Exil des jeunes Français : la grande carapate

Depuis plusieurs années, il y a une nouvelle vague d’émigration qui n’obéit pas au simple exil fiscal : des jeunes, diplômés et dynamiques, quittent la France.

Par Philippe Robert.

exilUn soir de la semaine passée il m’a été donné d’assister, sur une chaîne de télévision dédiée à l’économie, à un spectacle carrément surréaliste. Le thème, actuellement des plus sensibles, en était la fuite accélérée des fortunes et surtout des jeunes cerveaux vers des cieux plus cléments.

En effet, tout au long de l’heure et demi d’émission consacrée à ce sujet brûlant, les causes profondes de la fuite de nos jeunes cerveaux ont été quasiment niées : il s’agirait bien plus d’une mode passagère sans graves conséquences dès lors qu’ils reviendront majoritairement au bercail. Ce n’est absolument pas ce que me confiait un jeune homme à la tête bien faite de ma connaissance qui, après avoir terminé ses études de commerce, n’a de cesse de rechercher hors de France un vrai job durable et non pas un contrat d’avenir à la française… sans avenir !

Car, en France, les vrais jobs durables ont depuis longtemps déserté la mère patrie rendue incapable, depuis si longtemps que nous limitons notre ambition à la seule gestion de la pénurie, d’offrir à ses propres enfants les moyens de s’épanouir selon leurs légitimes aspirations.

Selon un article de l’IREF : « Depuis plusieurs années, il y a une nouvelle vague d’émigration qui n’obéit pas au simple exil fiscal. Ce sont des jeunes, diplômés et dynamiques, qui quittent la France (…) Le Rapport des CCI (Chambres de commerce et de l’industrie) sur le départ des jeunes Français à l’étranger et le Rapport du gouvernement sur l’évolution des départs pour l’étranger et des retours en France des contribuables et évolution du nombre de résidents fiscaux, qui viennent d’être réalisés, confirment les conclusions de l’IREF mais montrent aussi que le phénomène est encore plus ancien qu’on le pensait. »

Le meilleur moyen de savoir vraiment pourquoi les jeunes Français quittent de plus en plus nombreux la France, c’est de le leur demander et non pas d’émettre doctement, avec force idées reçues en rapport étroit avec le politiquement correct ambiant, des éléments de réponse stéréotypés.

Si l’espoir fait vivre, encore faut-il que nos jeunes diplômés (ou non) qui de plus en plus nombreux désertent la douce France trouvent des raisons d’espérer ; or, dans notre bon vieux pays, nos élites toutes couleurs confondues ont réussi l’incroyable exploit d’anéantir tout espoir.

« L’exil des Français est donc bien une réalité confirmée par les documents officiels. Il reste maintenant aux pouvoirs publics à comprendre que seules les réformes structurelles et les libertés économiques et fiscales convaincront ceux qui sont partis de revenir, et ceux qui sont encore en France de ne pas partir. »

Sans trop y croire tant nous avons affaire à des dogmatiques perclus de fausses certitudes, je forme moi-même le vœu que nos dirigeants comprennent enfin que seule la liberté rendue aux Français, hors de tout pacte de responsabilité toxique, peut agir efficacement pour relever la France.