Responsabilité et libéralisme : des notions galvaudées par le gouvernement

Ne laissons pas diffuser une définition erronée du libéralisme, qui ne désigne absolument pas la politique d’un gouvernement socialiste. Libéralisme et responsabilité sont deux notions intimement liées que le gouvernement actuel semble ne pas connaître.

Par Phoebe Ann Mo$e$.

Il est de bon ton, ces temps-ci, de dire aux Français qu’on les a compris, que le message qu’ils ont fait passer aux élections municipales a été reçu « personnellement » par le Président de la République. Qui l’a tellement bien reçu « personnellement » que c’est quelqu’un d’autre qui paie pour lui. Nous touchons là, sans doute, au cœur de la définition du mot « responsabilité » telle que la conçoit François Hollande : j’échoue, mais c’est toi qui pars. Dans ces conditions, l’idée d’un pacte de responsabilité qui engagerait les entreprises, est à prendre avec des précautions infinies : le Président vient de donner le cap. Si François Hollande échoue, ce seront probablement les chefs d’entreprises qui seront désignés coupables.

Quant au mot libéralisme, à la mode depuis la nomination de Manuel Valls, il semble aussi que ce sont ceux qui en mangent le moins qui en parlent le plus. Jamais on n’a autant entendu ce mot employé à tort et à travers ! « Manuel Valls libéral », « social libéral », « le plus libéral de la gauche ». Les journalistes ont-ils la moindre idée de ce que signifie ce mot ? Ont-ils ne serait-ce qu’un instant, considéré les décisions de Manuel Valls sous l’angle du libéralisme, juste pour vérifier si cela correspondait ? Manuel Valls représente à peu près tout ce que rejette un libéral. Il a obtenu la censure d’un humoriste avant même la diffusion de son spectacle. Contribué au vote de l’article 13 de la loi de programmation militaire autorisant la collecte de données personnelles transitant par internet sans contrôle ni autorisation d’un juge au préalable.

Mais juste sous prétexte que ce socialiste a défendu quelques mesures attribuées généralement à la droite, on le qualifie un peu rapidement de « libéral ». Certes quelques- unes de ses idées (révision des 35 heures, hausse de la TVA, sans compter les quelques « White » et les « Blancos » qu’il fallait lui parsemer sur son chemin, un jour de brocante à Evry ; ou ses décisions d’évacuation de Roms) n’ont généralement pas les faveurs des socialistes. Cela ne fait pas pour autant de lui un « libéral ». Le libéral ne demande pas que l’État vienne s’immiscer dans sa vie privée, ni dans sa vie professionnelle. Des idées qui ne sont pas prioritaires dans la politique de Manuel Valls.

Les medias confondent le libéralisme et le capitalisme. Si Manuel Valls accepte l’économie de marché (progrès notable il faut reconnaître, au sein d’un parti gangrené par les idées marxistes) cela ne fait pas de lui un libéral. La Chine aussi est capitaliste. Et pour autant, pas libérale. Ces notions amalgamées que les journalistes ne prennent même pas la peine de réviser, même lorsqu’ils présentent un 20 heures où leurs compétences supposées les ont propulsés, sont éructées tous les soirs, encore et encore. Le téléspectateur aura vite fait d’assimiler le libéralisme à un mouvement-de droite-conservateur-étatiste-autoritaire. Tout le contraire de ce concept.

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Il est urgent que le message passe clairement, surtout auprès de ceux qui commentent la politique au quotidien sans savoir finalement de quoi ils parlent.

Il est vrai que le libéralisme est déroutant : les Français ne savent plus ce que c’est qu’être libre et responsable de ses actes. Il est tellement plus commode de caser le concept à droite, ou « DVD » pour divers droite, ou UDI, dans le nuancier politique, autre idée très libérale de Manuel Valls, qui s’acharne à faire rentrer dans les cases le peu d’individus qui auraient aimé justement sortir du lot. Attention, car si Manuel Valls échoue, il entraînera avec lui la ruine d’une idée politique, morte avant même qu’on l’ait essayée.

Nuancier politique

 

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