Ukraine : l’ambassadeur russe à l’UE dénonce des « bourdes systémiques »

Les règlementations, normes et autres, vers lesquelles l’UE entrainait l’Ukraine, allaient poser de grosses difficultés dans ses relations avec la Russie et d’autres pays proches.

Par Richard North, depuis le Royaume-Uni.

UE Ukraine flagsValdimir Chizhov, l’ambassadeur de Russie auprès de l’Union Européenne, a été interviewé par Fadiba Mavaddat pour euronews, et a saisi l’opportunité pour s’en prendre avec force à Bruxelles, sur les « bourdes systémiques » dans son traitement de la crise en Ukraine.

« Je pense, a dit Chizhov, que l’UE a fait une série de bourdes systémiques en ce qui concerne l’Ukraine. Premièrement, elle a essayé d’entrainer l’Ukraine dans une association sans tenir compte de la nature complexe de la société ukrainienne. Celle-ci, pour diverses raisons, y compris historiques, linguistiques, et même confessionnelles, n’a jamais été une société homogène. »

« Mais qu’y avait-il de mauvais dans un accord qui ne faisait aucun mal ? » a demandé Mavaddat, qui a trouvé la réponse de Chizhov suivante : « En fait, « aucun mal », ce n’était pas tout à fait le cas. L’accord d’association, a-il dit, aurait impliqué que l’Ukraine adopte un grand nombre d’éléments (l’acquis communautaire) de l’Union Européenne dans sa propre législation nationale. »

Il a enchainé : « Introduire des normes, des règlementations, des politiques, etc., aurait créé une certaine difficulté, je dirais, pour dire les choses avec retenue, dans les relations entre l’Ukraine et la Russie, et bien sûr, d’autres membres de leur union douanière, son voisin immédiat la Biélorussie, et aussi le Khazakstan. »

Mettant les points sur les i, Chizhov dit aussi : « Et donc, voici ce qu’auraient été les implications. Nos économies ont fait partie d’une même économie depuis des décennies, et elles sont toujours liées de près. Une association avec l’UE serait allée bien plus loin que le libre échange. Le libre-échange c’est correct, mais ça aurait emporté l’Ukraine nettement dans… le cercle d’interférence de l’Union Européenne. »

La chose intéressante dans tout cela, c’est que ce n’est ni plus ni moins ce que nous disons depuis le début.

img contrepoints144C’est peut-être ou peut-être pas la vérité. L’ambassadeur a certainement son propre ordre du jour (ou celui de son pays). Mais, en confirmant notre analyse, il nous dit que les effets de l’Accord d’Association et de la « provocation » de l’UE, est beaucoup plus important que ce que les commentateurs ont laissé transparaître.

En fait, il ne serait point fâcheux de suggérer que la plupart des experts se sont trompés. Ce qu’il y a cependant, c’est que ça n’aurait pas dû être si difficile de s’en rendre compte. Taquinez l’ours avec le bout d’un bâton, ça va provoquer une réaction. Simple, non ?

Maintenant, avec l’Europe qui s’essouffle et fait du bruit au sujet de sanctions, même le Guardian admet que les effets sur Vladimir Poutine ont des chances d’être négligeables. Et c’était aussi très prévisible. Mais la propension des politiques, sinon des médias, à se tromper, semble infinie.


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