Banques Suisses : le problème n’est pas les paradis fiscaux, mais les enfers fiscaux

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Quand la pression fiscale devient une oppression fiscale, les canaris et les saumons se tirent.

Par Nicolas Nilsen.

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Ils parlent beaucoup des banques suisses dans les médias en ce moment, et aussi de paradis fiscaux dont l’argent sert providentiellement à financer les cadeaux électoraux du gouvernement à la veille des européennes. J’en ai déjà parlé à l’époque et je sais que ça va faire hurler, mais tant pis : ces histoires de « paradis fiscaux » commencent à me plomber la tête. Et donc, même si je sais que c’est un sujet glissant, je vais tout de même essayer de vous expliquer avec un canari jaune et un saumon rose…

Les canaris et les saumons sont des « sonneurs d’alarme » !

  • D’abord, le canari : dans les mines de charbon, à l’époque, les mineurs descendaient toujours avec un canari dans une cage. Comme le canari est super sensible aux gaz toxiques, lorsque les mineurs voyaient que le canari piquait du nez, ils remontaient à l’air libre à toute vitesse parce que c’était le signe qu’il y allait avoir un méchant coup de grisou. Merci au canari de nous signaler, en se tirant, que la fiscalité est confiscatoire et spoliatrice !
  • Ensuite le saumon rose : quand les rivières sont polluées, les saumons se tirent, vite fait. Quand la qualité des rivières revient, les saumons reviennent. Même pas besoin de faire des lois, des arrêtés, des décrets et des circulaires. Ils reviennent tout seuls parce que c’est la pollution qui les a fait partir.

Bon, vous me suivez ? Quand la fiscalité monte, quand la pression fiscale devient de l’oppression fiscale, les canaris, les saumons se tirent. Comme les gens qui ont de l’argent. Aussi simple que ça : vous pensez peut-être que c’est parce qu’ils aiment le Toblerone que des chanteurs comme Johnny, des anciens tennismen comme Yannick Noah ou des footballeurs comme Karembeu ont tous des comptes offshore ? Évidemment non. C’est parce qu’ils considèrent (les pauvres !) que la fiscalité française est spoliatrice et confiscatoire. Et vous avez vu comme je suis prudent : je ne parle que des gentils « people » et pas des méchants chefs d’entreprise !

Réduire d’urgence la toxicité fiscale

Quand vous êtes un dirigeant politique, vous avez deux solutions :

  • Soit vous êtes intelligent et comprenez que les saumons sont des « whistle-blowers » qui sonnent l’alerte sur le niveau asphyxiant de la fiscalité. Et vous diminuez la pollution pour que les poissons reviennent au bercail au lieu de se tirer parce que votre fiscalité est dissuasive par rapport aux autres pays européens (ou la Suisse) ;
  • Soit vous refusez de comprendre et en bon idéologue de gauche, vous rajoutez encore une nouvelle couche de toxicité. Et, pour les empêcher de partir, vous les matraquez sur place. Boum, plus de problème. Nos malades de l’imposition appellent ça « transparence fiscale » par dénonciations nominatives des comptes à l’étranger… Nos matraqueurs fiscaux n’ont en fait qu’une idée en tête : mettre des barbelés partout pour pouvoir augmenter leur fiscalité sans que plus personne ne puisse sortir du camp. C’est la façon de penser de nos dirigeants spoliateurs et de gens comme Piketty avec son impôt confiscatoire de 80% sur les riches : vous vous êtes demandé pourquoi il voulait le rendre « mondial » ? Tout simplement pour que personne ne puisse s’y soustraire en se réfugiant ailleurs dans le monde. Forcément, son système est tellement attrayant et efficace qu’il veut l’imposer à tous. Ils construisent des souricières et plombent l’Europe avec leur fiscalité spoliatrice et ils s’étonnent ensuite que, comme les footballeurs, les gens aient envie de partir en Suisse ?

Et d’ailleurs réfléchissez un peu : pourquoi croyez-vous qu’ils se déchaînent autant contre ce qu’ils appellent les « paradis fiscaux » en ce moment ? Tout simplement parce qu’ils veulent pouvoir continuer à augmenter la fiscalité et vous prendre votre argent en toute impunité. L’histoire de la directive européenne « bail-in » (qui va les autoriser à ponctionner directement votre épargne et vos comptes bancaires) devrait vous mettre la puce à l’oreille… Votée en douce, elle entrera en vigueur à partir de janvier 2016. C’est pour cela qu’ils se dépêchent de fermer les derniers « paradis fiscaux » : pour que vous ne puisiez plus vous tirer : clac, pris comme dans un piège ! Ils pourront ainsi vous faire les poches sans risque.

Qu’ils ferment d’abord leurs « enfers fiscaux » !

Au lieu de se dire : « zut les saumons se tirent et les canaris sont en train de crever dans leurs cages »… essayons de diminuer la pression fiscale qui tue l’activité. Ils hurlent avec la populasse chauffée par les médias : « ah mais ces chiens ont va les traquer, les empêcher de partir, les dénoncer, les plumer et les écailler, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus un seul pigeon vivant dans le ciel de France et plus un poisson libre vivant dans les lacs suisses ». Trop cool les politiques ! Regardez où en est la France avec ces méthode de Kapos fiscaux !

En fait ce n’est pas qu’il y ait des paradis fiscaux qui m’énerve : c’est que nos dirigeants ne comprennent pas que ces paradis fiscaux comme ils disent sont un révélateur de leur « enfers fiscaux » ! Qu’ils arrêtent d’abord de nous griller dans leurs cuves infernales avant de s’attaquer aux « paradis » !


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