne consommeront plus… Je me demande s’il attend encore un peu avant d’acheter un iphone (ou une TV LCD…) ou s’il continue d’utiliser le telephone fixe et un ecran CRT.

        Soit il est completement con. Soit il sait tres bien qu’il dit un gros mensonge… et j’aimerais alors bien savoir dans quel sens il veut manipuler la population.

        • Je suppose qu’il parlait de la déflation. C’est une construction fausse pour arriver à un résultat juste. La théorie politiquement correcte est que c’est la consommation qui fait marcher le monde, et que ce sont les consommateurs en perte d’appétit, qui attendent quand les prix baissent, qui font péricliter l’économie en cas de déflation. La raison plus sensée, c’est que si leurs prix de vente baissent, les industriels rentabilisent moins bien ou plus du tout leurs investissements passés, ils ferment ou ne font plus d’investissements nouveaux faute d’en avoir les moyens. Raisonnez avec l’immobilier : vous achetez un appartement pour le louer, sachant que les loyers équilibreront exactement les mensualités. Un an après, les loyers baissent de 5% et vos autres revenus aussi. Comment faites-vous ?

          Maintenant, s’il s’agissait d’inflation, l’inflation favorise les emprunteurs au détriment des prêteurs, donc le banquier qui fait partie des seconds perdra tout sang-froid pour la condamner.

          • Oups, oui, il parlait bien de deflation.

            • Non, la déflation n’engendre pas l’arrêt de la consommation, au contraire.
              Sinon, achèterait-on jamais à crédit (payer plus cher pour obtenir satisfaction de suite) ?
              Le secteur technologique existerait-il ?

              La causalité est inverse: Quand la consommation baisse, les prix baissent aussi.
              Précisément pour qu’on consomme !
              Si votre magasin ne parvient pas à écouler telle marchandise, qu’en déduisez-vous quant à son prix ?
              Trop faible ou trop élevé ?

              Ce sont les États-providence qui ont besoin d’inflation pour retarder un peu plus leur inévitable déconfiture: Leur endettement est rapporté au PIB nominal, c-à-d. non diminué de l’inflation.
              Si vous dirigez un État dont la dette est 100% du PIB, pour la stabiliser il faut que votre inflation excède votre taux d’intérêt diminué de la croissance…

              Faute de croissance, il vous faut donc générer de la monnaie – ce qui interdit la croissance…

              Je laisse la conclusion à Bastiat:
              — Quoi! le papier-monnaie procède de la même erreur?
              — Directement. Quand les législateurs, après avoir ruiné les hommes par la guerre et l’impôt, persévèrent dans leur idée, ils se disent: « Si le peuple souffre, c’est qu’il n’a pas assez d’argent. Il en faut faire. » Et comme il n’est pas aisé de multiplier les métaux précieux, surtout quand on a épuisé les prétendues ressources de la prohibition, « nous ferons du numéraire fictif, ajoutent-ils, rien n’est plus aisé, et chaque citoyen en aura plein son portefeuille! ils seront tous riches. »
              — En effet, ce procédé est plus expéditif que l’autre, et puis il n’aboutit pas à la guerre étrangère.
              — Non, mais à la guerre civile.

              • Je suis comme vous persuade qu’il ne faut pas craindre la deflation, on le voit bien dans le secteur techonologique qui est en deflation rapide depuis au moins 20 ans, et cela sans tuer l’innovation.

                Ce qui me chiffonne c’est pourquoi un banquier vient dire dans les media que la deflation c’est la pire des choses…

                Aurait-il peur que les etats providences ne le remboursent pas? Mais en demandant aux etats d’eviter cela, il leur demande implicitement de faire tourner la planche a billets… et donc les etats le rembourseront en monnaie de singe… la belle affaire.

                • Oui, mais contrairement à nous tous, le banquier est en position de transférer les pertes liées à la monnaie de singe sur autrui. C’est d’ailleurs l’une des raisons de l’existence du monopole monétaire : faire supporter à l’ensemble de la population les pertes provoquées par quelques-uns. D’une façon générale, socialiser les pertes ou les erreurs est l’objet de n’importe quel monopole étatique. Ainsi l’exemple récent de la SNCF avec ses trains « obèses » : aucune importance puisque la perte est diluée sur chaque français. Moins d’un euro par tête, c’est négligeable. Et hop, on rabote les quais !

          • Votre raisonnement est faux, vous ne pouvez pas généraliser ainsi.
            Si la prix baissent de 5% et vos revenus aussi, ainsi que votre appartement, votre situation est stable.
            Si les prix baissent de 10% pendant que vos revenus baissent de 5% et votre appartement de 2%, réjouissez-vous !

            L’argent a pour fonction d’informer, et il s’agit qu’il le fasse bien.
            L’évolution des prix doit refléter la réalité pour qu’on puisse agir avec pertinence dans le contexte.
            L’idée qu’on puisse compenser la réalité par la manipulation monétaire est risible.
            C’est une déclinaison de la confusion entre richesse et argent, dénoncée par Bastiat dans son pamphlet « Maudit argent ».
            Si la valeur de voter appartement a perdu 5%, toutes choses égales par ailleurs, c’est que votre investissement a été mal avisé, rien d’autre: Vous devrez intégrer ce fait dans vos prochaines décisions.

            Même l’épargne n’est pas de l’argent: Elle désigne le fait que vous avez rendu des services plus que vous n’en avez reçu. L’argent accumulé est l’évaluation de cet écart, mais il n’est pas la réalité de cet écart. C’est cet écart qui vous autorise à prêter: mobiliser des ressources au service d’un investissement et exiger une rémunération en retour.

            Nos arrière-arrière-grands parents ont connu l’étalon-or, les prix qui baissent, et la prospérité.

  • Ces gens des états croient toujours au bien fondé de leurs plans keynésiens. Ils ne connaissent rien à l’économie, notamment au fait qu’un marché (dettes souveraines, actions, immobilier, etc.) finit toujours par faire la purge des mauvais investissements issus de ces perturbations étatiques.

    Certes, le château de cartes tient toujours plus longtemps que ce à quoi on peut s’attendre. Mais, quoi qu’il en soit, ils existent seulement pour être détruits. Certains l’ont bien compris et en tirent profits, de l’expansion au déclin mais leur participation n’a rien à voir avec la confiance ou pas en l’économie. Ce sont les « sponsors » du marché, proches des états et banques centrales.

    Le reste est juste une mécanique qui se déploie : le château de cartes doit s’élever tant que ces sponsors pensent qu’il y a de la marge… jusqu’à ce qu’ils décident de se retirer car trop risqué. Les banques savent déjà très clairement ce qu’elles vont faire dans les mois qui viennent et vont vous refiler le risque et les junk bonds/stocks.

  • En avant pour l’hyperinflation à la sauce Weimar…On sait comment cela s’est fini…Gold standard now!!!
    ..

  • Encore un excellent article.

    Néanmoins, deux choses :

    – « objectivement la situation économique de l’Europe, voire des États-Unis, n’est pas bonne » => il m’apparaît que les Etats-Unis sont dans une situation tout à fait identique à la nôtre.

    – Ne pensez-vous pas qu’il est absurde de comparer la dette d’un pays avec son PIB ? Ne serait-ce pas plus pertinent de la mettre en rapport avec le budget de l’Etat ? Or, en France, l’Etat c’est 75% de la dette publique qui est de 2 000 milliards, donc 1 500 milliards de dette de l’Etat ; et seulement un budget d’environ 400 milliards. Dans ces conditions, l’endettement de l’Etat français est approximativement de 300%.

    Cordialement,

    • – La collectivisation des EU est moins avancée (bien qu’Obama mette les bouchées doubles), mais l’interventionnisme de la FED est encore pire que celle de la BCE, avec à mon avis une bulle substantiellement plus importante.
      – Si, complètement. Cependant, le taux d’endettement calculé normalement est infini, vu que la capacité de remboursement de la France est négative. On est dans le monde merveilleux de la comptabilité publique, ou plus rien n’a de sens, et on prend ce qu’on peut comme indicateur…

  • « La plupart des erreurs des hommes ne tiennent point tant à ce qu’ils raisonnent mal à partir de principes vrais, mais bien plutôt à ce qu’ils raisonnent juste à partir de principes faux ou de jugements inexacts »
    (Fénelon)

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  • Les commentaires sont fermés.

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