« Les Sentiers de la Gloire » de Stanley Kubrick

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« Les Sentiers de la Gloire » de Stanley Kubrick

Publié le 27 février 2014
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Par Paul Jossé.

sentiers de la gloireAlors que les commémorations autour du centenaire de la Première Guerre mondiale débutent pour quatre ans, ce chef d’œuvre offre sur la guerre un regard qui donne de la matière pour réfléchir autrement, encore aujourd’hui.

Synopsis 

En 1916, durant la Première Guerre mondiale, le général français Broulard ordonne au général Mireau de lancer une offensive suicidaire contre une position allemande imprenable, surnommée « La Fourmilière ». Repoussé par le feu ennemi, le 701e régiment, commandé par le colonel Dax (Kirk Douglas), doit se replier. Le général Mireau demande alors de traduire en conseil de guerre le régiment pour « lâcheté ». L’opposition de Dax limitera le nombre à trois hommes, tirés au sort, qui seront condamnés à mort et exécutés.

Un film qui a mis du temps à se trouver un chemin

Les Sentiers de la Gloire est un film mis en scène par Stanley Kubrick en 1957, adapté du best-seller (du même nom) de Humphrey Cobb, publié en 1935. Pourtant, le film de guerre n’est pas isolé dans l’œuvre de Kubrick : Fear and Desire (1953) est son premier opus. Suivent Barry Lyndon (1975), Full Metal Jacket (1987) ou encore Dr Folamour (1964) et, dans une certaine mesure, Spartacus (1960).

Les Sentiers de la Gloire est un film qui connaîtra l’autocensure en France en 1958-59. À sa première diffusion en Belgique, il subit de vives attaques de militaires et d’anciens combattants, choqués par l’attitude de l’Armée Française. De plus la diplomatie française lança une « convaincante » offensive à l’intention des Artistes Associés, distributeurs du film en Europe. Alors que le film remporte un vif succès à Bruxelles (il obtiendra le Prix du Chevalier de la Barre), le Quai d’Orsay demandera à Washington de persuader les distributeurs de renoncer à une exploitation des Sentiers de la gloire en Belgique. Le film, autocensuré, ne sortira seulement qu’en 1975, profitant de l’apaisement des tensions et des faibles audiences de l’été, pour la première fois en France.

« Le patriotisme est le dernier refuge des crapules » (Colonel Dax, citant Samuel Johnson)

Ce film relate l’assaut de soldats français en 1916. Kubrick nous montre des tranchées profondes, boueuses, où des corps blessés, ou morts, jonchent le sol. L’officier responsable du régiment, le Colonel Dax, vit avec ses hommes, dans une cabane terreuse étroite et sombre. Le rendu du décor est très réaliste. Un détail crucial du film est que jamais Kubrick ne nous montre l’ennemi. Ainsi, l’impression donnée est que le 701e régiment ne semble, lui-même, jamais le voir. Ce point est déterminant dans la compréhension du film : les soldats affrontent la mort dans cet assaut suicidaire. Nul besoin de voir tel ou tel soldat ennemi lutter dans le cadre de l’attaque, puisque celle-ci est futile stratégiquement et tactiquement, par les Généraux Broulard et Mireau.

La scène principale est l’assaut du 701e régiment. Réalisée en deux temps : la charge d’une première escouade depuis les tranchées ; puis la charge d’une seconde en soutien, qui va se révéler être un échec, simplement parce qu’elle ne permettra pas plus de traverser le no man’s land que la première escouade anéantie par les obus allemands. Ce que le Général Mireau appelle de la lâcheté, Kubrick nous la montre sous un autre jour : l’Homme est un individualiste de nature. Cet assaut est la représentation de l’intérêt général suprême, qui est la défense de la nation par un patriotisme exacerbé. Le sacrifice du soldat pour sa terre. Or par le refus d’aller au front, lorsque le combat engagé semble perdu d’avance, Kubrick démontre que c’est la survie individuelle qui prime.

« Le moyen de maintenir la discipline, c’est de fusiller un homme de temps à autres » (Général Mireau)

Pousser la réflexion plus loin sur cette attaque perdue d’avance, et ordonnée par des Généraux dont la responsabilité est intouchable de par leur statut, me remémore une idée défendue par Frédéric Bastiat : des ordres donnés par un nombre réduit d’hommes (pensant la loi, ou l’Intérêt Général et qui trouveront toujours leur intérêt récompensé, et, jamais, leur responsabilité mise en cause) à une majorité d’autres, n’amène jamais rien d’autre qu’iniquité. Ce film est un drame : trois soldats, plus ou moins tirés au sort, seront exécutés. Kubrick nous pose la question : qui est plus à même de juger ce qui est bon pour soi-même ? Le sacrifice de sa vie dans une vaine attaque, ordonnée par des officiers méprisant la vie de l’homme, ou sa survie, quitte à désobéir, en attente de jours meilleurs ? Et de plus : l’intérêt général, ainsi défini, est-il la somme des intérêts particuliers, ou seulement l’intérêt de ceux qui disposent du pouvoir d’ordonner ?

Stanley Kubrick, nous démontre dans Les Sentiers de la Gloire, que notre propre vie – notre propre intérêt finalement, c’est-à-dire notre individualisme – prime sur l’intérêt du collectif. Et il le fait lorsque l’intérêt général est ultime : la défense de sa patrie, la sauvegarde de sa souveraineté, la force de la nation luttant contre les offensives d’une autre, bref, la guerre. Et la nature humaine, telle qu’il la conçoit, se révèle lorsqu’elle est face à un (non) choix impliquant son existence même.

« La loi peut bien forcer l’homme à rester juste ; vainement elle essaierait de le forcer à être dévoué » nous dit Frédéric Bastiat1

Pourtant il y a une constante « humaniste » dans ce film. C’est le Colonel Dax. Sa position est d’abord majeure : il entretient une relation avec les hommes de son régiment, qu’il espère de confiance, et des relations privilégiées avec le corps d’officiers supérieurs, représenté par les Généraux Broulard et Mireau. Je dis « humaniste » mais sans doute devrais-je dire « fraternel » : alors que ses hommes sont tirés au sort pour être condamnés pour lâcheté au combat, le colonel Dax se constitue leur défense devant la Cour Martiale. Même devant l’acharnement et l’orientation politique du Ministère public, le Colonel Dax, par loyauté et fraternité envers ses hommes, les contre-interroge afin d’équilibrer le procès. Vain et impuissant, il ne peut rien tenter de plus pour les sauver, et ils seront finalement condamnés tel que ceci avait toujours été prévu.

Pourtant, il faut le reconnaître, bien que relativement utiles, les exécutions pour mutinerie n’ont jamais résolu le refus d’aller au front de certains soldats. Ainsi cette condamnation à mort devait être appliquée strictement, que les accusés soient coupables ou innocents : c’est l’exemple qui compte. À nouveau Stanley Kubrick montre la stupidité infinie de l’application sommaire d’une telle condamnation : un des trois soldats condamnés est blessé à mort en détention. Il souffre d’une fracture crânienne et est à peine conscient, entre la vie et la mort. Pourtant, le général Mireau maintient l’exécution et ordonne que ses yeux soient ouverts lorsqu’il sera fusillé. Adossée à cet exemple, la citation de Bastiat prend une nouvelle dimension : jamais, ni un officier, ni un gouvernement, ni l’État, ni même un autre homme, par la force de la Loi, et quelles que soient la réprimande, l’amende, la condamnation, ne forceront un autre homme à être dévoué à leur cause.

J’aimerais vous rapporter, pour conclure, les propos de Stanley Kubrick, recueillis lors d’une interview de 1958 :

« Le soldat est fascinant parce que toutes les circonstances qui l’entourent sont chargées d’une sorte d’hystérie. Malgré toute son horreur, la guerre est le drame à l’état pur car elle est une des rares situations où des hommes peuvent se lever et parler pour les principes qu’ils pensent leurs. Le criminel et le soldat ont au moins cette vertu d’être pour ou contre quelque chose dans un monde où tant de gens ont appris à accepter une grise nullité, à affecter une gamme mensongère de poses afin qu’on les juge normaux… Il est difficile de dire qui est pris dans la plus vaste conspiration : le criminel, le soldat ou nous. » (Stanley Kubrick, in The New York Times magazine, 12 octobre 1958).

Les Sentiers de la gloire (Paths of Glory), film de guerre américain de Stanley Kubrick, en noir et blanc, sorti en 1957, avec Kirk Douglas. Durée : 88 mn.

  1. Frédéric Bastiat, L’État, c’est toi !, p.26, Ed. L’Arche.
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  • Difficile de considérer Barry Lindon comme un film de guerre. Il y a de scènes de bataille à peine.

    • Barry Lindon dépeint l’histoire d’un jeune Irlandais, durant la guerre de 7 ans. Des protagonistes sont des militaires, des officiers… Barry Lindon s’engage même dans l’armée !
      Vous avez raison de dire qu’il est difficile de le considérer comme un film de guerre parce que, rares seraient les scènes de batailles, mais, pour toute les raisons citées ci-dessus, il est tout de même possible de le classer dans cette catégorie.

      • on peut bien entendu classer barry lindon dans les films de guerre, pour la scène d’antologie ou les tuniques rouges charge les positions françaises ( ou autrichiennes ), au son de la musique des  » british grenadiers « . jamais auncun autre meteur en scène n’ a rendu les combats de ce siècle aussi réaliste: la plupart des films d’époque,  » inventent  » des explosions parmi la troupe, comme si les obus avaient existé à cette époque, alors que les seuls projectiles étaient les balles de mousquet et les boulet…

  • On peut comparer les hauts technocrates (URSSAF, RSI) au général Nivelle. Ils jouent au petit soldat sur leurs cartes d’Etat-Major périmées (données économiques), bougent une troupe ici (subvention), lancent une attaque à l’ouest (taxe), une contre-attaque à gauche (réglement), punissent des soldats (pénalités), voire en fusillent quelques uns (liquidation judiciaire).

    Mais n’ont pas conscience des dégâts humains qu’ils provoquent, ne voient pas le malheur qu’ils répandent, les blessés (ruines), les sacrifices inutiles (suicides). Ils sont obnubilés par des idéaux qui leur semblent grandioses, comme le patriotisme (solidarité) et commettent les pires atrocités. Patriotisme (solidarité), que de crimes on commet en ton nom !

    La bureaucratie est le fascisme du XXIème siècle, ses fonctionnaires en sont les généraux, officiers et sous-officiers inhumains.

    • Je suis d’accord. Finalement la bureaucratie, c’est, des pouvoirs mais surtout pas de responsabilité. D’ailleurs de plus en plus de personne veulent le pouvoir, sans sa charge de responsabilité inhérente. Voilà pourquoi elle n’a pas « conscience des dégâts humains » qu’elle provoquent !

    • « Solidarité » dans le sens de « Social » tel que l’entendent ces organismes : détruire le producteur, lui prendre ses biens, se goinfrer au passage et donner des miettes aux pauvres.

    • Ce n’est pas étonnant, étant donné que le modèle bureaucratique de l’après-guerre trouve son origine dans l’organisation de guerre.
      Ce modèle de bureaucratie de guerre ayant émergé durant la guerre a été adopté quasi partout (Cf route de la servitude) et culminé à l’entre deux guerres pour continuer encore après, que ce soient en Italie fasciste, Allemagne nazie, le bolchévisme soviétique, USA du New Deal, Vichisme, Peronisme… La bureaucratie actuelle n’en est que l’héritage. L’organisation s’est certes démilitarisé et l’individualisme a pu resurgir dans la société, mais le principe reste le même.

  • Le film est magnifique.
    Kubrick y évoque aussi les ententes entre les gradés infiniment plus préoccupés par leur carrière et leur avancement que par le sort des soldats. Ils me font irrésistiblement penser à nos énarques d’aujourd’hui qui verrouillent tout le système et forment une caste qui ne pense qu »a ses propres intérêts..

    • Effectivement ! La scène qui le montre le mieux est la réunion de crise entre les deux généraux et Dax. Ils discutent du nombre d’hommes à exécuter, et Dax leur lance « si vous voulez fusiller pour l’exemple, prenez moi. Si c’est pour l’exemple, un seul homme suffit, et, qui de mieux que le responsable de l’attaque. » Le général Broulard lui répond alors : « Cela n’a rien à voir avec les officiers ! »

      • Et comme en France aujourd’hui, la nomenklatura n’est en rien responsable des désastres, n’est ni poursuivie ni obligée de réparer auprès de quiconque ses erreurs . Seuls les pauvres bougres subissent les conséquences de l’irresponsabilité et du cynisme des représentants de l’état.

  • La bureaucratie et les autorités, à travers leur représentants, font mal à la population.

    L’individu et ses problématiques doivent s’effacer face aux règlements.

    « Ce n’est pas moi qui fait les lois. » ou « Je fais juste mon travail et il est marqué ici que… »

    Des phrases qui faisaient frémir entre 1939 et 1945, mais qui sont toujours en vogue de nos jours, même si c’est dans une moindre mesure… On ne prend que les biens des gens. Ils sont condamnés à de la prison sans qu’aucune victime ne soit à déplorer, etc…

  • C’est bien de diviser les gens, mais on les fragilise bien plus qu’en les laissant solidaires.

    On explique qu’on fait le bien des gens en les sortant du groupe, mais en réalité, l’objectif est de fragiliser le groupe. Et c’est réussit.

    Tant qu’on n’explique pas sur quoi le peuple pourra se rassembler il lui est préjudiciable de se désolidariser.

    Attention aux fausses bonnes idées.

    Car avec des idées comme celles-ci, les SS seraient toujours là. D’ailleurs, pendant les combats, la propagande de guerre dans la langue de l’adversaire pour pousser les soldats à déserter tenait exactement le même discours. Exemple, « vos gouvernants n’ont rien à faire de vous …. »

    Le bien commun existe et il n’est pas la somme des biens particuliers, mais la préservation des valeurs qui ont fondé le peuple et sa culture.
    Dans le cas de la France, le bien commun est la préservation des valeurs chrétiennes.

    •  » dans le cas de la france, le bien commun est la préservation des valeurs chrétiennes  »

      vous risquez d’avoir du mal à rassembler un grand nombre de gens autour de vous avec de telles idées !

      en 1914, je ne pense pas que les armées françaises se battaient pour défendre les valeurs chrétiennes. il y avait aussi des juifs et des musulmans , sans parler des athés, qui se battirent dans les tranchées…
      quand aux guerres qui eurent lieu un siècle avant, c’est précisément contre les valeurs chrétiennes ( si on schématisent grossièrement ) qu’elle se battaient…

      • Les valeurs chrétiennes restent l’essence de la France, c’est pas parce qu’une poignée de pervers bien logés a pris les rênes de la France qu’elle changera comme cela.
        La France était là bien avant eux, et sera là toujours chrétienne bien après.

        Ils comprendront dans pas très longtemps.

        C’est vrai ce que vous dites pour les peuples des colonies, mais ils ne sont plus français maintenant, et les français de l’époque gardaient une solidarité chrétienne, déjà mise à mal c’est exact, mais réelle malgré tout.

        Je parle des valeurs chrétiennes, ces valeurs vraiment humanistes au contraire de celles socialistes, les français se battaient pour elles, une certaine idée de la France qui a perduré.

        • et les allemands de 14, petit rigolo ( sic … ) ils n’avaient pas une solidarité chrétienne , par hasard ?

          réponse complètement à coté de la plaque, qui démontre s’il était encore besoin de le faire que le site contrepoint est gangrainé par des anti-communiste primaire qui ne comprennent pas les ressort du monde moderne.

    • Où voyez-vous qu’ « on » divise les gens ? et qui est « on » ?
      Merci

    • Veuillez, s’il-vous plait, de plus, me démontrer,comment « avec des idées comme celles-ci », les SS seraient toujours là ?
      Merci

    • @Paul JOSSE
      Je vous remercie de me répondre.
      Quand on montre/conseille aux gens de ne pas se battre avec ses compatriotes, on fragilise l’armée entière en dehors du fait qu’on tente de sauver un groupe.

      « On » est le groupe de gens qui prône de désobéir, il faut être sûr de ne pas se tromper car ce sont des idées qui peuvent grandement fragiliser un pays.
      Je suis toutefois d’accord que se battre pour une bande de carriériste n’est pas très motivant, mais il faut faire attention, si plus personne ne veut se battre alors, il va être difficile de se défendre.

      Et si on ne s’était pas défendu en 40, les SS seraient toujours là.

      • Donc, c’est parce que les résistants étaient motivés et organisés par la bureaucratie française que… Oh wait…

        Sinon, si vous écrivez sur ce site, c’est parce qu’un bureaucrate vous en a donné l’ordre ?

        • Je trouve la tournure de phrase malhonnête: « Donc, c’est parce que les résistants étaient motivés et organisés par la bureaucratie française que… Oh wait… »

          Parce qu’ hormis un très petit nombre d’ individus aillant vraiment participer à l’ organisation de la résistance, la plupart de ceux qui claironnent avoir résisté ont, comme par hasard…oh wait fait carrière en politique par exemple. Et je ne parle même pas des communistes qui ont résisté après la rupture du pacte de non agression avec Staline…

          • Je ne faisais juste que souligner un raccourci de jjp. Rien d’autre.

            jjp à l’air de croire que c’est parce qu’il y a l’État que les gens ont eu la volonté de défendre le pays.
            L’État n’a pas le pouvoir d’instiller la volonté des gens, le patriotisme ou autre…
            Ce n’est pas un magicien.

            Que certains résistants aient fait carrière, cela ne démontre aucun lien causal. Mais peut-être voulez-vous répondre à ma « malhonnêteté » par une autre ?

        • Je trouve cette phrase encore plus malhonnête: »Sinon, si vous écrivez sur ce site, c’est parce qu’un bureaucrate vous en a donné l’ordre ? »
          Je me demande ce qui vous motive, vous, à écrire le tout pour le tout libéral en sachant finalement très bien ce que cela implique, mais la rhétorique c’ est toujours facile quand on est un peu lettré, j’ en connais un autre qui s’ appelle Alain Badiou, un peu dans le genre, mais il ne combattra pas celui-là sous une bannière de paire de mocassin à gland.
          Ceci dit, je me défoule, le regard de Kubrick est faussé, on ne peut pas comprendre 14-18 avec un regard hors du contexte, avec le filtre de tout ce qui a suivi, on ne peut que l’ interpréter. La plus belle exception qui confirme la règle c’ est que des gens se sont volontairement engagé pour combattre, comme Appolinaire.

          • Il me semblait que c’était un film sur la 1ère Guerre mondiale et pas sur la seconde 😉
            Le regard de Kubrick est ce qu’il est : inspiré du livre de Humphrey Cobb et de l’affaire des caporaux de Souain. Bien sûr nous pouvons y adhérer ou pas du tout, mais rappelez-vous qu’il ne donne pas son avis sur la Guerre dans son entier seulement : il insiste bien plus sur les ordres suicidaires que des soldats recevez. La scène du film où le général Mireau ordonne de tirer sur ses propres troupes en est d’ailleurs le meilleur exemple ! S’ils ne meurent pas en chargeant l’ennemi, ils mourront en « restant planqués » dans leurs tranchées : dans tous les cas ils doivent mourir pour dire qu’il y a eu la noble et héroïque expression/volonté armée du peuple français au combat, et la mort en est l’incarnation suprême.

      • Je comprend ce que vous voulez me dire. Sans doute ai-je été inexact.
        Je ne montre, ni ne conseille aux gens de ne pas se battre avec leurs compatriotes. L’idée que je défend est celle-ci : l’homme est un individualiste, Kubrick le montre dans son film. Pour les détracteurs de l’individualisme (qui n’est pas égoïsme) ceci en est la preuve. De plus le film relate l’affaire des caporaux de Souain. Vous trouverez toutes les informations à ce sujet sur internet.
        Ce qui signifie que C’EST ce qui s’est réellement produit.
        Ensuite, et je suis d’accord avec lui, Kubrick dénonce les condamnations à mort de soldat, aux motifs ridicules, tels que « lâcheté au combat », qui vous en conviendrez n’est pas la réponse optimum, si bien que la Cour martiale à perdu cette prérogative. En outre, le rapprochement que je fais avec la pensée de Bastiat est que la loi ne doit jamais faire régner la justice, mais empêcher que l’injustice ne règne : « La loi c’est l’organisation collective du droit individuel de légitime défense » dit d’ailleurs ce même auteur. J’espère avoir été clair un maximum.

        Si nous nous sommes toujours battu pour défendre notre territoire c’est parce que nous défendions notre propre Liberté et notre propre Propriété (que l’on peut appeler : territoire, souveraineté), atteintes et menacées par deux fois le même pays. Deux valeurs libérales, vous en conviendrez. Rassurez-vous, les Hommes Libres savent et se défendront toujours contre l’envahisseur.
        Enfin je suis en désaccord avec vous (chacun son point de vu, me direz-vous), que prôner l’individualité de chacun fragilise un pays. Être individualiste, ne signifie pas qu’une personne ne créerait pas de lien avec d’autres, que les hommes ne chercheraient pas à s’assembler pour défendre leurs intérêts. A. de Tocqueville l’exprime même d’ailleurs très bien : c’est la démocratie associative américaine, qu’il décrit en son temps. La différence est là : la loi, « on », qui que vous souhaitiez, ne doit pas « forcer » de faire bien (car c’est extrêmement subjectif), mais empêcher d’atteindre, par nos actes, les libertés de nos compatriotes.

  • quand on pense aux  » sentiers de la gloire  » et aux combat de la grande guerre, on ne peut s’empècher de faire le lien avec les combat qui se déroulèrent sur les mème terres un siècle auparavant: fin 1793 et début 1794, un jeune conventionnel de 25 ans, nommé st just a rétabli la discipline en faisant fusiller aussi bien des soldats que des généraux ( c’est ça l’égalité … ) mais aussi et surtout en habillant et aprovisionnant la troupe, en galvanisant les energies , et en faisant trembler l’épée devant la loi… quelques années plus tard, bonaparte n’aura plus ce problème devant lui !

  • Je retiens que la possibilité d’ une vraie liberté individuelle à travers plus de libéralisme dans nos sociétés est gage de paix, car pris individuellement je connais peu d’ homme désirant la guerre.
    Ceci dit, j’ aimerai voir aujourd’hui plus de gens défendre un minimum notre nation, notre langue, nos traditions, nos frontières.

  • l’aureur oublie de mentionner un moment important du film: celui ou le général ordonne à son commandant d’artillerie de pillonner sa propre troupe rester dans la tranchée… ce dernier sauvant ses camarades en exigeant un ordre écris.

    • Vous avez raison, je ne l’ai pas mentionné volontairement. J’y voyais le paroxysme de la fureur du haut gradé patriote auquel les soldats ont désobéis et qui se retrouve impuissant face aux règles qu’il ordonne d’obéir. Seulement, le lien avec la pensée de Bastiat aurait été trop mince pour seulement cette scène, qui vient, in fine, seuement affirmer ce que j’ai défendu dans l’article. De plus j’ai pensé laisser le plaisir à ceux qui ne l’aurait pas encore vu, de découvrir la folie autoritaire décrite dans le film.

  • De ce que je vois ces derniers temps dans les commentaires sur contrepoints, lorsqu’il est question de la « Nation » ou de l’immigration, beaucoup finissent par relativiser et rejeter la liberté, le droit individuel disparait pour se faire remplacer par une logique typiquement collectiviste, avec un but supérieur à l’intérêt individuel, une soi disant conscience de groupe, mais tout cela n’est qu’abstraction…

  • la première guerre mondiale est un des drames les plus saisissant de l’histoire de l’occident.

    c’est une longue suite d’incompétence et d’erreur d’appréciation:

    les allemands craignaient la puissance russe: erreur, la russie était vermoulu, et n’inquieta jamais vraiment l’allemagne.
    ils pensaient venir à bout facilement de la france: erreur, aprés 4 ans de combats, ils ne l’avait toujours pas fait capituler.
    les français voulaient recupèrer l’alsace lorraine, mais les alsaciens se sentaient de moins en moins français.
    l’autriche-hongrie voulait punir la serbie. erreur, elle disparut dans l’aventure.
    les français avaient developpé une théorie de l’offensive avant guerre. erreur, l’offensive française en lorraine fut une boucherie et fut prise à contrepied par l’offensive allemande en belgique. l’effet des mitrailleuses sur une charge d’infanterie était connu depuis la guerre russo-japonaise: les batailles en mandchourie avaient été extrèmement meurtrière et les troupe avaient du s’enterrer pour se protèger, coupant systématiquement l’élan offensif.
    la guerre devait etre rapide. erreur, elle fut interminable…
    les anglais décidèrent d’attaquer dans les balkans: erreur, ça ne servi à rien. si ce n’est à augmenter le nombre des victimes.
    la capitulation de la russie aurait du permettre aux puissance centrales de l’emporter. peine perdu, les zones conquises étaient si vaste qu’il fallait trop de troupe pour les controler.

    finalement, comme avec napoléon et plus tard avec hitler, c’est ceux qui tenaient l’atlantique nord qui l’emportèrent…

  • Je recherche un film racontant la même histoire que « les sentiers de la gloire » de Kubrick en 1957. En voyant ce film hier, j’en connaissais le contenu identique, mais filmé différemment et avec d’autres acteurs. Je l’avait donc déjà vu mais n’arrive pas à me souvenir quand. La fourmilière, le bal des officiers pendant que les autres soldats souffrent dans les tranchées, le général visitant une tranchée et sermonant l’officier qui garde près de lui un soldat devanu fou (je me souvient que le rôle de ce soldat était joué par l’éternel second rôle, Pierre Frag), les hommes choisis pour être fusillés …
    A moins que je ne sois devin, prouver moi au moins que je ne suis pas fou et que cet autre film existe bien,
    cordialement,

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