Les opposants au PS doivent cesser leur allégeance aux valeurs républicaines

Etat PS

La France souffre d’un consensus autour des « valeurs républicaines »

Par le Parisien libéral.

Etat PSLe parti socialiste est au pouvoir. Démocratiquement élus ou nommés dans le cadre des dispositions prévues par la constitution de la Vème République, des socialistes sont à l’Élysée, à Matignon, à la Défense, à l’Intérieur, à la tête des villes de Paris, Lille, Lyon, Nantes, à la tête de 21 régions sur 22, dans une majorité de départements ainsi qu’à la tête de nombreuses agences para publiques, de préfectures et de rectorats.

Peut-on parler d’un véritable état PS ? Oui selon des magazines aux idées aussi différentes que Challenges ou Valeurs actuelles. Mais jusqu’ici, tout est normal, c’est le jeu de la démocratie. En France, les élections sont libres et les citoyens ont fait leur choix, parfois par défaut (le Président Hollande), parfois avec enthousiasme.

Ce qui est en revanche très fort avec le PS au pouvoir, c’est aussi le fait de forcer la droite à mesurer son discours à l’aune de son allégeance aux « valeurs républicaines ». On sait tous ce que sont les valeurs républicaines, théoriquement. Elles sont contenues dans la devise de la République : liberté, égalité, fraternité, ainsi que dans le préambule de la constitution. Mais à ces valeurs héritées de 1789, la vie politique récente a rajouté quelques éléments comme la laïcité ou le consentement à payer toujours plus d’impôts sans poser de questions. Au même moment, la gauche socialiste a préempté les valeurs républicaines et a réussi à imposer à ses opposants son discours.

Ainsi, une Une de Valeurs Actuelle titrant « Roms, l’overdose » est qualifiée d’anti-républicaine par le Parti Socialiste alors que ce même PS au pouvoir expulse autant de Roms que son prédécesseur. Le Parti Socialiste veut « révéler l’imposture du FN et combattre son projet antirépublicain » alors que le FN est au contraire ultra républicain et joue le jeu de la démocratie représentative, à la différence des mouvements à la droite de l’extrême droite. Le Parti Socialiste affirme qu’être contre le remboursement de l’avortement, c’est être anti-républicain, alors que la situation issue de la loi Veil était un équilibre qui satisfaisait tout le monde jusqu’ici. Pour Bernard Cazeneuve, l’impôt participe au pacte républicain mais néanmoins on adopte une niche fiscale pour la presse en ligne. Les revendications autonomistes des Bonnets Rouges ? Anti républicaines ! La demande par 700.000 citoyens français d’un référendum ? Anti-républicaine ! La critique du président de la République ? Anti-républicaine !

Dans ce contexte, puisque le PS a pris l’avantage, par rapport à l’UMP, sur la course au toujours plus d’État, toujours plus de loi, toujours plus d’impôts, et puisque le PS a préempté les causes telles que la lutte contre l’homophobie (paradoxalement, par le biais de thèses essentialistes), la droite n’a pas d’autre choix que de cesser son allégeance aux valeurs « républicaines ». Si les centristes, les libéraux ou les conservateurs veulent revenir au pouvoir un jour, cela ne se fera jamais sur le terrain occupé par les socialistes. NKM, par exemple, à Paris, le constate bien. Alors que la députée de l’Essonne et candidate à la mairie de Paris est à titre personnel manifestement totalement ouverte aux problématiques des militants LGBT, ces mêmes militants lui reprochent de l’ambiguïté et préfèrent finalement l’original Hidalgo à la copie, dans la presse du moins (attendons de voir ce que cela donnera sur le plan électoral dans deux semaines).

C’est pourquoi, même si cela a été exprimé de manière maladroite, il faut « saluer » l’initiative de Christine Boutin qui a osé dire à Anne Hidalgo que les barrières entre la droite et l’extrême droite étaient tombées. Cette initiative n’est pas positive dans le sens où les sympathisants de droite ne se reconnaissent pas d’une manière ou d’une autre dans les thèses du FN. C’est juste qu’ils en ont assez de se voir dicter leur agenda par des personnes qui ne les trouveront de toutes façons jamais assez proches de l’idéal PS et, qui plus est, sont alliées à l’extrême gauche, à Paris notamment (alliance entre le PS d’Anne Hidalgo et le PCF de Ian Brossat). Pourquoi accepter des leçons de gens associés à des communistes ? Étant donné que la vie politique est toujours ramenée au bipartisme, et que la gauche est alliée à l’extrême gauche, y a-t-il un autre choix pour la droite que de rompre avec les « valeurs républicaines » imposées par la gauche, quitte à se retrouver classée par les médias dans un même camp que l’extrême droite ?

Évidemment, la solution idéale serait que, comme chez nos voisins, il y ait cinq forces politiques clairement distinctes :

  • les ultra-étatistes de gauche (die Linke, Front de Gauche),
  • les sociaux démocrates, la gauche qui refuse toute alliance avec les héritiers de Marx (SPD, Labour),
  • les centristes, libéraux démocrates, fédéralistes (UDI, LibDem, FDP),
  • les conservateurs (CDU, Conservatives),
  • les ultra-étatistes de droite (FN).

Mais cela n’existe pas. La presse ramène la vie politique à un affrontement gauche/droite PS/UMP. Et dommage pour la droite : Copé est à la tête de l’UMP. Celui-ci a réussi un triple exploit :

  • ne mener aucune réflexion sur le sarkozysme, ce « socialisme républicain » de droite,
  • ne créer aucune alternative idéologique aux valeurs républicaines de la gauche,
  • ne jamais réussir à se départir des thèmes imposés par la gauche, au jour le jour.

Oui, il est grand temps que l’UMP, l’UDI et les autres cessent leur allégeance aux valeurs « républicaines ». Tous les jours, les citoyens peuvent constater par eux-mêmes que :

  • la République de Valls, Ayrault, Hollande, Taubira et Belkacem s’oppose à la démocratie (arrestations arbitraires, deux poids deux mesures, violence policière etc.) ;
  • nous avons pour voisins des démocraties non républicaines (Espagne, Royaume Uni, Pays Bas, Belgique, Luxembourg, Suède).

La France souffre de ce consensus autour des « valeurs républicaines ». L’actuelle opposition veut-elle représenter une alternative au PS ou bien préfère-t-elle voir la situation actuelle (50% d’abstentionnistes et émergence de mouvements post politiques) se prolonger ?

En réalité, le vrai problème est que l’UMP, n’est qu’un courant supplémentaire du « socialisme républicain », au même titre que le PS. Même l’option bipartisane, qui est déjà un problème, est incomplète en France, alors que face aux valeurs républicaines du PS, l’UMP (ou l’UDI, si l’UMP ne veut pas faire ce travail) pourrait dégainer des valeurs démocrates. Par un curieux truchement de l’histoire, aux États-Unis, la « gauche », c’est le parti démocrate, et la droite, le parti républicain. Comme quoi…


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