Carême à l’Élysée

Carême (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

Le regard de René Le Honzec.

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Mercredi soir, le Président de la République escorté des grands noms de l’élite politique française s’empiffrait au dîner du CRIF, Conseil représentatif des Institutions Juives de France. Accessoirement, c’était aussi le Mercredi des Cendres qui marque l’entrée des catholiques dans le Carême, période de 40 jours à la profonde signification religieuse, débouchant sur la commémoration du Sacrifice du Christ Rédempteur, ce dont toute la même classe politique se fout éperdument, pour ceux qui auraient encore un doute sur le concept de « racines chrétiennes de l’Europe ». En 2013, Valls avait même poussé le scrupule du respect de la laïcité à deux/trois vitesses en assistant au rompt du jeûne du Ramadan, équivalent musulman du Carême, dans trois mosquées différentes.

Aucun ministre n’assiste en tant que tel à des cérémonies catholiques (ni protestantes). Il ne manque pourtant pas d’occasion, comme la Conférence épiscopale des Évêques, le rassemblement à Lourdes, ou la belle fête de Noël. Il est vrai que Valls, ministre des Cultes, se fit une douce violence en critiquant les « bouffeurs de curés » au déjeuner du Conseil Protestant. Pour autant, si Henri IV estima que Paris valait bien une messe, Anne Hidalgo et NKM rivalisent d’attention et de visites à l’occasion du Yom Kippour ou du Roch Hachana, planchent comme des folles devant les Frères à Tablier (comme les candidats présidents, qui font les mêmes circuits pré-électoraux), mais aucun rendez-vous officiels avec les Cathos.

Cette conception de la Laïcité brandie comme une icône par les sectaires revendiqués comme Peillon ne semble interpeller personne. Moi, si. Catholique Breton affirmé, je comprends les nobles sentiments qui poussent cette classe politique à se la jouer laïque depuis 1905, et suis en partie d’accord, étant d’un courant qui aime faire mon pèlerinage à Sainte Anne, Patronez Vad er Vretoned, mais qui a toujours apprécié de pouvoir acheter Play Boy (pour les articles) .

Mais j’aimerais que nos élus m’expliquent pourquoi ils s’invitent chez la « Concurrence » et jamais chez moi/nous. Parce que, nous autres libéraux, nous sommes pour la libre concurrence. Ou alors je vais finir par comploter et soupçonner des ententes illicites pour des captations de voix, ce qui ne se peut être, Dieu possible, Inch Allah.