Présidence Hollande : le déni de confiance

Le pacte de responsabilité à la sauce hollandaise représente en lui-même un déni de confiance dès lors qu’il s’agit, de la part du pouvoir socialiste, de rendre quelque couleur à l’économie française

Par Philippe Robert.

Comme s’est permis de le déclarer quelqu’un de crédible sur un média réputé sérieux, le pacte de responsabilité de François Hollande aurait été salué par le monde entier !… Mais le monde entier serait-il lui-même si dépourvu de sens commun qu’il n’ait vu, atteint d’une étrange et complète cécité, que cette idée de pacte de responsabilité, finalement, ne relevait que d’une fallacieuse posture politicienne ?

Tout au long de son discours fondateur prononcé au Bourget le 22 janvier 2012, François Hollande n’a cessé de protester de son engagement socialiste dont il s’est honoré, en des termes empreints d’une grande ferveur, de ne pas l’avoir reçu en héritage mais bien d’en avoir lucidement et librement choisi la voie royale conduisant, selon lui, à la meilleure réalisation de sa propre vision collectiviste du bonheur du peuple.

« La Gauche, je l’ai choisie, je l’ai aimée, je l’ai rêvée avec François Mitterrand dans la conquête. La Gauche, je l’ai défendue fermement dans ses réalisations : celles de 1981, celles de 1988. La Gauche, je l’ai servie comme élu de la République, comme député. La Gauche, je l’ai dirigée avec Lionel Jospin, quand nous gouvernions ensemble le pays avec honneur et j’en revendique les avancées » etc.

Alors que dans sa présentation du pacte de responsabilité du 14 janvier dernier Hollande avait réitéré ne rien renier des termes du discours du Bourget, est-il encore permis de penser que le nouveau Président de la République, converti par pure magie à un libéralisme de façade, va bannir d’emblée des convictions aussi fortement ancrées ?

En fait d’expression libérale, les termes du pacte de responsabilité concocté par un exécutif visiblement aux abois ne convaincant personne, tant à l’intérieur du pays qu’au niveau de l’UE de plus en plus alarmée par l’incapacité de nos dirigeants à prendre le taureau par les cornes, la confiance des uns et des autres vient-elle alors à faire défaut :

« La confiance est un mot qui ne figure pas dans les lois ou dans les règlements, qui ne coûte rien mais qui peut rapporter beaucoup. Elle commande beaucoup de choses. Elle ne résout rien par elle-même, mais elle autorise tout si on sait la saisir. Et c’est pourquoi je veux redonner confiance aux Français. » Hélas, en moins de deux ans, il est permis de penser que c’est complètement raté.

En effet, il est clair que le pacte de responsabilité à la sauce hollandaise représente en lui-même un déni de confiance dès lors qu’il s’agit, de la part du pouvoir socialiste, de rendre quelque couleur à l’économie française exsangue en lui imposant stupidement de se plier sans murmures ni plaintes à de nouvelles et iniques exigences.

L’idéal, actuellement inatteignable en France et qui, seul, permettrait à notre pays de sortir rapidement la tête de l’eau consisterait, à l’inverse de ce à quoi s’emploient depuis des décennies les oligarchies qui prétendent (mal) nous gouverner, à libérer en grand notre économie en faisant avant tout pleine confiance à ses acteurs.

Un soir de 1966, Pompidou était alors Premier Ministre… Un chargé de mission à Matignon (…) présente à son patron une pile de décrets à signer. Colère de Pompidou, rapportée par Chirac : « Mais arrêtez donc d’emmerder les Français. Il y a beaucoup trop de lois, trop de règlements dans ce pays. » À nos princes d’aujourd’hui : cessez donc d’avoir la mémoire courte !

La malédiction française qui, d’ailleurs, n’en est pas une pour peu qu’on veuille bien en analyser honnêtement les principes fondateurs, tient en deux mots : socialisme et étatisme le plus souvent étroitement associés. S’il n’est pas trop tard, il s’agit donc d’en terminer avec les alternances stériles pour, enfin, opter en faveur d’une alternative libérale salvatrice.