Belgique : le MR n’assume pas non plus ses responsabilités

Elio Charles Belgique

Le MR accuse le PS d’être responsable du marasme économique en Wallonie et à Bruxelles. En oubliant au passage ses alliances répétées avec les socialistes francophones.

Par voie de communiqué, le MR accuse le PS d’être responsable du marasme économique en Wallonie et à Bruxelles. En oubliant au passage ses alliances répétées avec les socialistes francophones. Mise au point.

Par Oliver Rach, depuis Liège, Belgique.

Dans un communiqué commun, les deux frères ennemis du MR, Charles Michel et Didier Reynders, ont accusé le Premier ministre socialiste Elio Di Rupo de ne pas assumer la responsabilité de son parti dans la situation désastreuse de l’économie en Wallonie et à Bruxelles. « Le vrai danger est de conserver le système du tout PS comme durant les 25 dernières années. 25 ans dans toutes les grandes villes, 25 ans dans les régions, 25 ans dans les communautés, 25 ans au fédéral. Résultat : plus de 260.000 demandeurs d’emploi en Wallonie, près de 100.000 à Bruxelles et le record de fiscalité la plus lourde sur le travail et les PME en Europe » affirment d’une même voix les deux compères réformateurs.

Ceux-ci, qui ne sont pas les derniers à profiter du système, auraient mieux fait d’analyser dans quelle mesure ils furent complices du PS tout au long de ces années de domination rouge. Pour rappel, outre les coalitions violettes qu’ils formèrent en Région wallonne et en Région bruxelloise entre 1999 et 2004, outre les accords électoraux qu’ils n’hésitèrent jamais à signer avec leurs meilleurs ennemis lors des élections communales et provinciales du dernier quart de siècle, les réformateurs siègent depuis maintenant 15 ans au pouvoir fédéral aux côtés du PS – soit dans les cénacles où sont adoptées la majorité des décisions fiscales.

Elio Charles Belgique

Selon Michel Junior et Reynders, le PS et la NVA (Nouvelle Alliance Flamande, parti indépendantiste flamand) « se nourrissent l’un l’autre pour des raisons purement électoralistes. Pour rappel, ce sont ces deux formations politiques qui ont tout bloqué dans ce pays en 2010 pendant plus d’un an. Il a fallu le retour des libéraux pour sortir de la crise, former un gouvernement et prendre enfin des décisions économiques et sociales. » Or, une rapide analyse de la situation nous apprend que le budget de l’État, tout comme ses dépenses, ont explosé à partir du moment où le MR a mis fin à la paralysie de l’État glouton en s’alliant aux socialistes. Les chiffres du ministère du Budget sont sans appel pour le parti de Charles Michel. Ils sont reproduits dans le tableau ci-dessous en millions d’euros.

2010

2011

2012

2013

2014

Voies et moyens

43.690

40.948

52.348

51.335

51.442

Dépenses primaires (hors intérêt de la dette)

39.836

43.819

49.541

48.809

49.057

Solde net à financer (accroissement de la dette)

8.635

12.183

9.352

10.071

9.615

 

Au final, la législature Di Rupo-Reynders fut celle qui augmenta les impôts de 18% (+ 7,7 milliards d’euros), les dépenses de 22% (+ 8,9 milliards d’euros) et le déficit de 11% – soit la plus spoliatrice de l’Histoire de la Belgique. A posteriori, les promesses électorales du MR s’avèrent hallucinantes : « Le MR constitue le seul rempart crédible contre une hausse généralisée des impôts ! » soutenait le Mouvement Réformateur à la page 75 de son programme de 2010. Ah bon ? Il faut croire que le rempart était bâti en frigolite…

Charles Michel et Didier Reynders ont achevé de nous démontrer, lors de l’actuelle législature, que, ce qui les intéressait dans le combat politique, ce n’était ni la fiscalité, ni l’économie, ni l’emploi, ni votre bien-être, non, c’était le pouvoir et les postes grassement rémunérés. Ceux-ci sont passés avant ceux-là. La responsabilité du MR dans la détérioration des économies wallonne et bruxelloise est tout autant engagée que celle du PS. Avant de donner des leçons aux autres, peut-être ferait-il bien de se repentir de son échec avéré en renvoyant les cancres Michel et Reynders aux séances de rattrapage dispensées par le Directeur de son centre d’études, Corentin de Salle


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