Et si la France se transformait en paradis fiscal ?

Publié Par Didier Maurin, le dans Fiscalité

Si la France devenait un paradis fiscal, des milliards en capitaux seraient investis et de nombreuses entreprises s’établiraient en France, créant ainsi richesses et emplois.

Par Didier Maurin.

Je n’ai jamais vu aussi peu de pauvres que dans les paradis fiscaux, ni aussi peu de chômage. Ce dernier est pratiquement inexistant au Luxembourg, et d’un niveau de seulement 3% en Suisse où il continue de baisser même en pleine période de crise internationale grave.

L’idiotie intellectuelle des Français les pousse à maintenir un système de racket fiscal et à l’amplifier. Ils veulent se venger des riches, les faire payer pour effacer ce qui peut être, pour certains, leur propre médiocrité. Car les philosophes ont raison: « C’est par la morale que les faibles veulent l’emporter sur les forts. »

Et de deux choses l’une: soit la personne s’est enrichie par la malhonnêteté, et ce n’est pas la fiscalité qu’elle mérite mais la prison et la confiscation de ses biens; soit elle a travaillé 60 heures par semaine dans son entreprise avec la création de nombreux emplois en y risquant son argent, et elle mérite de partir avec un chèque de 30 millions d’euros avec une fiscalité à zéro.

Car le racket fiscal coûte cher à l’ouvrier français. Il n’apporte rien et décourage tout le monde. Les philosophes, là encore, ont raison lorsqu’ils affirment que « l’Etat est le plus froid des monstres froids« . Et ce monstre, corrompu et gaspilleur, veut se nourrir, comme tous les monstres, de nos vertus.

Lorsque nous gagnons de l’argent, ce même argent est d’abord pour nous et ceux que nous aimons, en sachant que nous devons avoir honte de nous laisser spolier. Grandissons, et donnons raison aux exilés fiscaux qui constituent la résistance à la période actuelle.

Si j’étais Président de la République, je transformerais la France en paradis fiscal avec le vote d’une nouvelle Constitution. Non pour attirer l’argent du trafic de drogues ou du terrorisme qui mérite les pires châtiments, mais celui du commerce et de l’industrie qui doit être très bien considéré. Des milliards en capitaux viendraient s’investir en France, et nombre d’entreprises s’établiraient chez nous, créant ainsi richesses et emplois.

La fiscalité reposerait essentiellement sur une TVA à 35% environ ce qui alourdirait la facture des produits fabriqués en Chine, et je supprimerais l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés, la CSG, les charges sociales sur salaires, l’impôt sur la fortune etc., ce qui rendrait le travailleur français beaucoup plus compétitif dans la mondialisation même si son salaire net pour lui-même serait beaucoup plus élevé.

L’aberration des 35 heures serait supprimée, laissant ainsi toute latitude aux employés et aux employeurs pour établir leurs contrats de travail. En effet, tel salarié aspirera à travailler 50 ou 60 heures par semaine parce qu’il souhaitera gagner 5000 à 10.000 euros par mois pour s’offrir l’appartement ou la voiture de ses rêves, pendant qu’une mère de famille, souhaitant élever ses enfants, voudra un emploi de 12 à 15 heures hebdomadaires seulement.

Les entreprises pourront facilement licencier et les salariés librement quitter leur patron, parce

qu’il ne faut aucun frein à l’embauche. Les frontières seront rétablies d’une certaine façon, car il sera hors de question de laisser passer les travailleurs pauvres d’autres pays qui eux, accepteraient de travailler pour des salaires bien inférieurs.

En effet, l’objectif d’un paradis fiscal est le versement de salaires très élevés sans impôt avec un chômage inexistant ou très faible.

Mais vous le verrez, un certain patronat tentera de vous vendre la moralité et la vertu pour « ouvrir grand les portes » à toute la pauvreté de la planète… histoire de faire baisser les salaires.

Les philosophes ont raison: « Les autres se repaissent de nos vertus, ils les adorent… dès lors qu’elles leur profitent et nous sont défavorables »! A nous de ne pas nous faire « avoir », en sachant qu’il faudra instaurer un système juridique à l’américaine.

En effet, le niveau des dommages-intérêts est trop faible dans notre pays où il compense souvent à peine les frais d’avocats qui ne sont généralement pas remboursés par la partie adverse, même lorsqu’elle perd.

Dès lors, les tribunaux actuels restent très favorables aux malfrats qui, aidés de leurs avocats « haut de gamme », savent très bien en tirer profit. Il faudra les réformer.

Comme il faudra réformer aussi les tribunaux prud’hommaux, fiefs de la CGT, très défavorables aux employeurs même lorsqu’ils sont de bonne foi.

Voilà donc mon programme ! A-t-il une seule chance d’être un jour mis en application ? Certainement pas. La plupart des Français le détesteront… ce qui fait ma fierté.

En effet, je n’aime pas l’idéologie actuelle que je trouve perdante et ce, soit-disant au nom de bons sentiments marxistes-léninistes. Cette belle morale, c’est l’ouvrier français qui en paie le prix, avec un chômage de masse et une baisse des pouvoirs d’achat.

A l’écouter, la France actuelle a raison lorsqu’elle nous prélève l’essentiel de notre argent par l’impôt tout en traitant les exilés fiscaux de « traîtres à la patrie ». Tout ceci est écœurant car souvent, ceux qui fuient ont souvent beaucoup travaillé et beaucoup investi.

Pour le moment, la France a décidé de faire fuir la richesse au lieu de l’attirer, la laissant ainsi à d’autres pays à fiscalités privilégiées. Mais un jour tout ceci évoluera et la France retrouvera le chemin de la richesse… Souhaitons-le pour nos enfants.

Lire aussi :

Article paru initialement dans l’Agefi, repris avec l’autorisation de l’auteur

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  1. Je constate avec plaisir que je ne suis pas isolé!! En effet voici ce que j’avais déjà écrit le 30 MARS 2012 sur mon blog :

    Certains souhaitent la disparition des paradis fiscaux …
    Il paraît qu’ils tiennent les grands pays en otage !!
    Je prétends que ce sont ces « grands pays » qui creusent leur propre tombe avec leur manie de taxer ….taxer ….taxer…
    D’autre-part presque tous les pays on leurs propres paradis fiscaux qu’ils utilisent toujours !!
    A défaut , ou en plus , chacun crée ses niches fiscales !!
    Je dis que pour rester « dans la course » il faut combattre à armes égales
    DONC ,
    pour résoudre nos problèmes
    commençons donc par avoir une fiscalité raisonnable !!
    ….ou alors que tous les pays deviennent des paradis fiscaux !!
    C.Q.F.D.!!!!!!

      1. Je vous en donne un qui n’engage que moi. Des prelevements obligatoirs (taxes impots et TVA confondus) de 15%. C’est deja pas mal. Il y a de quoi en financer des gabegies avec ca… Ca implique de rendre au prive une grande partie des acitivites qui beneficient de monopoles d’Etat et de subventions, ou de permettre aux citoyens de sortir des monopoles d’Etat (genre sortir de la secu, sortir du systeme de retraite par repartition, abandoner le financement obligatoir de l’education nationale, bref des trucs que vous qualifiez presque de crimes contre l’humanite parce que vous etes socialiste) mais vous vouliez un chiffre: En voila un.

        1. Vous avez une idée préconçu du modèle théorique libérale qui ne colle pas aux faits. Il y a des secteurs pour ce qui est du bien commun qui, quand ils sont privatisés deviennent plus médiocre et plus onéreux. Le train par exemple avec le modèle anglais (-14% de vitesse moyenne, 400% d’augmentation des accidents etc). Les autoroutes qui étaient déja tres bien entretenu mais dont le prix est excessif aujourd’hui pour continuer à verser des dividendes à Vinci (+ de 5Mds sur 10ans). La gestion de l’eau, demandez a tous ceux qui sont passé en gestion privé Suez comment le prix de l’eau a plus que doublé alors que la société ne réalisait pas les investissent long terme. La santé, pour avoir vécu au USA 2 ans, leur modèle me fait rever, 600$ pour une attelle 1H de prise en charge, apres chez nous je pense juste qu’il faut anestésier nos grand labo qui font de l’ingérence ex 1Mds de vaccin inutile, trop de pillule hors de prix etc.. Pour le reste, je suis pour le libéralisme, le vrai pas celui des copains politique qui vous file les grand marchés, ou de celui qui influe sur les normes par le biais d’un actif lobbying

  2. « une TVA à 35% »(…) »ce qui rendrait le travailleur français beaucoup plus compétitif dans la mondialisation même si son salaire net pour lui-même serait beaucoup plus élevé. »

    J’ai toujours pas compris les ressorts qui inciteraient par magie un employeur à augmenter son salarié s’il n’avait pas de charges à payer, plutôt que d’augmenter ses marges ou éventuellement baisser ses prix.

    1. L’augmentation de la TVA (TVA social) ferai payer aux produits imlportés une partie des charges salariales et pas seulement les produits fabriqués en france, en faite on fait aussi payer les pays comme la chine. Ce systèm entrainerai une suppréssion des charges patronales (avec une augmentation du SMIC pour compenser l’augmentation de TVA) et salarial (SMIC brut:1400euro transformé en SMIC net 1400euro, une augmentation de plus de 30% par rapport au systèm actuel.
      Au final tout le monde serai gagnant.

      1. @34rg: Non, les « produits » ne paient pas de taxe. Ce sont les acheteurs qui les paient. Augmenter la TVA aurait pour conséquence la baisse du pouvoir d’achat des français. Les chinois ne paient rien du tout. Peut être verraient ils une baisse de leurs ventes en France du fait de l’augmentation artificielle des prix mais le résultat serait une baisse du niveau de vie des français et une insatisfaction croissante.

    2. L’espérience montre que les employeurs sont rarement avares lorsqu’il s’agit d’augmenter les salaires des employés. L’exemple le plus parlant est probablement celui de Ford qui eut même droit à un procès de ses actionnaires suite à l’augmentation du salaire de ses ouvriers.
      J’imagine que vous ne devez pas connaître beaucoup d’employeurs. La plupart aimeraient (sincèrement) payer leurs salariés plus cher (et oui…) mais ne le peuvent simplement pas (pour rappel : en cas de baisse d’activité il n’est pas possible de re-aligner le salaire à la baisse).

      Vous n’êtes pas convaincu ? Combien de fois avez-vous laissé un pourboire à un serveur dans un restaurant ? Vous auriez pu vous contenter de régler la note, et pourtant, vous avez préférer donner plus. Les employeurs ne sont pas différents de vous.

    3. « J’ai toujours pas compris les ressorts qui inciteraient par magie un employeur à augmenter son salarié s’il n’avait pas de charges à payer, plutôt que d’augmenter ses marges ou éventuellement baisser ses prix. »

      Le marché libre marche dans les deux sens. Si je paye quelqu’un 5€ de l’heure alors qu’il me raporte 15€ l’entreprise d’en face peut le payer 10€ de l’heure et toujours se faire de l’argent. En fait, sur un marché libre les gens tendent à être payer pour ce qu’ils valent vraiment.

      1. Tout à fait. Deconomicon n’a toujours rien compris au mécanisme de formation des prix. Ou alors il fait mine de n’avoir pas compris car il n’admet pas d’être payé pour ce qu’il vaut vraiment.

    4. La loi francaise interdisant la reduction du salaire brut (si vous etiez renseigne vous le sauriez), si vous reduisez les prelevements, ca se retrouve automatiquement dans la poche du salarie. Merci d’avoir pose la question.

      N.B: Quand on a une oppposition de principe plutot qu’une opposition constructive on finit generalement par poser des question stupides ou par sortir des enormites. Ca devient votre specialite sur contrepoints.

  3. Félicitation M. Maurin ! Enfin des idées positives et optimistes…. Pas simples à appliquer c’est vrai, vu l’imbroglio que laisseraient les gouvernements successifs de la France dans la Constitution, les Lois et les Règles…. Mais quel rêve ce serait ! Vous éblouissez ma journée; Merci !

    1. Tout à fait, en voilà de bonnes idées pour l’avenir.
      Je ne suis pas d’accord néanmoins concernant la justice à 2 vitesses, il s’agit d’idées reçues. Quant aux indemnisations elles tendent à augementer doucement, grâce à la concurrence des régléments transactionnels des litiges. Donc laissons faire. N’instaurons pas un pretium doloris à la sauce Francs Saliens, laissons au juge son pouvoir souvrain d’appréciation…

  4. Merci pour vos références Nietzschéenne: le philosophe de l’Esprit Libre est trop souvent méconnus des libéraux (sans doute parce qu’ils n’ont pas encore compris que sa philosophie n’a rien à voir avec la malversation révoltante qu’en a fait une certaine idéologie teutonne).
    Une lecture attentive de ces écrits donne pourtant du grain à moudre et apporte des arguments d’une grande finesse psychologique pour démasquer les comportements de ces « socialistes » qu’il méprisait tant.

    1. Idem

      une TVA réellement « flat » à 15% serait sans doute plus que suffisante.
      Mais il est certain que « l’atterissage » fiscal devrait se faire sur quelque temps. Pourquoi pas, donc, partir de 35% la première année, puis 25% puis 15% enfin ?

      1. Oui je pensais également à 15% environ. La transition est une bonne chose autant pour la baisse des dépense comme celles des taxes.

        Par contre, il faut savoir ce que l’on garde comme domaine régalien.
        Je pensais à l’armée, la justice et la diplomatie.

  5. Pas compris le passage sur la fermeture des frontières. La concurrence doit être partout s’il on veut éviter les bulles et les distorsions de prix. Par ailleurs, la hauteur du salaire n’est pas le seul critère d’embauche, c’est avant tout la compétence qui est recherché. Fermer les frontières cela signifierait payer cher des compétences médiocres de salaries qui n’auraient pas d’effort de formation ou de mise à niveau à faire.

    1. oui c’est là le problème… la plupart des programmes des libéraux ne sont pas acceptables car ils ne sont pas véritablement libéraux !! ici on a un programme libéral conservateur, avec renfermement sur soi, protectionnisme et patriotisme obligatoire, pays ultra sécuritaire; contre les dangereuses drogues, les terroristes de la CGT et les méchants malfrats qui contrôlent les tribunaux…

      bref le jour où les libéraux le seront vraiment, alors je voterai pour eux !

  6. Quand allez vous comprendre que ce n’est pas les gens qui sont au gouvernement le problème mais le gouvernement tout court. C’est bien beau de dire quand je serais président blablabla… Une constitution ca peut paraitre bien mais je vous rappelle par exemple que la constitution Americaine interdit l’impot fédéral, et maintenant voila ou les USA en sont.

  7. Je pense que l’auteur devrait lire Les quatre vies du modèle irlandais « http://www.monde-diplomatique.fr/2010/10/LAMBERT/19768″ il s’apercevrais que sa solution est basé sur la fiscalité relative avec les autres pays en situation de libre échange… Si tout le monde le fait, il n’y a que des perdant nous. L’auteur oubli également qu’avant d’aller frapper les dépense sociales, il devrait s’occuper des banques pour qui nous payons une dette illegitime depuis 73 et dont le montant des interets est égal à la somme de l’impot sur le revenu (nous pourrions ne plus en payer). Pour les ricain c’est depuis 1913 (creature FED), ils ont inventé l’income tax en 14 dont le montant fait la meme somme que les interets.

  8. Une diminution de charges patronales ne va pas impacter le net-à-payer du salarié. Parfois un report sur les revenus différés : plan d’investissement Entreprise ou autre, ou à court terme (<1an) : actions sur des oeuvres sociales (pour faire court car le comité d'entreprise n'est que pour la grande entreprise or en France le tissu est TPE/PME).
    Un allègement de cotisations salariales (donc supporter par le salarié), doit soit déboucher sur moins de droits sociaux acquis /sécurité sociale et/ou la Retraite etc. Or personne ne souhaite réformer : fusion des caisses, revoir la productivité cotisations/droits différés.

    Déclarer moins de charges soc et patronales sans réformer le paradigme est tout aussi démago que réclamer le smic à 2000 euros.

    Les vraies questions vont donc passer : quelle priorités sociétales ? quelles actions régaliennes maintenues ? Qui des audits et pouvoir de contrôle /Etat et le Privé ? ainsi on peut s'interroger pourquoi les partenariats Public-Privé fonctionnent en Allemagne mais pas en France où comme par hasard les prix augmentent (x4,x5 …) et le service rendu est en baisse …
    Quel libéralisme voulons-nous (3 générations sacrifiées ou un réquilibrage) ?
    Laisser les salaires trop baisser et vous avez la thèse "que l'Etat complète les revenus " mais avec quoi si les impôts baissent ? philosophique dire à quelqu'un je te paie que 700euros brut mois car tu peux avoir du revenu complémentaire de la CAF" c'est juste … minable, non ?