Valls, l’homme de la situation

Manuel Valls premier ministre (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

Le regard de René Le Honzec.

img contrepoints195 Manuel Valls

Je dois présenter mes plus plates excuses à nos lecteurs : la nomination de Valls n’était pas un poisson d’avril. Je suis un poil décontenancé, que dire ? Hollande choisit le type le moins à gauche de ses sectaires, alors que la plupart est persuadée que si les électeurs ont voté à droite, UMP ou FN, c’est parce qu’ils veulent une politique de gauche plus à gauche ? Tout ça pour mener, d’après certains commentateurs qui se trompent toujours, mais ils sont payés pour ça, une politique sociale-démocrate, dont personne ne sait au juste de quoi il s’agit. Celle de Schröder en Allemagne ? De Tony Blair en GB ? Les mytheux modèles scandinaves dont tout le monde dit qu’il faut être du coin pour les supporter ?

Je fais confiance à Valls pour inventer une troisième voie sociale-démocrate qui unira les forces profondes de notre cher vieux pays contre l’expulsion des Roms, pour la fermetures des centrales nucléaires, l’économie drastique de 50 milliards d’euros en embauchant 60.000 enseignants, les guerres aux tribus à machettes de l’Afrique profonde et mystérieuse, la transition verte vers les gaz de schiste, l’inflexion de la courbe du chômage par la puissance de la volonté rose, Bernard-Henri Lévy nouvel ambassadeur à Kiev, Royal à la Défense, Taubira au Devoir de Mémoire de l’Esclavage atlantique,etc.

Mais le pire, c’est que s’ils ne savent pas ce qu’ils vont faire, ils savent encore moins qui ils pourront trouver pour ne pas savoir le faire. Parce que, un socialiste, ça ne sait pas.