La nef des fous qui conduit la France à sa perte

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En écoutant le discours de politique générale du Premier ministre, j’ai repensé à la Nef des Fous de Sébastien Brant qui se dirige inéluctablement vers son naufrage.

Par Nicolas Nilsen.

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En écoutant le discours de politique générale du Premier ministre et en découvrant la composition finale du nouveau gouvernement, j’ai repensé à la Nef des Fous de Sébastien Brant qui se dirige inéluctablement vers son naufrage – et surtout à cette peinture de J.-F. Segura qui les montre en position « de combat », déterminés et résolus à faire avancer la France !

Les gens ont beau voter, manifester, protester (mariage pour tous, « veilleurs », famille etc.) – rien n’y fait : les mêmes fous restent désespérément accrochés aux commandes d’un navire ayant perdu la boussole et condamné à tourner en rond. Aveuglés par leur idéologie, ils continuent à confondre l’essentiel et l’accessoire, l’urgent et le dérisoire, nommant de surcroît les plus nuls aux fonctions les plus élevées. Partout, ils refusent de regarder la vérité en face et vivent dans un monde dont toutes les valeurs sont inversées : dans leur système, c’est le sage qui les met en garde qui sera considéré comme fou et tourné en dérision ; et l’incompétent qui est un « atout » ! Ils marchent sur la tête et ne comprennent pas qu’ils ne peuvent pas être la solution parce qu’ils sont le problème ! Le drame, évidemment, c’est que nous sommes tous embarqués dans la nef conduite par ces dingues !

Le même parti, la même idéologie, la même incompétence

L’avantage des fous de l’époque de Sébastien Brant (fin du xve siècle), c’est qu’ils étaient reconnaissables à leurs « marottes » et leurs bonnets à clochettes : on était alertés. Aujourd’hui, il est plus difficile de les identifier car ils se dissimulent avec les mêmes costumes et la même langue de bois. Mais on peut les reconnaitre au nom de leur « promo de l’ENA », ou à la rose du Parti qu’ils portent à la boutonnière – ou encore au ruban de la Légion d’Honneur qu’ils ont obtenu grâce à leurs bons et loyaux services rendus, non pas au Pays mais aux petits copains.

Quasiment interchangeables, les « fous gouvernementaux » délirent depuis des décennies en appliquant les mêmes recettes et les mêmes politiques insensées qui conduisent au même désastre : chômage massif, dette abyssale, déroute économique et financière. Mais essayez de leur dire qu’ils accumulent les échecs : ils ne vous écoutent pas, mettent leur entonnoir sur leur tête et vous traitent de fou ! Et quand il y a la chance inespérée d’un remaniement, ils n’envisagent à aucun moment de faire venir des libéraux, mais prennent exactement les mêmes, armés de la même idéologie, pour faire exactement la même chose…

Une inversion tragique des valeurs

img contrepoints220 pédaloCe qui caractérise le fou politique d’aujourd’hui, c’est une inversion généralisée des valeurs doublée d’une incapacité maladive à voir la vérité.

Ce qui est mal, il l’appelle « progrès ». Ce qui est mauvais, il l’appelle « avancée ». Quand il crée des emplois qui ne mènent nulle part, il les appelle des « emplois d’avenir ». Quand le chômage continue de monter, il nous assure qu’il y a « inversion de la courbe ». Quand on lui dit de faire des économies, il augmente les pactes dits de « solidarité ». Quand il y a le feu au lac, il propose des réformes à l’horizon 2021! Quand il faudrait réduire les dépenses de l’État, il augmente la dette. Quand il entre en guerre « pour quelques semaines » (Mali, Centrafrique) c’est qu’il va nous enliser pendant des années. Quand l’insécurité augmente, il nous certifie qu’elle recule. Quand tout le monde rame en raison de la crise, il dit que la croissance repart. Quand le peuple attend des réformes structurelles, il crée la nervosité dans le pays en multipliant les réformes dites de « société » qui sont en fait des réformes idéologiques destinées à provoquer politiquement. Quand les citoyens attendent une justice apaisée, il nomme une Garde des Sceaux militante. Quand il nomme un incapable au poste important de secrétaire d’État chargé de l’Europe, il dit que c’est un « atout ». Quand tous les pays de la zone euro sont en faillite, il dit que l’Europe est une magnifique construction porteuse d’avenir et de progrès. Quand il n’y a plus d’argent dans les caisses, il ne réduit pas la gabegie financière et le train de vie de l’État, mais préfère réduire celui des Français. Quand il y a des scrutins de défiance dans le pays, il prétend qu’il a « entendu le message » mais prend les mêmes pour continuer la même chose en pire…

Vivement un sursaut du peuple souverain !

Le peuple a beau essayer de les mettre en garde en leur envoyant des coups de semonces répétés aux municipales, rien n’y fait. Ils ne changent pas. Pareil pour les « sages » de la Cour des Comptes ou la Commission européenne qui essayent de les inciter à corriger leurs dérives : peine perdue. Ils se drapent dans leurs certitudes et demandent de nouveaux délais pour continuent à foncer dans le mur en klaxonnant. Partout les mêmes « Socio-Démagogues » qui font fausse route et continuent à nous vendre du vent (ils appellent ça « communiquer »). Et quand leur système prend l’eau de toute part, c’est seulement parce qu’ils n’ont pas pu aller « assez loin, assez vite et assez fort » ! Ils sont désespérément sourds, ils n’écoutent pas et n’entendent rien, comme les garçons de café parisiens !

Bref, à moins d’un sursaut du peuple souverain, ils conduisent le pays à sa perte. Le problème est que ça va être une longue agonie car il va falloir attendre la fin du quinquennat. C’est marrant mais je le sens très mal ce calendrier électoral ! Vivement que leurs discours lénifiants s’arrêtent et qu’on passe enfin aux choses sérieuses à coups de référendums !

Le « gouvernement de combat » dont la France avait besoin :

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J.Bosch – La Nef des fous. Akademie der bildenden Künste, Vienna.


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