Exclusif : Le Parti Libertarien se présentera aux élections belges

Patrick Smets (Crédits : Parti Libertarien Belge, tous droits réservés)

Le Parti Libertarien (PLib) a officiellement lancé sa campagne électorale ce vendredi à Bruxelles.

Le Parti Libertarien (PLib) a officiellement lancé sa campagne électorale ce vendredi à Bruxelles. Le Président du mouvement, Patrick Smets, l’a annoncé : sa formation présentera des candidats en Région bruxelloise et en Communauté germanophone.

Par la rédaction de Contrepoints, depuis Bruxelles, Belgique.

Smets ¨PLib
Patrick Smets, président du Parti Libertarien.

 

Une quarantaine de membres et sympathisants du Parti Libertarien se sont réunis ce vendredi 11 avril en plein cœur de Bruxelles autour de Patrick Smets, afin de lancer officiellement la campagne électorale de leur mouvement. Il s’agit d’une nouvelle étape dans le développement de cette jeune formation politique, qui avait dévoilé son programme le 11 novembre 2013, soit le jour de son premier anniversaire.

Le Parti Libertarien se trouve devant trois grands défis, selon M. Smets. Il doit se rendre visible, démontrer qu’il est crédible et présenter des listes aux électeurs. « Nous sommes un groupe politique qui cherche à créer un rapport de force », a appuyé le Bruxellois. « Il va falloir personnifier l’État. Il va falloir mettre des noms sur les gens qui nous emmerdent à longueur de journée, sur les gens qui profitent de leurs accointances avec l’État. » S’attaquant avec virulence à Stéphane Moreau, socialiste qui comptabilise actuellement 17 mandats (dont 8 rémunérés) et qui gagne plus de 500.000 euros par an, Patrick Smets a également égratigné les multiples structures publiques et parapubliques du pays. « Il y en a partout, et elles ont tendance à se cacher » a-t-il indiqué. Ainsi, il a martelé, à propos de l’AFSCA et du CSA, qu’il fallait les supprimer sans plus attendre.

Le Président du Parti Libertarien a ensuite enchaîné sur la campagne électorale que mènera sa formation. Trois thématiques seront mises en avant : la fiscalité, l’ordre prohibitionniste et les libertés civiles.

À propos de la fiscalité, M. Smets a marqué sa différence avec les autres partis. Tandis que, parmi ceux-ci, tout le monde, du PTB au PP, s’accorde à vouloir supprimer les intérêts notionnels et, peut-être, éventuellement, à diminuer le taux de l’impôt des sociétés de l’un ou l’autre pourcent, la démarche du Parti Libertarien se situe à l’exact opposé. « Supprimons l’impôt des sociétés ; les intérêts notionnels n’existeront plus ! » s’est exclamé le Bruxellois. La formation libertarienne compte en effet diminuer la fiscalité jusqu’à ce que les niches fiscales s’évaporent, et non faire disparaître les niches fiscales tout en conservant un haut taux d’imposition. « La niche est un endroit où on se protège », a poursuivi Patrick Smets. « Il faut que la niche soit la plus grande possible, pour que le plus de monde possible puisse se protéger. » Brimant au passage le MR qui « n’a aucune volonté de mettre en œuvre sa réforme fiscale », il a fait rire l’assistance par une formule paradoxale : « notre programme fiscal est raisonnable : nous proposons de garder la TVA. » Les 25 milliards d’euros qu’elle permet à l’État d’engranger seront en effet suffisants pour la mise en place du programme de la jeune formation (« privatisations massives », pension par capitalisation, défaut sur la dette, libéralisation de l’enseignement, etc.).

Le Président du Parti Libertarien a ensuite évoqué la question du cannabis et s’est inquiété de la tournure récente des événements. Relayant l’expérience du Cannabis Social Club de Liège, qui s’est soldée par 15 jours de prison pour les responsables, il s’est indigné avec ironie : « Ça, c’est la politique de tolérance de la Belgique ! On renvoie les gens dans la clandestinité ! » Le plus grave, selon M. Smets, est que la société prohibitionniste ne s’arrête pas aux drogues : elle s’étend à la cigarette, au Nutella… et même aux prostituées en France.

Cette « société de contrôle » a des répercussions sur les libertés civiles, troisième grand thème de campagne du Parti Libertarien. S’attaquant au flicage des citoyens, s’offusquant des pouvoirs de plus en plus larges accordés aux agents du fisc, le Bruxellois a rappelé que certains membres et sympathisants du Parti Libertarien préféraient rester anonymes, par crainte de mesures de rétorsion de leur hiérarchie socialiste. Il a alors appelé à la tolérance, qui est prônée par le PLib jusqu’à son slogan de campagne, Vivre et laisser vivre. « Chacun est rationnel et libre de vivre sa vie comme il l’entend », a-t-il ponctué.

VivreRFinal1
Affiche de campagne du Parti Libertarien.

 

À propos de la collecte de signatures imposée aux petites formations par le pouvoir en place, Patrick Smets a signalé qu’il s’agissait du travail le plus ingrat, le plus bête aussi, qu’il lui avait été donné de faire durant toute sa vie. D’après lui, cette démarche symbolise parfaitement l’État : les militants doivent perdre leur temps à faire remplir des formulaires plutôt que de pouvoir le consacrer à l’explication du programme. « C’est toute l’histoire de la Belgique », s’est-il attristé. « On passe son temps à faire des formulaires là où on pourrait créer de la richesse. » Malgré ces aléas, — c’est une exclusivité de Contrepoints — le Parti Libertarien pourra bel et bien se présenter aux élections grâce au travail acharné de ses troupes. Patrick Smets a en effet annoncé que sa formation serait présente tant en Région bruxelloise qu’en Communauté germanophone. Il s’agit d’un événement dans le landerneau politique du plat pays : pour la première fois de leur histoire, des citoyens belges pourront voter pour une liste libertarienne. Le PLib peut-il décrocher un siège ? Cela relève du vœu pieux. Toutefois, un bon score électoral est possible dans la petite Communauté germanophone (70.000 habitants). L’esprit d’indépendance des cantons rédimés, conjugué à la domination outrancière du socialiste Karl-Heinz Lambertz, pourrait faire souffler un vent de liberté sur la région. Le Parti Libertarien y présentera en effet aux électeurs des figures contestataires connues à l’échelon local.


Lire aussi notre interview de Patrick Smets : Belgique : le Parti Libertarien dévoile son affiche de campagne